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commencement du xiv* siècle, La porte du cloître est d'une extrême élégance. On y voit les deux figures agenouillées de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne , el de sa femme, Marguerite de Bavière, el en bas-reliefs divers trails de la vie de saint Marcel , évéque de Paris. Le chœur se recommande surtout par la magnificence de sa boiserie sculptée. Des trumeaux, séparés par d'élégantes arabesques, représentent différents sujets du Nouveau Testament. Elle se termine de chaque côté par une chaire archiépiscopale surmontée d'un baldaquin enrichi de groupes d'anges qui portent les instruments de la Passion. Le dossier d'une de ces chaires représente le martyre de saint Denis ; l'autre la guérison miraculeuse de Childebert par l'intercession de saint Germain, é\èque de Paris. Au-dessus de celte boiserie sont des tableaux de Jouvenet, Philippe de Champagne, Jean de Boulogne el Coypel. Le pourtour extérieur de ce chœur offre une suite de bas-reliefs d'un grand intérêt pour les artistes. Le ciseau de Coustou a enrichi cette église d'une admirable Descente de croix , groupe en marbre blanc de quatre figures plus grandes que nature. Dans l'ancienne chapelle de la Vierge , on remarque une belle statue dite la Vierge des Carmes, par Antoine Raggi. Le lutrin en bois placé dans celte chapelle est d'un magnifique travail. Les dessins ont dû en être donnés par quelqu'un des grands artistes du xvi" siècle. Le tombeau du cardinal du Belloy, archevêque de Paris, se compose de quatre statues en marbre d'une exécution correcte, mais froide. Je vous signalerai pour son style étrange un bas-relief du xv^ siècle , qui a servi de pierre sépulcrale au tombeau du chanoine Yves. L'arlisle a représenté le Jugement dernier. Dans la partie supérieure est figuré Jésus , comme dans l'Apocalypse ; de sa bouche sortent deux glaives, l'un à droite, l'autre à gauche. Il foule au pied le globe du monde , el de sa main gauche tient un livre ouvert. Dans la partie inférieure, un homme ressuscite et sort du tombeau, où l'on voit un cadavre rongé de vers, qui n'a pas encore revêtu de nouveau sa chair.
Sainl-Gervais (rue du Monceau), n'bi\li(' en 1-2I-2 el de nouveau en 1 V'20, agrandie en 1521, n'a reçu son beau portail actuel , dessiné
par Jacques Desbrosses , qu'en 1616. Louis XIII en posa la première pierre. Les vitraux du chœur et de plusieurs chapelles sont de Jean Cousin.
Sainl-Étienne-du-Mont , carré Sainte-Geneviève) , bâtie en 1221 , fut augmentée en 1491 et en 1538. La première pierre de son portail fut posée plus tard par Marguerite de Valois , première femme de Henri IV. Ce portail à triple étage affecte la forme pyramidale ; les styles grec et sarrasin s'y trouvent confondus d'une manière étrange et cependant agréable. Une tour carrée, très-svelte et surmontée d'une sorte de lanterne , s'élève au nord de l'édifice et sert de clocher. A l'intérieur, les voûtes, d'une grande élévation, sont supportées par des piliers ronds ou colonnes de 1 mètre et demi de diamètre, qui ont un piédestal de 1 mètre de hauteur. Ces piliers se lient entre eux par des arcs transversaux qui partent du tiers de la hauteur et font encadrement autour de la nef, supportant non une galerie , mais un simple couloir où un homme seul peut passer. On monte à ce couloir par les deux escaliers du jubé , dont la voûte en cintre est très-surbaissée , et qui est à ses deux extrémités dominé par deux tourelles très-élégantes. La construction des deux escaliers en limaçon, enfermés dans ces tourelles et travaillés à jour, est on ne peut plus hardie et savante. La clef de voûte de la croisée a une saillie de plus de 4 mètres , et plusieurs des arêtes aboutissent sur cette saillie même. La chaire est supportée par une très-belle statue colossale en bois , qui représente Samson. Le pourtour en est orné de plusieurs Vertus assises et séparées par d'excellents bas-reliefs ; au-dessus plane un ange armé de deux trompettes. Saint-Étienne possède les reliques et le tombeau de la sainte que Paris a adoptée pour patronne , transférés lors de la démolition de rancienne église Sainte-Geneviève , ainsi qu'un tableau de Largillière , e.r-volo que Paris offrit à sa patronne en 1694 , après la cessation d'une famine qui avait duré deux ans. Les vitraux datent du xxi' siècle. A côté de plusieurs faits de l'Ancien Testament, on voit l'histoire curieuse du miracle de la sainte hostie. A défaut de leurs tombeaux, qu'elle a perdus, cette église garde encore les épitaphes de Racine et de Pascal.
Rebâtie en 1320, réparée el modifiée à l'intérieur en 1727, Saint-Leu (rue Saint-Denis) oiïre cette particularité, que le sanctuaire et le maître-autel sont extrêmement exhaussés : le célébrant semble être à un premier étage. Sous cet exhaussement on a ménagé une chapelle basse consacrée à un saint sépulcre.
L'église actuelle de Saint-Nicolas-des-Champs( rue Saint-Martin) date de 1420 ; on l'agrandit en 1575 , et l'on construisit le portail du sud, dont les sculptures sont estimées. Elle possède une Assomption par Vouët , et deux anges du ciseau de Sarrazin.
