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KOTAÏS. - REDOUTE-KALÉtt. - RETOUR A TRÉBIZONDE.
Je quittai l'intéressante ville de Kolaïs le 6 juin, vers midi. Les chevaux des Cosaques, que j'attendais dès la pointe du jour, n'arrivèrent pas, quoique la veille Tordre fût donné de m'en fournir; mais ils étaient tous en route ou retenus pour le service d'un sénateur russe qui était arrivé de Saint-Pétersbourg, et parcourait , par l'ordre du gouvernement, la partie méridionale du Cavcase pour examiner la situation actuelle de ces provinces. Dansl'embarras où je me trouvais , le commandant de la place eut I» bonté de faire venir en sa présence des Imérétiens , qui sont dans l'habitude de louer des chevaux; ils me demandèrent le double du prix qu'on paie ordinairement pont les chevaux de poste; j'étais pressé, et il aurait été inutile de marchander, d'autant plus que des marchands français» allant également à Redoute-Kaléh , se fussent également emparés de ces chevaux , si je ne les eusse arrêtés,
En sortant de la ville, on passe le Rion on Phase sur un pont de pierre d'une seule arche ; ce pont est très ineom-
mode à passer. Une werste plus loin , on revoit la belle campagne; des prairies, des champs cultivés, des vignes, des forêts et des arbres fruitiers embellissent cette contrée délicieuse. Le dernier village de l'Imérétie est Maran; on trouve le premier poste des Cosaques à Abam , qui est déjà en Miogrélie. La beauté de la campagne et la fertilité du sol , dans cette province, m'ont rappelé les plaines riches et bien cultivées de la Lombardie et des Pays-Bas. Entre l'Imérétie et la Mmgrclie if y a une grande similitude ; pourtant cette dernière ne présente pas ces charmes qui vous délectent en Imérétie par une multitude de plantes aromatiques , par la variété des sites , les groupes d'arbres entrelacés de vignes sur les collines et dans les vallées; enfin , par le murmure des ruisseaux limpides , et le gazouillement des chantres des bois : tout cela rend l'Imérétie incomparable.
A l'approche dû fleuve Khopi, les campagnes ressemblent beaucoup à celles des pays sur le Rhin, excepté qu'en Mingrélie et dans le Gouriel , le long de la mer Noire, h vigne croit sans culture , et que la végétation dans ces régions est plus précoce et plus vigoureuse. Sur tonte ma route , je trouvai des village bien bâtis , surtout sur la rive gauche du Khopi,. Des chevaux , des bètes à cornes , des brebis , répandus dans les vastes prairies , ombragées par de beaux arbres, sont en grand nombre dans cette province, et en général les Mingréliens sont plus civilisés, à cause de les communications fréquentes qu'ils ont avec les Russes à Redoute- Kaléh et à Poti.
Le 7, après avoir parcouru soixante-deux werstes par un chemin uni et un temps agréable , j'arrivai sur les trois heures à Redoule-Kaléli , situé à l'embouchure du Khopi. A quelques werstes de cette ville, les Russes ont construit,
su» la rive droite de ce fleuve , une longue suite de maisons sur une ligne , où les officiers et soldats sont logés commodément. On ne pouvait choisir un endroit plus sain et plus agréable ; les soldats peuvent pécher dans le fleuve , qui n'est pas large , et couper autant de bois qu'il leur en faut, ayant la forêt à leur portée. Le Khopi coule ici tranquillement; son embouchure n'est pas large, mais assez profonde pour admettre des navires de soixante tonneaux ; les navires d'uné plus grande capacité sont obliges de rester en pleine mer, où il y a un fond de sable , mais où ils ne sont pas en sûreté par un gros temps , la côte étant hérissée de rochers et exposée à tous les vents, de sorte que par un vent violent les navires sont obligés de gagner le large.
