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LA VALLÉE DE LA VOISE

La vallée est uoe suite de coins charmants Saint^Piat, dont l'égliae renferme un tomb< du quatrième siècle, les maisons neuves s< nombreuses; beaucoup en briques, matérif fabriqués sur place dans une vaste usine. I bords de la rivière s'égaient de plus en plus, beaux jardins, d'élégantes maisons de mal avoisinent les grands moulins qui enjamb l'Eure transparente.

De Saint-Piat à Jouy ces moulins seuls a ment la vallée ; les pentes sont creusées carrières d'où l'on extrait la craie emplo; dans les constructions. Cette pauvre matière noyée dans les muraillesde Jouy, soigneuaemi crépies et peintes. De grandes fermes couver d'ardoises bleues ou de tuiles rouges prolong< au loin le bourg, relié à Saint-Prest par le 1 meau des Moulins-Neufs, bâti près d'un des p pittoresques moulins de ces rives où les usii ont une grâce inattendue.

Jusqu'à Chartres, c'est le même spectacle, logis sont plus modestes peut-être qu'en a\ Maraîchers et ouvriers habitenl dans des maisc basses, faites de terre fauve et couvertes chaume. Saint-Presl et La Villetle sont f agrestes au milieu des herbages opulents re plis de bétail. Un joli ruisseau descendu

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NogenUie-Phaje aboutit à l'Eure, entre les ombrages d'un parc.

Au delà commence l'agglomération chartraine, par le bourg de Lèves, qui fut peut-être le berceau de la ville des Camutes. Les souvenirs druidiques y sont précis, une grotte aurait serti d'asite aux prêtres gaulois, la fontaine deMîscouard sérail une de leurs sources sacrées. Plus tard, quand la vie monastique apparut, le val reçut l'abbaye de Josaphat, longtemps célèbre. Les bâtiments monastiques, échappés à la tourmente révolutionnaire, sont devenus asile de vieillards et hospice d'incurables, grâce à la générosité de M. et M™' d'Aligre.

Voici Chartres ; la merveilleuse cathédrale, élançant, Qères et mystiques, ses flèches dans le ciel, forme le plus admirable décor de ville que l'on puisse rêver. Elle couvre un verdoyant talus au-dessus d'un grand parc public. A peine, entre les arbres, devinc-t-on les fauves toits de la ciléC).

I. Sur Chartres et la Beauce, su sud et & l'uiieat de la y'iUt, TOyr^ la iH* série du Voyage en France.

£?C UHOUAIS

HaiDtcnon. — L'aqueduc. — La ville et le château. — Le n de Noailtes. — Le parc et l'allée de Racine. — Ed descev l'Eure. — Les villages de torchis eu Drouais. — Nni|cnt-k el le Koulebois. — Une curieuse ville. ^- Lonnsye, — lombs et son Carillon. — Le marché de Xoijeut-le-Roi L'élevage de la Tolailte. — Paverolles et sa race de poule: Une des deux plus petites communes de France. — La cai à foulon. — Une rivière bien baptisée. — L'Eure i la rcnci de l'Avrc. — Le Luat-Glairet. — Descente à Dreux.

Maintenon ! Il n'est guère de voyageurs qui passage, lorsque ce nom est jeté par la voix d conducteur de train, ne se mettent à la porti pour tenter d'apercevoir le lieu : bourg, ville village, car on ignore tout de lui. Mais le i sonore eut tant d'éclat, il remplit si bien le. une phase de notre histoire 1 Chose singuliè plus que celui d'autres femmes du grand siè le nom de Maintenon excite l'intérêt. On enl drait distraitement appeler Montespan — s

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avait une gare (') — à Mainlenon, on voudrait voir.

On ne distingue rien, sinon, en traversant la vallée de l'Eure, les ruines gigantesques et superbes d'un aqueduc pris pour des testes romains par la grande masse du public. Ce sont les arcî^ des inférieures, seules achevées, de l'ouvrage commencé par Vauban sur Tordre de Louis XIV pour amener les eaux de l'Eure à Versailles. Les arbres dont la vallée est remplie masquent la vue de l'humble cité et du château dont Françoise d'Aubigné, veuve Scarron, devint propriétaire avec le titre de marquise de Mainlenon.

La gare est bâtie presque au pied de la dernière culée de l'aqueduc. La construction n'est pas seulement restée inachevée, elle a été employée comme carrière par les gens de ce pays où la craie et la terre battue sont les seuls matériaux utilisés. Les parements de pierre de taille ont disparu, le squelette des piles reste puissant encore. Invinciblement, on se dirige vers ces témoins du grand siècle, on abandonne la route de la ville pour descendre au bord de l'Eure, près des arcades demeurées debout.

1. Sur Montespan (Haulc-Garoiine) ïojcz Vogagt en France, chspilre IV.

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EN DROUAia I^I

Cetles-ci foDt éprouver une impression puissante, par leur hauteur et l'épaisseur des piles. Sous l'une des voûtes passe la route de Chartres: le plafond s'est effondré, les quatre arêtes en blocs admirablement appareillés ont résisté, les clés de voûte n'ont pas cédé, on voit le jour entre les arcs. Cela est d'un efTet inquiétant, mais les architectes el les maçons ont là une belle leçon de choses : ils peuvent reconnaître que Vauban n'était pas seulement un f|rand preneur de villes, mais encore un rude bâtisseur.

Au fond de la vallée, l'ouvrage a mieux résisté, parce que plus difficile à entamer. Piliers et arcs sont intacts, à peine çà et là quelques pierres sont-elles tombées. Des pins ont crû au sommet de l'aqueduc, leur teinte sombre fait mieux ressortir la patine grise des matériaux. Ce monument énorme, en partie revêtu de Uern-, accroît la splendeur et la majesté du parc aux pelouses d'un vert profond et doux.

