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les mdelli, un jardin d'oliviers, est un vieux chêne sous lequel l'enfant se plaisait à jouer, à l'ombre duquel le jeune oiïicier revint rêver pendant le seul et court loisir qu'il ait goûté de sa vie , alors que , ses études terminées , il se préparait à commencer son active carrière.
Dans la cathédrale, qui est de la belle architecture italienne du XVI* siècle , et que surmonte une élégante coupole , on nous montrera la cuve en marbre blanc où il a reçu le baptême , près de deu\ ans après sa naissance.
De l'autre côté du golfe , la tour blanche de Capitello rappelle un des premiers et des plus grands périls qu'il ait courus, lorsqu'il secondait Paoli dans une expédition contre des paysans corses insurgés.
Au sud d'Ajaccio , nous avons Sartène dans l'intérieur des terres, ville de 3,200 âmes, et , dans ses environs , les ruines de l'ancienne résidence de Yincentello d'Istria , le héros de la Corse au commencement du XV* siècle ; Porlo-Vecchio avec le meilleur port de l'île , et qui peut recevoir les plus fortes escadres ; et Bonifacio , ville de 3,000 habitants, qui a aussi un beau port. En 830, un seigneur pisan, du nom de Bonifacio, revenant d'Afrique où il avait l)altu les Sarrasins , aborda sur ce point du littoral corse, et y bâtit un fort. En 1195 un heureux coup de main rendit les Génois maîtres de ce fort, et de cette époque date leur premier établissement dans l'île. L'église Sainte-Marie-Majeure est une élégante construction pisane , brillante de marbre et de porphyre. Saint-Dominique , ancienne église des Templiers, construite en 1343, est le plus bel édifice de la Corse; sa tour octogone à jour est remarquable. Saint- François , bâtie peu d'années après , renferme deux riches tombeaux. Non loin de Bonifacio , la mer a creusé dans les rochers plusieurs grottes où l'on vient l'été , en partie de plaisir, dîner et danser au frais. La plus fréquentée est le Dragouale , qui s'arrondit en une belle coupole presque régulière , recevant le jour par la partie supérieure.
Vers le milieu de la cùle de l'est , à l'embouchure du Tavignano ,
sont les ruines d'Aleria , ancienne cité romaine. On reconnaît les débris d'une maison préloriale , que les habitants nomment rasa reale , la maison royale , et les vestiges d'un cirque construit pour une population de 12 à 15,000 âmes. On attribue aussi aux Romains la construction des bains du village de Pietrapola , où sont des sources minérales.
Tout à fait au nord de l'ile, presque à l'evtrémité du cap Corse et sur son point le plus élevé, on voit une vieille tour, dont la base est entourée de chênes verts et d un torrent qui roule au fond d'un précipice. De sa plate-forme, on jouit d'une admirable vue sur les deux mers. On la désigne sous le nom de Taur de Sénèque. La tradition prétend que Sénèque y passa les six années pendant lesquelles le pouvoir ombrageux de Messaline le tint relégué en Corse.
Sur la côte ouest de ce cap Corse, regardez bien le golfe et la ville de Saint -Florent , à l'opposé de Bastia. Napoléon réservait à cette \ille de brillantes destinées; elle aussi fût devenue à son tour capitale de la Corse par sa situation , « une des plus heureuses que je connaisse », disait-il dans sa captivité de Sainte-Hélène.
Calvi, à l'ouest de l'ile , sur un territoire sec et aride , mais dans une position dilïicile à attaquer du coté de la terre , fut fondée vers l'an 1208 par Ciovanninello de Pietra-Allerala , seigneur de toute nie, qui résidait à Giudice délia Rocca. Lorsqu'en 1794 les Anglais essayèrent de nous enlever la Corse, c'est de Calvi qu'ils s'emparèrent ; c'est là qu'ils crurent pouvoir s'établir le plus solidement contre une insuirection. Le commerce de Calvi, qui fut jadis considérable, se déplace et se transporte aujourd'hui à l'ile Rousse, à quelques lieues plus au nord sur la même côte.
