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EN BEAUCE CHARTRAINE I

Mêmes paysages sur une autre des routes qui s'éloignent de Voves, celle de Janville, longée faible distance par le chemin de fer de Toui Toujours les terres exclusivement consacré aux céréales, aux fourrages artificiels, à la b< terave. Cependant, la Beauce pourrait être \ riée : les abords de Voves montrent des jardi où croissent de beaux légumes, où les arbr fruitiers poussent avec vigueur. De même, ( pourrait élever d'autre bétail que le mouto puisque les prés artificiels compensent l'absen de prairies arrosables. On tire déjà parti > cette ressource ; la Beauce produit du beurre, des commissionnaires recueillent celte précieu denrée.

La région entre Voves et Toury est une i celles qui montrent au plus haut degré les cara tères du plateau : étendues que rieu ne Hmit horizontalité absolue du sol, sauf quelqu creux où l'on a extrait de la pierre en laissa une cuvette. Les hameaux aux grands toits ba entourés de tas de paille, seraient sans verdu si parfois un prunier ne faisait tache contre ui muraille. Loin, bien loin, une ligne d'arbr bordant une route ou une remise à gibi semble flotter comme par un effet de mirag Les emblavures sont sans fm : blés d'hiver dé

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hauts Formant tapis que commencent à moirer des souffles tièdes, blés de printemps ou avoines dessinant par leur tendre verdure les rayons réguliers du semoir.

Le village de Prasvîile fait une petite oasis de végétation plus haute. Une propriété très vaste s'encadre d'une haie d'aubépine et d'arbres fruitiers, un parc très ombreux l'avoislne. La grande ferme contiguë est flanquée d'une tour; à côté pointent les toits aigus du château et la flèche grêle de l'église. La mare indispensable à fout centre beauceron reflète dans ses eaux épaisses et vertes la difforiqjté grimaçante de trois ou quatre vieux saules étêtés.

Les environs de Prasville sont percés de carrières, la roche afileure dans un singulier vallon aride au fond duquel est une ravine étroite, témoin de l'érosion ancienne. Dans ce pli, une ferme porte le nom de Katamisa, au moins étrange enrre les désignations de lieux ayant un si pur parfum de terroir français. Dans la partie supérieure du ravin, entre les fermes de Longvilliers et de Rosoy, sont des ruchers assez nombreux pour que la carte d'étal-major les ail indiqués par la mention ; « Parc aux abeilles. » C'est un des points où les abeilles sont réunies pendant la saison de floraison des sainfoins. A

cette époque, elles se gorgeat de pollen et élaborent le fameux miel du Gfttinais. Quand les sainroins sont fauchés, les céréales restent seules et les insectes pourraient mourir de raiip, alors on porte les ruches soit en Sologne où les abeilles cueillent le pollen du sarrasin, soit à la lisière de la forêt de Fontainebleau où elles trouvent dans la bruyère fleurie les éléments d'un mie! acre qui leur permettra de vivre pendant la mauvaise saison (').

Ce ravin eut sans doule un ruisseau clair au temps où la Beauce était couverte de forêts, quand nos lointains aïeux dressaient au-dessus du sillon profond le mégalithe que la carte désigne par ces mois : « Pierre druidique » — au sud d'Ymonville. Ce filet d'eaux vives, que protégeaient les grands chênes où l'on cueillait le gui, devenait la branche nord de la Conie, l'étrange fleuve beauceron où l'on chercherait aussi vainement l'eau que dans les ouadi sahariens.

Le ravinement est un accident bientôt dépassé, la plaine rase recommence, traversée par l'interminable ruban blanc de la route de Char-

i. Sur celle forme ambulante de l'apiculture, Toycz la i^ du Voyage «a France, chapitre XII, et la M' série, chapitre

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Ires à Orléaos, établie sur le tracé de !a voie romaine qui permit aux conquérants de se maintenir dans la province forestière des Carnutes, qu'ils avaient déboisée par mesure stratégique.

Il y a cependant ici un changement dans la -constitution du sol : c'est toujours la mer des blés, mais, autour d'Ymonville, que signale de loin un clocher aigu, on voit quelques arbres, notamment des noyers ; vers le sud, les bois et les bosquets sont assez nombreux, formant décor de fond aux hameaux dont étincellent les toits d'ardoises. Les bois sont petits, de forme régulière, évidemment plantés pour tirer pafti de terres infertiles; le pin forme des massifs isolés. On devine par des gradations insensibles le voisinage de la Beauce du Gâtinais, la « haute Beauce », qui a des caractères semblables (').

Ces bosquets forment à distance une sorte de cercle autour de Fresnay-l'Evêque, village de pittoresque aspect, grâce à une vieille construction accotée d'une tourelle en poivrière à toit aigu, et à la flèche de l'église portée sur une galerie circulaire de charpente à huit pans, dressée elle-même sur un toit pyramidal. Le vil-

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