Nous visiterons , dans l'église Saint- Laurent (rue Saint-Martin] , entièrement reconstruite en 1429, et dont le portail actuel est de 1622, un tableau de Greuze , le Martyre de saint Laurent,
La petite église Sainte -Marguerite (rue Saint-Bernard), qui ne fut d'abord qu'une chapelle, possède des fresques de Brunetti et une Descente de croix exécutée sur les dessins de Girardon par deux de ses élèves^
L'église actuelle Saint-Merry ou Médéric (rue Sainl-Martin) date de 1520. C'est un édifice élégant et bien orné. Dans quelques chapelles on voit de beaux vitraux de Pinaigrier, Elle possède des tableaux de Coypel , Vouêl , Vanloo.
David est le nom de l'architecte de Saint-Eustache , qui date de 1520. La chapelle et le portail sont plus modernes et sont dus à Mansard, qui a adopté le style grec, A l'intérieur, David a donné à sa nef le cachet de l'archilecture sarrasine. Dix piliers carrés, ornés de listels et de feuilles d'acanthe , s'élèvent à 20 mètres du sol el supportent d'abord une galerie, ornée d'une rampe à trèlles , qui fait le tour de l'édifice. A partir de là les piliers s'amincissent, s'allongent , entourés d'entrelacs gothiques , et viennent soutenir la voûte, qui est à une hauteur d'environ 33 mètres. Le chœur ne fut commencé que sous le règne de Louis Xlll; il est admirable de forme. La majeure partie des vitraux , représentant les Pères de riiglise, est de Pinaigrier. Celte église possède un Jésus au tombeau de Daniel de Volterre et une Vierge de Pigale. Parmi les nombreux tombeaux , je vous citerai celui de Colbert , replacé sous
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la restauration. Sa statue est agenouillée sur un sarcophage de marbre noir devant un prie-Dieu que supporte un génie. Aux deux côtes sont la Religion et l'Abondance.
La gracieuse et très-haute tour carrée de Saint-Jacques-la-Roucherie, qui s'élève au milieu de misérables échoppes de marchands de vieux habits, date aussi de l'époque de François F^ Elle vint alors compléter une église bâtie en 12i0 et qui a aujourd'hui disparu.
Le père Derraud, de l'ordre des Jésuites, a donné les dessins de la belle éghse des Jésuites (rue Saint-Antoine) ou église Saint-Paul, bâtie en 1627. Son riche portail est décoré de trois ordres d'architecture. A l'intérieur on voit un beau tableau de M. Delacroix, le Christ au Jardin des Olives.
Louis XIII, \ainqueur des calvinistes, posa en 16*29 la première pierre de l'éghse Aotre-Dame-des-AMctoires. Des moines augustins, que le peuple appelait Petits-Augustins ou Petits-Pères, par opposition aux Grands-Augustins qui habitaient un plus grand couvent , trouvèrent l'édifice de Louis XIII trop petit et le rebâtirent en 1656 sur les dessins de Lemuet. Cet architecte a fait usage de l'ordre ionique, et n'a point donné de collatéraux à sa nef. Là est le tombeau de Lulli; son buste en bronze surmonte une pyramide de marbre.
Louis XIV posa la première pierre de Saint -Roch (rue Saint- Honoré) en 1653. Jacques Mercier fut l'architecte. Les travaux furent achevés en 1750. De cette époque date le portail, qui est dû à Robert de Cotte. Il se compose de deux ordonnances, l'une dorique, l'autre corinthienne; cette dernière est couronnée d'un fronton. A l'intérieur, l'architecte a prodigué les chapelles. Outre les dix-huit qui accompagnent les collatéraux, les deux delà croisée, et deux adossées aux piliers de l'entrée du chœur, il y a derrière le chœur la chapelle de la Vierge, et derrière celle-ci la chapelle de la Communion, et enfin, tout à fait à l'extrémité du prolongement de rédifue, une chapelle qui représente un Calvaire, d'après les dessins de Falconnet. Le même artiste a orné la chapelle de la Vierge d'une très-belle i\nnonciation. Parmi de nombreux tombeaux on remaniue
celui du peintre Mignard. Au-dessus du bénitier, à gauche de la nef, on voit un buste de Corneille avec cette inscription : « Pierre Corneille , né à Rouen le 6 juin 1G06 , mort à Paris rue d'Argenteuil , le l*^"" octobre 1084, est inhumé dans cette église. »
Saint-Sulpice fut commencée en 1655, sur les dessins de l'architecte Levau; mais sa partie la plus remarquable et d'une beauté originale, le portail, est due à Servandoni et ne date que de 1763. Au-dessus de deux étages de colonnades , dont le premier forme un majestueux portique et le second une belle galerie, s'élèvent deux tours dissemblables, car les églises cathédrales ont seules le droit d'avoir deux tours ou deux clochers pareils. L'une est quadrangulaire et se termine par une partie circulaire; l'autre se termine également par une partie circulaire, mais elle est octogone à sa base. L'une est décorée de portiques à frontons en triangle, l'autre de portiques à frontons en arc surbaissé, et cependant tout cela s'harmonise fort bien. L'architecte Maclaurin a élevé l'une, Chalgrin a donné les dessins de l'autre. Chalgrin a aussi dessiné les fonts baptismaux ; Pigale a sculpté les rochers supportant deux valves d'un énorme coquillage qui servent de bénitiers. Bouchardon a sculpté les douze statues des apôtres qui décorent le chœur. Celles de saint Pierre et saint Jean, aux deux côtés de la porte de la sacrislie, sont de Pradier. Le pinceau de Mignard a reproduit le tableau de RaphaGi, l'Archange Michel terrassant le Démon. Vous avez admiré dans la chapelle de la Vierge cette belle statue en marbre de la Mère de Dieu, qui semble descendre sur l'autel portée par des nuages.
