‹ Voyage en FranceChapitre 5 sur 66 · LES ÉTANGS DE SAINT-HUBEBT · texte numérisé non relu

LES ÉTANGS DE SAINT-HUBEBT

Dans i'axe de la chaus'sée, sur la rive opposée à Saint-Hubert, on distingue un édifice à fronton triangulaire classique, percé d'une grande baie en arc. C'est une ruine, élégante encore. La carte la désigne comme le pavillon des Princes (maison forestière). Le toit est tombé, des broussailles épaisses ont crû à l'entour du logis. Un bois enveloppe ces restes, j'y prends un étroit se.iticr, très battu par les bêles fauves, destructives de gibier, carj'y rencontre plusieurs pièges tendus sur la piste ; d(!S cuvelies de buis ou des récipients de faïence remplis de pierres et d'eau se suivent : l'eau est destinée à abreuver les faisans. Des couples de ces animaux s'envolent à mon approche ou fuient dans les futaies saus lesquelles croissent de grands champignons blancs en forme de coupe.

Le sentier débouche du bois à la ferme de Pourras, humble chaumière assise sur la berge asséchée de l'étang étalant son lit de roseaux entre les bois. Un sentier longe le bassin. De ce point la vue est intéressante, grâce à la trouée de trois arcs dans la chaussée de Pourras. Sur l'autre rive, les constructions de la ferme du Corbert couvrent un mamelon. Au-dessous, une chaussée franchit le lit des étangs, celle-ci relient la nappe du Bourgnetif en ce moment égouttée;

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ce barrage est dtr Talble relief. L'étang du BourtfiieuT n'est qu'un marais; de mêmi^, au-dessus, ci^lui de la Mtilinaison, dont la.dii|ue de retenue porte le chemin des Bréviaires aux Mesnuls. A sa ti^Le l'étani) conserve un peu d'eau déversée par l'étang inférieur de Hollande.

Jusqu'alors assez morne, le paysage devient beau, grâce h la forêt qui succède aux grandes cultures de la coinmune des Bréviaires. Des chênes centenaires bordent l'étang de Hollande, presque rempli, où voguent en multitudes les oiseaux aqualiques. Ici les chênes ont une véritable splendeur; l'un d'eux, isolé sur la berge, près (le la digue, est un des plus vigoureux et vénérables que l'on puisse voir. .

Des chenaux bien tracés et entretenus débouchent des bois et amènent les eaux de pluie et d'orage dans l'étang de la Malmaison. Cette partie de la forêt, nommée bois de Vilpert ('), est percée de belles avenues. Au long des futaies un sentier couvre la berge de l'étang inférieur de Hollande el atteint la digue qui divise en deux ce bassin. On pourrait supposer que ce mot de Hollande indique des travaux effectués par les Néerlandais, ces grands maitres de l'art

. Vitlepert sur la carie, ViJpcrt sur les plaques fortstièrts.

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LES ÉT.VNGS DE SAINT-llUBBRT Si)

hydraulique, mais c'est une corruption d'Oriande, domaine féodal dont le manoir a depuis longtemps disparu. Dans le bois de Vîlpert i laie régulière, la roule aux Vaches, tracée chemin naturel, se dirige vers Gambaiseuil la suivrai jusqu'à son débouchi^. Elle attcini carrefour de Hollande, arrondi à l'extrémité la digue supérieure des étangs.

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Lgg deux dtsngs de IfoUande. — Les vieiui chênes. — La route aux Vaches. — Les écureuils. -' L'Ëtang-Ronjpu. — Au long du«ru. — Gambaiscuil. — Le plateau des Hayselles. — Grosrouvre. — Un fuJur Barbizon. — Muses populaire de l'Yveline. — Montrort-l'Amaury. — Les ruines, du château d'Aoïaury de MonLfort. — L'église el ses vitraux. — Le campo taïUo de Montfcat. — Miré el le busle de Quesnay.

Uonfart-l'Amaury. Octobre.

L'étang supérieur de Hollande est bien beau, dans son admirable cadre de chênes centenaires dessinant le tracé géométrique des ingénieurs de Louis XIV; la nappe, insuffisamment alimentée, n'épouse pas cette forme quadrangulaire, > elle est comme un lac frangé de petites anses. La tête du bassin est barrée par une chaussée très élevée, en maçonnerie, qu'emprunte une route. A l'entrée de cet ouvrage le carrefour est entouré d'arbres superbes, un chêne énorme y fait face à une cépée de hêtres dont les cinq brins puissants s'élancent en bouquet régulier; la

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roule de la Croix-de-Vilpert, solennelte « s'en va, droite, entre les grands aitres. A l'autre extrémité de la chaussée, de vieux chines entourent un autfe carrefour.

