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et un amphithéâtre pour les cours, composent le musée d'histoire naturelle. Aucune espèce d'animaux n'y est omise, même les antédiluviens ; Cuvier en a reconstruit plusieurs avec des fragments d'ossements fossiles.
Colbert, en 1G07, fit élever l'Observatoire sur les dessins de Perrault. La masse principale est un bâtiment carré dont chaque face répond parfaitement à l'un des points cardinaux. On a ajouté des tours octogones sur les deux andes du côté du sud, et deux sraleries latérales, l'une contenant les cabinets, l'autre l'amphithéâtre pour les cours d'astronomie. Il n'est entré dans cette construction ni bois ni fer. La lisrne du méridien est tracée sur le pavé d'une grande salle au centre de l'édifice. Six des salles ont des ouvertures qui correspondent aux différents points du ciel. Elles sont appropriées aux travaux astronomiques et à des expériences qui intéressent les sciences mathématiques et physiques. Au centre du bâtiment, on a percé à travers toutes les voiites des ouvertures d'un mètre de diamètre, qui se prolongent jusqu'au bas des caves, et l'escalier de ces caves compte jusqu'à trois cent soixante marches.
La Bibliothèque nationale n"a une véritable importance que depuis l'époque où Colbert la transporta d'une maison rue de la Harpe, dépendance d'un couvent de cordeliers, et l'établit dans deux maisons voisines de son hôtel, rue Vivienne. En 1684, elle comptait cinquante mille cinq cent quarante -deux volumes. Sous le régent, la Bibliotiièque recueillie par Colbert fut transférée rue Richelieu, dans un hôlel immense qu'avait fait construire et qu'avait habité Mazarin. C'est encore là qu'elle est aujourd'hui, mais on y fait en ce moment de grands travaux. Déjà toute sa farade sur la rue Vivienne a été dénias(|u«''e et remise à neuf; à l'angle de la rue Richelieu et de la rue Neuve -des- Petits - Champs, de nouvelles constructions terminées à l'extérieur seront bientôt en état de recevoir des trésors littéraires dont rencombrcmenl loujoui^ croissant des anciens locaux ne permet |)lus de jouir. En l77o, elle contenait près de cent cinijuante mille volumes. Aujourd'hui s'exécute une mesure que prescrivit inutile-
ment une ordonnance de Henri II en 1356. Nul ouvrage ne se publie sans le dépôt à la Bibliothèque. Elle renferme plus de huit cent mille volumes imprimés et plus de quatrevingt mille manuscrits, sans parler de plusieurs centaines de milliers de pièces relatives à l'histoire générale, et surtout à l'histoire de France. Ajoutez une collection d'environ quatre-vingt mille médailles, et un cabinet d'environ un million deux cent mille estampes et quarante mille cartes. C'est Colbert qui, pour la première fois, ouvrit au public l'entrée de la Bibliothèque. Quatre autres bibliothèques, moins riches, mais cependant fort considérables encore, Mazarine, Sainte-Geneviève, de l'Arsenal et de la Ville, offrent aussi leurs trésors aux recherches du public, sans compter les bibliothèques particulières des ministères, de la Chambre, du Luxembourg et de divers corps savants. Une autre collection également précieuse pour l'antiquaire et l'artiste, est le musée d'artillerie, où se conservent de maffnifuiues armures de tous les
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siècles, et parmi elles l'armure de Godefroi de Bouillon. On y peut étudier l'art de la guerre à toutes les époques. Dans le musée naval, formé récemment, on observe l'histoire de la navigation à tous les âges et chez tous les peuples. Tandis que l'Ecole polytechnique fournit chaque année de jeune savants qui deviendront l'honneur du bureau des longitudes, d'habiles constructeurs pour la marine, des intrénieurs civils et militaires, le modeste Conservatoire des arts et métiers forme pour nos ateliers des contremaîtres éclairés. Cet établissement réunit les modèles des machines, outils et appareils propres à tous les arts industriels et à l'agriculture. Des professeurs y font des cours des dilïércntes sciences dans leur application à l'industrie.
C'est à l'Ecole des beaux-arls que viennent se former de jeunes peintres, statuaires, graveurs, architectes, qui chaque année concourent pour le grand jirix de Home, c'està-dire pour obtenir leur admission à recelé que la France entretient à Home. .\a Conservatoire de musi(]ue se forment également de jcinies composileui-s, qui chaque année concourent pour obtenir une faveur semblable.