La population de la Corse, qui s'élève à 220,000 dmes, se partage un territoire qui sutTirait à plus d'un million. Elle vit dans des villages, et parmi ses quelques villes il n'en est que deux qui comptent dix mille âmes; par conséquent elle n'éprouve aucun des besoins du luxe. Son admirable climat , à peu près sous la même latitude que Rome et Barcelone, ne lui laisse coiuiaitre aucune privation. En Corse tout le m')nd(' possède ; le berger le plus pauNre
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a droil à la moitié du croît du troupeau dont il est le gardien. Ces bergers errent l'été dans la montagne , l'hiver dans la plaine et les vallons, tantôt seuls, tantôt plusieurs ensemble , mais toujours suivis de la famille. Quelquefois ils se construisent une cabane , qu'ils abandonnent pour en aller construire une autre ailleurs ; assez souvent ils passent la nuit en plein air, vivant du lait de leurs chèvres, de châtaignes et de gibier, glorieux quand la balle de leur fusil atteint quelqu'un de ces agiles mouflons qui franchissent facilement d'un roc à l'autre un espace de siv mètres. Le mouflon est un bélier sauvage que Butfon considère comme le type originel des diverses variétés du bélier domestique. 11 a un poil de couleur noire au lieu de laine. Les moutons corses sont tous noirs; un mouton blanc est une rareté ; leur chair est succulente , mais leur laine est courte et rude. Les chèvres sont fort nombreuses et d'une espèce très-belle. Le paysan le moins aisé a un petit jardin potager près de sa maison, et un enclos en dehors du village ; il a un cheval (les chevaux corses sont extrêmement petits , mais vifs et intelligents ) , une ou deux chèvres et autant de cochons. Le cheval ne sert que de monture; on emploie pour les transports l'âne ou le mulet; celui-ci est fort beau. Le gros bétail, mal soigné , est de petite taille; la vache donne peu de lait; la chair du bœuf est dure. La terre produit en abondance, et presque d'elle-même , d'excellents vins, l'oUve, l'orange, la grenade. On échange une partie de ces trésors faciles contre les céréales que 7 à 8,000 Italiens, du pays de Lucques, viennent cultiver moyennant un loyer annuel du sol dans la plaine fertile d'Aleria. Les bergers sont presque les seuls Corses qui daigneront ensemencer un maquis. On appelle ainsi des landes couvertes de bruyères et d'arbustes, par exemple l'arbousier, le laurier, le ciste, le myrte, etc., qui croissent à une telle épaisseur que le cerf et le mouflon euxmêmes ont peine à s'y frayer un passage. On met le feu au maquis, et, après que la pluie a rendu la cendre un peu compacte, on donne une sorte de labour et l'on ensemence. La récolte faite, on abandonne le fonds, où les arbustes reparaissent de toutes parts; le berger ne manque pas d'amener son troupeau , qui se repait de ces
jeunes pousses , ce qui n'empêche pas le maquis de reprendre en peu de temps son ancienne vigueur. Ces landes ont une couche végétale de plus de deux pieds. Le jour où les Corses se décideront à travailler, ils seront riches, et plus qu'on ne peut le devenir sur notre continent; mais comment s'y prendra-t-on pour persuader au\ Corses qu'il y a pour eux nécessité de devenir riches? Qui sait même s'ils y gagneront en bonheur, et si , en parvenant à introduire chez eux le luxe et l'industrie , on ne leur aura pas créé plus de besoins que de richesses, ei par conséquent une véritable pauvreté ?
'ai à vous proposer, mes chers enfants, maintenant que nous avons achevé notre tour de France, un voyage qui vous surprendra peut-être, c'est celui de Paris. Vous riez! Sans doute vous vous imaginez bien connaître la ville que vous habitez? Vous seriez fort surpris cependant de tout ce qu'un étranger, venu exprès pour visiter cette ville, pourrait vous apprendre h son sujet. Combien de choses y sont que vous n'avez jamais vues ! Combien de monuments, devant lesquels vous avez passé sans jamais les examiner, et dont vous ne pourriez dire ni la date ni l'origine! N'est-il pas honteux pourtant de ne pas mieux connaître ce qui nous entoure? Aussi , celle fois, c'est un véritable voyage que nous allons entreprendre, et, mes notes à la main, nous visiterons Paris en détail; je crois que c'est la manière la plus amusante de terminer notre entreprise.
