‹ Voyage en Chine Cochinchine Inde et MalaisieChapitre 82 sur 85 · I.e café · texte numérisé non relu

I.e café

Le gambîer (Pmi des plus importants

produits du pays). ..... 221,062 —

La nacre «le perle 46,070 —

COMMEIICK DE SlNGAl’OCR.

L« |)oi\rc I OC, 143

La sole grège bO,Ü3

Les rolliis 37,464

t.e sucre 20,196

Le sagou al, 372

Le llic 265,015

L’étain 86,386

L'écaille de tortue 63,761

La plupart do ces articles sont fournis à Singapour parles îles de l’archipel Malais cl par la Chine.

Parmi les produits de ce dernier pays , expédiés, en à Singapour, nous citerons particulièrement:

Le Ihé dont ]’impor(atlou s’est élevée à, 504.077 piastres.

La poterie 179,649 —

Laçasse. 54,148 —

L’alun 21,470 -

Le camphre 121.890 —

Le.s tis.su.s de coton et tic soie. . . • 34,445 —

î..e papier et l'encens. . ..... 44,875 —

La soie grégc 73,930 —

Nous n’examinerons pas ici les nombreux produits de l’archipel Malais, tjue les jonques chinoises viennent acheter à Singapour. Nous les avons énumérés dans le chapitre des im|iortations de Canton.

Nous rappellerons seulemenlquc les nids d’hirondelles, les holothuries, les nageoires de requins, les nacres et les rotins, y figurent pour des valeurs importantes.

Maintenant que nous avons pris connaissance du mouvement général du commerce de Singapour, entrons dans quelques détails relativement aux articles

d’I^iii'opc les plus ileniandés sur ce maroliû, je veux parler des lissus de colon.

ïiesrou|jes Audriiinplc unis, de 2i yards de lon^ysur .55 pouces aii|;lais de larje, y valaient, en 48 i5, 5 piastres la pièce.

Les Anilrinople ù enluminures, de 28 yards de loufj cl de 24 [loiiccs de lar(je, obtenaient de 5 4|2 à .5 .5| 4 piastres.

On peut calculer (|ue col article, au prix de 5 piastres 1 12, ressort net à 5 piastres 5)7 c. déduction faite de tous frais de commission, ducroire, etc.

Les mouchoirs rouije Andrinople ne se payent que 2 piastres 1 12 la douzaine.

I.es indiennes rose vif et lilas, à jielits dessins, en pièces de 35 yards de lonjj cl de 35 pouces de larjje, élüieiil cotées ü piastres 1)2, prix qui devait lai>ser une belle mar|;e au |)roducleur.

Quant aux lilas, il est bon de faire observer ici qu’ils sont très-sujets à se laebcr et à se gâter pendant la traversée.

Il se vend à Singapour en grande quantité un genre d’indienne fond jaune à petits dessins. Le prix en était de .5 piastres les 24 yards.

l/arlicle connu en Angleterre sous lenonde^inj/Aan, et à Manille sous celui lU' caranclan, et qui consiste en petits earreaux le plus souvent roses, rouges ou lilas, se vendait à Singapour 3 piastres les 18 yanls.

Les assortiments doivent se composer de ces trois

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COMMEIICE I)E SINCAl’Oin.

coiiloiM’s, cl (le diverses oulrcs; (|iirl(juefois ou eu réunit (leiixdiius la niéiiie pièec, comme, par exemjile, le ruse cl le lilas, le rouge el le brun. Mois c’esl le rose ou le rouge (|ui doit dominer. .

F.a |)luj)urt des aulres genres d’indiennes ne rendent à Singapour que les prix de Chine. Il en est de même des tissus de colon écrus cl blancs.

Au dire des uégocianls de Singajunir , les calieols teinls cl moirés, de Rouen, vaudraient, sur eemarebé, I piastres la pièce de -10 yards eide 50 pouces, soit 21 fr. 70 cent, la pièce de 56 mèlrcs 55 cenlim. de long el de DI cculim. de large. Le même article, avec Heurs produites par le lissage au lieu de moirures, se payerait G piastres. Le moiré dis|)aroit par riiumidité : c’esl ce que les Chinois de Singapour savenl fort bien.

Il faudrait dans un assortiment de 20 pièces de CO genre:

r> pièces roses.

2 jaune vif.

6 viulcUcs.

3 noires.

1 verte.

2 bleuf-s.

I.CS genres de Saint-Quculin se vendent peu à Singapour, el nos prix seraient trop élevés. Los mouchoirs de Sainte-Marie n’y auraient pas de succès non plus.

I.es colons filés d’un rouge foncé el duu° 40, y coûtaient, eu 1845, MO piastres le jiieul ou 9 Ir. 88 cent.

le kilo. Le inèine numéro, en jaune oraiijjé, ne valait que (le 55 à 50 piastres le picul.

