C.O'ià
Soie grege .
Camphre. .
Vermilluii .
Murc. . .
Lauriers. . ;
NauLiii .
1,450 pièce.’?
AiiÎK étoilé.
6,046 kiliJg.
Squinc.. ,
Papier .
Galaiig.-}. .
KncredeCliînc.
4 caisses
Tabac,
58,036 kilog.
Total: 1,435,626
Nous ignorons le chilfre de notre commerce avec Manille, on 1 845; mais nous rappellerons qu’il s’est élevé à 4,627,400 fr., en 4845, et à 975,000 fr., en
Nous rappellerons aussi que nos échanges avec Java
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CONCLUSION
onl été , en ^845 , tlû 3,758,484 fr. ; nous regrettons de ne pouvoir eiler de cliiflre plus récent.
Notre commerce total avec les trois grands jiorts de Canton , de liatuvia et de Manille , peut donc être évalué aujourd'liui à environ six millions et denii par au.
Toute notre ambition doit-elle s’arrêtera ce chiffre , dans l’état actuel de notre marine, de notre commerce et de notre industrie , et devons-nous renoncer à l’espoir d’augmenter nos relations avec des pays où nous voyons s’accomplir tant de grandes opérations? Nous ne le pensons pas.
Nous sommes loin , il faut le reconnaître , de pouvoir nous présenter dans les mers de Chine sous des conditions aussi f.iv()rjl>!os que la Grande-Bretagne et l’Amérique. Pour la première de ces puissances, l’opium, les cotons on laine, les tissus de coton, la soie grège; pour Iq seconde, ces trois derniers articles et les tissus de soie , sont des objets de transactions constantes , naturelles et faciles. L'Angleterre possède, à peu de distance de la Chine, ses grands comptoirs de riude , qui servent de hase à ses opérations commerciales' en Asie; elle a Singapour , qui , après Batavia, est le plus grand entrepôt de l'Orient, et où les jonques chinoises viennent périodiquement effectuer des échanges considcrahles. Sa marine marchande emploie de nombreux bâtiments frétés à bas prix; sa fabrication est arrivée, grâce à l’abondance delà houille eldu fersur les lieux de production, à un degré d’économie que nous
VOT AGK KN CH INK.
ne pourrons atlcimlre qu'aprcsbien des années, et alors quenolre rivale aura fait de nouveaux proférés en bon marché. L’Ainériijue, de son côté, trouve, dans le bas prix de la matière première, un avantage inappréciable pour scs importations de tissus de coton communs en Cbinp.
Que se passe-t-il, ou contraire, chez nous? Le prix de revient des cotons filés et tissés y est plus élevé qu’en Angleterre ; nous ne consommons que peu de tbé ; nos colonies ne fournissent point d’opium , point de cotons en laine ; en revanche , nous produisons nous-mêmes de la soie , comme la Chine. Ajoutez à ces premiers obstacles une marine maroliande en décadente , le manque de colonies placées dans la sphère d’activité commerciale de la Chine et de l’Indo-Cbine ; la position désavantageuse de notre commerce, forcé d’agir, sans point d'appui, sans base d'opérations, à cinq mille lieues des ports d’expédition. La nature et les circonstances semblent, on le voit, liguées contre nous sur les marchés de rextrôme Orient; et, sous peine de fâcheux mécomptes, nous ne devons nous dissimuler aucun de ces désavantages.
Plus ces obstacles sont grands , plus il im|)ôrlc de bien examiner le terrain sur lequel on va marcher; ce n’est qu’à ce prix que l’on peut reconnaître si on a tout fait pour tirer d’une situation peu favorable le meilleur parti possible.
V(»yons quels seraient ceux de nos articles qui pourraieutle plus convenir à lu Chine. Nous commencerons
CONXLtSION.
