VOY4GE EM CHINE
marchandises dont ils n'avaient point traité. L'orgueil et la cupidité du gouvernement tarlare se révélaient partout : concentration du commerce sur un seul point, monopolisation de ce commerce, mesures arbitraires et tendant, d’une part, à isoler les étrangers, à les empêcher d'avoir un contact trop fréquent avec les indigènes , à leur interdire toute réclamation auprès des autorités chinoises ; d’autre part , à faciliter énormément à celles-ci la levée des impôts et des droits de toute nature. Chaque navire eutà payer \ ,600liv. sterl. pour obtenir l'autorisation de trafiquer, et quatre pour cent de la valeur de sa cargaison , droit que les marchands étrangers avaient consenti, dans le principe, à acquitter de leur propre gré dons certaines circonstances.
En -1703, la Compagnie donna ordre d’acheter en Chine 75,000 livres de thé vert, -10,000 livres de thé impérial, 20,000 livres de bohéa, mais on craignait que tout l’empire ne pùt pas fournir cette quantité qui paraissaitalors énorme, et qui ne forme pas la 300* partie de celle que r.\ngleterre consomme chaque année de nos jours.
En \ 2, les vaisseaux de la Compagnie chargés pour
Canton, restaient mouillés à Macao, jusqu'à ce que les droits et présents de tout genre eussent été bien stipulés d’avance.
On demanda la faculté de commercer avec tout le monde, et de choisir ses linguistes et ses domestiques.
ANCIEN COHIIEBCE DE LA CHISE.
ÏjC {gouvernement chinois s’interdit toute imposition nouvelle , et abandonna aux capitaines européens le soin de punir leurs matelots , en cas de désonlres.
Dès lors, les relations de i’An{>leterre avec la (<hine prirent un caractère rcfjulier. Les navires quittèrent l’Europe ù des époques fixes, ayant chacun son subrécargue pour présider aux achats et aux ventes. Ils allaient d’abord visiter Macao, puis s’avançaient jusqu’à Bocca-Tigris , et de là réglaient les droits et les conditions diverses avec le ho-pou.
C’est en -1720 qu'apparut pour la première fois la redoutable association des cohongs, formée par les hong-mcrchants ou hanistes, car la personne investie seule du privilège , s’était vue obligée bientôt de s’adjoindre quelques autres individus. Cette association, formée sous les auspices du ho-pou, et dont le caractère changea complètement par la suite, avait pour but, alors, de soumettre les acheteurs étrangers à des prix fixes et très élevés qu’elle se réservait de leur dicter pour toute espèce de marchandise ; c’était une sorte de coalition commerciale, approuvée et protégée par le gouvernement.
A la vue de ce danger, les subrécargues refusèrent de traiter, menacèrent de reporter le siège du commerce à Amoy, qu’ils avaient abandonné depuis quelque temps, et adressèrent au vice-roi une pétition à laquelle il fit droit. Cependant, les vexations ne tardèrent pas à
voiagk r.\ r,Hr>K,
re<;ou)uieticer, et (iqrviarenl jusqu’aux orcilles de l'empereur \ ouug-cliing , qui lit publier en 1725 un tarif régaiier pour le commerce étranger. Mais les officiers de la douane ne s’y conformèrent pas, et, en -1728, tous les articles d’ex|H>rtation destinés à l'Europe furent frappésd’un droit additionnel de dix pour cent, qui mit le comble au mécontentement des marchands anglais. Cependant les produits do l'Inde et des déti’oits, importés par navires européens, furent exceptés de celte mesure.
Les subrécargues firent longtemps des efforts inutiles pour en obtenir la révocation des autorités do Canton. On vit décroître sensiblement le nombre des navires qui visitaient ce port. En 1734, un vaisseau du la Compagnie chercha à renouer des relations avec Amoy ; mais les Chinois s’y monlrèrent encore plus rapaces tpi’a Canton. En sus des droits ordinaires, on demandait un extra de vingt pour cent pour le ho-puu. Le navire fut forcé de repartir avec sa cargaison.
