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Route de Mozdok à TifUs (*).
En sortant de Mozdok on passe le Tereck sur un bac formé de deux arbres (koïoak par corruption du mot kaïk des Turcs). On gravit ensuite une haute steppe, dont la pente , vers la rivière, est de dix à onze toises. Le chemin traverse d'abord des forêts ; ensuite on a devant soi la belle et fertile plaine de la Petite-Khabarda.
A $0 werstes on atteint le dos de ta chaîne Ardk qui est couverte de bois. A quelque distance on trouve Ahlan- Kebakou Guilaksamé, village dévasté par la peste. A gauche, à la distance d'une werste , est Kourgoha , village tcherkesse. On arrive ensuite prés du fort de Grigoripol, appelé aussi Koumbaley du nom de la rivière sur la gauche de laquelle il est situé; on traverse cette rivière; Grigoripol est à 60 werstes de iMozdok. Les Ingouches habitent les rivières Koumbaley et Soundja.
Le chemin qui conduit à la vallée des grands Ingouches, traverse la chaîne secondaire boisée, d'abord sur la rive droite , et quelques werstes plus loin sur la rive gauche du Koumbaley. A l'extrémité d'un défilé qu'on passe , on rencontre sur un rocher un monument en pierre, où les Ingouches font leurs prières et leurs sacrifices. C'est là que s'ouvre la vallée des grands Ingouches : sa longueur est de six werstes , sa largeur de quatre. En entrant dans la vallée on voit une tour environnée d'un mur; un sentier conduit le long de la rivière Gherghe à Stephantzmindamrle Terek ,
(t) Depuis trois ans, en venant de Moscou ou de la Crimée, pour aller en Géorgie, on ne va plus à Mozdok, la route étant transférée à Ekatarinograd , ce qui raccourcit beaucoup la distance.
on voit le village ïVapi sur la rivière appelée par les Ossètes Makal-don, qui s'unit au Terek, à mi-chemin, entre Baltaeh et Laars.
En remontant au-dessus des sources du Koumbaley, et en franchissant la montagne qui sépare ces sources de la vallée de YAs&di ou Chadir, on arrive dans le canton nommé Galga , à sept werstes des sources de la Soundja, Un chemin difûcileméne ensuite à un mauvais pont que l'on passe pour gagner la rive droite de l'Assaï. Prés d'un rocher sacré, un second pont conduit à la rive gauche de l'Assaï. Faute de pont on passe ensuite sur des fascines étroites et couvertes de terre; à peine peuvent-elles porter un homme. A dix werstes plus au sud , on descend graduellement jusqu'à la rivière; on y voit un mur en partie ruiné , avec une tour. A l'entrée de la grande vallée, appelée Chalkha , on voit une grotte avec une croix de fer. Le coup d'oeil de la vallée est agréable et romantique. On remonle le long de la rive droite du Terek jusqu'à Wladikavkas , forteresse considérable que les Tcherkesses appellent Terek-kaléh. La ville est propre et a un aspect très agréable; elle est à 23 werstes de Grigoripol ; on peut la regarder comme la clef du Cavcase. C'est là que finit la steppe connue sous le nom dePetite-Khabarda.
En sortant de Wladikavkas, on continue à suivre la droite du Terek. Au bout de quatre werstes on voit, à gauche, le village ingouchc de Saouk-va , appelé par les Russes Savrova ; il est situé sur la rive du Terek qui est très escarpée. A une werstc plus loin , à l'est, on trouve dans la montagne le village de Bouchoua, d'où l'on compte encore sept werstes jusqu'aux grands Ingouches. A cinq werstes de là on arrive au village Osscte de Ballach, situé sur la rive gauche du Terek. On passe le Terek sur un long pont
de bois, pour rester sur la gauche de celle rivière jusqu'à Dariel. Le petit ruisseau Senkaghin s'unit au Terk, au nord de Bal tac h
En partant de Baltach , la route traverse, pendant environ quatre werstes, on bois de hêtres blancs et d'aubes. A trois werstes plus loin, on arrive sur le bord de Sav-Dàn (eau noire) ; au sud de ce ruisseau est le village ossète de Daltag-Kaou , appelé par les Russes Nijnei-Tchim. A sept werstes est Laars, appelé Gors par les Ossèlcs. C'est le dernier village ossète du côté de la Géorgie; il est situé sur Laars-don, ruisseau qui sè jette dans le Terk.
