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LE GOËLLO ET LE PENTHIÈVRE

prospérité. Le lait et le beurre abondent dans le Penthièvre, déjà Paris s'alimente dans ces compagnes verdoyantes. Les produits sont vendus aux halles comme beurres de la Prévalaye ou d'Isigny.

Saint-Brieuc a bien l'aspect d'une capitale de terroir agricole. A parcourir ses rues noires et tristes, ses vastes places irrégulières servant de champs de foire, à visiter ses magasins étalant des étoffes voyantes, on devine que la population voisine est entièrement livrée à la culture. Çà et là, cependant, des débris de la vieille ville : quelques tourelles d'angle, des maisons sculptées, arrêtent un instant l'attention. La partie moderne est monotone, le granit dont les édifices sont construits se prête malaisément à la sculpture.

Saint-Brieuc est cependant un centre ; c'est, entre Rennes, Brest et Lorient, la ville la plus peuplée de la Bretagne, les marchés et les foires y attirent la foule. Il ne lui manque que d'être assise au bord même de la mer pour prendre un rang plus distingué parmi les villes de Bretagne. Mais elle domine de 100 mètres la faille profonde où le Gouët, refoulé par la marée, reçoit les navires. Des routes conduisent à ce point par la vallée bordée de hautes roches boisées -, des faubourgs se sont établis sur les pentes et au fond de la gorge où l'on a trouvé la place pour creuser

un bassin à flot et aménager un outillage maritime assez complet. Cette partie marine de Saint- Brieuc s'appelle le Légué ; un cheinin de fer ouvert seulement aux marchandises y descend par de fortes rampes et des courbes d'un développement total de sept kilomètres de gare à gare ; or, 1,500 mètres seulement séparent la ville de son port.

Le Gouët débouche dans l'anse d'Yffiniac qui assèche complètement à mer basse ; le port n'est donc accessible qu'à haute mer et pour des navires calant 400 tonnes au maximum. Malgré ces conditions défavorables, il est fort actif, le voisinage de l'Angleterre permettant d'écouler les produits agricoles d'une vaste partie du Penthièvre et des monts Menez. Les beurres, les cidres, les salaisons, les pommes de terre, sont pour le Légué un élément de fret important. Aussi, à la sortie, le mouvement du port a-t-il été, en 189-1-, de 763 navires et 19,216 tonnes, pour la plupart sous pavillon anglais. A l'entrée, le nombre des navires a été de 781 et 56,883 tonnes. Le nombre de navires armant pour la pêche à Islande est de 15. Saint-Brieuc est donc une ville maritime assez importante, elle ne saurait manquer de développer encore son commerce, le pays voisin étant appelé à une prospérité plus grande

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