En 4756', un autre bôtiment chercha à commercer à Ningpo, mois inutilement.
Dans la même année, l’empereur Kien-loung marqua son avènement au trône par rabolilioii du droit additionnel de dix pour cent, mais à deux conditions très pénibles pour les Anglais; la première était qu’ils écoiitassent à genoux la lecture de l’édit ; la seconde , que dés qu’un navire entrerait dans le porl, il eût à remettre ses canons et scs autres armes entre les mains des
ANCIEN COMMERCE DE I.A CHINE. âS
mandarins. Ils éludèrent ces vexations en offrant aux Huloritcs la somme de 6,000 (aê7 et cherchèrent aùssi, mais inutilement , à faire supprimer le droit de 4 ,950 taël par navire. Pendant cette année, il vint à Canton deux bAtiraents français , quatre anglais, deux hollandais, un danois et un suédois.
<7est à partir de la même époque que les bonistes se rendirent cautions du payement des droits par navires étrangers, en exigeant des représentants de la Compa<gnie quelques avantages équivalents à celte obligation.
En '1744, lord Anson, à son passage en Chine, chercha, mois inutilement, à obtenir des autorités de Canton quelque diminution de droits.
fiCS vexations que les mandarins de celte ville continuaient d’exercer envers les marchands européens, déterminèrent la Compagnie à chercher i rétablir une factorerie à Ningpo. Elle y envoya, en 4755, deux agents qui crurent d’abord obtenir de grands avnntn ges ; mais quand arriva un navire chargé de marchandises, le vice-roi commença par lui faire débarquer ses canons, puis on eut a payer 2,000 laê'l aux mandarins; enlin, le total des droits acquittés s'éleva au double ^ ce qu'on eût eu à payer à Canton, et quand le bâtiment quitta Ningpo, son subrécargue fut prévenu que ce port était désormais fermé aux navires anglais.
Enfin, en 1757, un décret de l’empereur limita le
) Le tafil équivaut à 7 Tr. CU c.
YOTAGE E> CH1^E.
commerce européen à la seule ville de ('.antoii. Il avait probablement pour but d’enlever aux marchands anglais l’unique ressource qu’ils conservassent ris à vis des autorités de ce port, celle de les menacer, en cas de trop mauvais procédés, de transporter leur commerce sur quelque autre point de In côte.
M. Flint, l’nn des agents que lu Compagnie avait envoyés à Ningpo, y retourna en -I759, malgré la défense impériale, et de là se rendit jusqu’à Tien-Tsin, d’où il adressa au souverain un mémoire dans lequel il portait plainte contre le bo-pou de Canton. On eut l’air de faire droit à sa demande, et on le renvoya à Canton aveei* un mandarin de haut rang, qui devait mettre le lio-'^ pou en jugement. Au retour de M. Flint, on annonça aux étrangers que l’officier supérieur de la douaof ^ était cassé, et qu’on n’aurait plus désormais à payer que’Wû 6 pourcent sur les marchandises, avec le comcha de ^,9o0 laël par navire. ,f
Mais tout cela n'avait pour but que de tromper les Européens. On attira M. Flint, accompagné des membres du conseil d’administration, dans le palais du viceroi, et à peine y fut-il entré, qu’on se jeta sur lui, et que le vice-roi en personne lui annonça qu’il était banni à Macao, et condamné à partir ensuite pour l’Europe, par un édit de rcinpereiir, dont il avait violé les ordres en retournant à Ningpo pour y rétablir le commerce. M. Flint resta en prison pendant près de trois ans, aux
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environs de Macuo, cl fut ensuite renvoyé en An^îlelerre.