Érard, peintre du roi, donna, en l'année 1670, les dessins de l'église de l'Assomption, pour le couvent des religieuses de l'Assomption. C'est un dôme d'environ 21 mètres de diamètre, que précède un portique à l'intérieur. La coupole, ornée de peintures e( de caissons, repose sur des pilastres d'ordre corinthien,
SoulTlol fut l'architecte de l'église Sainte-Ceneviève, dont la première pierre fut posée en 1764. Aujourd'hui son fronton porte celle inscription : Aux grands hommes la patrie reconuaissanle. Le
plan de l'édifice est une croix grecque, formant quatre nefs qui se réunissent à un centre commun, où s'élève un dôme soutenu sur quatre piliers. Le portique, exhaussé de onze marches et qui compte vingt -deux colonnes corinthiennes cannelées, rappelle le Panthéon de Rome. Le ciseau de M. David a sculpté sur le fronton la Patrie distribuant des couronnes, que la Liberté est occupi'-e à tresser, tandis que l'Histoire inscrit les noms glorieux. A droite sont les illustrations de l'ordre civil , à gauche les gloires militaires. Quinze ans auparavant , le pinceau de Gros enrichissait la coupole d'une de ses plus belles œuvres, l'Apothéose de sainte Geneviève; il y plaçait quatre des rois fondateurs de nos institutions: Clovis, Charlemagne, saint Louis et Louis XVIII. Depuis 1791 , les caveaux du Panthéon gardent les dépouilles de Voltaire et de Rousseau. Celles de Mirabeau les avaient précédées de quelques mois. Le gouvernement impérial y a joint celles du maréchal Lannes, de Bougainville, de Lagrange, et de quelques personnages moins illustres. Depuis la révolution de juillet , les honneurs du Panthéon ont été décernés à plusieurs de ceux qui s'étaient illustrés dans nos débals politiques.
Sur l'emplacement de l'ancien cimetière de la Madeleine, où l'on assure que furent retrouvés les restes mortels de Louis XVI et de Marie-Antoinette, le roi Louis XVIÏI a fait élever une chapelle expiatoire, M. Fontaine a donné les dessins. Le terrain de l'ancien cimetière a été religieusement respecté. 11 est enclos d'un mur appuyé à une suite d'arcades, et sous la voûte de chaque arcade s'élève un cippe funèbre. On y pénètre par un monument qui présente l'aspect d'un sarcophage colossal exhaussé sur sept degrés, et qu'aucune fenêtre n'éclaire. On traverse l'enclos, où des carrés de gazon, entourés de grilles, semblent marquer des places de sépultures, et l'on arrive à la chapelle. Le porche, élevé de douze degrés, .se compose de quatre colonnes d'ordre dorique romain avec un fronton surmonté d'une croix. L'intérieur est une coupole soutetme par quatre grands arcs ; l'un pour la porte, un autre en face pour l'autel, et un sur les deux côtés pour deux escaliers qui conduisent
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à une crypte. Des piédestaux engagés dans les murs d'appui supportent deux groupes , celui de Louis XVI et de son confesseur, et celui de Marie-Antoinette implorant les secours de la religion. Sur deux tables en marbre noir, on lit en lettres d'or le testament du roi et celui de la reine. La crypte est voûtée et renferme un autel fort simple en forme de tombeau.
La première pierre de l'église de la Madeleine fut posée et bénite le 3 avril 17G4. Le plan de l'architecte Contant d'Ivry, et de Coulure qui lui fut bientôt adjoint, comportait un porche de huit colonnes avec sept colonnes en retour. En 1789 les travaux avaient déjà absorbé , dit-on, deux millions, et les colonnes avaient atteint une grande hauteur. En 1806, Napoléon conçut l'idée de reprendre ces travaux depuis si longtemps suspendus , et de convertir l'œuvre commencée en un temple dédié à la gloire des armées françaises. Un plan donné par M. Vignon fut adopté. Les colonnes, se trouvant espacées d'une manière qui contrariait ce nouveau plan , furent démontées; toute la bâtisse fut démolie, on ne conserva que les fondations. En 1815 , le nouveau monument était arrivé jusqu'au niveau du soubassement , et les principales colonnes avaient atteint presque leur hauteur. M. Tignon reçut ordre de modifier son plan de manière à faire définitivement une église. L'extérieur est demeuré celui d'un temple antique. C'est un parallélogramme de plus de 100 mètres de long sur environ i5 de large. Tout autour et sur un soubassement de 4 mètres de hauteur règne un péristyle composé de cinquante-deux colonnes de l'ordre corinthien le plus riche et cannelées. Sous ce péristyle sont rangées de nombreuses statues de saints et de saintes de grande nature. La frise est ornée de figures d'anges qui tiennent des guirlandes entremêlées d'attributs religieux. Sur le fronton principal , le ciseau de M. Lemaire a sculpté le Christ accordant le pardon à Madeleine. L'intérieur présente une nef simple, éclairée par trois coupoles. On y a prodigué la dorure et le marbre. La plupart des talents de notre époque ont été appelés à l'embellir. L'œuvre capitale est la peinture de la coupole au-dessus du chœur. iM. Ziegler a représenté, dans les cieux omerts, le Christ assis,
ayant à sa droite les apolres et les évangélistes, et devant lui la Madeleine soutenue par un groupe d'anges. L'histoire de l'Église d'Orient et celle de l'Église d'Occident se développent, à partir des deux côtés , par des personnages groupés circulairement , dont le dernier est TS'apoléon en costume impérial, ayant son aigle près de lui. Les portes de celte église sont de bronze et d'une grande beauté. On y a représenté les commandements de Dieu formulés par des scènes bibliques. Elles sont de M. Triquetli. L'édifice, recouvert en fer et cuivre, est à l'abri du feu : il n'est pas entré de bois dans sa construction.