L'île de la Cité formait à elle seule, lors de l'invasion romaine, la ville que César nomme Lutelia, Lulèce; quelques parties même de l'île restaient encore en culture. Les maisons, sortes de cabanes, petites, couvertes en roseaux, étaient éparses çd et là. En l'an 5V avant Jésus-Christ, César y convoqua une assemblée des chefs de différents peuples de la Gaule. Jugeant cette île de la Seine propre à servir de base à ses opérations militaires, il y fit construire des maisons plus commodes, ainsi que deux grosses tours, sur les deux rives opposées, pour défendre l'abord de deux ponts en bois par
lesquels on y arrivait. Une inscription du temps de Tibère , découverte dans le siècle dernier, fait mention de marchands du territoire des Parisiens, qui formaient une communauté à Lutèce. Vers l'an 360, Julien y fut proclamé imperator et auguste par ses soldats. Il habitait, auprès de la ville, sur la rive gauche, le palais des Thermes dont il existe encore aujourd'hui quelques restes. C'est vers 380 que Lutèce prit le nom de Paris, urbs Varisiorum , la ville des Parisiens, dont elle était la capitale. On a beaucoup discuté sur l'origine des deux mots Luletia et Parisii. L'opinion la plus accréditée est que le premier dérivait du mot lutum , boue , et le second du nom de la déesse Isis, déesse de la navigation, qui aurait eu un temple au lieu où est aujourd'hui l'église Saint-Germain-des-Prés, et un nombreux collège de prêtres au village d'Issy. Cette déesse de la navigation sert aussi à expliquer comment, de temps immémorial, la ville de Paris a pris un vaisseau pour symbole. Jupiter eut, dit-on, un temple à la pointe orientale de la Cité; Mars à Montmartre, et Mercure sur la montagne Sainte-Geneviève. On présume que vers l'an 245 saint Denis prêcha la foi chrétienne dans cette contrée, et fut martyrisé avec ses compagnons sur la colline de Montmartre. Quelques savants affirment que, dès le règne de Valentinien (vers 365), Paris eut une petite basilique, dédiée à saint Etienne, sur une partie du terrain que couvre aujourd'hui Notre- Dame.
Sous les rois de la première race , les lois romaines furent remplacées par les lois des vainqueurs, les Francs. Un dur servage pesa sur les campagnes; mais Paris eut toujours l'avantage d'être le patrimoine particulier des rois. Ses bourgeois conservèrent leur liberté et les privilèges de leur commerce sur la Seine. Les rois de la race Carlovingienne résidèrent peu à Paris; Charlemagne la visita souvent, quoique sans en faire sa résidence.
Lorsqu'en 8i5 les Normands hommes du nord, qui s'étaient montrés pour la première fois sur les cotes de France pendant le règne de Charlemagne) remontèrent la Seine dans leurs grandes barques venues de la Scandinavie, et arrivèreni à l'improvisle sur
Paris, quelques centaines de maisons, sur les deux rives, formaient deux faubourgs à la ville : l'un regardant le nord (le bas des rues de la Harpe et Saint- Jacques), l'autre exposé au sud (la place du Châlelet et le bas de la rue Saint-Denis'. A quelque distance étaient les bourgs de Saint-Marcel, Sainte-Geneviève, Saint-Germain-des- Prés tournés vers le nord; Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-Marlindes-Champs du côté du sud. Tous ces bourgs étaient séparés par des prairies marécageuses, des champs et de grands restes de forets. La Cité n'avait point de remparts; cette fois, le fleuve, sa défense naturelle, au lieu de lui servir, lui devenait funeste. Les habitants s'enfuirent; tout ce qu'ils ne purent emporter devint la proie des pirates. Le roi Charles -le -Chauve, retranché à Saint -Denis avec quelques troupes, acheta la retraite de cet ennemi si inattendu et si redoutable, moyennant 14,000 marcs d'argent (le marc pesait une demi-livre). Les mêmes ravages se renouvelèrent en 856 et en 861.
En 885 les Normands revinrent ; mais cette fois ils trouvèrent la Cité abritée derrière des murailles et des tours, qui à la vérité n'étaient pas entièrement terminées. Le vaillant évèque Goslin dut, à leur approche, faire construire aux flambeaux une tour en bois dans la partie de l'ouest. Le faible roi Charles-le-Chauve s'était laissé arracher par les grands vassaux l'hérédité des fiefs. Le comté de Paris était devenu fief héréditaire d'Eudes, qui sut le défendre.
Le modeste Paris, renfermé jusque alors dans la Cité, ne couvrait donc qu'environ 38 hectares, c'est-à-dire un peu moins que l'étendue du Jardin des Plantes tel qu'il est aujourd'hui.
Actuellement le mur d'octroi, ce mur d'environ 3 mètres de hauteur, sans fossé à son pied , qui enferme Paris pour assurer la perception du droit d'entrée sur certaines denrées et principalement sur les boissons, n'a pas moins de 24 kilomètres ou six lieues de tour. La population est de plus d'un million d'ilmes, à (juoi il faut ajouter les étrangers et la garnison. De 1831 à 1841 , Paris s'est accru de 150,000 âmes. Pour la population, Paris ne vient cependant qu'après Londres; et pour l'étendue, après Londres,
lit
Pétersbourg et Moscou. Ces deux dernières ont beaucoup de jardins et de terrains vagues; mais elles ne comptent, l'une que 480,000 , et l'autre que 350,000 habitants.
