OUVRAGE COURONNÉ PAR L'ACADÉMIE FRANÇAISE
Et honoré du prix du Président de la République
à la Société des Gens de lettres.
A obtenu, en 1897, le prix Félk Fwirnier, décerné par la Société de Géographie de Paris à l'œuvre géographique la plus considérable de l'année.
Ardouin-Dumazet
Série d'élégants volumes in-12, avec de nombreuses cartes.
Prix de chaque volume :
Broché : 3 fr. 50 c. — Cartonné en toile souple, tête rouge : Afr.
L'œuvre si considérable du Voyage en France vient de s'accroître de deux volumes qui ne seront pas les moins goûtés de ce vivant tableau de notre pays. Cette Région du Nord qu'aborde aujourd'hui M. Ardouin-Dumazet. cette contrée réputée morose, et à laquelle on dénie
volontiers tout caractère pittoresque, a cependant donné matière à deux séries fort étendues de cette superbe et précise description des paysages et des activités de notre pays. Le lecteur y trouvera, non sans surprise, des panoramas fort variés ; il découvrira des sites atteignant parfois à la grandeur. Il aura surtout une étude complète, singulièrement attachante, de l'énorme développement industriel et agricole de ces régions aux ciels mouillés, aux cités fumeuses.
La 18° série — Flandre et littoral du >"ord — comprend tout le coin de France compris entre la Scarpe, la mer et la baie de Somme. M. Ardouin-DuinazLjt nous y fait pénétrer par cet énorme organisme manufacturier constitué par les deux villes jumelles de Roubaix et de Tourcoing. 11 décrit de sa plume alerte ces deux cités si prodigieusement grandies depuis le commencement du siècle, nous fait assister à leurs progrès et vivre de leur vie intime, nous fait toucher du doigt les causes du triomphe du socialisme dans ce milieu d'ouvriers venus de tous les points des Flandres. Ces pages sur Roubaix et Tourcoing, remarquable résumé de choses vues, auront la bonne fortune de devenir classiques comme tant d'autres parties de cette admirable entreprise qu'est le Voyage en France.
Après cette visite à l'énorme ruche roubaisienne, M. Ardouin-Dumazet conduit le lecteur dans l'intimité du pays flamand, dans ce riant pays •le Ferrain, enfoncé comme un coin dans la Belgique , borde par la Lys, si vert avec ses prairies et ses cultures encadrées d'ypréaux, si gai avec ses censés tapissées de poiriers en espalier. Par Halluin, nous gagnons les rives de la Lys, bordées, en France et en Belgique, de bourgades endormies qui furent de grandes villes au moyen âge.
Voici Lille maintenant. La métropole du Nord tient une large place dans ce volume ; son aspect, les mœurs de sa population, son industrie donnent lieu à trois chapitres d'un haut intérêt. Une excursion à la station agronomique de Cappelle amène l'auteur à exposer et expliquer les immenses progrès de l'agriculture en Flandre.
.Nous retrouvons la Lys, avec la riche et industrieuse Armentières, les villes manufacturières qui l'avoisinent, les paysages mélancoliques et doux de ce val, d'où M. Ardouin-Dumazet nous conduit dans les charmantes collines de la Flandre flamingante, autour de Bailleul et d'Hazebrouck et sur le belvédère superbe de Cassel.
Ce sont ensuite lus Moëres, petite Hollande conquise sur des lagunes, la grande cite maritime de Dunkerque, qui nous vaut une curieuse description du départ de la flottille de pêche pour l'Islande. Successivement l'auteur du Voyage en France aborde la curieuse région des Wateringues, l'antique Morinie, la haute vallée de l'Aa, Saint-Omer, Calais, où l'industrie du tulle est étudiée en des pages pleines d'attrait ; le Boulonnais et ses hautes collines ; Boulogne, où nous voyons décrite arec humour la fabrication des plumes métalliques et des crayons. Après une visite au littoral île Berck, aux champs tragiques de Crècy, nous allons visiter les vallées de la Canche et de la Ternoise et assister a l'élevage du cheval boulonnais. Ici finit ce volume de près de 450 pages.
La 19e série — Artois, Cambrésis et Hainaut — débute par uue visite aux sources de la Somme et à la grande cité industrielle de Saint-Quentin. De la vallée de l'Ancre et d'Albert, l'auteur nous ramène dans le Ponthieu pour visiter cette sorte de Californie constituée par les gisements de phosphate de Beauval. Nous assistons à la grandeur et à la décadence de ces carrières fameuses dans le monde entier, qui déterminèrent une lièvre analogue, toutes proportions gardées, à la fièvre de l'or en Californie. Voici maintenant la vallée de la Nièvre picarde et ses usines grandioses.