Comme le but de mon voyage n'était point de me livrer à la recherche dé plantes rares si abondantes dans l'ancienne Cbolchide , et que je n'avais pas non plus assez de connaissance de l'histoire naturelle , ni le temps nécessaire pour des excursions lointaines tout-à-fait hors de mon chemin, je ne puis nullement contenter la curiosité des amateurs qui, sans doute , auraient été bien aises de puiser de nouvelles notions dans cette partie de l'histoire naturelle. C'est pourquoi j'engage les naturalistes de mon pays et les étrangers à visiter lesdites provinces , où ils trouveront un vaste champ pour exploiter les richesses presque inépuisabîes que la nature offrira à leurs recherches dans là belle Cholchide.
Redoute-Kaleh est une petite ville dont la vue principale 'ou, pour mieux dire, la seule, est encombrée de ballots, de caisses, de barils et ;de toutes sortes de marchandises, le tout adressé aux négocians établis à RedoUte- Kaléh pour les recevoir et pourvoir aux moyens de les faire transporter à Tiflis. Il y a ici une quarantaine pour ceux
qui viennent de Gonstanlinople ou de Trébisonde, mais point d'auberge, point de traiteur, et l'étranger doit se * placer chez un boutiquier en attendant de sembarqoer, Cette ville ne m'offrant rien de remarquable, je me dépêchai de la quitter et de sortir ainsi des états de Rassie. Je louai pour moi un bateau, couduit par des marins grecs da pays des Lazes , les plus fameux voleurs sur cette côte de la mer Noire. Avant tout, il me fallut changer le passeport qui m'avait été délivré par le feld-maréchal, contre celai du commandant de Redouie-Kaléh.
La reconnaissance m'impose le devoirde déclarerseiqae pendant mon Jong séjour «dans l'empire de Russie , j'ai été partout accueilli par les autorités civiles et militaires arec une bonté et une affabilité au-delà de toute attente, eteae partout j'ai rencontré cette franche amitié, cette hospitalité sans ostentation qui distinguent si éminemment les Russes : mon séjour dans ce pays m'a laissé de profonds et durables souvenirs.
Le 8, à dix heures du matin , notre bateau déploya sa voile, et nous eûmes bientôt laissé derrière nous et le port et la rade. Le lendemain, après avoir relâché un moment à Tchourovksou , à cause du vent contraire, nos matelots se mirent à ramer, et nous fûmes bientôt devant le fort de Saint-Nicolas, et, à quelques werste* plus Join, derant le fort de Tdrikoudgi.
En poussant en avant , les bateliers ayant aperçu ua navire à trois mais , mouillé à Batoum , se dirigèrent dessus. Un aventurier de Céphalonie, se disant marchand, m'avait prié de lui permettre -de prendre passage dane mon bateau jusqu'à Trcbizonde , me promettant ses services pendant notre traversée. Cet homme , voulant profiter du navire partant directement pour Constanlinople, pria mes bate-
liera <ht le mettre à bord de ce navire, ce qu'île firent. Cependant, après avoir rendu son bagage au Céphalonieo , les bateliers demandèrent le prix du passage jusqo a Baloun. Une dispute s'ensuivit j mais comme le Grec tonnait contre les bateliers du haut du navire en les comblant d'inju#es, ils furent obliges de le laisser, et craignant que je ne fusse Aussi dans l'intention d'agirnetnéme, Hs prirent lerce à Batounnnù Ha modérèrent q* 'ils me laisseraient «or la plage et s'en retourneraient à Redoole-Kaléh , ai je ne ieor comptais aû>de-champ les cinq aequios q«e je leur avais promit de payer jusqu'à Trébiaoude. Isolé sur la plage » je dus naturellement céder à ces gens grossiers; je leur comptai l'argent demandé, mais a condition qu'ils rameraient toute la nuit, ce qu'ils firent en chantant le long du rivage. La June était brillante , elle éclairait les objets à peu près comme la lumière du jour, et , au lieu de me livrer au sommeil, j'aimai à contempler ce beau pays de GourieL La végétation était alors dans toute sa force; les plantes odoriférantes se faisaient sentir jusqu'à notre bord ; les vallées, les collines» les montagnes étaient couvertes de la plus belle verdure , d'arbres fruitiers et de différons arbustes.