Ce mur d'octroi fut construit en 1787, à la demande des fermiersgénéraux qui, moyennant un fermage, étaient solidaires de l'impùt envers le gouvernement (l). Les barrières sont au nombre de cinquante-huit. Par un caprice de l'architecte Ledoux, ces constructions ont pour la plupart une physionomie de petit temple : la barrière de Yincennes ou du Trône , appelée ainsi à cause d'un trône splendide qu'on y éleva le jour de l'entrée de Louis XIV et de Marie Thérèse , se fait remarquer par deux colonnes doriques de 25 mètres de hauteur. La barrière Saint- Martin est un véritable monument; ses quatre faces présentent chacune un péristyle eu saillie , orné de huit pilastres carrés et isolés, d'ordre toscan.
Parmi les vingt et un ponis qui assurent une circulation facile d'une rive à l'autre, le pont d'Iéna, bâti en pierre, et le pont d'Austerlitz, bâti en pierre et cintré en fer, sont les plus élégants. Le pont au Change est le plus large, non-seulement de Paris , mais peut-être de toute la France. Le pont Neuf, qui se compose de deux ponts qui viennent s'unir sur un terre-plein orné de la statue de Henri IV, se trouve aujourd'hui le plus vieux de la ville. Le pont des Arts, pont léger qui ne sert qu'aux piétons, est celui qui compte le plus de longueur, 172 mètres. Le pont du Carrousel est à la fois plus élégant et plus solide. Le plus monumental de tous est le pont delà Concorde. Les ponts suspendus construits à Paris manquent en
(1) Voici le tableau des superficies à diverses époques, extrait des publications statistiques de la préfecture :
Sous Jules-César,
56 ans avant
notre ère,
la l'c
enceinte ren
ifermait
— Julien,
en ;î75 ,
la 2=
— Philippe-Aut;uste
, en 1211 ,
la 3e
— Charles VI ,
en 1383,
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— Henri III,
en 1581,
la 5<-
— Louis XIII,
en Ifi34.
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— Louis XIV,
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— Louis XV,
en 1717.
la S'-
— Louis XVI,
en 1788,
De nos jours.
en 1837
PARIS. .i83
général de grâce et sont lourds. La police, par mesure de prévoyance, leur a imposé la condition de poser au moins sur une pile , et de ne point courir d'un seul jet d'une rive à l'autre , et cependant la Seine n'est pas très-large.
Dans le vieux Paris , l'ile de la Cité était précédée , à sa pointe occidentale, de deux Ilots qui aujourd'hui sont réunis à elle et forment le terre-plein où repose la statue de Henri IV. L'ile Saint-Louis actuelle a été formée par la réunion de deux îles, il y a environ deux siècles, L'ile Louviers vient de disparaître , ou plutôt d'être liée à la rive droite.
Les marchandises qui arrivent par eau, en remontant la Seine, viennent débarquer au quai d'Orsay, sur la rive gauche, au-dessous du pont de la Concorde. Cependant les vins , les eaux-de-vie et les charbons remonlent jusqu'au port Sainl-Mcolas , sur la droite , entre les ponts Royal et des Arts. Cette navigation de la basse Seine amène annuellement environ 1,000 bateaux. Les arrivages de la haute Seine sont plus de dix fois plus considérables. Dans le cours de l'année, 1 1,000 bateaux s'arrêtent au port de la Râpée, sur la rive droite et au-dessus du pont d'Austerlitz. Les vins et les spiritueux débarquent à la halle aux Vins ou Entrepôt, au-dessous du même pont , mais sur la rive gauche. La partie de la rive droite opposée à l'extrémité orientale de la Cité et à l'ile Saint-Louis , et appelée le port au Blé , offre , pendant l'hiver, un abri pour les bateaux , abri d'autant plus sûr qu'une estacade, à la pointe orientale de l'ile Saint- Louis , rompt la violence du cours du fleuve et le rejette sur la rive gauche. La navigation passe sous le pont de la Tournelle et sous celui de la Cité, qui joint cette Ile à l'ile Saint-Louis; les eau\ , presque toujours trop basses, ne permettant pas de passer entre la Cité et la rive gauche. Ces immenses bateaux à plusieurs étages garnis de fenêtres, et qui, transportés à terre, feraient de jolis chiUeaux , s'appellent les bains Vigier, du nom de leur entrepreneur. Beaucoup d'autres bains semblables et d'écoles de natation i)our les hommes et pour les dames sont aujourd'hui établis sur la ri\ièr('.
Le canal Saint-Martin reçoit au bassin de la Villette, à l'extrémité
nord de Paris, les arrivages du canal de l'Ourcq, et, traversant la ville dans sa partie orientale, les verse, par une pente de 25 mètres répartie entre onze écluses, dans la gare de l'Arsenal, en face du pont d'Austerlitz. Cette gare est pratiquée dans l'ancien fossé de la vieille Bastille, emportée d'assaut et démolie après la journée qui commença la révolution de 1780.