VINGT KT UNIÈMK VOYAGE
leui" envoi tii Italie, ou une pension pendant cincj ans. Comme monument , ll-xolc des beaux -arts méiite d'être visitée. Elle est construite sur remj^lacemenl d'un ancien couvent d'auiruslins. On a eu Dieuieuse iilée d'apporter île divers lieux, et de disposer dans la cour ([ui piécède le palais, les façades de i>lusieurs des plus élégants édilices lie l'époque de la Renaissance que les révolutions ont épargnées. M. le banni de Mortemart- Hoisse, aussi bien iiisj)iré, a l'ail transporter de tivs litin, pierre à pierre, et réédiHer une charmante maison qui date de l'épocpie de iM-ançois I""", et qui donne aujourd'hui son nom à un quartier neuf dans les Champs-Elysées. Le pinceau de Sigalon a enrichi le palais des arts d'une belle copie du Jur/cment dernier de Michel-Ange. Delaroche a représenté, sur la muraille circulaire de la salle où se distribuent les prix, l'histoire des beaux -arts : c'est-à-dire qu'il a ri'uni dans une immense composition les portraits des hommes qui se sont acquis les plus grands noms comme peintres, statuaires ou architectes.
Avant ISTîî, aucun des théâtres de Paris ne pouvait entrer en comparaison comme édifice avec celui de Bordeaux , ni avec les théâtres des grandes villes d'Italie. L'ancienne salle de l'Opéra, belle à l'intérieur, était au dehors de l'aspect le plus simple. Condamnée à disparaître, elle a été incendiée accidentellement, avant l'achèvement du nouvel Opéra.
Le gouvernement avait convié les architectes à lui soumettre le plan d'une nouvelh' salle, dont l'emplacement était choisi près du boulevard des Capucines. Plus de cent cinquante artistes ont répondu à cet appel. L'institution de ce concours, où le lauréat avait, outre la récompense promise à son projet, la perspective d'être chargé de la construction de l'édifice, nous a valu une salle monumentale.
Le nouvel Opéra, œuvre de M. Garnier, est d'une somptuosité sans égale. Sculptures, marbres, bronzes, peintures, dorures, tous les arts ont rivalisé pour en faire une merveille de luxe et de magnificence. On admi-
reiait davantage cette salle, si elle avait coûté ludins d'argent.
Avant la construction du luuivel Opéra, rOdiMin seul avait un aspect ni(inumcnlal; c'est un rectangle isolé des maisons, avec une ('K'gante façade â colonnes, une galerie couverte sur chacun des cotés, et à rint('ricur un Iles bel escalier. On a souvent compté à Paris jus(ju'à vingt théâtres ouverts à la fois, et en outre trois ou (pialre petits situés près des bari'ières.
Dès l'année 1808, les négociants de Paris virent poser la première pierre de leur splendide palais, la Bourse. L'architecte Brongniart, et ensuite Labarre, en ont fait un véritable temple anti(jue. C'est, comme la Madeleine, un rectangle autour duquel règne un péristyle corinthien ; mais ici la toiture est plate, les colonnes ne sont point cannelées, il n'y a point de fronton à bas -reliefs, et la Irise n'a reçu aucun ornement. La grande salle, entourée de galeries en arcades, reçoit le jour du comble, et peut contenir deux mi41e personnes. Elle a plus de quarante mètres de long et plus de vingt-cinq de large. Au centre, un espace circulaire entouré d'une grille est réservé pour les agents de change. De là se proclame à chaque instant le cours des rentes vendues; c'est là ce qu'on appelle le Parquet, Ses grisailles peintes au plafond par MM. Abel de Pujol et Meynier font une illusion parfaite; on les prendrait pour des basreliefs.
L'hôtel des Monnaies fui construit, en 1771, par l'architecte Antoine; sa façade principale regarde la rivière. Elle se compose de deux ailes qui s'appuienl à un avant-corps, dont le rez-de-chaussée, percé de cinq arcades, sert de soubassement à une ordonnance ionique de six colonnes. Cette façade est décorée de six statues : la Prudence, la Force, le Commerce, l'Abondance, la Loi et la Paix. Sur une autre façade en retour, on a placé les quatre Eléments. Dans quchjues-unes de ces statues on reconnaît le ciseau de Pigale. L'intérieur est divisé en huit cours entourées de bâtiments. La plus spacieuse, où Ton arrive de la rue en traversant un beau vestibule à vingt-quatre colonnes cannelées, est bordée
PARIS
par une galerie couverte. Un élégant péristyle , orné de colonnes doriques , annonce la salle des balanciers. La voûte, surbaissée, est souteuue par des colonnes d'ordre toscan. Là est la statue de la Fortune, œuvre de Mouclii.
