Voyage en France
On était à cette époque de l'année qui agite de tant d'émotions diverses les cœurs de la jeune et studieuse population des collèges; la distril)ution des prix avait eu lieu le matin même, et Guillaume Dumontel, un des lauréats du jour, venait de rentrer dans sa famille pour y passer les vacances. Tandis que sa sœur Henriette examinait avec intérêt les beaux livres qu'il avait reçus, Guillaume, nonchalamment étendu sur un canapé, se reposait, comme on dit, sur ses lauriers, et faisait les pins agréables projets pour passer gaiement ses vacances, projets bien permis à un écolier laborieux qui a obtenu un prix au concours général et trois au collège, sans compter les accessit.
« Si mon père le voulait, disait- il, au lieu de rester renfermés à la ville, nous ferions quebjue beau voyage.
— Par un beau voyage tu entends sans doute un long voyage, interrompit sa sœur; et tu ne penses pas que les vacances ne durent (juc six semaines.
— Est-ce que ce temps ne suffi! pas pour aller à Rome ou à Xaples par le bateau à vapeur, ou pour voir la Suisse ou les bords du Rhin, ou j)our visiter l'Angleterre?
— Kli bien, il faudra en j)arler à mon père.
— De (pioi faiHJra-l-il me j)arler? dit .M. Diinionlel, (pii rentrait en ce momeîil.
— D'un voyage (pie (iuillamne aurait cnNic dr l'aire, mon j)ère, répondit lleurielh'.
— Va (piel voyage?
— (Àdui <pie vous vou(bez, mon père, (ht Guillaume avec gaieté; (pic vous me lassiez voir b^s montagnes j)ittoresques de la Suisse, les ruines anti(pies