pni* les tissus de colun, qui furmcnlia base des importations de produits niaïuifaclurés anglais. Certaines de. nos étoffes imprimées , exactement appropriées au goût du pays, pourraient s’y j)laccr, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire dans le troisième chapitre de ce volume , sinon très-avantageusement , du moins de manière à encourager le commerce français, surtout s’il trouvait eu Chine des objets d’échange convenables. 11 ne faudrait |>rocéder que [)ar petits envois, principalement ou début , car les tissus de coton imprimés sont dans ce pays l’olqet d’une consommation assez limitée. Des mouchoirs de couleur en dimension voulue , des velours do coton imprimés, quelques rouges Andrinoplc enluminés, des tissus laine et colon à grandes Heurs, pour meubles, quelques mouchoirs de .Saint-Quentin, de [)clile dimension ; voilà, comme nous l’avons dit ailleurs, ce que notre industrie cotonnière aurait à envoya r de j)Ius convenable en Chine. Quant aux colons filés cl aux calicots écrus et blancs , qui forment à peu près le tiers des chargements des navires anglais, le moment n’est pas encore venu pour nous de K s y importer; les calculs que j’ai établis dans le troisième chapitre, le démontrent, je crois, suffisamment. Nous pouvons lutter avec la Grande-Bretagne pour les articles où le goût, la beauté du dessin ont une large part; mais, lorsque la question se réduit à un |)ii\ de.fabiiipie
plus OU moins élevé , nous devons , quant à présent, éviter la concurrence.
Notre industrie lainière parait appelée à trouver une place sur les marcliés chinois , bien au-dessous toutefois de l'industrie britannique. Nous nous en référons aux extraits que nous avons faits plus haut de ^divers rapports du délégué spécial , et qui indiquent les diverses sortes de nos draps légers, susceptibles d'obtenir un débit avantageux en Chine , si les fabricants, français se conforment exactement aux exigences des consommateurs du pays.
Aux articles que nous venons de nommer, on peut ajouter qncb|ucs produits de l'industrie parisienne , des glaces de petite dimension et à très-bas prix , des pendules, des bronzes, des gravures, dos cristaux, des substances médicinales , quelques liqueurs douces à l’usage des Chinois, quelques vins de France à l’usage des Kurupéens , des armes , des produits chimiques; mais les prix, nécessairement incertains, de ces divers objets , commandent de n’en faire d’abord que des envois très-limités.
Indépendamment des produits de l’industrie française, nos navires pourraient importer en Chine, comme cela a déjà eu lieu , mais sur une plus grande échelle, des produits de l’Orient, tels que les rotins, les bolotburies, le riz, les cotons en laine, articles par lesquelson remplacerait, dans les diverses escales, la portion du char-* gement qu'on y aurait placée.
r.ONCLlSIO.'f.
Ma is la quesiion capitale pour nous est moins dans les importations que dans les exportations. Le faiMe bénéfice que nous parviendrions très-péniblement à réaliser sur les premières, ne serait point un attrait suffisant pour notre commerce, si des cbarj’ements de retour avanlaqoux ne devaient pas être le prix de ces lointaines et hasardeuses expéditions. Parmi les articles d’exportation de la Chine, il en est un qui mérite de fixer à un haut degré notre attention : c’est la,soic grège. Le thé , les chinoiseries ne suffisent pas pour former nos cargaisons ; il nous faut une base solide , un objet de grande consommation. La France, pays où l'industrie de la soie a acquis un développement considérable, ne produit pas toute la matière première que réclament scs manufactures du Midi : elle est obligée de faire appel aux contrées étrangères , pour en obtenir le complément. Pourrons-nous employer les soies grèges de Chang-haï et de Canton, comme on le fait en Angleterre ? .Nous sera-t-il |)ossible de remplacer, par des soies chinoises , celles que nous achetons au Piémont et à la Lombardie? Là gît peut-être l’avenir denotre commerce avec la Chine. Le bas prix des qualités supérieures de soie de Nankin ne peut qu’engager l’industrie française à les essayer. Nous avons indiqué, dans un chapitre précédent, qu’elles valaient, en dS-iy , à Chang-haï , /y\ fr. 50 c. le kilo de première qualité , et 39 fr. 50 c. la deuxième. Si , comme on peut l’espérer , nos fabricants parvieii-
VOYlCn EN CHINE.
nciUà tirer un parli convenable de celte soie, en la inélungeanl à celle de notre pays , en la soiimcUanl à des inani|nilulions particulières, ou en la destinant à des tissus spéciaux, nos affaires avec rcxtrcinc Orient sont presque assurées; car les opérations d’acbal et de vente sont élroilomenl unies sur scs inarebés, et, avec des articles de retour avantageux, les bas prix inènics des iinporlalions u'onl rien d’effrayant. Le bénéfice sur la soie peut compenser, et bien au-delà, la perle sur la vente des tissus de coton et de laine. Toute affaire est complexe eu Cbiiie : elle a deux faces , car elle est basée sur un échange, et il suffit souvent qu'une seule de CCS faces soit brillante.