Notre-Dame-de-Lorette est un édifice tout récent , commencé en 1823 sur les dessins de M. Lebas, et consacré au culte en 1836. Quatre colonnes ioniques supportent le fronton du portail , et ce fronton est décoré des statues de la Foi , l'Espérance et la Charité. L'intérieur, au lieu de voûtes, offre des plafonds avec rosaces et caissons. On a revêtu d'un stuc les colonnes de l'intérieur. L'or a été prodigué dans tous les ornements, et tous les talents de notre époque ont concouru à embellir ce monument , qui rappelle certaines églises italiennes.
A la place Lafayetle, une autre église nouvelle, et très-ornée aussi, est placée sous l'invocation de Saint-Vincent- de- Paul. Exhaussée sur un perron très-vaste et très-élevé, elle présente un portail élégant et simple à deux galeries , avec deux tours carrées au-dessus.
Les calvinistes célèbrent leur culte à l'Oratoire, biîti de 1G20 à 1G30, et qui n'a eu son portail, d'une simplicité élégante, qu'en 17i5. On leur a concédé en outre la jolie église de la Visitation, (pii fut bôtie en 163't par François Mansard , et Pantemont , rue de Grenelle-Saint-Germain. Les luthériens se rassemblent au temple des Billettes. C'est un édifice d'une ordonnance modeste, mais bien entendue , qui date de 1808. 11 remplace une chapelle qui avait été construite sur le terrain de l'ancienne maison d'un juif condamné au feu pour sacrilège vers l'an 1*285. Ils ont un autre temple, situé rue Chauchat.
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l.e culte israélite se célèbre dans une synagogue qui ne s'annonce à l'extérieur par rien de monumental.
Le palais de l'Institut, lieu des séances et des travaux des cinq académies dont l'Institut se compose , est un édifice que le cardinal Mazarin fit biUir vers l'an 16i8 pour un collège où il faisait élever soixante gentilshommes do quatre nations diverses. L'architecte Leveau a su donner à son œuvre un aspect symétrique et régulier, malgré les nombreux accidents du terrain. La Seine alors n'était point bordée par un quai. II a composé sa façade d'un avant-corps surmonté dun dôme , au milieu de deux ailes en demi-cercle , que terminent deux gros pavillons.
La Sorbonne, le collège de France, où se professent l'enseignement supérieur pour la littérature et les sciences, n'ont rien de remarquable comme monuments, pas plus que l'École de Droit. L'École de Médecine présente un aspect remarquable. Vous vous rappelez son péristyle de seize jolies colonnes ioniques , qui laisse apercevoir une cour entourée de belles constructions. Sur le frontispice de l'amphitliéiUre , des médaillons offrent les portraits de chirurgiens fameux. Un tableaudeGirodet orne la salle d'assemblée. Au Jardin des Plantes sont logés des professeurs , et se tiennent des cours d'histoire naturelle. La fondation du jardin botanique remonte à Louis XIII, et Guy La Brosse en fut le premier intendant en 163.5. On y adjoignit peu à peu diverses autres branches de l'histoire naturelle ; mais c'est Buffon qui a donné la véritable impulsion à son développement, lequel a été loin de se ralentir sous la direction de Cuvier. 11 y a une vingtaine d'années, M. Mirbel et l'architecte, M. Koliault, furent envoyés en Angleterre pour étudier les perfeclionnemcMits introduits par les Anglais dans la construction des serres, et ( 'est à leur retour de ce voyage qu'ont été élevés les magnifiques pavillons en fonte de fer entièrement vitrés, que vous pouvez admirer aujourd'hui ; le toit est en fer forgé. L'air admis dans ces immenses serr(>s , fortement chauffé par des calorifères, et saturé d'humidité en passant sur un bassin d'eau chaude*, peut se maintenir toute la nuit il :}3 degrés centigrades au-dessus de lair evttMicur, même
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(lans les froids les plus rigoureux de noire climat ; en sorte que les plantes des tropiques n'y peuvent aucunement soullVir. Depuis Ihvsope jusqu'au cèdre , tout le règne végétal est représenté à notre Jardin des Plantes par un ou plusieurs individus, et chacun vit dans le terrain et sous la température qui lui est convenable. Chacun est classé d'après la méthode de Jussieu ; l'étudiant de toute nation peut suivre là ses travaux au moyen des inscriptions latines. Tous les végétaux qui font la richesse agricole de la France sont en outre réunis à part. Une ménagerie très -nombreuse d'animaux, les uns dans des cages, d'autres dans des fosses, d'autres dan» des enclos ; des collections immenses de minéraux et d'animaux empaillés; une nombreuse bibliothèque , des laboratoires et un amphithéâtre pour les cours , composent le Musée d'Histoire naturelle. Aucune espèce d'animaux n'y est omise, même les antédiluviens; Cuvier en a reconstruit plusieurs avec des fragments d'ossements fossiles.
Colbert, en 1GG7, fit élever l'Observatoire sur les dessins de Perrault. La masse principale est un bâtiment carré dont chaque face répond parfaitement à l'un des points cardinaux. Gn a ajouté des tours octogones sur les deux angles du côté du sud , et deux galeries latérales, l'une contenant les cabinets, l'autre l'amphithéâtre pour les cours d'astronomie. Il n'est entré dans cette construction ni bois ni fer. La ligne du méridien est tracée sur le pavé d'une grande salle au centre de l'édifice. Six des salles ont des ouvertures qui correspondent aux différents points du ciel. Elles sont appropriées aux travaux astronomiques et à des expériences qui intéressent les sciences mathématiques et physiques. Au centre du bâtiment , on a percé à travers toutes les voûtes des ouvertures de trois pieds de diamètre , qui se prolongent jusqu'au bas des caves , et l'escalier de ces caves conqjle jusqu'à oGO marches.
