I. Sur l'école de RamUluillel el Grosrouvre, voyez le clia
IgO VOYAGE ES FRANCE
()es, la majesté des avenues régulièrement taillées, ses parterres fleuris, les coins les plus beaux du parc de Versailles. C'est une surprise de trouver ces magnificences dignes de Le Nôtre si loin de l'a ri s et du passage des voyageurs.
Le bourg, tout petit, propre et vivant, silué sur le passage des voilures publiques entre la gare de Villiers-Neauphle et la vallée de la Vaucouleors, sert de marché et de centre commercial aux villages des deux versants. La place, gazonnéc, est dominée par une butte surmontée d'un orme majestueux. Une ceinture d'arbres, une fontaine monumentale complètent le décor à demi citadin. Des jardinets bien fleuris avoisinent les maisons, le parc semble, faire lui-même partie deThoiry.
Masquée par les bois du côté du sud, la vue est large vers le nord où se déploie une vaste plaine étendue de la Maudre à la Vaucouleurs. Pas d'autres villages qu'Andetu et Amouville. Au centre, dans une dépression, se bloltil Jumcauville. En quittant Thoiry, la route court au sommet de l'arête, tantôt entre les bois, tantôt en vue de grands horizons fermés au nord par la ligne bleue des hauteurs de l'Hautie et de l'Arihies. La créle est inégale; sans cesse, la chaussée monte ou descend.
DE LA VAUCOULEUR8 A MEULW igÇ)
Par un des plis apparaissent VilIiers-le-Mahieu et son château, haute et irrégulière conslruclîon de teinte fauve ; sur le versant opposé, c'est Goupillières, dont le château est entouré d'un grand parc enclos de murs allant atteindre le parc et le château d'Haryeville, belle résidence dépouillée des avenues et des bosquets que dessina et planta Le Nôtre, Sur cette arête chaque village possède ainsi son château, jouissant d'incomparables horizons. De celui d'Hargeville, dont la terrasse fut inspirée par celle de Saint-Germain, on distingue tout le Mantois jusqu'au château de Versailles et une grande partie du Vexin. Aujourd'hui, le ciel est voilé el je n'ai pas la vue du palais qui, d'ici, doit paraître un édifice de r^ve.
Sur l'autre flanc de l'arête, dont la raide paroi est portée par des pentes douces allant mourir au bord du ruisseau de Flexanville, les villages n'ont pas de ces opulentes demeures. Ainsi Sainl-Martin-des-Champs est 1res agreste : poignée de toits gris entourant l'église couverte par un grand comble à teinte de bronze d'od s'élance un flèche d'ardoises très grêle. Un des hameaux, Elleville, fut, dil-on, une cité forte où se tint d'abord le grand marché aux bestiaux devenu plus lard la richesse de Poissy,
La roule abandonne la colline pour descendre
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dans la vallée ou plulôt le bassin formé par la jonction des ravins qui forment la Vaucouleurs ; grand paysage auquel on ne saurait reprocher que des lignes trop régulières peut-être. Le large pli est comme un abîme, à loo mètres au-dessous des collines couvertes par le bois de Souville.
Une longue descente conduit à Septeuil; on voit ce bourg seulement en l'atteignant. 11 se présente aimablement par une rue en pente aux maisons peintes, couvertes de toits en tulle grise. Du côté du ruisseau de Flexanville, les habitations sont disposées en amphithéâtre.
Septeuil est pour la vallée de la Vaucouleurs ce qu'est Maule pour celle de la Maudre, le centre de commerce et d'échanges. Pas d'industries, mais de nombreuses boutiques et de petits ateliers. Là débouchent plusieurs vallons et se ' croisent de nombreux chemins. C'est donc le rendez-vous naturel pour beaucoup de communes, trop éloignées de Houdan, chef-lieu du canton. Ce rôle de centre de communication valut à Septeuil d'être un lieu de rencontre pour les Allemands en 1870, le bourg fut dévasté; pour punir les habitants d'avoir résisté aux brutalités d'un hussard, les Prussiens brûlèrent douze maisons et pillèrent les autres.