En ^770, l’association des (lo-JIonjj lut dissoute à la demande des Européens, mais elle se reforma, eiH 771), sous le nom de Hon|r. Sa reconstitution ne tarda pas à rendre un notable service au\ marchands eurcpéens qui, alléchés par le taux énorme de rintérèl en (’liine, avaient prêté des sommes considérables à un grand nombre d'individus. La dette de ces (Illinois s’était ainsi élevée peu à peu au chiffre d’un million sterling, et les lois du pays ne présentaient aux préteurs aucun moyen de rentrer dans leurs fonds. Ils adressèrent des représentations très sérieuses, à ce sujet, à la cour des directeurs, qui chargea un capitaine de la marine royale d’aller faire, auprès du vice-roi de Eanton, les négociations nécessaires au recouvrement des sommes prêtées. L’affaire fut soumise à l’empereur, qui déclara le corps entier des hanisles responsable de la dette, et lui ordonna d’effectuer le remboursement, en interdisant ' pour l’avenir le renouvellement de semblables opérations, et en prescrivant que toutes les transactions entre les marchands chinois et étrangers se fissent désormais par l’intermédiaire des hanisles.
En 178-i, un (Chinois fut tué par mégarde par un boulet de canon tiré pendant un salut du vaisseau de la ('compagnie, iMdij Hughes. Les autorités de Canton parvinrent à s’emparer par surprise du subrécargue du navire, qu’ils gardèrent en otage, jusqu’à ce qu’on leur
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fivrAl le canonnier, cause innocente de cel homicide, qu'on condamna à mort suivant les lois du pays, ce qui causa une grande exaspération parmi tous li-s Européens.
L’ambassade de lord Macartney, en -1792, eut lieu sur la demande de la Eonipagnie des Indes, qui espérait que cette mission aurait pour résultat un grand développement du commerce anglais avec la Chine, et de nouveaux avantages pour les négociants de la Grande- Bretagne. Les faits ne répondirent |X)int à cette attente. Cependant les membres de la factorerie de Càufbn fié tirent un peu mieux traités, que par le passé, pÉf lefiàtltorités chinoises, et l'empereur, qui n’avàit pàé tëlifo entendre parler de l'ouverture des ports de Niiijgfpé, dè Tien-Tsili et de (ihusan, accorda, pour unô fois-, k lüs navire anglais, la permission d’aller cünlhlercér dans ce dernier.
Pendant une série d’années, le commerce avec la Chine ne donna plus lieu à aucun événetrtéht remarquable. Les mandarins avaient adopté des phocédüJ' .' beaucoup plus doux envers les Européens, et n’aVà^t plus recours, comme jadis, pour le moindre sujet de plainte, à la suspension du commerce.
Vers le commencement de ce siècle, l’arrivée de la flotte de l’amiral Linois dans les mers de Chine, les 'conséquences possibles de la guerre entre la France et la Grande-Bretagne, et les nombreuses flottilles de pirates qui infestaient les parages de Macao et des Bogues,
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inquiétèrent benucoup les négociants anglais ù ('antnn.
En -I8IÔ, les exportations de la (Compagnie des Indes en ('bine, s’élevèrent à la somme d'environ 25,000, 000* do francs.
En 1811, pendant la guerre de l' Angleterre avec les Elals-ünis, un navire américain fut capturé, près de Macao, par le vaisseau la T)oris ; les autorités chinoises se plaignirent beaucoup de ce fait, cl demandèrent que les navires anglais quittassent les mers de ('bine. La querelle s’envenima entre le comité de direction de la Compagnie et les autorités de Canton, et le commerce fui arrêté,* Mais, des deux côtés, on en retirait de trop grands profits pour (jue cet état de choses durtH longtemps, Aussi les difficultés furent-elles promptement aplanies. Cependant cette dissension momentanée eut pour résultat, en 1810, Fainbassade en Chine de lord Amherst, qui devait chercher à obtenir, à Pékin, des garanties de sécurité pour le commerce anglais. On connait l’issue défavorable de celte mission, qui ne rendit pas plus de services au commerce européen que les trois ambassades hollandaises et celle de lord Maeartney.
En 1816-17, les importations et les exportations anglaises s’élevèrent, à Canton, au chiffre de 27,748,572 piastres.
En 4822, il v eut à Linlin, entre les matelots du na-
vire anglais la Topaze et une troupe de Chinois qui était venue les attaquer, une rixe assez sérieuse qui coûta lu
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