Les instruments et l'entreprise du monnayage sont affermés à un directeur, qui paye un droit à l'Etat. Le directeur bat monnaie avec les métau.x qu'il se procure dans le commerce, ou que rÉtat ou les particuliers lui présentent. Les lingots passent au laminoir. ' qui les réduit en lames de l'épaisseur et de la dimension voulues. Ces lames sont taillées par un emporte-pièce ou découpoir, en disques ou flans. Chaque flan est une véritable pièce de la dimension et du poids légal, à laquelle il ne manque plus que l'empreinte. Le cordon, c'est-à-dire la devise gravée sur la tranche, est empreinte à l'aide d'une machine qui fait pirouetter le flan , comprimé sur son bord par l'action d'un puissant levier. Le flan est ensuite placé entre les deux coins du balancier. Chacun de ces coins est en acier et gravé en creux. Le balancier frappe ; chaque coin produit en même temps son relief sur une face du flan, et la pièce est parfaite. Le service est organisé de manière à pouvoir frapper aisément deux mille pièces de cinq francs en une heure. On conserve la collection de tous les coins, poinçons des médailles et jetons frappés en France depuis le règne de Charles VIII.
Paris est le siège de la Banque de France, qui émet des billets de mille, de cinq cents, de deux cents et de cent francs, et même de cinquante et de vingt francs. Les banques établies dans certaines villes départementales sont des succursales de la Banque de France. La Banque reçoit en dépôt les titres de toutes les valeurs, les lingots et diamants. On descend dans ses caves par un puits garni d'un escalier en spirale, praticable pour une personne, et dont la porte de fer est fermée à trois clefs. Les espèces, contenues dans «les barils et rangées dans des caveaux fermés de plusieurs portes, ne sont extraites qu'avec des formalités qui rendent toute soustraction impossible. En 181 'â, lors de l'entrée des troupes
étrangères, M. Laffitte, gouverneur de la Banque, avait fait combler le puits de l'escalier avec de l'argile battue, de manière qu'il eût fallu plus de vingt-quatre heures pour le désencombrer. La Banque de France, telle qu'elle est actuellement, a été fondée en 1806, avec un capital de quatre-vingt-dix millions.
Un des plus utiles établissements dont Napoléon I" ait doté la ville de Paris, ce sont les abattoirs pour le service de la boucherie. La halle aux vins, qui sert d'entrepôt pour les vins et eaux-de-vie, est à peu près aussi grande que le jardin des Plantes, dont elle est voisine, et peut recevoir dans ses immenses magasins jusqu'à deux cent mille pièces. Parmi les marchés pour la vente des comestibles, outre les halles centrales, le marché Saint-Germain, comme construction, est assez remarquable. L'intérieur offre quatre nefs, où deux rangs de marchands sont établis; une cour centrale présente une fontaine ornée de bas- reliefs. Sous un bâtiment à part sont de magnifiques caves. Ce bel ensemble fait honneur à l'architecte Blondel. Cependant, sous le rapport monumental, il faut reconnaître la supériorité de la halle aux blés et des greniers de réserve.
La première est un édifice de forme circulaire, entièrement isolé et percé de vingt-huit arcades. Il n'est point entré de bois dans sa construction. Sa coupole, en fer coulé et couverte de lames de cuivre, est une œuvre fort belle de l'architecte Bellanger. Cette vaste rotonde, qui date de 1002, occupe remplacement de l'hùtol de Soissons, qu'habita Catherine de Médicis. De cet hôtel on a conservé une tour construite en UJ72, où Catherine se livrait à l'observation des astres et à des calculs d'astrologie judiciaire. Vers le sommet est un cadran solaire fort curieux.
Les gieniers de réserve ont un développement de trois cent cin<iuante-neuf mètres, le long de la gare de l'.Vrsenal. Ils se composent de cinq pavillons carrés, liés par quatre grands corps de bâtiments. La construction en fut interrompue en 18E». I»ans l'étal actuel, on calcule qu'ils peuvent contenir l'approvisionnement de Paris en l)lé pour deux mois.
Quatre à cinq mille vitMix tnililniro>i trouvent
VINC.T KT UMftMF VOYAGE
;\ riiAlel iK's Invalides une douce et conforlable retraite. Cet otablissenienl lui fimdé par Louis \IV eu 1(".T<», et les travaux coufiés à rarcliiteele Hruaut. L'étlilice est précédé d'une très vaste esplanade, bordée d'arbres et ornée de gazons, et d'une cour (prenveloppent des fossés et que ierine une belle grille. Là sont rangés de gros canons, glorieux trophées de dilTérentes guerres, i)armi lesquels figurent de curieuses coulevrines sculptées qui ont été rapportées d'Alger. Les solennités publiques, le départ ou le retour des cortèges sont annoncés par le canon des Invalides. Le bâtiment principal, élevé de trois étages, présente à sa façade un avant-corps et deux pavillons qui se lient par deux parties dénuées d'ornements. Sur l'avant-corps est un bas-relief représentant Louis XIV à cheval, qu'accompagnent la Justice et la Prudence. Les statues de Mars et de Minerve gardent les deux côtés de la porte. Aux angles des pavillons sont quatre esclaves en bronze, par Desjardins.