En quittant Laars, on reste sur la rive droite du Terk, et on fait encore six werstes jusqu'à Dariel. Après avoir traversé les ruisseaux Kkourmouk et Tchak-don, on arrive, après un chemin de deux werstes , aux mines de l'ancien fort de Dariel. Dariel d'aujourd'hui, appelé Daïram par les Ossètes, est situé sur la frontière de la Géorgie, sur le Tchak-don.
Un assez bon chemin conduit de Dariel à Tchak-Don , appelé par les Géorgiens Defdaroki; Gelaihi ou Giulethi est à une petite distance de ce village et à deux werstes du fort russe Dariel , près duquel on passe le Terk sur uu pont, en suivant la rive droite jusqu'à Stephantzminda. A deux werstes de Gclathi est le village Sto , appelé Psedo par les Ossôles. Le village géorgien Stephantzminda est à onze werstes de Dariel. Le village de Gherghelti est situé vis-àvis. A l'est , et derrière le village Stephantzminda , est le mont Koura ; après avoir côtoyé la rive gauche du Terk , on le passe et ensuite on voyage pendant denx heures sur la rive orientale, et on arrive dans le village de Kobi à 16 werstes '/. de Stephantzminda. Le long de cette route , on voit sans cesse des villages à droite et à gauche du fleuve.
En quittant Kobi , on doit gravir les monts neigeux : on laisse le Terk à l'ouest poor suivre le cours du Tchetchiri- Tzquuli. Après un chemin de six werstes , on arrive a une cascade. La source de Goubta fournit de l'eau minérale excellente. Près du village de Sioni on trouve de petites sources ferrugineuses. On passe le Tchetchiri-Tzquali sur on pont formé par des amas de vieille neige. Après une heure et demie de marche , et après avoir monté par une pente douce, on entre dans une plaine où la source de Goubta se trouve. On suit après VOurs-don, et on parvient sur le mont Gonda, appelé mont de la Croix. Les voyageurs fatigués se reposent ordinairement en ce lieu; en descendant on a en vue l'Aragwi. On entre dans le district ossète de Gonda , qui appartient à la Géorgie. Le premier village qu'on rencontre est Noakh-kaou, ensuite Nargalsat-kaou , Ditveli et Sere-Wake. Plus bas on voit Koumlis-Tsizkhé. Sur la rive occidentale de f Aragwi sont les villages de Kanm, Khati-kaou , Gonda. Kadiun et Bat ara.
On arrive ensuite à Kaichaourt-kari , sur une mon la gne ; il y là a une forte redoute. De là on rencontre une quantité de sources minérales. On compte vingt werstes depuis Kaichaouri-Kari jusqu'au poste des Cosaques de Pachanouri, qui est situé au confluent du Tchabarouki , qui va se jeter dans TAragwi.
De Pachanouri jusqu'au fort A'Ananouri , il y a vingtdeux werstes sur la rive droite de l'Aragwi : le chemin est dangereux. A deux heures de chemin au-dessus d'Ananouti , le Menesaou se précipite d'environ vingt toises do hauteur, et va se réunir à la rive occidentale de l'Aragwi. Ana nouri est situé sur la rive droite de l'Àrkala; il appartient au district géorgien de Séristo. D'Ananouri on va à Jlatjaspiri ; on voit à droite, sur une haute montagne,
i'cglisc de Saint-Georges. Dans ce canton on voit les premiers ceps etc vigne de la Géorgie. Après avoir passé le Polhi , Doncheti et le Au/a, on arrive à Ghariis-Kari , grand poste de Cosaques, sur la rive droite de l'A ragwi. De Ghartis-kari jusqu'au lazaret de Metskhetha , il y a un mille d'Allemagne.
