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L'ancien jardin de Marie de Médicis a été bouleversé de fond en comble. Le jardin actuel a été en grande partie dessiné par Chalgrin à l'époque du Directoire. En face du palais on a ménagé des parterres avec un bassin au centre; l'enceinte est formée par des talus gazonnés, coupés d'escaliers, qui conduisent à des quinconces. Une très-large avenue prolonge le parterre et s'étend à une longueur de 500 mètres. Elle se confond à l'oeil avec l'avenue extérieure, qui mène à l'Observatoire; el les deux édifices, quoique non pas tout à fait sur le même axe, sont liés l'un à l'autre par une double ligne de verdure.
Mercier donna les dessins du Palais-Royal, construit par Richelieu et achevé en 1636, et qui porta d'abord le nom de Palais-Cardinal. Après l'avoir décoré de tout ce que les arts pouvaient lui otlrir de plus somptueux, le cardinal en fit hommage à Louis XIII, ne s'en réservant que la jouissance viagère. Depuis, Louis XIV en fit donation à l'hilippe, duc d'Orléans, son frère unique, et à ses descendants mâles. Sans parler de l'intérieur du palais, qui est aujourd'hui encore riche en collections précieuses de tableaux et d'objets d'art, ce que cet édifice offre de remarquable n'est ni sa terrasse extérieure, d'une architecture médiocre, ni la façade assez triste de sa cour, mais bien le luxe et la variété des boutiques el des cafés qui , plusieurs années avant la révolution, se sont formés dans les galeries du jardin. Nulle ville ne présente un bazar aussi varié, aussi éblouissant. La belle gerbe du bassin, qui donne un peu de fraîcheur à ce jardin conslammenl battu par les oisifs et les étrangers qui artUieiit à Paris, et la galerie (oui entière couverte en vitrages sur une longueur de 100 mètres, sont des embellissements dus au règne de Louis-Philippe.
Le Palais de l'Elysée fut construit en 1718, pour le comte d'Évreux , par l'architecte Mollet. Plus tard la duchesse de Rourbon l'acheta du financier Reaujon, et depuis lors il a gardé le nom d'Elysée -Rourbon. Napoléon l'habita plusieurs fois; c'est là qu'il signa sa seconde abdication. Sous Louis XVIII , la duchesse de Berry N avait réuni une fort belle collection, aujourd'hui dispersée, de
lableaiix do l'ôcole flamande. Ce palais osl d'une grande élégance, et le jardin, peu étendu, esl admirablement dessiné.
L'Hùtel-de-Ville, célèbre dans notre bistoire, a joué un nMe dans toutes nos révolutions. C'est le siège de la préfecture du département de la Seine et du conseil municipal ; c'est le vieux palais de la bourgeoisie de Paris. Il fut commencé en 1533 sur les dessins de Dominique Cortonne, qui demanda à la fois ses inspirations aux styles grec et gotbique. Aujourd'bui qu'on vient de le dégager d'ignobles maisons qui l'enveloppaient en partie, d'y ajouter deux ailes, et de lui donner ainsi un développement presque triple , sa masse a acquis
un caractère imposant et original, qui répond bien à sa destination. Jean Goujon a exécuté les sculptures de l'escalier et les décorations des portiques autour de la cour intérieure.
La Justice a son palais dans la Cité. Ces vieilles tours dont il esl encore aujourd'bui flanqué du coté du quai des Lunettes ont été bâties par le comte de Paris, Eudes, qui établit là son palais, ou plutôt un cbrtteau fort, où nos rois babitèrenl dès lors. Saint Louis le restaura, et y ajouta la salle qui porte le nom da chambre de
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sainl Louis, ainsi que la grand\liambre el la Sainte-Cliapclle. Il fui encore augmenté sous Pliilippe-Ie-Bel , et aussi sous Louis XI , Charles VIII et Louis XII. La grande salle du palais servait à la réception des ambassadeurs ; elle était ornée des statues des rois depuis Pharamond; à l'un des bouts il y avait une immense table de marbre pour les festins royaux dans les grandes solennités. Deux incendies , à un siècle de distance , dévorèrent la grande salle et une partie des bâtiments du palais. Jacques Desbrosses fut chargé de la reconstruire, et cette nouvelle salle, terminée depuis 1622, est celle que nous nommons aujourd'hui la salle des, pas perdus , parce que les plaideurs y perdent souvent leurs pas. Tout autour sont distribués différents tribunaux. Elle se compose de deux nefs voûtées en pierres de taille , et séparées par un rang d'arcades qui portent sur des piliers décorés de pilastres doriques. Elle ne reçoit lejourciue par de grands cintres vitrés, qui sont à l'extrémité de chaque nef. Au-dessous existe encore une antique salle ayant à ses quatre angles quatre cheminées énormes et d'un style bizarre ; celte salle a conservé le nom de cuisine de saint Louis. Un nouvel incendie, en 1770, nécessita la reconstruction d'une partie considérable du palais. De cette époque date le pavillon exhaussé sur un assez beau perron, surmonté d'une sorte de dôme quadrangulaire , el avec deux ailes en retour, qui sont réunies par une grille d'un riche travail. Des travaux entrepris récemment vont changer encore la physionomie du vieil édifice.