Le vent étant presque toujours contraire » on était obligé dé .prendre terre à chaque moment ; cet attérage occasionnait beaueoun de fatigues» puisqu'il faUait tirer le bateau sur la plaga pour l'empêcher de se briser contre les rochers. Ce jour-là les boulas venaient du large, et on fut obligé de relâcher à, Athinogy village appartenant à Mustapha- Boy. En entrant an café pour prendre quelque chose de cbaud, je trouvai, sur Wg*Jerie> le bey, qui me fit asseoir sur le divan à côté de lui , et me fit servir du café, dont il voulut bien frire |ee honneurs* Ce respectable vieillard avait son
saràï au-dessus du village , sur un plateau agréablement situé ; ce château est vaste et bien fortifié , précaution que les beys doivent prendre contre le brigandage des Lazes. Le seigneur de ce village avait la coutume de descendre de son château tous les jours vers le soir, et de se placer sur la galerie ouverte de cet édifice , destiné pour les passagers que les vente forcent de s'arrêter sur cette plage. Tout en prenant son café et fumant dans sa longue pipe (chibook) > il m'accabla 4e questions. Après une heure de conversation , il se retira et me dit en me serrant la main qu'il regardait les Magyars comme amis et bons voisins des Turcs. Cè bey avait demeuréà Belgrad dans sa jeunesse , on il avaitappris à connaître les Hongrois , dont il disait tant de bien.
Le lendemain nous remimes notre bateau en mer, mais bien tard. Après quelques heures de navigation très lente, nous relâchâmes à Arkhava , où feus tout le loisir de contempler avec une attention particulière ta belle montagne que les Grecs habitant ces environs appellent Calo Oros. A coté de cette montagne est le mont Jjana, entouré d'un groupe d'autres montagnes moins hautes. On raconte que sur lé sommet du mont Ajana fut autrefois une fameuse église , aujourd'hui tombée en ruines ; que les murs et les portes de fer doré existent encore ; qu'il doit y avoir des trésors immenses , des vases d'or et toutes sortes de pierreries' précieuses ; mais que personne n'osait Ven apprticher; qu'on avait souvent tenté d'y parvenir, et que , dernièrement, trois Turcs , se moquant de ce que les habitans grecs leur disaient au sujet de leur périlleuse tentative, eurent lecourage d'y monter ; mais il leur arriva ce qui arrive à tous ceux qui ont la témérité de profaner ces lieux sacrés , c'està-dire qu'au même moment qu'on s'en approche, il s'élève un nuage épais d'où sortent , dans l'instant , la grêle , la
pluie , la foudre et surtout un vent violent qui enveloppe et fait reculer tous ceux qui voudraient franchir les limites , qui semblent être désignées par un arbre, le seul qui existe sur ce mont, et qui est d'une grosseur si énorme que dix hommes ne pourraient l'embrasser. Quoi qu'il en soit de cette fable, on voit, en cfTet, cet arbre qui semble couvrir de ses branches , excessivement épaisses , celte montagne merveilleuse, et qui, bien qu'éloignée de la mer d'une lieue de Fronce , parait monstrueuse. Ce groupe de montagnes , revêtues de la plus belle verdure; se dessine d'une manière charmante, et on est fâché d'en détourner les regards, que l'on sent presque fascinés par ce riant aspect.
Le vent étant un peu plus favorable, nous mimes à la voile et nous fûmes bientôt en vue de Rizéh, dont la situation est vraiment pittoresque. En général , toute la cote de Gooriel et du pays des Lazes présente des vues magnifiques et variées à l'infini. Qu'il est fâcheux de voir que ces pays si richement partagés par la nature soient éntre les mains de barbares ! 0 vous , bons Suisses , Sooabes , Westphaliens, et vous pauvres habitans des Landes, d'Auvergne, de Savoie , d'Irlande , si votis habitiez ces régions sous la domination d'un prince chrétien , vos mœurs simples , votre industrie et l'amour du travail rendraient votre sort digne d'envié, et l'image de votre bonheur y attirerait une foule de monde pour y apporter leurs richesses, afin d'en jouir en paix et avec tranquillité !