Par une voie ombragée, longeant le domaine, on atteint Maintenon('). Avec ses maisons ornées de cordons de briques, aux façades peintes, elle est mignonne et coquette à souhait. Un canal et une zone d'arbres aquatiques la divisent en deux

I . Pour MainlcDon ri ses environs, voyez la c«rle de l« page 84.

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parties. Une lie boisée, transformée en parc, franchie par de jolis ponts, complète ce site d'une coquetterie extrême.

II ne faut pas chercher ici les vieilles demeures qui donnent tant d'intérêt et de charme aux petites villes voisines, Gallardon, Ëpernon et Nogent-le-Roi. La place où aboutissent les principales voies a une église sans intérêt, dont la façade bizarre, de style jésuite, est encadrée de deux énormes volutes ; l'intérieur rappelle plutôt les temples prolestants. Un tronc porte cette inscription : o Paqueret des enfants de chœur, u Du côté opposé de la place, la mairie possède une niche dans laquelle est le buste d'un personnage diHîcile à identifier, car le nom inscrit sur le socle est souillé et peu lisible à distance; au-dessus on lit distinctement: Le Vieux CéUbataire. Ce n'est point une glorification du célibat, comme on pourrait le croire, mais le titre d'une pièce de théâtre autrefois célèbre, l'auteur est celui que l'on a voulu honorer ; Colin d'Harleville , le plus illustre enfant de Maintenon, bien qu'il soit né à Mévoisins. Le buste ne constitue pas la seule originalité de l'hôtel de ville: celui-ci possède un beQ'roi assez élégant et un fronton sur lequel sont peints des balances et des livres, le Code sans doute.

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L'édifice se relie à l'ancienne église collégiale, chapelle du château à l'époque où M°" de Maintenon séjournait dans son marquisat ; elle se rattache par des constructions basses à la résidence princière développant sur une cour ses lignes plus sévères que majestueuses. L'Eure baigne un des côtés du noble logis dont la façade principale, sur le parc, a davantage de caractère ; l'architecte de M"" de Mainlcnon a réussi avec bonheur à conserver la grosse tour carrée à mâchicoulis et d'autres parties du château du seizième siècle. L'ensemble est vraiment beau. Le château de Maintenon avait été fondé par Jean Cottereau, trésorier, c'est-à-dire ministre des finances sous quatre de nos rois, de Louis XI à François l". M"' de Maintenon laissa la belle demeure à sa niècej la duchesse d'Ayen, par laquelle le palais entra dans la famille de Noailles, dont le chef la possède encore. L'intérieur, restauré de nos jours, est un véritable musée consacré aux NoaillesetàLouisXlV('). L'avant- ' dernier duc de Noailles a placé dans une admirable galerie tous les pei^onnages de sa race

j. Sur les Noailles voyez, dans la îS* série du Voyage en France, le passage du chapilre XX consacré k Noailles (Correze) el, dans ta 17' série, le passage du c)iap!trc IX relalif à Noailles (Oise).

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dont on a pu retrouver l'histoire ou l'image : la lignée commence aux croisades. Les tableaux représentant des combats ou des événements auxquels des NoaiUes furent m£Iés ont été copiés pour ce musée familial.

La somptueuse demeure regarde le parc, qui doit un si grand caractère aux ruines de l'aqueduc. C'est un de ceux décorés par Le Nôtre ; l'illustre architecte des jardins creusa le canal", planta deux allées devenues majestueuses avec les années, jeta des ponts sur cette pièce d'eau, sur l'Eure et la Voise qui se réunissent dans le splendide domaine. Mais le jardin français a fait place au parc anglais avec de verdoyantes pelouses; le viaduc du chemin de fer, en jetant ses hautes arches sur la vallée, a encore accru la beauté du lieu. Racine ne reconnaîtrait plus les jardins où il se promena pendant qu'il résidait à Maintenon et écrivait Esther. Cependant, la tradition impose son nom à une allée qui aurait été sa retraite favorite.

La jolie bourgade de Maintenon n'est pas de- ' venue ville industrielle, malgré la force motrice de ses rivières. Toute son activité est due à l'agriculture, dont les produits viennent se faire transformer sur ces bords de l'Eure. De grands moulins réduisent en farine les blés de la Beauce et

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liant des dents de scie. La vallée est d'une extrême fraîcheur par ses prairies qu'anime un bétail nombreux et superbe. En aval apparaît une ville précédée par un curieux clocber isolé. C'est la triple agglomération de Nogent-le-Roi, Coulombs et Lorraaye('), le clocber est celui de ce dernier centre. En réalité, les trois communes forment une seule ville de près de 3 ooo Ômes.

La bette église de Nogent surgit au-dessus des toits, dominée elle-même par «n petit château assis sur l'emplacement d'une forteresse féodale. De grands moulins se (h-essent sur l'Eure, d'autres battent sur le Roulebois, dérivation de la rivière.

Nogent est «ne carieuse petite ville, vivante, ayant gardé de vieilles maisons dans un quartier où le Roulebois coule sous d'antiques construclions en encorbellement. Une d'elles, portée sur un pont, présente, le soir, un pittoresque aspect quand ses lumières se reflètent dans l'eau vive. Ces vieux logis de bois aux poutres sculptées avoisinent l'église, remarquable édifice de style flamboyant, malheureusement inachevé et décrépit. Une des portes est crénelée, souvenir des luttes de la Ligue ; au-dessus s'ouvre une

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