L'hôtel royal des Invalides fut assurément l'une des plus grandes pensées de Louis XIV. Toute grande qu'elle fut néanmoins, peutêtre serait-il possible d'en contester jusqu'à un certain point l'utilité. Comment ne pas songer, en effet, que ces deux à trois mille vieux soldats, réunis de tous les points du territoire dans une caserne de Paris, préféreraient sans doute une modique pension au sein de leur pays et de leur famille? Les affections morales y gagneraient, et le gouvernement V craernerait aussi. Mais, d'un autre côté, il faut en convenir, les gouvernements ont besoin, vis-à-vis des peuples, non seulement de grandes pensées, mais encore d'éloquentes pensées. Il leur faut faire le bien, et il faut, de plus, que ce bien parle aux yeux de tous. A ce titre, rien de plus digne et de plus vraiment grand que cet immense palais consacré aux débris mutilés de nos victoires. Cette majestueuse esplanade, cette ligne de fossés bordée de canons enlevés dans les combats et qui ne tonnent jilus que pour annoncer les fêtes de la patrie, cette façade de deux cents mètres, ces grandes statues de Louis \IV et de Napoléon, cette vaste cour entourée d'une double rangée d'arcades.
cette église toute de marbre et d'ur diml la voûte disparaît sous les plis llollanls des drapeaux pris à l'ennemi, ce dôme doré enfin qui domine la ville entière, tout cet ensemble de richesse et de gloire exaile l'imagination et nourrit l'entlHiusiasmc.
Derrièie la façade se trouve une cour intérieure d'une longueur de cent trente mètres, et au bout de laquelle est le portail de l'église, ([ui se distingue par son autel, surmonté d'un baldaquin de six colonnes torses en bronze doré, garnies d'épis de blé, de pampres, de feuillages et de faisceaux de palmes. De cette première église on passe dans une seconde qui lui est attenante, et qui a le nom d'église du Dôme. C'est l'œuvre de Jules Ilardouin- Mansard. Ce dôme, d'un style élégant et hardi, a plus de seize mètres de diamètre. Vu de l'intérieur, il présente trois coupoles. Dans la seconde, éclairée par des fenêtres qu'on ne peut apercevoir d'en bas, le pinceau de Lafosse a représenté la gloire des bienheureux. C'est ce dôme que Napoléon avait décoré à l'intérieur de quatorze cents drapeaux pris à l'ennemi. Par son ordre, le plomb de la toiture à l'extérieur fut revêtu d'or.
Le dôme des Invalides jouit depuis deux siècles d'une réputation méritée. 11 n'est pas de provincial ni d'étranger, approchant de Paris, qui ne cherche à distinguer dans l'espace, au reflet du jour sur les lames dorées, cette coupole si grande par elle-même, et si grande surtout par les gloires qu'elle abrite. Élévation, dignité, force, tels sont les caractères dominants de son architecture. Moins élégante que la coupole de Sainte-Geneviève, elle a peut-être plus de majesté.
Six chapelles décorées de statues, où l'on reconnaît le ciseau de Coustou, Falconnet, Iloudon, sont distribuées autour de la coupole; celle de Saint -Jérôme a reçu provisoirement, pendant quelques années, la dépouille de Napoléon, rapportée de l'île Sainte -Hélène. On a creusé sous la coupole la crypte souterraine destinée à cette grande sépulture. Une ouverture circulaire, garnie d'une balustrade, permet de voir la tombe, (pii arrive très peu au-dessus du niveau du pavé de l'église. Outre le tombeau de Tu-
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renne, les visiteurs se font montrer, avec une permission du gouverneur, les modèles en relief de plusieurs de nos principales places fortes.
Plusieurs guerriers célèbres reposent dans l'église des Invalides. De ce nombre sont le comte de Guibert, le duc de Coigny, les maréchaux Jourdan, Molitor, Mortier, Bugeaud, de Lobau, et le général Damrémont, tué à l'assaut de Constantine. Le cœur d'une femme y est aussi pieusement conservé : ce cœur est celui de la comtesse de Villelume (M"" de Sombreuil). Fille du dernier gouverneur des Invalides avant 89, unie dans la suite au gouverneur des Invalides d'Avignon, les vieux débris de nos batailles ont tenu à conserver au milieu d'eux ce pieux souvenir de celle qui, après avoir été une fille héroïque, était devenue pour eux une mère '.