Le 14 , la nuit s'approchant , mes bateliers relâchèrent devant le village d'Ouf: je passai celte nuit, comme toutes les précédentes , dans la barque qu'on avait tirée sur la plage. En partant de cet endroit de bonne heure, on peut arriver le soir du même jour à Trébizonde; par conséquent, je pressai mes bateliers de partir le lendemain au point du
jour, leurpromettant dix piastrespour boire s'ils arrivaient à Trébizonde avant le soir. Us, me le promirent, et iU m mirent à ramer malgré la pluie qui tombait. Bientôt une rafale-nous poussa à notre gré , elnous fîmes forée dévoile. Cependant, mes bateliers ayant aperçu une harque de leur pays qui était, mouillée à deux lieues de Trebizoodo , se dirigèrent vers celendroit , dans [e dessein , disajeot-il*, de s'aboucher avec leurs .compatriotes ( ils étaient AtSurminag,, à dix lieues de Trébizonde).. Arrivés près d'eux , meagons, au lieu de continuer leur route, me déclarèrent que le vent étant oonlraire , ils. étaient obligés de s'arrêter jusqu'au, lendemain , et, ils se mirent aussitôt, en, devoir de. tirer la barque à terre. Nous n'avions qu'une petite pointe fedeabier pourentrerdans' la rade.,, où je vis unv& douzaine de navires européens à l'ancçe. A celle vue j'eus une bien plus forte raison oV bâler mon arrivée, pqiîque'je devais supposer que dans le nombre de ces- navires j eu trouverais certaine* ment un prit à mettre à la voile pour Constantinopte. Je priai , je menaçai fes bateliers , mais tout fut inutile; ils avaient empoché Içs, cinq, sequius ct iia &e moquaient du reste. Voyant.leur obsji nation, à ne pas partir le même soir pour Trébizonde, je leur demandai de me donner au moins deux bommes pw^ortcr.m»a effets;, mais la mauvaise foi de. ces gens se montra, dan* tout» son jomr: craignant une juste punition, de. la, part, du. pueba qui.ro/ajKait délivré uo bujurdi à mon départ de Trébizonde » il&net voulurent point rafaecorapagiier,. mak ils me proposèrenC d«u* Turcs que nous avions pris à.ljord au village d'Ou»,;et^uiseiwdaieot cgaîementà la ville.. Ces deuii bommes ,. armesde fusils et de poignards ,, pouvaient me voler et même m assassiner le long de la eôle solitaire. Mais quel parti prendre dans la position, où, j'étais ?' J'envisageai mes guides , je trouvai que
leur physionomie me répondait de leur honnêteté : -en pareil cas, dans mes longs voyages, je me suis rarement trompé. Enfin, pour sortir des mains de ces coquins qui pouvaient , pendant la nuit, conspirer contre ma vie, jo 'chargeai mes effets sur le dos des Turcs , et nous quittâmes les bateliers à leur très grande satisfaction. Cependant , pour ôter tout sujet de soupçon de leur mauvaise foi, disaient-ils, ils promirent d'arriver au port dès le grand matin pour venir me trouver. Le conducteur de la barque en était aussi lé propriétaire ; il habitait le village nommé Surménag , à dix lieue de Trébizonde , et comme il était déjà payé, il ne se souciait guère de perdre un chemin de quatre lieues , et se retourna chez lui ; d'ailleurs , il était sûr d'être puni , et , par cette raison, déjà à la pointe du jour, il leva l'ancre et on le vit se diriger sur Surmcnag.