Il faut bien convenir que les relations commerciales de Paris avec les départements ne sont que médiocrement favorisées par la Seine, et par la Marne qui se jette dans la première à une lieue et demie au-dessus de la ville; car la Seine n est navigable que pour des bateaux plats ou pour des bateaux d'un tirant peu considérable , et la navigation est souvent interrompue à cause des eaux trop basses.
En attendant le jour où chaque maison particulière aura, comme à Londres , sa distribution quotidienne d'eau et des robinets à chaque étage , Paris ajoute chaque année au nombre de ses bornesfontaines. Deux pompes à feu , l'une à Chaillol près du pont d'Iéna , l'autre vis-à-vis au (iros-Caillou , et une machine hydraulique sur le pont Notre-Dame, par laquelle est alimentée la fontaine du Châtelet , petite colonne assez maigre élevée en l'honneur de Bonaparte vainqueur en Italie, distribuent les eaux de la Seine. Un aqueduc à Komainville , village au nord - est de Paris , construit depuis des siècles , fournit l'eau aux bornes-fontaines de la halle et à la fontaine des Innocents , élégant pavillon carré à pilastres , exhaussé sur quelques degrés , orné par Jean Goujon de précieux bas-reliefs, décoré plus récemment de lions et entouré de bassins. Sur les quatre faces, l'eau s'échappe et tombe en belles nappes par une quadruple cascade. L'aqueduc de Belleville-Ménilmonlant alimente la partie orientale de la ville. Celui d'Arcueil , village au sud , fournit ses eaux à la partie méridionale et à la fontaine de la rue de Grenelle, château d'eau à façade, orné de colonnes qui supportent un fronton, et décoré de bas-reliefs et de statues exécutés par Bouchardon. Depuis les premières années de ce siècle, les eaux du canal de rOurcq alimentent la partie septentrionale. Ce sont elles que vous vovez au Cli;ileau-d'Kau , sur le honlcxard Hondy. jaillir eu une
gerbe volumineuse d'une coupe élevée à 10 mètres du sol , déborder dans une seconde coupe , et puis tomber en larges nappes qui se déploient sur trois étages de bassins , dominé par des lions accroupis deux par deux. Enfin les eau\ du puits artésien de Grenelle vont se rendre dans un réservoir construit au Panthéon pour se distribuer de là dans tout le quartier. Paris s'est enrichi récemment de plusieurs fontaines somptueuses. Sur la place de la Concorde , aux deux côtés de l'obélisque égyptien , transporté , il y a quelques années , de Louqsor, bloc de granit de 24 mètres de longueur, du poids de 250,000 kilogrammes, que M. Lebas a eu l'habileté de dresser sur un piédestal , nous admirons deux fontaines dans le genre de celles qui décorent la place Saint -Pierre à Rome. L'eau jaillit d'une coupe supérieure , et retombe par quatre vasques formant cascade jusque dans le bassin inférieur. Six statues colossales en bronze s'adossent à un tronc de palmier qui supporte les quatre étages de vasques , et sur les bords du bassin sont distribués des tritons et des naïades , tenant en main des poissons qui lancent de nombreux jets d'eau dirigés de manière à remonter dans la quatrième vasque. Auprès du Jardin des Plantes , une fontaine élevée en l'honneur de Cuvier se recommande par de bonnes sculptures. La statue de Molière décore une autre fontaine , en face de la maison où il mourut. Mais une des plus élégantes est celle qui occupe , sur la place Richelieu , l'emplacement où devait s'élever le monument consacré à la mémoire du duc de Berry. Elle est exécutée sur les dessins de M. Visconli.
Un de mes amis a tracé en quelques lignes la physionomie de Paris. La Cité, traversée dans sa largeur par deux grandes rues, est , dans sa partie inférieure , un dédale de petites rues sales et tortueuses. Les maisons du cloître Notre-Dame sont , pour la plupart , habitées par une population pacifique d'ecclésiastiques et de personnes pieuses. Le quai des Orfèvres offre une suite de riches boutiques dans ce genre de commerce. Le quai des Lunettes présente une réunion d'opticiens les plus distingués.
L'ile Saint-Louis est surtout la demeure des petits boutiquiers qui ont fait fortune. Là toutes les rues se coupent à angle droit , et sont
d'une propreté extrême , grâce au\ vents qui y soufflent constamment. C'était sous Louis XIV la demeure de la noblesse de robe et de la haute bourgeoisie.