La Bibliothèque nationale n'a une véritable importance que depuis l'époque où Colbert la transporta dune maison rue de la Harpe, dépendance d'un couvent de cordeliers, et l'établit dans deux maisons voisines de son hôtel, rue Vivienne. En 1G8V, elle complail 50,542 volumes. Sous le régent, la bibliothèque recueillie par Colbert
fui transférée rue Riclielieu dans un hcMel immense qu'avait fait construire et qu'avait habité Mazarin. C'est encore là qu'elle est aujourd'hui. En 1775, elle contenait près de 150,000 volumes. Aujourd'hui s'e\écute une mesure que prescrivit inutilement une ordonnance de Henri II en 1556. ^ul ouvrage ne se publie sans le dépôt à la Bibliothèque. Elle renferme plus de 800,000 volumes imprimés et plus de 80,000 manuscrits, sans parler de plusieurs centaines de milliers de pièces relatives à l'histoire générale , et surtout à l'histoire de France. Ajoutez une collection d'environ 80,000 médailles, et un cabinet d'environ 1,200,000 estampes et 40,000 cartes. C'est Colbert qui, pour la première fois, ouvrit au public l'entrée de la Bibliothèque. Quatre autres bibliothèques moins riches, mais cependant fort considérables encore, Mazarine , Sainte Geneviève, de l'Arsenal et de la Ville, offrent aussi leurs trésors aux recherches du public , sans compter les bibliollièques particulières des ministères, de la chambre, du Luxembourg et de divers corps savants. Une autre collection également précieuse pour l'antiquaire et l'artiste est le Musée d'Artillerie, où se conservent de magnifiques armures de tous les siècles, et parmi elles l'armure de Godefroi de Bouillon. On y peut étudier l'art de la guerre à toutes les époques. Dans le Musée Naval, formé récemment, on observe l'histoire de la navigation à tous les âges et chez tous les peuples. Tandis que l'École Polytechnique fournit chaque année de jeunes savants qui deviendront l'honneur du Bureau des Longitudes, d'habiles constructeurs pour la marine, des ingénieurs civils et militaires, que l'Europe nous envie, le modeste Conservatoire des Arts et Métiers forme pour nos ateliers des contremaîtres éclairés. Cet établissement réunit les modèles des machines, outils et appareils propres à tous les arts industriels et à l'agriculture. Des professeurs y font des cours des différentes sciences dans leur application à l'industrie.
C'est à l'École des Beaux-Arts que viennent se former de jeunes peintres, statuaires, graveurs, architectes, qui chaque année concouient pour le grand prix de Rome, c'est-à-dire pour obtenir leur admission à l'école que la France entretient à Home. Au Conserva-
toirc de Musique se forment également de jeunes compositeurs, qui chaque aimée concourent pour obtenir une laveur semblable , leur envoi en Italie , ou une pension pendant cinq ans. Comme monument , l'École des Beaux-Arts mérite d'être visitée. Elle est construite sur l'emplacement d'un ancien couvent d'augustins. On a eu l'heureuse idée d'apporter de divers lieux , et de disposer dans la cour qui précède le palais , les façades de plusieurs des plus élégants édifices de l'époque de la renaissance , que les révolutions ont épargnées. M. le baron de IMortemart-Boisse , aussi bien inspiré, a fait transporter de très-loin, pierre à pierre, et réédifier une charmante maison qui date de l'époque de François 1" , et qui donne aujourd'hui son nom à un quartier neuf dans les Champs-Elysées. Le pinceau de Sigalon a enrichi le palais des Arts d'une belle copie du Jugement dernier de Michel-Ange. M. Delaroche a représenté, sur la muraille circulaire de la salle où se distribuent les prix , l'histoire des beauxarts; c'est-à-dire qu'il a réuni dans une immense composition les portraits des hommes qui se sont acquis les plus grands noms comme peintres, statuaires ou architectes.
Aucun des théâtres de Paris ne peut entrer en comparaison comme édifice avec celui de Bordeaux , ni avec les théâtres des grandes villes d'ItaUe. La salle de l'Opéra, belle à l'intérieur, est au dehors de l'aspect le plus simple. Il est vrai qu'elle n'est que provisoire, et qu'on en doit élever une plus digne; c'est cependant un provisoire qui a coûté plusieurs millions. L'Odéon seul a un aspect monumental; c'est un rectangle isolé des maisons, avec une élégante façade à colonnes , une galerie couverte sur chacun des cotés , et à l'intérieur un très-bel escalier. On a souvent compté jusqu'à vingt théâtres ouverts à la fois, et en outre trois ou quatre petits situés près des barrières.