En terminant cette énumération des monuments de Paris, pourquoi faut -il ajouter, hélas 1 que plusieurs d'entre eux ont disparu sous l'effort impie des modernes Vandales. En 1871, au moment où Paris, assiégé par l'armée française, allait être enlevé aux mains de la Commune, les barbares, pour se venger de leur défaite, ne trouvèrent rien de mieux que d'incendier les monuments qui étaient l'orgueil de la France. Des matières combustibles furent entassées au milieu de nos chefsd'œuvre d'architecture, le pétrole fut répandu à flots, et bientôt des flammes sinistres annoncèrent à plusieurs lieues à la ronde que Paris était incendié par les misérables qui l'occupaient. Les Tuileries, une des galeries du Louvre, le ministère des finances, le palais de la Légion d'honneur, l'hôtel de ville, d'autres monuments encore, furent la proie des llammes. Quand rarméc entra dans Paris, il était trop tard pour sauver lout ce que l'incendie dévorait : on dut se bornei' à limiter le foyer de l'incendie, et à épargner à la ville d'autres désastres. Ainsi des mains françaises accomplissaient ce (pie renncmi lui-même n'aurait osé faire, de peur d'être mis au ban de la civilisation.
' Lors do l'évacuation (1(> l'iiolol dos Iiivaliilos dWvifjnon, li\s vieux soldats ont a|)|)orto avoc eux i\ Paris lo roMir d»- M'"* do Viilelunio.
Les passions politiques n'étaient pas seules en jeu en cette circonstance. Les passions sociales, plus terribles encore, avaient allumé les torches qui ravirent à Paris tant de merveilles. Dans les bas-fonds de la grande ville pullulent des monstres qui se vengent de leur misère par une haine farouche contre la société. Et pourtant, que ne fait pas la ville de Paris pour tous ces déshérités de la fortune ?
Paris a vu, dans certaines années, le nombre de ses indigents inscrits sur les registres des bureaux de charité monter à plus de soixante mille. Il faut y ajouter les pauvres honteux. Les indigents s'y trouvent dans une proportion plus que double de celle des indigents des autres grandes villes de France. Mais songez combien d'enfants, nés à Paris , ont eu pour pères des hommes de la province accourus sans la moindre ressource dans ce foyer d'activité, où ils s'imaginaient devoir tout d'abord rencontrer la fortune, et qui ne lui lèguent qu'une génération d'indigents. Et puis Paris est la ville où la paresse et lu débauche échappent le plus sûrement à la censure de la famille, au mépris des voisins. Plus une ville est grande, plus l'inconduite, exploitant la confiance ou la cupidité, y créera d'indigents.
Viiiiît bureaux de bienfaisance sont chargés de la distribution des secours à domicile dans les vingt arrondissements municipaux de la ville, sous la direction du prétVl et la surveillance d'un conseil d'administration. Là se délivrent des bons pour du pain, de la viande, du bois et des médicaments. Une pharmacie centrale, outre le service des hôpitaux de Paris, prépare aussi pour toute la 1-rance les boîtes de médicaments (pii sont envoyées chacpie année aux préfets, afin d'être distribuées dans les diverses communes pour lo service contre les épidémies.
Indépendamment des secours distribués par les bureaux do bienfaisance, on peut (lire (pie les indigents possèdent leurs palais. l'hunible palais du pauvre, ou mieux, pour parler le pieux langage de l'Eglise, ifwtcl de Dirii.
Nos splondides abbayes, nos vieux cloîtres
YINt.T I-T INlliME VOYAGE
furent les premiers palais ilii pauvre ; nus srraiulos ocrlises, ses cliapelles royales. On trouvait en outre, rà et là. pivs de la maison de rév»M]ue surtout, îles asiles parlieulirrement ouveits aux pèlerins, aux inliiiues et aux voyageurs. Nous avons parlé il'un de ces asiles qui était attenant à l'église Saint- .lulien-le-l^auvre ; il en existait un autre près de Sainl-Henoîl , sur la pente du coteau des Thermes . et un troisième à la porte de la cathédrale : la londation de ce dernier a été longtemps attribuée à saint Landri, évoque de Paris, dans le vu" siècle. Saint Landri.est surtout connu ilans l'histoire par le dévouement dont il lit preuve durant la calamiteuse année Gol, et c'est sans doute à ce pieux souvenir (ju'est due la tradition qui lui fait honneur de rétablissement de TIIùtel-Dieu.
Longtemps avant lui toutefois , on peut même dire de tout temps, la maison de l'évèque était la maison des pauvres. Ils y étaient immatriculés, ahn d'y recevoir régulièrement les secours de l'Eglise. Comment ne pas voir dès lors, dans cette évangélique coutume, l'origine des hôpitaux qui, dans beaucoup de villes, sont demeurés fidèles au voisinage de l'évêché?
L'existence de THùtel-Dieu, comme maison spéciale de pauvres, n'est d'ailleurs prouvée qu'à partir du ix° siècle. Il dépendait de l'évèque et du chapitre, et, à certains jours, les chanoines y lavaient les pieds aux malheureux. Parmi les droits et privilèges qui lui avaient été dès lors ou (jui lui furent plus tard concédés , nous remarquons celui de prendre un lit garni dans l'héritage de chaque chanoine'. Ces lits furent d'abord de bois commun , de toile et de serge ; plus tard, la simplicité i)rimitive disparut sous l'or, l'argent et les riches soieries. Les héritiers prétendirent alors se libérer de l'ancienne redevance par un don de cent livres; mais le parlement maintint fidèlement aux pauvres leur part dans la succession du luxe et de la vanité.