La plage étant remplie de caillou s et de sable qui cédait sous les pieds, notre marche devint très fatigante. Mes deux porteurs voulurent me quitter à mi-chemin , et déposèrent mes effets sur le bord de la mer ; mais , "à force d'à*gent, je leur fis oublier qu'il nous restait encore un» long chemin à faire, pendant lequël nous nous plaignîmes mutuellement de la mauvaise foi des Grecs, qui les avaient également trompes en disant que le port n'était qu'à une petite lieue. L'un de mes porteurs était un adopte et devaitse faire recevoir mollah à Constantinople ; il avait la physionomie douce, mais il était d'une faible santé. Je m'arrêtais souvent en chemin pour laisser reposer ces hommes ; cette attention me valut leur affection , et ils ne se plaignirent plus. Voila i'cff ot d'une bienveillance mutuelle.
Enfin , après beaucoup de peines, de soucis et de contrariétés, j'arrivai à la maison de la bonne Arménienne chez laquelle j'avais laissé ma malle. Celte fois, j'étais bien
fatigué * car, pendant huit jours j'avais été continuellement balloté dans la barque, qui mo serrait en même temps de misérable gîte. Nonobstant nia lassitude, comme il m'importait beaucoup de partir au plus tôt , j'allai sur-le-champ chez le consul de Sardaigne, qui m'apprit, à ma grande joie» qu'un nayire napolitain devait partir par le premier bon vent pour Çonstanlinople. Cette bonne nouvelle me fit oublier toutes mes fatigues; Cependant, pour prévenir on désagrément pareil à celui que j avais éprouvé , je remis sa consul ma plainte par écrit au sujet du procédé des bateliers grecs deSarménag, et.j'insistai pour la punition de ces gens, punition que le consul devait provoquer auprès du pacha. J'aime à croire que M. de Guerzi , qui est en même temps yice-consul d'Autriche, aura donné suite à celle affaire, ainsi qu'il me l'avait promis. *: '
* Le lendemain je pris mes arrangèmens avec le capitaine du navire en partance , et le jour suivant , 19 juin , fut fiié pour mon embarquement Le consul et le chancelier do consulat eurent la complaisance dé m'accompagner jusq/au bord de la mer, ou le bateau m'attendait pour me prendre. Le lendemain, à six heures du matin, on leva l'ancre pour profiter d'une brjse légère , à laquelle succéda bientôt oo calme plat qui » pendant deux jours , nous empêcha de perdre de vue les parages de Trébizonde. Malheureusement, oooa ne fûmes pas favorisés ; car, au lieu de faire la traversée de Trébizonde à Constaqtinpple en cinq ou six jours, comme on la fait ordinairement* nous employâmes treize jours, quoique notre navire ne fut que légèrement chargé de marchandises. Nous avions à bord soixante passagers , persans , arméniens , tatares , turcs , grecs , parmi lesquels une femme grecque et sa fille âgée de dix ans; elle revenait, de captivité, du e\k avait langui pendant sept ans : riche et bea-
reuse,elle avait habité Constantînople avant la révolution ; mais elle fat arrachée à sa famille et vendue à Amasis en Anatolie. C'est par miracle qu'elle venait d'être délivrée et amenée à Trébizonde , où le chevalier Guerzi , cet homme si respectable à tous égards , la fit cacher au consulat et lui fournit, ainsi qu'à sa fille , des vétemens , et les fit embarquer sur notre navire. Honneur à toi , homme sensible et généreux! Puisse ton exemple trouver des imitateurs! Dans les temps calamiteux où nous vivons , combien d'êtres innocens languissent encore dans les fers !
Pendant notre traversée nous ne perdîmes presque pas de vue la côte d'Asie; nous passâmes très prés de Samsoun et de Synope , villes assez considérables et commerçantes. Les vents étaient toujours variables et amenaient tantôt un calme, tantôt un gros temps, qui durait quelquefois vingtquatre heures et rendait la mer, furieuse. Enfin , le 30 juin nous entrâmes avec une bonne brise dans le canal de Coqs* (aatinftjtfe. V. . • ...<-. a