Dès l'année 1808 les négociants de Paris virent poser la première pierre de leur splendide palais, la Bourse. L'architecte Brongniarl , et ensuite Labarre, en ont fait un véritable temple antique. C'est, comme la Madeleine, un rectangle autour duquel règne un péristyle corinthien; mais ici la toiture est plate, les colonnes ne sont point
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cannelées, il n'y a point de fronton à bas-relief, et la frise n'a reçu aucun ornement. La grande salle , entourée de galeries en arcades, reçoit le jour du comble et peut contenir deux mille personnes. Elle a plus de 40 mètres de long et plus de 25 de large. Au centre, un espace circulaire entouré d'une grille est réserve pour les agents de change. De là se proclame à chaque instant le cours des rentes vendues; c'est là ce qu'on appelle le Parquet. Les grisailles peintes au plafond par iMM. Pujol et Meynier font une illusion parfaite; on les prendrait pour des bas-reliefs,
L'Hôtel des Monnaies fut construit en 1771 par l'architecte Antoine; sa façade principale regarde la rivière. Elle se compose de deux ailes qui s'appuient à un avant-corps, dont le rez-de-chaussée, percé de cinq arcades, sert de soubassement à une ordonnance ionique de six colonnes. Cette façade est décorée de six statues : la Prudence, la Force, le Commerce, l'Abondance, la Loi et la Paix. Sur une autre façade en retour on a placé les quatre Éléments. Dans quelques-unes de ces statues on reconnaît le ciseau de Pigale. L'intérieur est divisé en huit cours entourées de bâtiments. La plus spacieuse, où l'on arrive de la rue en traversant un beau vestibule à vingtquatre colonnes cannelées, est bordée par une galerie couverte. Un élégant péristyle, orné de quatre colonnes doriques, annonce la salle des balanciers. La voûte, surbaissée, est soutenue par des colonnes d'ordre toscan. Là est la statue delà Fortune, œuvre de Mouchi.
Les instruments et l'entreprise du monnayage sont atïermés à un directeur qui paie un droit à l'État. Le directeur bat monnaie avec les métaux qu'il se procure dans le commerce ou que l'État ou les particuliers lui présentent. Les lingots passent au laminoir, qui les réduit en lames de l'épaisseur et de la dimension voulues. Ces lames sont taillées par un emporte-pièce ou découpoir, en disques ou flans. Chaque flan est une véritable pièce de lu dimension et du poids légaux, à laquelle il ne manque plus que l'empreinte. Le cordon, c'est-à-dire la devise gravée sur la tranche , est empreinte à l'aide d'une machine qui fait pirouetter le flan, comprimé sur son bord par l'action d'un puissant levi(>r. Le flan est ensuite placé entre les deux coins du
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balancier. Chacun de ces coins est en acier el gra\ é en creux . Le balancier frappe ; chaque coin imprime en même temps son empreinte sur une face du flan , et la pièce est parfaite. Le service est organisé de manière à pouvoir frapper aisément deux mille pièces de cinq francs en une heure. On conserve la collection de tous les coins , poinçons des médailles et jetons frappés en France depuis le règne de Charles Vil F.
Paris est le siège de la Banque de France , qui émet des billels de 1,000 , de 500 , de 200 el de 100 francs. Les banques établies dans certaines villes départementales sont des succursales de la Banque de France. La Banque reçoit en dépôt les titres de toutes les valeurs , les lingots el diamants. On descend dans ses caves par un puits garni d'un escalier en spirale , praticable pour une personne, et dont la porte de fer est fermée à trois clefs. Les espèces , contenues dans des barils et rangées dans des caveaux fermés de plusieurs portes , ne sont extraites qu'avec des formalités qui rendent toute soustraction impossible. En 1814. , lors de l'entrée des troupes étrangères , M. LalTitte , gouverneur de la Banque, avait fait combler le puits de l'escalier avec de l'argile battue, de manière qu'il eùl fallu plus de vingt-quatre heures pour le désencombrer. La Banque de France, telle qu'elle est actuellement, a été fondée en 180G avec un capital de qualre-vnigt-di\ millions.
Les plus utiles élablissemenls dont Napoléon ait doté la ville et le commerce de Paris, ce sont des halles et marchés commodes et non insalubres , et des abattoirs pour le service de la boucherie. La Halle aux Vins, qui sert d'entrepôt pour les \ins et eaux-de-vie, est à peu près aussi grande que le Jardin des Plantes , dont elle est voisine, el peut recevoir dans ses immenses magasins jusqu'à 200,000 pièces. Parmi les marchés , pour la vente des comestibles , le Marché des Innocents ou , comme on le nomme plus communément , la Halle, est le plus important. Comme construction, le Marché Saint- Germain est remarquable. L'intérieur olîre quatre nefs , où deux rangs de marchands sont établis ; une cour c(»ntrale présente une fontaine ornée de bas-reliefs. Sous un bâtiment à part sont de magni-
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fiques caves. Ce bel ensemble fail honneur à rarcliilecle Blondel. Cependant sous le rapport monumental il faut reconnaître la supériorité de la Halle aux Blés et des Greniers de réserve. La première est un édiQce de forme circulaire , entièrement isolé et percé de vingt-huit arcades. Il n'est point entré de bois dans sa construction.
Sa coupole , en fer coulé et couverte de lames de cuivre , est une œuvre fort belle de l'architecte Bélanger. Cette vaste rotonde, qui date de 1662 , occupe l'emplacement de riiolel de Soissons , qu'habita Catherine de Médicis. De cet hôtel on a conservé une tour construite en 157-2 , où Catherine se livrait à l'observation des astres et à des calculs d'astrologie judiciaire. Vers le sommet est un cadran solaire fort curieux.
Les Greniers de réserve ont un développement de 359 mètres, le long de la gare de l'Arsenal. Ils se composent de cinq pavillons carrés, liés par quatre grands corps de bâtiment. La construction en fut interrompue en 181 j. Dans l'état actuel on calcule qu'ils peuvent contenir l'approvisionnement de Paris en blé pour deux mois.
