DE PALM PO L A SAINT-BRIEUG
D'après la carte de l'état-major au
Je ne me suis point arrêté à Guingamp, je dois revenir ici demain pour me rendre à Carhaix. Ce soir je suis attendu à Lamballe. Mais j'ai le
temps de revoir un moment Saint-Brieuc. Trente kilomètres séparent Guingamp du chef-lieu des Côtes-du-Nord, ce serait un voyage charmant à faire par la route, le train passe trop vite à travers ce pays couvert d'arbres, où chaque hameau disparaît entre les hauts talus plantés de chênes, de hêtres et d'ajoncs. Mais en approchant de Saint- Brieuc le pays s'accidente, les ruisseaux et les rivières descendus des montagnes Noires et du Menez, se creusent de profondes vallées ; dans les escarpements, le granit apparaît à nu entre les mousses, les fougères, les bruyères et les genêts ; les torrents bondissent. Aux abords de Saint- Brieuc, la vallée du Gouët est vraiment superbe ; on la franchit sur un viaduc haut de 59 mètres, à deux rangs d'arches, qui ne le cède pas en majesté à celui de Morlaix. Toute cette région est très belle et mériterait d'être mieux connue. C'est du reste une de celles où l'agriculture est le plus en progrès; les champs de choux, dont rétendue est si prodigieuse et qui sont la caractéristique de la culture bretonne, sont alimentés par les semis faits autour de Saint-Brieuc ; le plant briochin est une sorte de gloire locale pour cette contrée qui fut jadis le duché de Penthièvre et qui s'étend du Goëllo à la Rance.
L'élevage du bétail est une autre source de