‹ Voyage en FranceChapitre 43 sur 66 · DE LA. VAUCOULEURS A MEULA · texte numérisé non relu

DE LA. VAUCOULEURS A MEULA

La beauté du site a valu à Septeuî) un leau qui se targue, lui aussi, d'avoir vu Le N dessiner le parc. Partout ici on reirouve le saye du grand architecte des jardins. Le dei seigneur, nommé Tourteau et dont la Resia lion fit un comte, servit dans les armées de poléon. Lannes prit Tourteau de Septcuil coi aide de camp : c'est lui qui soutint dans bras le glorieux maréclial succombant à l'ai blessure reçue à Essling.

Le château regarde le confluent du ruis de Flexanville et de la Vaucouleurs. Cel déboucbe latéralement d'une vallée étroit profonde, ramifiée d'une façon presque ryl que dans le plateau ayant pour centre le vil de Dammsrl'm-en-Serve, ainsi appelé du d'un infime ruisseau. Les nombreux rus forment la petite rivière coulent dans des solitaires. Un seul village est au bord des e Montcbauvel, assis sur le promontoire pr entre deux de ces petits courants. Ce fut ^ une petite ville; elle devait ce rang aux forti lions qui en faisaient une place très forte cité a successivement appartenu à de puiss personnages, seigneurs de la famille de M fort-l'Amaury ou souverains. Parmi ses ma fut Diane de Poitiers.

203 VOYAGE E.\ FRAXCE

Sur la rive opposée de la Vaucouleurs, Dammartin-en-Serve offre un caractère manufacltirier assez rare en celte région purement agricole : il possède une usine pour la fabrication des tapisbrosse, des hamacs et des appareils de gymnasligue.

Il y a de jolis sites dans cette partie de la vallée; au-dessous de Dammarlin, les Trois-Fontaines sont un coin fort aimable ; de même après Monlchauver, où Courgent, assis entre les prai= ries, forme décor.

Doublée par l'apport du ruisseau de FlexanvlKe, la Vaucouleurs adopte la direction de celui-ci et s'en va directement à Mantes par une vallée bien dessinée, entre des pentes' où la roche perce çà et là et que des taillis de cytises décorent par des nappes régulières d'un jaune éclatant. Mai est une saison éblouissante ici, grâce à ces rameaux d'or qui recouvrent des friches, peut-être vignes abandonnées, à en juger par la forme géométrique des taillis.

Quelques vignes subsistent encore : en voici des rangées sous le hameau de Saint-Corentin, occupant le domaine d'une abbaye illustre où Philippe-Auguste, son fondateur, fil inhumer sa troisième femme, Agnès de Méranie. Là sont les beHes frondaisons du parc de Rosay, envelop-

DE LA, VA UCOU LEURS A MEULAN ■ 2o3

pant un château encore seigneurial d'aspeci , de style Louis XIII, dont la façade de brique et de pierre blanche se détache à merveille sur le fond de verdure. Celle noble demeure a de belles eaux et domine la vallée étroite dans laquelle la Vaucouleurs trace un sillon d'argent, entre les prairies remplies de bétail.

Le village de Hosay est assis au pied d'une côte raide dont le sommet est couronné de cytises. Ce diadème éclatant se replie au-dessus du hameau de Leuze pour couvrir le front de collines enfermant le ravin Petelance, véritable gorge dont Arnouville domine la tête. Cette partie est une des plus aimables de la « délicieuse vallée de la ^'aucouleurs, qui fait pleurer les jeunes Suisses au souvenir de la patrie absente», assurait un sous-préfet de Mantes.

Les bords de la Vaucouleurs s'animent, les moulins se suivent entre les pâturages où le bétail abonde. Dans le fond, Villette éparpille ses hameaux de chaque côté de la rivière; les claires eaux coulent, lentes entre les arbres, frênes ou peupliers. Le sous-préfel de Manies fait encore gémir l'Helvétie, mais cette t'ois c'est une Suissesse dont les larmes allèrent gonfler le flot. « Villette lui rappelait la Suisse et le village où elle avait passé son enfance. » Au plus creux

it l'église, décelée par son humble clocher surissant entre les blanches façades et les toits une belle teinte fauve à reQets de bronze.

