Nogeal-le-Roi i 6So habitants, Coulombs 748, Lormaje 5o
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SOUS la pioche pendant la Restauration; on a utilisé les matériaux pour construire la cha"""" funéraire de la maison royale d'Orléan Dreux ('). Quelques vagues ruines sont l'i ment d'un jardin fleuriste et fruitier remai blement tenu. Le clocher était célèbre pour l'harutonie de ses cloches dont le renoi porté au loin par une chanson populaire, h rillon de l'Abbaye :
Les moines, moiiiiUons, Les moiaes de Coulombs ; L'abbé fou,
Vendôme, Beaugeocy, Notre-Dame de Cléry ; Les moi Des, moiDilloDS, Les moines de Coulombs.
Le jardin qui couvre le site de l'abbaye parcs, les viilas élégantes semblent avoir e l'influence sur les villageois : leurs deme sont avenantes et propres comme des coït d'Angleterre. Au pied de la colline, des c Iructions plus rustiques bordent des ru montueuses, les pignons aigus se profdenl le fond, dessiné par une falaise de craie dan quelle sont creusés des granges et des cell
l5o VOYAGE ES FRAaVCE
Je rentre à Nogeiit alors que la ville est en pleine rumeur pour le marché du samedi ; l'auimation est grande. Les affaires sont assez actives pour qu'une des principales banques parisiennes ouvre un bureau, ces jours-là, près d'une petite place ombragée dite du Marché, à la volaille. Nogent est en eOet un centre d'élevage, moins important que Houdan, mais considérable encore; son marché rivalise avec celui de Dreux. Toutes les campagnes voisines produisent œufs, poulets et poussins; Faverolles, dont le nom a été choisi à cause de sa sonorité pour désigner la race issue de la poule du pays et des races exotiques, est près de Nogent, dans le canton même, à côté de l'înilme hameau du Tartre-Gaudran, chef-lieu de la plus petite commune de France après Morteau ('). Celle-ci a 1 3 habitants. Le Tarlre-Gaudran en compte i6.
Toute la région se livre à l'élevage : chaque village, presque chaque hameau, possède ses aviculteurs. Les grandes fermes de ce terroir plantureux élèvent les poulets par centaines. Le canton était jadis réputé pour la culture de la cardère à foulon; cette production a disparu d'Eure-et-
I. Sur Morteau, Ja plus petite conunune de France, voyez Is 1* série, chijùlre XIll.
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Loir par suite de la concurrence des cardes métalliques. Elle a résisté dans les déparlemenis voisins. En 1892, on cultivait encore la cardère sur 75 hectares dans l'Eure ; la quantité récoltée atteignait 666 quintaux valant 46 230 fr. ; Seincet-Oise, dans la partie limitrophe du canton de Nogent-le-Roi, possédait Sg hectares consacrés à cette plante. On me dît qu'il y a tendance à accroissement. Pourtant, c'est peu de chose auprès des I 298 hectares couverts par la cardère dans les Bouches-du-Rhône, sur les i 64o de la France entière qui, trente ans plus lot, en 1862, en comptait a326('). De vieux livres donnent déjà ce chardon comme presque abandonné aux environs de Nogenl-le-Roi.
Le plus grand établissement industriel est audessous de la ville, au hameau de RufTm, où l'Eure actionne un vaste moulin haut de six étages et occupant plusieurs corps de bâtiment. Cette minoterie avoisine Chaudon, village étendu où plus d'une chaumine déjetéc, plus d'un pignon de branchages et d'argile, percé à jour, apparaissent entre les maisons bien crépies, couvertes de tuile ou d'ardoise ; en face, près
:. Sur b culture de la cardi Mrt la 1 1» sirie du Voyage
l52 VOYAGE EN FBANCE
du château de Mormoulins, débouche une des riviérettea nées dans l'Yveline, la Maltorne, appelée rivière morle de Sainte-Geneviève, à la fin de son cours, puis encore Maltrone ou Maltron, ou Sénantes. Beaucoup de noms pour un cours d'eau fort modeste !
Nombreux sont les villages et les hameaux au long de la rivière, tous semblables par leurs murs de torchis, leurs pignons à front de rue, sans autres ouvertures que celles produites par l'éboulement de l'enduit de terre glaise mastiquant le clayonnage de branches. A Villemeux, cette pauvre architecture contraste avec les jardins bien tenus et les cordons de pommiers ; l'église de ce village possède une belle rose au fronton.
L'Eure, très vivante, ne quitte un moulin que pour former un autre bief sur lequel est une nouvelle usine. Les pentes s'adoucissent, la vallée s'élargit, riche par ses cultures, mais assez banale. Sur la rive gauche, les bords s'escarpent en talus crayeux dont les sommets sont tapissés de taillis ou parsemés de genévriers. Au pied d'une de ces côtes raides, Charpont frappe par son air de délabrement : nombre de granges montrent la carcasse de lattes que l'enduit d'argile a abandonnée. Un vallon ouvert dans les hauteurs de la rive opposée abrite Guerre, dont