Outre la soie, si elle est jugée convenable, nous . avons encore à acbeler à la Cbine pour près d’un million de tbé, destiné à la consommation française; peutêtre même |)ourrioiis-nous approvisionner de cet article quelques petits états voisins. Les laques, la porcelaine, les nankins , lu rbubarbe, les stores, le tabac, le camphre, quelques substances tinctoriales , riuiile (le badiane, le vermillon, et une quantité d’autres articles que nous avons indiqués dans le chapitre des exportations, viendront compléter nos cbargei dits.
C’est sous l’égide de compagnies puissantes (|ue le commerce de la Grandc-liretague et celui de la Ilollaiulcout atteint, en Orient, le liant degré de prospérité où nous les voyons anjourd’bui. La Franco aussi a eu sa compagnie des Indes; mais comme l’aucicnnecom-
CONCLUSION
pagnic iiéerlaiulnisc, elle a succombé sous dos failles nombreuses et sous uu fardeau adminislralif trop lourd. La première jdiaso de ces sociétés colossales, deslinées à embrasser dans leurs opérations des Icrriloircs immenses, est presque toujours critique et féconde en désastres, surtout quand elles joignent des allribulions politiques à re.\ploilalion commerciale. Mais ces compagnies ont l'immense avantage d’imprimer une direction forte et puissante ou commerce de leur pays. I.eur contrôle efficace retient toujours dans un certain cercle de devoir cl de moralité les négociants qui agissent sous leur direction, et la métropole finit par recueillir les avantages que ne peut manquer de produireunc organisation bien combinée.
Une compagnie française qui se constituerait aujourd’bui pour rexploitalion des marchés de l’e-xlrêmo Orient, ne pourrait être établie que sur des bases toutes différentes de celles sur lesquelles repose la société de commerce néerlandaise. Nos lois, nos habitudes, l’étal de notre commerce, ne nous permettraient plus de lui accorder de monopole. Kllc ne pourrait être qu’une simple association de particuliers, sans aucun caractère poli^njiio, sans aucun privilège, mais possédant toujours l’avantage immense d’entamer, sur une vaste échelle cl avec les capitaux nécessaires au succès, des opérations considérables, que les efforts de maisons isolées nojiarvicndraienl peut-être pas à mener à bonne fin.
Une semblable société , ayant son siège dans un des
VOVAfiï EN UUINE. — T. Ml. 31
VOYiCF, r.N CniNF..
porls de France, élablirait des comptoirs à Canton, à Clinii(r-liaï, à Batavia, à Manille, à Sinjjaponr, a(in de relier ces points importants et de donner de l'enscnible à ses aflaircs. File posséderait pinsionrs navires destinés an transport des mareliandises, ferait des avances aux manufacturiers qui lui donneraient des consijTnations, leur fournirait les rensei|;ncments les plus exacts sur les besoins et les exigences de la consommation des diverses contrées derinJo-Cbinc, renseignements qui lui seraient sans cesse adressés par ses agents, et qn'aujourd'lini le commerçant français ne reçoit t|uc fort inexactement et à de rares intervalles, de scs correspondants asiatiques.
Noire commerce dans l’Indo-tibine manque d hommes spéciaux établis sur les lieux. Nous n’avons point, dans ces contrées, de ces immenses maisons, semblables à celles des Anglais, «|ui, par rnnité de leur action, par la puissance de leurs moyens, |)ar la concentration de leurs ressources, réunissent presque les avantages d’une compagnie.
Une cause de ruine inévitable pour notre marine marchande dans les nuTsderindc et de la Chine, c'est la lenteur de ses opérations. Souvent nos navires s’arrêtent pendant plusieurs mois dans un port pour y effectuer leurs ventes et y compléter leurs cargaisons. Pour .«e récn|)ércr des pertes causées par de semblables retards, que font nos capitaines? Us prennent un fret de retour tellement exagéré, (|uc souvent les Français enx-mémes préfèrent avoir recours à des navires an-
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COKCLt'SIOX.
tS’5
l'Iilis |>our leni's expédilions. En -18 15, le fret de nos navires marcliands, à Canton, était de 2 à 500 fr. par tonneau, tandis (juc celui des Anglais ne dépassait pas 80 fr. Ce n’est qu’en faisant tousses efforts |)our effectuer les transports en Chine à meilleur .marché, que notre marine pourra espérer de voir scs expédilions dans ce pays prospérer et s’accroitre.