Le nombre des lits croissant ainsi de jour en jour, on finit par admettre à l'Hùtel-Dieu, non plus seulement les indigents et les voya-
t Statut du chapitre do 1108.
geurs, mais encore et surtout les malades et \es infirmes. Par les statuts de l'an 1217, l'administration de la maison fut confiée à (jualre prêtres, quatre clercs, trente frères lais et vingt-cinq sœurs, sous l'autorité du chapili'e de Notre-Dame et la direction d'un prêtre auquel était conféré le titre de maître dr la 7n(iii<on de Dieu. Les membres de cette communauté hospilalièi'c faisaient vœu de pauvreté et de chasteté , et étaient astreints à la vie commune.
L'Hùtel-Dieu fut longtemps désigné par le nom d'hôpital Saint-Christophe, du litre d'une petite église qu'il possédait à l'entrée du Parvis. Il conqilaiL en outre, panni ses propriétés, deux maisons dans Paris, qui lui avaient été données par un clerc du nom d'Adam, à la condition que chaque année, au jour anniversaire de sa mort, on accorderait aux malades tous les mets qu'il leur plairait de manger, pourvu seulement qu'il fût possible de se les procurer : quidquid cibar iorum in eorum veniret desiderio , sitamen invenipossit. Douce et miséricordieuse pensée ([ui malheureusement avait peu consulté les préceptes de la médecine.
Mais c'est surtout à partir du règne de saint Louis que date la prospérité de l'IIôtel- Dieu. Saint Louis en agrandit les bâtiments, qui s'étendirent dès lors jusqu'au Petit-Pont. Il lui conféra, en outre, le droit royal de prendre dans les marchés les denrées qui lui étaient nécessaires en en déterminant luimême le prix. Enfin, l'IIotel-Dieu fut déclaré exempt de tous impôts et droits d'entrée et de péage.
Chaque siècle a laissé, du reste, son empreinte dans l'histoire et dans les constructions de l'Hôtel- Dieu. Au xv*" une nouvelle entrée est ouverte du côté du Petit- Pont; au xvf, le cardinal Duprat, ministre de Franc^o'is P'" et légat du saint-siège, fait édifier du même côté la salle qui a longlemj)s jiorté le nom de salle du Légat. Vers la fin du môme siècle, riIôtel-Dieu acquiert divers bâtiments sur la rive gauche de la Seine; Henri IV les met en rapport avec l'hospice par la constructinii d'un pont. Puis nous voyons la salle Saint-Charles s'élever aux frais do M. de Pel-
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lièvre. Un second pont est construit sous le nom de Pont-aux-Doubles. L'hôpital s'accroît encore au xvin^ siècle; mais Tincendie vient alors , deux fois dans l'espace de quarante ans , semer la désolation et la ruine parmi ces milliers de malades, et dans ce confus assemblage d'édifices.
Le premier de ces incendies, celui de 1737, dura trois jours. On transporta les malades, au nombre de deux mille cinq cents, dans la grande salle de l'archevêché et dans les nefs de Notre-Dame. Le second, celui de 1772, fut plus violent encore : plusieurs centaines de malades périrent dans les flammes ou sous les décombres.
Treize ans après, nous trouvons une statistique delTIôtel-Dieu, de laquelle il résulte qu'il était devenu complètement insuffisant pour sa destination. Il ne possédait que sept cent trente-trois grands lits, d'un mètre quarante-quatre centimètres de largeur, destinés chacun à deux malades, et quatre cent quatrevingt-six petits lits, d'un mètre seulement de largeur, et destinés à un seul malade, en tout mille deux cent vingt-neuf lits pouvant contenir mille neuf cent cinquante-deux malades. Or le nombre des malheureux admis à l'hospice s'élevait rarement à moins de deux mille cinq cents, et dépassait souvent trois mille. Les malades y étaient donc entassés trois et quatre dans les mêmes lits.
Louis XVI, à qui nulle bonne et grande pensée n'était étrangère, ordonna à cet égard de larges réformes. Par des lettres patentes de 1781, l'IIôtcl-Dieu dut être disposé de manière à pouvoir contenir au moins trois mille malades couchés seuls dans leurs lits. Puis une commission de l'Académie des sciences reçut mission, on 1785, de visiter les divers établissements du même genre que possédait la capitale, et de doimer son avis sur la création de quatre nouveaux hospices. Le rappoil des commissaires constate que la inoilalilt' était alors à rilAlel-Dicu de deux sur neuf, tandis (juc dans les auti'cs hôpitaux de Paris, et spécialement dans ceux des frères de \i\ Charité, elle n'élait (pir de deux sur (juiir/.e'.