Gagnant l'Artois, M. Ardouin-Dumazet fait un tableau de la vie champêtre de cette vieille province, décrit sa capitale si curieuse, en voie d'agrandissement. De là, il atteint la campagne historique où nait la Lys. En un chapitre d'un poignant intérêt, d'un grand souille patriotique, il décrit les champs de bataille d'Azincourt et de Guinegatte, les ruines douloureuses de l'illustre cité de Thérouanne. C'est ensuite la plaine glorieuse de Lens, devenue le Pays Noir, embrumée par la fumée des houillères, les petits pays d'Alleu, de Weppes et d'Escrebieux, Douai, « l'Athènes du Nord ».
Encore une plaine tragique : Bapaume, les sources de l'Escaut, Cambrai et le pays de Cambrésis, à propos desquels la fabrication de la chicorée et celle du sucre sont l'objet de descriptions intéressantes et claires.
Caudry la dentellière, les belles forêts de Saint-Amand. Anzin, ses mines, Valenciennes et ses richesses d'art sont décrits dans les cha-
pitres suivants. Les dernières de ces 400 pages nous amènent dans la forêt de Mormal et la vallée de la Sambre, à Landrecies, à Maubeuge, chez les marbriers de Cousolre et , enfin , par la curieuse région où coulent les Helpes, à Avesnes, à Fourmies et à la trouée de l'Oise, charmants pays faisant déjà prévoir la grâce sauvage des Ardennes.
Ce* deux volumes, que d'autres vont suivre incessamment, font juger de l'ardeur et de la persévérance apportées par M. Ardouin- Dumazet dans cette œuvre désormais classique, comme jamais il n'en fut conçu sur un grand pays.
Certes, les Géographies de la France ne manquent pas ; mais elles sont ou des compilations de documents, ou des œuvres collectives d'écrivains qui ne pouvaient suivre rigoureusement le même plan, ni surtout posséder une vue d'ensemble et des moyens de comparaisons. C'est la France entière, dans sa vie intime, dans son activité commerciale et agricole, dans ses paysages si divers, dans ses souvenirs aussi, qu'un écrivain possédé d'une vive passion pour son pays veut nous faire connaître.
Comme nous le disions en annonçant les volumes précédents, M. Ardouin-Dumazet, dédaigneux des sentiers battus, s'est imposé de décrire Ja France d'après ses impressions personnelles, et non en compilant les publications antérieures. Il ne décrit que ce qu'il a vu, les cultures et les industries étudiées sur place, les sites célèbres, comme aussi les coins de terre ignorés, découvertes inattendues auxquelles l'a conduit le hasard dans ses courses.
D'un style toujours clair, alerte 'et vivant, où l'on sent passer un profond amour pour la terre de France, l'aimable touriste promène le lecteur avec lui, l'oblige à s'intéresser à Ja vie du paysan et de l'ouvrier; telles de ses pages sur le Morvan, la Touraine, les Alpes, les iles de l'Océan et de la Manche ont été citées partout. Depuis lors, ses descriptions des Cèvennes septentrionales, des Alpes, de l'admirable vallée du Rhône, des lumineux paysages de Provence et de la Corse, ont eu la même fortune.
Pour tous, le nom d'Ardouin-Dumazet et le Voyage en France sont désormais inséparables. Nous avons cité déjà le mot de ce professeur d'une de nos grandes Universités, disant qu'il voyait là pour la première fois « une géographie nationale vraiment digne de ce
nom, autant sous le rapport des recherches nouvelles et inattendues,
que de la méthode d'exposition, et qui laisse bien loin derrière elle tout ce qui a été tenté dans ce genre ; — en un mot, une œuvre moderne dans la meilleure acception du terme ».
Et le rapporteur du prix Félix Fournier attribué au Voyage en France par la Société de géographie de Pans, a pu dire :
« M. Ardouin-Dumazet s'efforça donc de faire une étude sérieuse très documentée et très au courant, en s'appuyant non pas seulement sur ce qui avait été écrit avant lui, mais en allant sur place, en consultant les industriels, les commerçants, les propriétaires, tous ceux, en un mot, qui étaient en état de lui fournir des renseignements vécus. On sent tout ce qu'il faut d'esprit critique et d'indépendance pour ne pas se laisser influencer, pour négliger les querelles locales, les amours-propres froissés et ne retenir de ces informations, souvent oiseuses et interminables, que le trait décisif et l'argument qui porte. Ce n'est plus ici le sec et fastidieux résumé d'un auteur qui abrège des documents officiels, c'est l'impartial exposé d'efforts personnels encore tout vibrants de la lutte, et cela donne au style, avec une trame solide, une intensité de vie, une propriété d'expression qui sont la caractéristique même de cet ouvrage. »
Voici le plan complet du Voyage en France, avec le sommaire 'des chapitres pour chacun des volumes parus ou en préparation :
Volumes parus :