Sur la rive droite , le faubourg Saint-Honoré , paré de brillants hôtels, dont plusieurs ont des jardins délicieux qui donnent sur les Champs-Elysées, est habité par la diplomatie. La noblesse de l'Empire y avait beaucoup de propriétés , ce qu'il faut attribuer au voisinage des Tuileries. Le quartier de la Madeleine est aujourd'hui le plus à la mode, et adopté par les heureux du jour. La Chausséed'Antin est le séjour de la haute finance. La nouvelle Athènes, qui l'avoisine, et le quartier Saint-Georges, voient s'augmenter chaque année le nombre de leurs jolis hôtels : c'est le quartier de prédilection des riches artistes. Le quartier de la Bourse , et surtout les rues Vivienne et Richelieu , le Palais-Royal et la rue Saint-Honoré , semblent dévolus au commerce de luxe et de fantaisie. Le faubourg Poissonnière appartient a la Banque et au haut commerce. Les quartiers Saint -Denis et Saint -Martin sont essentiellement marchands. Celui des Lombards semble aff'eclë presque exclusivement aux droguistes et aux épiciers en gros. Les environs de la Grève recelaient naguère la partie la plus misérable de la population et beaucoup d'ouvriers des ports. Le Marais offre aux modestes rentiers des appartements à bon marché dans des hôtels qui ont vu les doubles portes de leurs salons s'ouvrir devant les grands personnages de la cour de Louis XIV. Les faubourgs du Temple et Saint- Antoine sont occupés par des manufactures et par une population d'artisans.
Il en est de même , sur la rive gauche , du faubourg Saint-Marceau et des environs de la barrière d'Enfer. Le quartier Saint-Jacques . appelé quartier latin , et tout ce qui avoisine la rue Dauphine , renferment surtout des étudiants et la plus grande partie du commerce de librairie. Le faubourg Saint-Germain demeure encore le quartier affectionné par l'ancienne noblesse. Le Gros-Caillou présente une population d'ouvriers et de petits fabricants. Il compte aussi beaucoup de gens do rivière.
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Le chéleau des Tuileries est ainsi nommé parce qu'il s'élève sur un terrain occupé autrefois par des fabriques de tuiles. Catherine de Médicis le fil commencer d'après les dessins de Philibert Delorme et de Bulland ; puis elle l'abandonna parce qu'il était sur la paroisse Saint-Germain l'Auxerrois, et que l'astrologie judiciaire, en laquelle elle avait foi , annonça qu'elle devait redouter tout ce qui portait le nom de Germain. Sous Henri IV, le travail fut repris avec des modifications par Ducerceau et Dupeyrac ; sous Louis XIII , des dispositions nouvelles furent encore apportées , et enfin , sous Louis XIV, on chargea Le Veau et d'Orbay d'accorder le tout de leur mieux. Le palais se compose d'un immense pavillon central , dit pavillon de l'Horloge , et de deux ailes latérales qui viennent aboutir aux deux autres vastes pavillons de Marsan et de Flore ; ce dernier touche au quai qui borde la rivière. Le jardin, dessiné par Le Nôtre , a 1 kilomètre de long ; sa largeur , qui correspond au développement du palais, est de 336 mètres. Vous connaissez ses parterres fleuris , ses trois bassins et ses deux quinconces de superbes marronniers, autour desquels se prolongent les deux terrasses latérales qui forment retour en fer à cheval. Vous vous rappelez l'immense allée qui sépare les deux quinconces; son bassin orné d'un jet d'eau , qui s'élance plus haut que les cimes de ces vieux arbres , et la grille qui s'ouvre sur la place de la Concorde. En avant de cette place , le double fossé qui règne au pied du retour des deux terrasses est le dernier vestige des fossés avec pont-levis qui entouraient autrefois cette demeure royale.
La place de la Concorde et la magnifique promenade des Champs- Elysées semblent ne faire qu'un avec le jardin des Tuileries. Du balcon de la salle des Maréchaux , dans le pavillon de l'Horloge , l'œil parcourt avec ravissement une large ligne ouverte à travers le feuillage , et sur laquelle se coordonnent le jet d'eau du grand bassin, l'obélisque de Louqsor, une gerbe jaillissante au rond-point des Champs-Elysées, et enfin à l'horizon la majestueuse masse de l'arc triomphal de l'Étoile.
La place doit à l'époque de Louis XV l'hùlel de la Marine et le
Garde-Meuble, qui l'encadrent au nord, ainsi que le quai qui la borde au sud. Les deux groupes de chevaux domptés par deux écuyers , qui décorent l'entrée des Champs-Elysées , sont de Coustou, et ont orné d'abord le parc de Marly. Les statues colossales assises , représentant les principales villes de France , les fontaines, les nombreux candélabres et rostres , le revêtement de bitume de la place entière , sont modernes et datent du règne de Louis-Philippe. Le promeneur qui s'arrête au centre de la place , au pied de l'obélisque, est entouré partout de somptueux monuments. C'est la plus belle partie de Paris ; de l'aveu des étrangers > aucune ville du monde n'olFre rien de comparable à cet ensemble.