> C'est à pou pri's nujouririiiii \o rhillVe ili' la inoiijilil.à rHôlol-Uiou.
La commission ajoutait à ces ^calculs les chiffres suivants : pour l'hôpital de Lyon, deux sur vingt-quatre ; pour l'hôpital de Saint- Denis, deux sur trente; et pour l'hôpital du Saint-Esprit à Rome, deux sur vinert-deux.
La création de quatre nouveaux hospices fut dès lors et immédiatement décidée. Malheureusement la révolution vint tout à coup arrêter TefTet des généreuses intentions du roi ; elles n'ont pu être réalisées que de nos jours.
L'IIôtel-Dieu ne compte plus actuellement que mille lits, dans lesquels chaque malade est couché seul ; quatre cent quarante de ces lits sont destinés aux hommes, et cinq cent soixante aux femmes : les salles sont propres, vastes, aérées. L'ouverture d'une rue et d'un quai sur la rive gauche de la Seine a , de ce côté surtout, considérablement amélioré les conditions hygiéniques de rétablissement.
Deux jardins et une galerie vitrée élevée sur le vieux pont de Henri IV servent de promenoirs aux malades; et les filles de Saint-Augustin , que la révolution avait chassées de l'hospice, leur patrie, y prodiguent de nouveau aux iitfirmes leurs soins maternels.
L'Hôtel- Dieu s'annonce sur la place du Parvis par un péristyle dorique ; on est allé demander à la Grèce ses colonnes et ses triglyphes pour un genre de monuments qu'elle ne connut jamais.
Mieux inspirés, nos pères avaient imprimé au frontispice de l'hôpital le religieux caractère des âges de foi qui donnèrent naissance à ces institutions de l'amour et de la charité. Il y a soixante ans, l'Hôtel- Dieu ne formait pas encore contraste avec la cathédrale. Ses longues fenêtres ogivales, ses meneaux , ses colonnettes rappelaient Charles V, saint Louis, Philippe-Auguste.
L'Hôtel -Dieu est le premier de nos hôpitaux. Vieinient ensuite l'hôpital de la Charité, l'ondé on 1(U)7 par Marie de Médicis; les trois hôpitaux i|ue fondèrent de leur vivant, dès lo siècle dernier, M"'" Neekcr. le vénérable curé Cochin , et le linancier Peaujon. L'hôjùlal Saint-Louis est consacré surtout au Irai- Icnient des maladies de la peau. L'hôpital des enfants traite la maladie ties enfants ;
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^lu^(>ital ;i{)i)olô de la IJourbe, du nom de la rue où il est situé, reçoit les femmes en couches. Deux hospices sont consacrés aux incui-ables, deux autres à la vieillesse. L'hospice des enfants trouvés ci coUù des orplu»lins élèvent les enfants (pic la mort de leurs parents, ou un cruel abandon a laissés sans j)rotecteurs. On compte tpie l'ensemble des hôpitaux et hospices représente quinze mille lits, et tpi'il y entre ])ar jour (piatre (^ent soixante-onze malades, terme moyen. Ajoutez un hospice pour les aveugles et une maison d'éducation pour les souixis-muels.
Dès l'an liMJ, l'industrie parisienne était en grande activité. En 1470, furent faits les jM-emiers essais d'imprimerie. Le règne de Henri IV l'ut martpié par l'c-tablissement de la compagnie des Indes orientales. Sous le ministère de Colbert, la manufacture de tapisseries des Gobelins ((pToii a réunie à celle de tapis de la Savonnerie) acquit une réputation sans rivale.
Comme branche d'industrie que Paris exploite presque seul en l'Yance, je vous citerai : l'orfèvrerie et la fabrication du plaqué; le plaqué seul donne de vingt à vingtcinq millions de produits : le nouveau procédé de dorure et argenterie a dû cependant lui faire du tort ; la bijouterie et la joaillerie fines, qui produisent par an une valeur de trente-sepi millions; la bijouterie et la joaillerie fausses, et la bijouterie d'acier poli ; les bronzes, dont les produits s'élèvent à vingt millions; les ornements en cuivre; les couleurs et vernis; Thorlogerie fine, qui donne aussi ses vingt millions de produits; les insti'umenls de physique et d'optique ; les papiers peints, qui représentent quatorv.e millions; la librairie, qui est, après celle de Londï-es, la plus considérable de l'Europe, et qui produit plus de dix millions; l'imprimerie, la gravure, la lithographie, Tébénisterie,la ganterie, la sellerie, la carrosserie élégante, la chapelleiie, et surtout les modes, la lingerie, les fleurs artificielles, etc. etc.