Au sud du village de Pontketa on passe le Naras-kawi, Metsketha, village misérable , situé dans l'angle formé par le confluent de l'Aragwi et du Kour. En sortant de ce village, on remonte le Kour le long de sa rive gauche pendant deux werstes jusqu'au pont qui traverse ce fleuve. Passé ce pont , on sort de Karlheli pour entrer dans le Kartheli inférieur. En poursuivant cette roule, on passe le Dighomi, ruisseau. A deux verstes deTiflis t on. traverse le Veri y ruisseau sur lequel est un pont de pierre. Depuis le village de Veri jusqu'à Tzgatha, la vallée est couverte de vergers. Enfin, après avoir parcouru, une distance de vingt-une werstes , on arrive à Tiflis.
Voici maintenant l'itinéraire , aveç les distances respectives, de Mozdok à Tiflis.
Route de Mozdok à Tiflis.
Wmlet.
De Mozdok à Grigoripol , 60
Wladi-Kavkas, 23
Sawrova , h
Bouchoua , 1
aux Graods-Ingouches , 7
Baltach , 5
Sav-Don ( rivière) t 3
à reporter. ... 405
WerMt*.
report. ... 403
t a Laars »
mm
Dariel ,
aux Mines,
Ghélali ,
•Slo,
Stephantzminda ,
Kobi,
Cascade ,
Mont-Gonda (*/2 h ro de marclie env.) , 0
Noak-Kaou , ^
Nargalsct-Kaou ,
Disvcli ,
Sere-Vaké, |
Kantsi , f
Khali-Kaou , ^
Gonda, (
Kadiani ,
Methi,
Balhara y -
Kaïtchaourt ,
Pachanaour,
Ananouri , 22
Mcneson (deux heures de chemin) , 8 On passe les Poti , Douchethi cl Kida.
De Gartis-kari au lazaret de Metskhetha ,
i mille d'Allemagne, 7 Jusqu'au pont, 2 Par Veri et Tzgalha à Tijlis , H
Pour la commodité des voyageurs je joins ici les poids et mesures en usage en Russie et en Géorgie.
Le poud contient quatre livres de Russie.
La livre, ou fund, se divise en 32 lots, chaque lot en 3 soltnik, chaque soltnik en 3 grains , et le grain en scrupules.
A Tiflis on se sert , aux boucheries et pour les comestibles, d'une mesure appelée litre, qui équivaut au demibatman royal de Perse r à 3 ekes turques et à 9 livres de Russie.
Mesures de capacité.
La pipe de 42 anores contient £>00 pintes de Paris. L'oxhoft , ou barrique de Bordeaux , contient 30 velt , environ 250 pintes de Paris.
Vanore contient 3 vedro (40 pintes de paris ). Le vedro contient 43 pin (es et un tiers de Paris.
Mesures de longueur.
Uar chine équivaut à 26 pouces 6 lignes de France.
La sagenne est de 3 archines et équivaut à 6 pieds 7 pouces et demi.
La werste, mesure pour la distance , est de 590 sagennes ; par conséquent , 4 werstes équivalent à 2000 sagennes ou 2200 toises , environ une lieue de poste de France et un dixième.
Digrtiw» '
Mesures pour les terres.
En Russie, on vend les terres à la dissèatine. La disséatine , enlre les particuliers t est de 80 sagcnnes de longueur sur 40 de largeur; elle représente 5200 sagennes carrées , et équivaut à 3 arpens un tiers de France , de 100 perches carrées: la perche a 20 pieds. La dissèatine de la couronne, qui est de 60 sur 40 , contient 2400 sagennes carrées.
Monnaies persanes usitées dans le commerce en Géorgie.
Les pièces d'or consistent en toman, demi-toman et quart detoman.
Le toman vaut 20 francs et se divise en 40 réates , qui valent chacun 2 francs.
Les abazes sont d'argent pur et valent 80 kopeks.