Quatre à cinq mille vieux militaires trouvent à l'Hôtel des Invalides une douce et confortable retraite. Cet établissement fut fondé par Louis XIY en 1670, et les travaux confiés à l'architecte Bruant. L'édifice est précédé d'une très-vaste esplanade , bordée d'arbres et ornée de gazons , et d'une cour qu'enveloppent des fossés et que ferme une belle grille. Là sont rangés de gros canons , glorieux trophées de différentes guerres , parmi lesquels figurent de curieuses coulevrines sculptées qui ont été rapportées d'Alger. Les solennités publiques , le signal du départ ou du retour des cortèges , s'annoncent par le canon des Invalides. Le bcUiment principal , élevé de trois étages, présente à sa façade un avant-corps et deux pavillons qui se lient par deux parties dénuées d'ornements. Sur l' avant-corps est un bas-relief représentant Louis XIV à cheval , qu'accompagnent la Justice et la Prudence. Les statues de Mars et de Minerve gardent les deux côtés de la porte. Aux angles des pavillons sont quatre esclaves en bronze par Desjardins. Derrière cette façade se trouve une cour intérieure d'une longueur de 130 mètres, et au bout de
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laquelle est le porlail de l'église , qui se dislingue par son autel , surmonté d'un baldaquin de six colonnes torses en bronze doré, garnies d'épis de blé , de pampres , de feuillages et de faisceaux de palmes. Ue cette première église on passe dans une seconde qui lui est attenante, et qui a le nom d'église du Dôme. C'est l'œuvre de Jules Ilardouin Mansard. Ce dôme, d'un style élégant et hardi, a plus de 16 mètres de diamètre. Vu de l'intérieur, il |présente trois coupoles. Dans la seconde , éclairée par des fenêtres qu'on ne peut apercevoir d'en bas, le pinceau de Lafosse a représenté la Gloire des Bienheureux. C'est ce dôme que Napoléon avait décoré à l'intérieur de 1,'«00 drapeaux pris à l'ennemi. Par son ordre, le plomb de la toiture à l'extérieur en fut revêtu d'or. Six chapelles décorées de statues où l'on reconnaît le ciseau de Coustou, Houdon , Falconnel, sont distribuées autour de la coupole ; celle de Saint-Jérôme a reçu provisoirement la dépouille de Napoléon rapportée de l'île Sainte- Hélène. On creuse en ce moment sous la coupole la crypte souterraine destinée à cette grande sépulture. Une ouverture circulaire, garnie d'une balustrade, permettra de voir la tombe, qui arrivera très-peu au-dessus du niveau du pavé de l'église. Le gouverneur de l'Hôtel des Invalides est pour l'ordinaire un maréchal de France. Outre le tombeau de Turenne, les visiteurs se font montrer, avec une permission du gouverneur, les modèles en relief de plusieurs de nos principales places fortes.
Paris a vu , dans certaines années , le nombre de ses indigents inscrits sur les registres des bureaux de charité monter à plus de soixante mille. Il y faut ajouter les pauvres honteux. Les indigents s'y trouvent dans une proportion plus que double de celle des indigents des autres grandes villes du royaume. Mais songez combien d'enfants, nés à Paris, ont eu pour père des hommes de la province, accourus sans la moindre ressource dans ce foyer d'activité où ils s'imaginaient devoir tout d'abord rencontrer la fortune , et qui ne lui lèguent qu'une génération d'indigents. Et puis Paris est la ville où la paresse et la débauche écliai)ponl le plus sûrement à la censure de la famille, au mépris des \oisins. Plus une ville est grande,
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plus l'inconduile, exploitant la confiance ou la cupidité, y créera d'indigents.
Douze bureaux de bienfaisance sont chargés de la distribution des secours à domicile dans les douze arrondissements municipaux de la ville , sous la direction du préfet et la surveillance d'un conseil d'administration. Va se délivrent des bons pour du pain, de la viande, du bois et des médicaments. Une pharmacie centrale, outre le service des hôpitaux de Paris , prépare aussi pour tout le royaume les boîtes de médicaments qui sont envoyées chaque année aux prélets, afin d'être distribuées dans les diverses communes pour le service contre les épidémies.
L'Hôtel-Dieu , dont le fondateur l'ut , dit-on , saint Landry, et qui compte Philippe-Auguste, et surtout saint Louis, parmi ses plus anciens bienfaiteurs connus , possède aujourd'hui près de 1,300 lits. Viennent ensuite l'hôpital de la Charité, fondé en 1607, par Marie de Médicis ; les trois hôpitaux que fondèrent de leur vivant dans le siècle dernier M""*" Necker, le vénérable curé Cochin , et le financier Beaujon. L'hôpital Saint- Louis est consacré surtout au traitement des maladies de la peau. L'hôpital des Enfants traite les maladies des enfants; l'hôpital , appelé de la Bourbe, du nom de la rue où il est situé , reçoit les femmes en couches. Deux hospices sont consacrés aux Incurables ; deux autres à la Vieillesse. L'hospice des Enfants trouvés et celui des Orphelins élèvent les enfants que la mort de leurs parents , ou un cruel abandon , a laissés sans protecteurs. On compte que l'ensemble des hôpitaux et hospices représente 15,000 lils , et qu'il y entre par jour 471 malades terme moyen. Ajoutez un hospice pour les Aveugles et une maison d'éducation pour les Sourds-Muets.
Dès l'an 1313 l'industrie parisienne était en grande activité. En li70 furent faits les premiers essais d'imprimerie. Le règne de Henri IV fut marqué par l'établissement de la Compagnie des Indes- Orientales. Sous le ministère de Colbert, la manufacture de tapisseries destîobelins (qu'on a réunie à celle de lapis de la Savonnerie' acquit une réputation sans rivale.
