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LA VALLÉE DE LA VOISE I

avec cette indication : « Travaux de Louis XIV, J'ai cherché dans les livres et les collections sa trouver d'explication. — H s'agit sans doute d'\ canal qui aurait amené à l'aqueduc de MainI non les eaux recueillies sur ce plateau. Je su venu dans cette partie de la Beaucc pour co templer ces vestiges de la fastueuse et ruineu entreprise du grand roi. Ce sont de hauts tal de déblais entre lesquels des chenaux prufon renferment de l'eau claire, chose rare sur plateau ; les joncs et les roseaux y croisseï vigoureux; mes pas ont troublé une multitu< de grenouilles qui, brusquement, cessant leu coassements, ont fait le plongeon, ridant po quelques secondes la surface de ces réservoi qui devaient aider à emplir les bassins de V( sailles. Les talus formés par les soldais employ aux travaux sont complantés de pommiers.

L'entreprise devait être à peine commenc lorsque les guerres l'arrêtèrent brusquement; i ne trouve de terrassements que sur deux kil mètres, encore ne sont-ils pas continus, ils poursuivent jusqu'au hameau de Cerqueuse ne peuvent fournir d'indication sur le plan l'ingénieur. L'altitude est trop grande pour q l'on ait voulu recueillirles sources de la Hemarc peu abondantes d'ailleurs.

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Le territoire sur lequel ont été conservés ces traces de la folie royale appartient à la commune d'Orphin dont les hameaux, couvrant un vaste espace, s'étendent sur les deux rives de la Drouette. Le village lui-même est peu considérable; la lourde tour de son é<^lise domine la vallée que des bois et des prairies rendent fort agreste. Plusieurs châteaux animent le paysage, quelques-uns des domaines, démembrés, ont fait naUre un groupe de villas dont les façades de briques rouges aux cordons de pierre blanche et les toits d'ardoises se détachent dans la verdure : on pourrait se croire près de Paris, sur quelque colline dominant la Seine.

Parcs, villas, châteaux occupent la rive droite de la Drouette, Sur la rive gauche, ce sont de grandes cultures accidentées par les amas de déblai provenant des vastes carrières de meules qui ont fait la richesse d'Épernon. Il y a là des gisements considérables que la presque subite substitution des cylindres aux meules dans les minoteries a rendus moins précieux. Aussi ne tire-t-on plus autant parti de cette roche siliceuse, d'un blanc nacré, moins « alvéolée » que celle de La Ferté-sous-Jouarre. J'ai vu au long des chemins, empilés pour être transformés en macadam, de superbes morceaux de meulières

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que l'on eût jadis débités pour en faire l'agrégi de meules à moulin.

Je suis revenu à Gallardon par Ablis. Ce boni important, où aboutissent de nombreux chemii s'étoilant à travers la plaine beauceronne, ci une page douloureuse dans Thistoire de la guen de 1870. Par le sac et l'incendie d'Ablis, U Allemands débutèrent dans l'atroce « guerre d terreur n, comme l'a appelée Rustow, qui d( vrait rendre éternelle la haine de l'ennemi. L bourg, à cheval sur la grand'route de Pari à Chartres, était assez riche pour que les AlU mands, après le combat d'Épernon, eusset songé à rançonner ce gîte d'étapes. Un escs dron prussien et quelques fantassins y étaler installés quand, le 7 octobre, avant le jour, 1 commandant Lipowski, à la tête dé cent trent francs-tireurs de Paris, vint attaquer ce détache ment; la surprise fui si vive que soixante-di eimemis se rendirent avec cent chevaux ; si Prussiens furent tués, cinq autres blessés. Nou perdions seulement deux hommes.

Immédiatement prévenus de cette surprise, le Allemands arrivèrent en nombre vers 9 heure du matin, massacrèrent les habitants rencontré dans la rue et exigèrent 5 000 fr. de contribu

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lion, sinon Ablis devait être brûlé. L'argent fut versé, mais, par une félonie odieuse, à peine la somme élait-elle remise que toutes les maisons étaient livrées aux Oammes, vingt-deux habitants étaient mis aux fers et entraînés comme otages.

Ces actes étaient d'autant plus monstrueux que la population n'avait en rien participé à l'attaque nocturne, rien ne la lui avait fait prévoir. Les Allemands eux-mêmes en eurent honte : le (jénéral von Schmidt, à qui le gouvernement de la Défense nationale adressa des protestations, reconduisit en personne les otages aux avantpostes. Hélas! ce ne fut pas une leçon : celte sauvage façon de comprendre la guerre devait se renouveler sur plus d'un point.

Ablis, relevé de ses ruines, a retrouvé sa prospérité, bien qu'il demeure à l'écart. Son isolement cessera bientôt : il est sur le tracé de la nouvelle ligne de Chartres à Paris par laquelle le réseau de l'Etat doit avoir un accès direcl dans la capitale. Cette voie, destinée à compléter le système de lignes maîtresses rayonnant de Paris, doit passer à CoUainville, traverser à Gallardon le chemin de fer d' Anneau à Dreux, remonter le vallon de la Remanie et desservir, au delà d'Ahlis, Saint-Arnoult, Li-

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