A ma grande surprise, la digue ne joue pas le rôle de retenue d'étang, c'est une chaussée très large, se dressant en mur sur la nappe d'eau, en taillis broussailleux du cdté opposé, oùjenevois qu'une ravine presque impénétrable. On devine que le but de l'ouvrage est non pas de barrer le ruisseau de Gambaîseuil dans la direction des Vaux-de-Cemay, mais au contraire de prendre ses sources, qui autrefois se dirigeaient vers la Vesgre, c'est-à-dire l'Eure, et les amener à Versailles. En un mot, les hydrauliciens de Vauban ont renversé le courant et amené à la Seine vers Juvisy les eaux qui allaient atteindre le fleuve dans sa partie maritime. Les auteurs se trompent donc en amenant le ru de Gambaiseuil de Houdan aux étangs de Saînt-Hubert, puis, de là, aux Vaux-de-Cemay en lui donnant cours à travers la forêt, du nord-est au sud-est. En réalité, ce ruisseau coule en sens opposé ; mais ses sources ont été détournées de leur cours naturel; l'énorme digue jetée en travers du ru et de son vallon à pour but d'arrêter ce filet d'eau. Dans la direction de Gambaiseuil on ne suit

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longtemps qu'un ravin ou plutôt un ^ilton sans eau.

La route aux Vaches le côtoie de près> en pleine forêt solitaire et silencieuse où se mélanç\enl les essences : pïna, chênes, bouleaux et hêtres. Des avenues soigneusement entretenues la découpent, certaines ont été empierrées et forment d'adorables routes ombragées. Ainsi celle de Belsédène, allant de Saintr-Léger-en- Yvelines à Montrort-l'Amaury.

Quelques arbres sont d'une grande beauté, les hêtres surtout, qui ne forment pas de massifs et se dressent entre les pins et les chênes, ces derniers restant l'élément dominateur. Le§ cépées de hêtres se dressent très haut, droites et vigoureuses ; en ce moment,- ies faines sont mûres, aussi tout un peuple d'écureuils récolte à terra les fruits tombés et, au moindre bruit, s'élance dans les arbres. Les hêtres sont nombreux, surtout près de l'Ëlang-Rompu, petit bassin encombré de roseaux et endormi soue de ^andes ramures. Ici, les écureuils sont multitude, à peine mon passage les trouble-t-il. Ils traversent la route où leur grand corps brun prolongé par le panache de leur queue semble une ombre ; beaucoup ne songent à s'enfuir que lorsque j'arrive à trois pas d'eux, alors ils s'élancent contre

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un tronc et, vîtes comme i'éclair, vont sur une branche attendre que tout danger soH écarté.

A peine suis-je passé et les voilà à terre, reprenant la cueillette.

Au-dessous de l'Élang-Rompu débouche un ravin vchant de cantons appelés le Parc-d'En- Haut : une avenue y pénètre, voie au nom sin- 'gulier: la route du Hêtre-Ramoneur, par laquelle on peut atteindre Montfort-l'Amaury.

Le sol s'accidente, la route maintenant est au fond d'une vallée étroite dont les pentes au nord ont une berge raide entaillée dans les sables. Le thalweg est toujours sans eau, sinon des flaques au fond de ce fossé très étroit et profond. Encore uà beau hêtre, puis un pont de meulière tout gris, le Vieux-Pont, et l'on parcourt une région moins ombragée : les arbres y sont maigres, beaucoup de fougères et de bruyères. I.a route aux Vaches décrit un contour que coupe un autre chemin sans cesse montant et descer''""' Cette partie de bois est louée pour la chas!

adjudicataires l'ont enclose de grilles, i peut pénétrer dans les massifs ; les gan font à l'aide d'échaliers placés à l'entrée de tiers ainsi interrompus

Peu à peu la pente s'accentua, il y a de lies humides, le fossé reçoit de petites so

cela devient ruisseau, filel de faible profoodeur qui coule entre les futaies ^t les fougères et va s'assoupir en étang. La forêt s'entr' ouvre, voici des cliamps de sarrasin chers aux faisans, puis un large bassin entre des collines -boisées ; au milieu, poiote l'humble campanile de Gambaiseuîl, surmonté du coq traditionnel.