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Comme branches d'industrie que Paris exploite presque seul en France, je vous citerai : l'orfèvrerie et la fabrication du plaqué; le plaqué seul donne de vingt à vingt - cinq millions de produits : le nouveau procédé de dorure et argenture a dû cependant lui faire du tort. La bijouterie et la joaillerie fines, qui produisent par an une valeur de trente -sept millions; la bijouterie et la joaillerie fausses, et la bijouterie d'acier poli; les bronzes, dont les produits s'élèvent à vingt millions ; les ornements en cuivre ; les couleurs et vernis; l'horlogerie fine, qui donne aussi ses vingt millions de produits; les instruments de physique et d'optique; les papiers peints, qui représentent quatorze millions; la librairie, qui est, après celle de Londres, la plus considérable de l'Europe, et qui produit plus de dix millions; l'imprimerie, la gravure, la lithographie, l'ébénisterie, la ganterie, la sellerie, la carrosserie élégante, la chapellerie, et surtout les modes, la lingerie, les fleurs artificielles, etc., etc. En concurrence avec les départements, il fabrique les lainages et les tissus de coton (on estime de trente-huit à quarante millions la valeur annuelle de sa production en couvertures de laine et de coton, en bonneterie, en tissus de diverses espèces, en châles de laine et en châles de cachemire); les produits chimiques, les armes, la coutellerie, la parfumerie et surtout les savons de toilette. Il taille et grave les cristaux, prépare les peaux, maroquins, parchemins et cuirs vernis ; il rafilne le sucre et a des usines de fonderies et des ateliers de construction pour les machines les plus puissantes. Il est peu de genres de fabrication dont on ne trouve quelque établissement à Paris : la facilité des débouchés pour les produits de toute nature séduit toujours quelque industriel hardi , qui se flatte de compenser par cet avantage, joint à son habileté supérieure, la cherté des loyers et de la main-d'œuvre.
Sans parler de la garde nationale, qui s'élève à environ 100,000 hommes, et qui chaque jour fournit des postes, le maintien de l'ordre parmi cette population si nombreuse et si facile à agiter nécessite uiie garnison qui varie entre 25 et 50,000 hommes, infanterie et cavalerie : le tout logé dans 40 à 50 casernes. Plusieurs
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sont fort belles; l'une d'elles a même un aspect vraiment monumental : c'est l'École Militaire, construite sous Louis XV, vers 1751 , pour recevoir cinq cents fils de gentilshommes pauvres, dont l'éducation se faisait aux frais de l'État, La fa(,ade du bâtiment principal présente deux ailes et un avant-corps , et au-dessus des deux étages un entablement avec balustrade. L'avant -corps est décoré de dix grandes colonnes, surmontées d'un attique avec des statues et des trophées. En avant se déploie le Champ -de -Mars, esplanade de 900 mètres de longueur sur une largeur de 300, entourée de terrasses en talus, et par derrière de doubles allées plantées d'ormes et de fossés revêtus en maçonnerie. Ce vaste terrain fut aplani et les talus disposés par des travailleurs volontaires pour recevoir la population parisienne en 1790, lors de la fédération du 14 juillet, la première solennité célébrée en l'honneur de la révolution.
Une institution assez récente (elle date de 1831 ) est celle des sergents de ville ou agents de police, qui portent un frac d'uniforme et l'épée. Ils sont au nombre d'environ 500, organisés par brigades. Pendant tout le jour ils se promènent deux à deux explorant le pavé de Paris. Pour le service de nuit, outre les patrouilles fournies par tous les postes militaires, la police entretient des patrouilles grises, composées d'agents armés de sabres et de pistolets sous leur redingote bourgeoise, et qui sont habiles à distinguer les malfaiteurs. Il se fait par jour, terme moyen, environ soixante-dix-huit arrestations pour vols, délils, mendicité et vagabondage.
C'est un curieux et imposant spectacle, n'est -il pas vrai? que celui de plus d'un million d'âmes qui s'agite sur la surface du sol parisien. Eh bien! une population que l'on calcule huit fois plus considérable encore, repose sous le sol de la rive gauche, dans de longs souterrains, appelés les Catacombes. De là furent extraits durant plusieurs siècles les matériaux qui ont servi à bâtir Paris. Avant 1789, on avait l'usage d'enterrer les personnages imporlanis dans les églises; le vulgaire, dans un terrain avoisinant qu'on appelait charnier ou cimetière. Lorsqu'on se décida enfin à renoncer à cette méthode insalubre, on exhuma les débris humains qu'avaient
reçus ces cimelières intérieurs, et on les porta aux calacombes. Les ossements sont symétriquement superposés, et forment des plans alignés au cordeau entre les piliers qui soutiennent les voûtes des galeries. Trois cordons, régulièrement espacés, de têtes contiguës décorent ces singulières murailles. Des inscriptions indiquent de quel cimetière , de quelle paroisse ces diverses masses de débris ont été extraites. Vous êtes préparé en descendant aux catacombes à une religieuse terreur; vous remontez avec dépit et dégoût après avoir vu cet arrangement symétrique. Actuellement l'entrée des catacombes est interdite, par suite, je crois, de quelques accidents. Aujourd'hui l'administration municipale vend aux familles, dans les cimetières, qui sont au nombre de quatre, et dont le plus vaste et le plus riche en monuments est celui de l'est, dit du Père La Chaise, des sépultures temporaires ou à perpétuité, selon le prix qu'on y peut mettre. I es dépouilles des pauvres sont déposées dans une large et profonde tranchée, qu'on appelle la fosse commune et qui est constamment béante. On calcule que le nombre des décès s'élève à quatre-vingt-onze par jour, sur lesquels deux cas de suicide et deux cas de mort violente ou par accident.