L'ensemble est charmant, très rustique aussi lalgré quelques riches demeures n'ayant pas tussi à parisianiser ce coin tranquille. Les )teaux se plissent mollement, en combes ayant lujours au Ûanc ou sur les parties hautes fs carrés de cytises. Çà et là, des bouts de gnobles, puis de longs et épais murgers qui ivèlenl combien la vallée était jadis plus ampleleiit vînicole. Cet étal ancien du sol se reconslt surtout au-dessus de Vert, sur la rive coite.

Si la vigne a diminué, les pâturages se sont xrus. La vallée de la Vaucouleurs et les vallons Ijacenis nourrissent un grand nombre de vaches [>nl le lait, recueilli par d'importantes laiteries, it destiné à la consommation de Paris, Vert, un es centres pour ce commerce, est un simple liage, assis au confluent d'un ruisseau clair né itre le Tertre-Saint^Denis et Ménerville. Pour {Use, une misérable chapelle sans caractère, o retrouve ici la cardère à foulon, très répandue ir les pentes et les plateaux, de chaque côté e la Vaucouleurs.

La penle est forte, les eaux abondantes, aussi

DE LA VAUCOULEURS A MEULA.N 2o5

les pelitci usines se succèdent-elles dans le val. Le hameau de Brasscuil, assis sur les deux rivea, possède une fonderie de cuivre.

La rive droite avait jadis un château : Binauville; j'y suis moulé sur la foi des cartes indiquant des ruines : ce sont des débris fort vagues. Mais, de ces hauteurs, la vue est belle, surtout entre les villages de Breuil-Bois-Robert et de Guerville : on découvre l'immense bassin au fond dnquel Mantes, grandissante par ses faubourgs, étend ses loils rouges ou gris. Les méandres de la Seine se dessinent par les collines régulièrement aplanies, frangées de ravins où la craie blanche affleure. Les tours de Notre-Dame et de Saint-Maclou donnent un grand caractère à ce site.

A Brasseuil, où je suis redescendu, l'horizon s'enir'ouvre vers la vai.ée de la Seine : il y a des perspectives lointaines. Les coteaux ont mieux gardé leur revêtement de vignes, beaucoup de plantations entourent .Auffreville, sur la rive gauche surtout. On devine l'approche d'une ville populeuse par la variété des cultures : céréales, prairies, vergers, entre lesquels s'échelonnent les usines. Les cytises et les broussailles ont peu à peu disparu, c'est dans un petit vignoble que Mantes-la-Ville appâtait, long faubourg cfltoyé

l,iertl„G00^k'

20b VOYAUE EU FRANCE

par la Vaucouleurs el que le chemin de fer sépare de MaDles.

Mes excursions dans les vallons de la rive ihe de la Seine sont achevées; je vais mainnt suivre la base des belles collines dont le que relief fait un cadre de si (grande allure la rive droite, Haulie et Arthies('). Celte ne, indentée par les vallons débouchant du n, forme la barrière de ce dernier pays. Géolilquement, le Vexin finit à la Seine, mais ge et les commodités administratives ont lu au Mantois la zone fortunée étendue au des hauteurs, de Mantes au confluent de e et de la Seine. On pourrait considérer le lois comme finissant à Meulan; au delà, vers , le massif isolé de l'Hautie forme une des rées les plus nettement tranchées de la >n parisienne.

s Mantes à Meulan les pentes sont molles; assif des hauteurs, près de la Seine, est assez cis, mais il se relève bientôt en un chaînon is fier que l'Hautie et plus élevé cependant : encore une petite région naturelle, l'Arthics, 3s aïeux, conduits par les différences de vie

s* Eérie du Voyage en France.

i,,Go(.l>^lc

Page 1