Le Louvre est cette maison de chasse demeurée en dehors de l'enceinte du vieux Paris tracée par Philippe -Auguste. En 1355 c'était un chAteau entouré de fossés et tlanqué de plusieurs tours. 11 servit ensuite de prison d'État , et plus tard Charles V y plaça son trésor et sa bibliothèque, composée de 910 volumes. François I" chargea Pierre Lescot de le démolir et de donner des dessins pour un nouvel édifice. Le travail se continua avec des modifications infinies sous les rois suivants jusqu'à Louis XIV. Un appel fut fait par ce monarque a tous les grands architectes de l'époque. Bernini donna des dessins et commença même des travaux , et puis le roi revint à un plan qu'avait proposé le médecin Perrault. C'est à lui qu'est due la plus belle partie , la célèbre colonnade qui regarde l'église Saint- Germain-l'Auxerrois.
Cette façade se compose de trois avant-corps liés par deux galeries. Sur toute la longueur de ces avant-corps et galeries règne un soubassement très-élevé , qui supporte un péristyle où se succèdent des pilastres et des colonnes d'ordre corinthien , au nombre de cinquante-deux, cannelés et accouplés. Au-dessus est une riche balustrade , interrompue par un fronton qui couronne l'avant-corps central. De grandes fenêtres sont percées dans le soubassement <•! au premier étage, entre les pilastres des avant-corps. Dans les deux galeries, Perrault avait placé des niches destinées à recevoir des statues; on en a fait autant de fenêtres. Les bas-reliefs ne datent
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que de l'empire. Celui du fronton , qui esl de Lomol , vous monlre un buste entouré de la Victoire , de Minerve et des Muses. Ce buste fut d'abord celui de Napoléon , et Clio achevait de graver sur le piédestal ces mots : Napoléon le Grand a achevé le Louvre. Le gouvernement de la restauration a changé ces traits en ceux de Louis XIV, et Clio se trouve aujourd'hui avoir écrit : Ludovico Magna.
Le Louvre présente quatre lignes de bâtiments entourant une cour d'un aspeci imposant, mais dont les quatre façades sont dissemblables, selon qu'aux différentes reprises des travaux, les dessins de Lescot ont été modifiés successivement par Mercier, Perrault et Gabriel. Les six cariatides colossales de la façade de l'ouest sont du ciseau de Sarrazin. La galerie qui règne le long du quai est la plus longue connue ; la première pierre en fut posée par Charles IX , et les dessins donnés par Androuet du Cerceau. Ce fut Catherine qui eut la pensée de joindre ainsi sa construction nouvelle des Tuileries à la vieille habitation du Louvre. Napoléon , pour compléter cette pensée, fit commencer la galerie correspondante , qui promet d'encadrer complètement un jour la place du Carrousel. Après ses victoires en Italie, il eut soin d'introduire dans les traités la faculté pour les villes conquises de se libérer des contributions militaires par l'abandon de tableaux et de statues. C'est à cette pensée que nous devons le musée, qui fut ouvert au public dans le mois de novembre 1800. La grille qui borde la cour du Carrousel et le petit arc triomphal qui lui forme une porte d'honneur datent de l'Empire, et sont l'œuvre de Percier et Fontaine. Les bas-reliefs de cet arc représentent les principaux événements de la campagne de 1805. Le jour viendra certainement où le Louvre et les Tuileries réunies formeront enfin un seul et unique palais digne de servir de demeure au chef de notre grande nation.
L'arc de triomphe de l'Étoile fut également décrété par l'empereur après cette campagne de 1805. Chalgrin en donna les dessins. Pour juger de l'elfet, Napoléon le fit exécuter en planches et en toiles peintes lors de son mariage; et de l'entrée de la seconde impératrice
dans la capitale. C'est le plus colossal monumenl de ce genre. 11 a 45 mètres d'élévation. Le grand arc a 20 mètres . et les arcs trans-
versaux n'en ont pas moins de 16. MM. Ktev, Rude et Cortol ont exécuté les quatre groupes allégoriques des deux faces principales , résumant l'histoire de nos guerres contre l'Europe depuis 1789 : le dépari, le triomphe, la resislanee lorsque le sol national est envahi, et enfin les douceurs de la pair. De grands bas-reliefs représentent quelques-unes de nos principales victoires. Sous les voûtes des arcs on a inscrit les noms des généraux qui se sont illustrés depuis la révolution.
