LA VALLÉE DE LA VOISE
mours et Sceaux. Gallardon surtout gaguem à cette création eo devenant gare de transit.
Au-dessous de Gallardon, les villages se suivent dans la vallée de la Voise. On pourrait les croire misérables, à les voir bâtis de lerre et de chaume. Mais ces matériaux sont les plus répandus dans le pays chartrain et leur usage remonte à une haute antiquité. Même les murs de clôture sont en terre et recouverts d'une chape de chaume. Cela ressemble fort peu aux murs de pisé bien damés de la campagne lyonnaise qui paraissent des monolithes, tant ils sont réguliers. Le petit château de Boigneville, devenu ferme, contraste par ses murs de pierre et ses pimpantes tourelles avec ces constructions presque préhistoriques, égayées par les vergers opulents et les culture^ bien soignées couvrant le fond et les pentes. Particulièrement aimable est la campagne autour de Bailleau-sous-Gallardon et de Baglainval. Il y a cependant tendance à abandonner la terre et ie chaume : levillage d'Armenonville-les-Gâtineaux a la plupart de ses toits couverts de tuile et d'ardoise. On retrouve la même apparence d'aisance à Yermenonvillc où les faîtes bleus d'ardoise font peu à peu renoncer aux toitures de paille, où les cons-
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tructions nouvelles emploient la brique au lieu de la terre crue.
La Voise échappe à sa vallée pour entrer dans la plaine humide de Mainlenon, que traverse à une grande hauteur le viaduc du chemin de fer de l'Ouest. L'Eure coule sous une des arches de cet ouvrage et va passer sous les arcades ruinées de l'aqueduc de Maintenon. La Voise finit ici, absorbée par la belle rivière et, avec elle, donne la vie aux moulins de la petite ville dont le nom, porté par une femme illustre, remplit une des périodes de noire histoire.
L'Eure est descendue de Chartres par une vallée qui semblerait une réplique de celle de la Voise, si la rivière, autrement abondante, ne faisait mouvoir de grandes minoteries ; leurs hautes constructions animent le paysage. Les villages sont populeux, les habitants ayant cherché ce large val, très frais, aux eaux abondantes et pures. Le premier, en se dirigeant vers Chartres, est Mévoisins, où naquit ColUn d'Harleville, le grand homme de Maintenon. Ce poète oublié est signalé au passant par un buste, placé sur sa maison. Mévoisins est un petit centre très rustique, même les maisons neuves ont des murs en terre. Sur les côtes exposées au soleil se montre un petit vignoble.