Saint Louis, par lettres patentes de l'an 12i5, fonda la Sainte- Chapelle, destinée à recevoir les reliques par lui acquises de l'empereur Baudoin. L'architecte fut Pierre de Montereau. Son œuvre se composa de deux étages , avec une sacristie accolée à la façade. Dans l'étage supérieur de la sacristie fut déposé le trésor des chartes. La chapelle haute n'avait de communication qu'avec le palais, par une large galerie; elle servait uniquement de chapelle royale. La chapelle basse était abandonnée auv domestiques du palais. Cet édifice se recommande par la richesse de son ornementalion et la magnificence des vitraux. C'est une suite d'immenses fenêtres séparées seulement par de légers contre - forls , et les verrières s'adaptent le long de
rolonnelles du travail le plus délicat. Vue de deiiors, on peut dire que c'est une véritable muraille en verre, où les couleurs s'harmonisent avec un goût parfait. A l'intérieur, il suffit de quelques groupes de colonnes pour supporter la voûte , et donner naissance à ses nervures hardies. On s'occupe de réparer ce précieux chefd'œuvre de l'art élégant du xiii* siècle. En 1T93, il servit de magasin à farine, et fut en 1802 transformé en dépôt des archives judiciaires.
Paris a perdu un nombre très-considérable d'églises ; parmi celles qui lui restent , les plus anciennes sont Saint-Germain-des-Prés et Saint-Germain-l'Auxerrois.
Ruinée par les Normands, et reconstruite au commencement du xi^ siècle, l'église Saint-Germain-des-Prés, qui appartenait à une célèbre abbaye fondée par le roi Childeberl , fils de Clovis , ne fut entièrement achevée qu'en 1163. Elle a une nef que cinq piliers de chaque côté séparent des collatéraux. Ces piliers sont un massif où sont engagées quatre colonnes de diverses dimensions , et supportent des arcades à plein cintre. Vers les deux tiers de la longueur de l'égHse, est un grand autel, et un autre autel à l'extrémité du <hœur. Le chœur est entouré de colonnes isolées , qui supportent au rond-point des arcades en ogives , et sur les côtés des arcades à plein cintre. La chapelle Saint-François-de-Sales a gardé les tombeaux de Descartes, Mabillon et Montfaucon; dans la chapelle opposée est celui de Boileau. Vue de l'extérieur, il est assez difficile de saisir son ensemble , parce qu'elle est entourée de maisons. Deux tours pyramidales s'élevaient du côté de l'est; une troisième protégeait l'entrée de l'édifice, car ces tours ont fait partie d'un système de défense militaire, et l'abbaye avait des remparts et des fossés. La troisième seule subsiste aujourd'hui.
Reconstruite également après les spoliations des Normands, Saint-Germain l'Auxerrois date aussi du commencement du xr siècle. Le chœur fut rebâti dans le xiv% et le portail est de li35. Son jubé a disparu, ses piliers gothiques ont perdu de leur forme. Lorsque les rois habitèrent le Louvre, elle devint la paroisse royale. Plusieurs
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morceaux de sculpture, une grille en fer poli et bronze doré, sa chaire surmontée d'une couronne royale, le banc-d'œuvre exécuté sur les dessins de Perrault et de Lebrun , des tableaux de Philippe de Champagne, Léonard de Vinci, Jouvenet, etc., ont concouru successivement à l'embellir. Dévastée à la suite d'une émeute , en 1831 , on a profité de cette circonstance pour la restaurer complètement , et rendre à son extérieur les ornements qu'il avait perdus à la révolution de 1789.
Saint-Séverin i)rès la rue de la Harpe) , rebâtie vers le xr siècle, le fut encore dans plusieurs de ses parties en 1347 et en li89. Sa principale entrée est décorée de deux lions ; huit colonnes de marbre à chapiteau de bronze doré supportent un baldaquin au-dessus de son maltre-autel.
Les travaux de la cathédrale, Notre-Dame, commencèrent, dit-on, vers l'an 1133. Le maître-autel fut consacré en 1182. On présume que le grand portail fut entièrement achevé en 1223, sur la tin du règne de Philippe-Auguste. La statue de ce roi était la dernière de toutes celles, de proportion colossale, qui étaient rangées sur une seule ligne au-dessus des trois portes , et qui tombèrent sous le marteau des démolisseurs en 1793. Onze marches exhaussaient autrefois le monument au-dessus du sol ; elles ont disparu une à une par l'exhaussement du pavé. Le grand portail , percé de trois portes , présente deux étages de galerie , avec une magnifique rosace , et est surmontée de deux tours carrées un peu lourdes. Leur élévation est de plus de 93 mètres. Dans celle du midi est la fameuse cloche nommée le bourdon, qui pèse 16,000 kilogrammes. L'ornementation des galeries et leurs colonnettes gothiques sont d'un admirable travail. Sous les voussures ogives des trois portes , de nombreux basreliefs représentent des faits du Nouveau Testament. A celle du côté nord , on remarque un zodiaque où chaque signe est accompagné d'attributs ou d'images ayant rapport aux travaux agricoles du mois. Si nous faisons le tour de l'édifice, nous verrons parmi les bas-reliefs du portail septentrional la curieuse histoire d'un personnage qui a vendu son ùme à Satan. Le style des figures semble appartenir au