Deux autres monuments consacrent des époques difterentes : la colonne de la place Vendôme, élevée par Napoléon à la gloire de la grande armée , et celle de la Liberté sur la place de la Bastille , érigée en souvenir des trois journées de juillet 1830. La première est en pierre revêtue de plaques de bronze , disposées en une spirale, sur laquelle sb déroule l'histoire de la campagne de 1805 jusqu'à la paix qui suivit la victoire d'Austerlilz. Klle est surmontée delà statue de Napoléon dans son costume habilucl : le petit chapeau, la redingolle p..r-(lcssus le frac , et en main sa lunette de campagne. Celle
statue est l'œuvre de INI. Seurre et remplace une statue en eostume impérial qui fut renversée lors de ["invasion de 181V. Celte colonne, dans r intérieur de laquelle un escalier est ménagé, est une imitation de la colonne Trajane à Home, dans des proportions plus fortes, La colonne de la Liberté est construite sur un mode entièrement neuf et d'une incroyable hardiesse, imaginé par M. Alavoine. Le fût se compose de vingt-trois tambours de bronze , disposés l'un au-dessus de l'autre sur une armature en bronze composée de pièces assemblées ; au centre de l'armature monte en spirale un léger escalier aussi en bronze. Le Génie de la Liberté , qui semble prendre son vol du haut de sa colonne , ne la touche que de l'extrémité d'un de ses pieds.
Avant Napoléon, Louis -le-tîrand avait aussi consacré ses propres triomphes par plusieurs monuments, parmi lesquels : la porte Saint- Denis, en 1072, où le ciseau de Girardon et de Franeois Auguier a représenté le passage du Rhin et la prise de Maëstricht; et la porte Saint-Martin, en 1674, où sont figurées la prise de Besançon et celle de Limbourg.
L'un des pouvoirs de l'État, la représentation nationale, tient ses séances au palais qui appartenait à la branche des Bourbon-Condé , et dont la construction date de 1722. La façade qui donne sur le quai ne date que des premières années de l'Empire , alors que ce palais avait été alîecté au Corps législatif. M. Poyet en donna les dessins; Fragonard a sculpté le fronton, qui représente la Loi , assise entre ses deux tables et s'appuyant sur la Force et la .Justice. A droite, l'Abondance est escortée des Sciences et des Arts; à gauche, la Paix ramène le Commerce; aux deux extrémités, deux Fleuves couchés s'appuient sur leur urne. Celte façade est exhaussée sur un large perron de trente marches, dont les statues de Minerve et de la .Tustice semblent les gardiens; au bas sont assises les quatre statues colossales de Sully, Colbert, d'Aguesseau et l'Hospital.
Le palais du Luxembourg fut construit, en 1G15, par Marie de Médicis d'après les dessins de Jacques Uesbrosses, sur les ruines de l'hôtel du Luxembourg, dont il a conservé le nom. Louis XVIII
i!)i VINGTIEME VOYAGE.
riiabilait avant la révolulioii, alors qu'il n'était que comte de Pro- Nence. Le gouvernement de 1793 en fit une prison. Le Directoire l'adopta pour sa résidence; Bonaparte, premier consul, s'y installa avec ses deux collègues jusqu'au jour où, consul à vie, il vint aux Tuileries se préparer un trône impérial et héréditaire. Depuis il fut le siège du sénat, puis de la chambre des pairs.
Le palais forme un carré presque parfait avec une très -grande cour intérieure environnée de portiques. La façade de la rue se compose d'un pavillon central d'ordre toscan, surmonté d'un ordre composite, et au-dessus un dôme; ce pavillon se lie, par deux terrasses à balustres, à deux pavillons carrés. La façade du jardin se composait de même de trois corps de bâtiments, mais liés par deux galeries à deux étages au lieu de deux terrasses. Récemment on a ajouté de ce côté des constructions nouvelles , tout en respectant le plus possible le plan et les dessins du premier architecte. La partie la plus estimée de cet édifice est l'escalier d'honneur. /\u bas est un charmant groupe de l'Amour et Psyché, par Delaitre. Vingt-deux colonnes ioniques supportent la voûte , décorée de caissons; et sur les deux côtés sont huit lions couchés, des trophées, et les statues de plusieurs de nos généraux. De la salie des Gardes on passe dans un vestibule, où l'on remarque la statue d'Hercule, par Pugel; puis dans la salle des Messagers d'État, où l'on a placé le Silence et la Prudence ; puis dans la salle de la Réunion , ornée d'une grisaille qui représente une victoire de saint Louis sur les Infidèles; et enfin dans la salle des Séances, disposée à peu près comme celle de la chambre des représentants, et enrichie de même de peintures et de statues. N'oublions pas de visiter la chapelle nou- \ ellemenl et élégamment décorée et embellie par Rubens , et qui fut la chambre à coucher de IMarie de Médicis. La salle du Livre d'or, où se conservaient les titres des pairs et le timbre des armoiries, se recommande par de belles arabesques. Le gouvernement ctitrclieul au Luxembourg un musée des meilleurs tableaux et statues d(; nos artistes vivants. Ces œuvres passent au musée du Lou\re après la mor! de l'artiste.