Notre commerce, à Java et à Manille, aura moins de |)cine à prendre du développen)ent qu’en Chine. Les affaires que nous traitons à Batavia sont déjà considérables ; un {Tiand nombre de nos tissus et de nos objets de luxe sont parfaitement appropriés aux besoins du pays, comme nous avons eu l’occasion de l’indiquer dans un précédent chapitre ; et chaque jour la consommation s’en augmentera, si nos exportateurs et nos fabricants s’atlochcnt à se conformer strictement aux exijjcnces des acheteurs, et reçoivent des renseqjncments fréquents et exacts.
Notre commerce avec Manille a décliné dans ces dernières années ; j'ai fait connaître ailleurs la cause de cet état de choses, d'autant plus regrettable qu’il ne doit être attribué qu’à notre négligence. Nos fabricants n’étant point tenus assez exactement au courant des besoins des indigènes de Luçon, ont envoyé des dessins passés de mode , sur des cotonnades beaucoup plus chèrement fabriquées que celles des Anglais ; ^ aussi sont-ils parvenus à dégoûter les Tagales de leurs marehatidises, tout en subissant des pertes considérables
voYACi: F.N chim:.
sur les vcnlos. J’c sont nujourd'luii les Anglais qui fuurnissenl les cambayas à iManille. Mais je suis convaincu qu’eu fabriquant des genres moins chers que par le passé, en envoyant des étoiles moins fortes, en s’attachant surtout à ilonner de l’apparence à leur marchandise, cl en sc conformant aux exigences de la mode du pays, nos exportateurs parviendraient sans peine à reconquérir sur ce marclié la place qui leur ap|)artient, snrlonl s’ils y élaienl secondés par des agents inlcHigenls et dévoués aux intérêts frnn^-ais.
Les nombreux et magnifujucs articles d’exportation de Manille et de Java, le café, l’indigo, le tabac, les peaux brutes et un grand nombre d’autros, promeltonl à notre marine des cbargements faciles et avantageux.
Les divers navires (|u'une société, formée sur de larges bases, expédierait de France en Chine, devraient naturellement suivre des itinéraires différents. I/un, j)ar exemple relâcherait à Bourbon, y acbeterail des clous de girofle pour la Chine, y vendrait une partie de ses marchandises contre du numéraire «pi’il placerait à un bon prix à Calcutta, où il pourrait charger du coton eu laine et d’autres articles pour Canton. Un second bâtiment prendrait à Singaj)our de l’étain, <|ui se vend bien en Chine; il passerait aussi à Manille, où il laisserait des cambaijas et d’autres marchandises françaises, et commanderait de suite un chargement jiour son retour de Cliine, alin d’éviter toutes lenteurs. Un autre navire relâcherait à Java, y déposerait une partie
CONCLCSION.
(le ses marchandises qu’il remidaccrait par des produits de lu colonie, se diri[jcrail vers Canton, on il les vendrait, et rcvieiulrail prendre à Java une cargaison aussi commandée à l’avance.
Si le commerce entre la France et la Chine acquérait un grand développement, ou enverrait un certain nombre de navires directement d’un pays à l’autre, sans faire d’opérations d’escale, ce qui serait une notable économie de temps et un avantage immense, car lu lenteur est une dos plus grandes causes do ruine pour le commerce maritime.
L’avenir qui s’offre h nous dans les régions de l’Asie orientale, bien qu'il ne réponde peut-être pas aux espérances exagérées qu’avaient conçues quelques per sonnes, est loin ce|)cndant démériter nos dédains. Nos rapports avec rextrème Orient offrent assez d’avantages en perspective pour stimuler cette mollesse et cette timidité qu’on a été en droit, quelquefois, de reprocher à nos négociants, dans leurs relations avec les pays lointains. Plusieurs nations nous ont devancés dans ces parages : il est vrai que deux d’entre elles possèdent, non loin de la Chine , de puissants établissements, qui attirent naturellement leur activité de ces cotés. Peut-être, et c’est un vœu que ne peut s’empêcher de former tout Français qui a vu la fertilité et les admirables ressources de l'archipel Malais, peut-être le pavillon tricolore estil aussi destiné à flotter un jour sur une de scs lies si riches , et à y appeler notre commerce. Quoi qu’il en
VOÏAGF. EN CHINE.
soit, espérons que les Fronçais porteront enfm dans les pays lointains que iiolis venons d'étudier, runitc d’action et de volonté, la persévérance et le zèle, qui seuls peuvent y faire prospérer nos entreprises.