Le sarong, cet article vraiment iiulien, qui a si grand succès dans tout l’Arcliipcl, est aussi, à Singapour, l’objet d'une vente des plus actives. Il doit mesurer environ 2 mètres 20 centim. en longueur, et la moitié en largeur. Quelqueiois aussi lessarougs n'ont que 1a moitié de cette longueur, mais le double en largeur. C'est un article trèsdifficile à bien fabriquer. moindre imperfection peut faire descendre le prix de la corge ou des 20 pièces de sarongs, de20piatresàC. Ce n’est qu'à l’aide de renseignements trc s-fréqucnts et très-minutieux que l’on peut parvenir en Kurope à donner à ce genre de tissu toute la perfection qu’il réclame. 11 scvendail,cn'18'i5, àSinga pour, des sarongs à carreaux rouges, blancs et noirs, fu briqués en Allemagne , au prix de 15 piastres la corge. Des sarongs à carreaux bleus, jaunes et rouges, de Glasgow, se plaçaienten grande quantité au prix de fi piastres.

Les mouchoirs dits barok sont à carreaux de moyenne grandeur , le plus souvent rouges , noirs et blancs. De trop fortes importations avaient avili cet article qui est d’une grande consommation. D’une année à l’autre, les meilleurs genres peuvent devenir mauvais sur ce inarebé. Les mouchoirs harok ne valaient, en \ 845, que 4 piastre la douzaine.

l.es kaïn-pandjangs se payaient 8 piastres la corge. L’Angleterre en envoie souvent d’une fabrication défectueuse.

CUMMF.ncE 1>E SINGArOim.

Il n'cxistc ù Singapour qu’une maison iVauçaisc. Ce marché, quoique visité chaque année par 2ou 5 navires de notre nation, parait offrir hcaucoup moins d’éléments d’affaires à notre commerce que les colonies de Java et de Luçon. Le chiffre extrêmement minime des importations du continent européen à Singapour, vient à l’appui de cette assertion. Les négociants du pays désireraient voir diminuer les droits auxquels les cafés de leur provenance sont soumis en France. Us pensent qu’une pareille mesure pourrait avoir pour résultat d'augmenter sensiblement les relations commerciales des deux contrées.

Mais il ne faut pas perdre de vue que Singapour n’est point par lui-même un centre de consommation, que son modeste territoire n’a qu'une production fort limitée, et que sa population est très-peu considérable. Ce port n’est qu’un vaste entrepôt, extrêmement avantageux aux pays dont le commerce, dans rindo-Chine, est fondé sur des bases solides , mais où une nation qui n’a pas de grands intérêts mercantiles dans ces parages, aurait bien de la peine à fonder de prime-abord des relations d’une certaine imj’ortance.

Les principales productions de Singapour sont la noix muscade, le poivre, le girolle, le sucre, le riz, le coton, le café et le gambier.

N’oublions pas de mentionner aussi un article sur lequel l’industi’ie française a fixé, dans ces derniers temps, son attention : Je veux parler de hgélania, ou gutta-

perça, sorte de caoul-chouc qui s’exlrail d'une plante de la Malaisie, cl dont les usages sont Irès-multipliés. Les habitants du pays en l'ont surtout des cannes et des cravaches pliantes , veinées de jjris et ilc noir. Un fabricant de l’aris a commencé tout récemment à confectionner des tuyaux , des conduits, des {jaines, des fourreaux et une sorte de toile, avec celle utile substance qui parait appelée à jouer , d'ici à peu d’années , uTi jjrand rôle dans l'industrie. Il parait que Sumatra en produit beaucoup.

On compte, à Singapour, 20 maisons de commerce anglaises, 10 malaises, 2 allemandes, G juives, -I portugaises et ^4 américaines, arabes, chinoises et parsis. Beaucoup de ces maisons ont des succursales dans d’autres parties do l’Indo-Chine.

La commission de vente est de 5 p. ^00 sur ce marché. On paye, en outre, 2 Il2p. ^00 de ducroire.

I/ile anglaise de Pinang, voisine de Singapour, produit d’assez fortes quantités de sucre, de noix muscade, de macis, de café, de girolle et de poivre.

CONCLUSION

En terminant cette revue commerciale des {jrands marchés de la Chine et de l'Indo-Chinc, nous croyons devoir résumer notre opinion sur le rôle que notre pavillon peut être appelé à y jouer, et sur l’avenir plus ou moins favorable qui y est réservé au placement des produits de notre industrie.

En 4845 , quatre navires français ont visité Canton et Macao, et y ont importé une valeur de I2t),l)58 fr. seulement, dont 82,o00 fr. de riz, provenant de Manille et d’Ârrucan; 7ID9 fr. de cigares de Manille;

VOYAOIv EN r.mXE.

40,551 iV. (l(î \iii de Bordeaux ; 5060 de Saulcrne; 4770 fr. de CIiainpa|;iie ; 8000 fr. de conserves. Le reste de leur cliargement se composait d’huiles , d’armes, de vinaiijre, etc. Ces navires avaient déjà vendu une partie de leurs marchandises à Manille et à Batavia.

Ils ont exporté de Chine :

Th^ .... 269^325 kilog. d'une valfur de 1»154,404 fr.

Porcelaine .

1 1 8 cai.vscs

Id., cl I.iqucs.

Cannelle . .

30,225 kilog.

Rhubarbe. .

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