En concurrence avec les départements, il fabrique des lainages et les tissus de coton (on estime de trente-huit à (piarantc millions la valeur annuelle de sa production en cou-
vertures de laine et de colon, en bonneterie , en tissus de diverses espèces, en châles de laine et en châles de cachemire) ; les produits chimicpies, les armes, la coutellerie, la pai'l'umeiic, et surtout les savons de toilette. 11 taille cl grave les cristaux, prépare les peaux, mai'oquius, parchemins et cuirs vernis; il rallinc le sucre, et a des fonderies et des ateliers de construction pour les machines les plus puissantes. Il est peu de genres de fabrication dont on ne trouve quelque établissement à Paris ; la facilité des débouchés pour les produits de toute nature séduit toujours (pieUjue industriel hardi, qui se Halle de compenser par cet avantage, joint à son habileté supérieure, la cherté des loyers et de la main-d'œuvre.
Sans parler de la garde municipale , qui remplit à Paris le rôle de la gendarmerie, le maintien de l'ordre, parmi cette population si nombreuse et si facile à a^iler, nécessite une garnison (pii varie entre vingt-cinq et cinquante mille hommes, infanterie et cavalerie : le tout logé dans quarante à cinquante casernes. Plusieurs sont fort belles; Tune d'elles a môme un aspect vraiment monumental : c'est l'Ecole-iMilitaire, construite sous Louis XV, vers 1751, pour recevoir cinq cents fils de gentilshommes pauvres, dont l'éducation se faisait aux frais de l'Etat. La façade du bâtiment principal présente deux ailes et un avant-corps, et au-dessus des deux étages un entablement avec balustrade. L'avant- corps est décoré de dix grandes colonnes surmontées d'un alliciue avec des statues et des trophées. En avant se déploie le Champ-de-Mars, esplanade de neuf cents mètres de longueur, sur une largeur de trois cents, entourée de terrasses en talus, et par derrière de doubles allées plantées d'ormes, et de fossés revêtus en maçonnerie. Ce vaste terrain fut aplani, et les talus disposés par des travailleurs volontaires pour recevoir la population parisienne en 1790 , lors de la fédération du l 'i juillet, la première solennité célébrée en l'honneur de la révolution.
Une institution assez récente est celle des sergents de ville, organisée sur le même pied
PARIS
que la police de Londres. Ces agents, disséminés dans tous les quartiers, sont d\ine politesse très remarquable et rendent de grands services aux étrangers , par l'obligeance avec laquelle ils leur indiquent leur chemin et leur donnent une foule de renseignements.
Pour le service de nuit, outre les patrouilles fournies par tous les postes militaires, la police entretient des patrouilles grises, composées d'agents armés de sabres et de pistolets sous leur redingote bourgeoise, et qui sont habiles à distinguer les malfaiteurs. Il se fait par jour, terme moyen, environ soixante-dix- huit arrestations pour vols, délits, mendicité et vaçrabondasre.
C'est un curieux et imposant spectacle , n'est-il pas vrai? que celui de plus d'un million d'àmes qui s'agite sur la surface du sol parisien. Eh bien, une population que l'on calcule huit fois plus considérable encore , repose sous le sol de la rive gauche, dans de longs souterrains , appelés les Catacombes. De là furent extraits, durant plusieurs siècles, les matériaux qui ont servi à bâtir Paris. Avant 1789, on avait l'usage d'enterrer les personnages importants dans les églises; le vulcaire. dans un terrain avoinant qu'on appelait charnier ou cimetière. Lorsqu'on se décida enfin à renoncer à cette méthode insalubre, on exhuma les débris hu-
mains qu'avaient reçus ces cimetières intérieurs, et on les porta aux catacombes. Les ossements sont symétriquement superposés, et forment des plans alignés au cordeau entre les piliers qui soutiennent les voûtes des galeries. Trois cordons, régulièrement espacés, de tètes contiguës décorent ces singulières murailles. Des inscriptions indiquent de quel cimetière, de quelle paroisse ces diverses masses de débris ont été extraites. Vous êtes préparé en descendant aux catacombes aune religieuse terreur; vous remontez avec dépit et dégoût après avoir vu cet arrauijement symétrique. Actuellement l'entrée des catacombes est interdite, par suite, dit-on, de quelques accidents.
Aujourd'hui l'administration municipale vend aux familles dans les cimetières, qui sont au nombre de quatre et dont le plus vaste et le plus riche en monuments est celui de l'Est, dit du Père-Lachaise, des sépultures temporaires ou à perpétuité, selon le prix qu'on peut y mettre. Les dépouilles des pauvres sont déposées dans une large et profonde tranchée, qu'on appelle la fosse commune, et qui est constamment béante. On calcule que le nombre des décès s'élève à quatre-vingt-onze par jour, sur lesquels deux cas de suicide et deux cas de mort violente ou par accident.
Cascade du bois de Boulogne.