Cette large conque est surtout tapissée de pins, ' mais, entre les sombres résineux, des groupes * de hêtres et de chênes mettent l'or et le cuivre de Feur feuillage automnal.

Tout au milieu, voici les maisons de Gambaiseuil, une poignée de chaumières basses; à l'écart, une villa se donnant des airs rustiques: Quelques logis sont en ruines, beaucoup d'allure misérable. On se croirait à cent lieues de Paris, devant cet humble séjour : il y a de semblables coins dans les parties reculées du Limousin, vers les Monédières (').

L'église, humble chapelle entourée d'un cimetière exigu, est close, car Gambaiseuil, peuplé seulement de 45 habitants, ne constitue pas une paroisse; pour le culte, le village dépend de Saint^Léger-en-Yvelinee, et de Grosrouvre pour l'instruction publique. Le petit temple a son

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abside envahie par le lierre ; pour cloclier, un misérable campanile en bardeau.

Cependant, cette solitude est exquise : on se sent si loin de tout, ici ! Comme on y planterait volontiers sa tente, si l'on ne craignait la contagion de l'exemple, si l'on ne voyait déjà d'autres citadins y chercher la tranquillité et amener les besoins de l'existence moderne I

Moins de douze maisons forment la grande rue; la plus petite, simple logette au fond d'une cour, est la mairie. L'assemblée municipale ne doit pas avoir de bien grosses questions à traiter. Le maire est cependant un personnage considérable dans la presse, M. Gaston Bérardi qui, longtemps, dirigea V Indépendance Belge. Un pont franchit le ru, devenu ruisseau assez abondant pour alimenter le lavoir principal et le plus utile édifice de la commune. Des arbres bordent le courant qui s'en va, sinueux, en un large plan de prairies, d'un vert délicieux dans le cadre des grands bois. La direction est toujours opposée à celle des étangs de Hollande.

Malgré son humble aspect, le village n'est pas misérable, c'est un des principaux centres pour l'élevage des volailles de Houdaa et de Favcrolles, et celte industrie r^«nd le bien-être ; puis, la forêt donne du travail aux bûcherons.

Ua^ roule bien ferrée monte en forêl par les pentes de la rive droite et atteint un plateau cultivé, bordé par les maisons fort rustiques du hameau des Haysettes, logis de meulière sans enduit, dont plusieurs sont encore couverts de chaume. Ces champs plantés de poiriers et de pommiers à cidre vont finir à la lisière de la forêt des Quatre-Piliers qui marque lafin de l'Yveline, au nord. De la partie culminante du plateau, . vers le hameau de La Troche, le panorama soudain aperçu est immense : on découvre toute la plaine jusqu'à la longue ride de collines étendue de Thoiry à Septeuil qui borne l'horizon et, au delà, vers les hauteurs de l'Aulhie.

Dans un pli du sol qui brusquement se montre, apparaît le clocher à pignon de (irosrouvre, à mi-cdte au-dessus du vallon de la Mormairé, ob s'éparpillent les maisons de l'aimable village. Gela est moins rustique que Gambaiseuil, les maisons respirent le confort, quelques-unes ont une allure artiste. C'est que Grosrouvre a de l'ambition ou du moins quelques-uns de ses hôtes en ont pour lui : on rêve d'en faire le Barbizon de l'Yveline. Des artistes y sont venus; un jeune écrivain, M. Pierre Letong, s'est fait l'apôtre de ce paysage intime et doux, 8 orga-

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nisé des expositions- de peinture et d'art local à Grosrouvre et à Rambouillet, L'avant-dernière de ces tentatives, dans cette ville, a constitué le musée populaire de l'Yveline, où M. Lelong et ses amis avaient réuni tous les objets typiques des peliles industries de la contrée- Cette forme de décentralisation iateUigente n'a pas donné encore tous ses fruits, mais elle les produira plus lard; déjà nombre d'artistes ont .visité Grosrouvre ; ils seraient plus nombreux si l'engouement qui a suivi la « découverte » de Darbizon et des bords de l'Oise se portait de nouveau sur la peinture de paysage. La forêt de Rambouillet, on a pu -en juger par ces récits d'excursion, est fort variée d'aspect. Elle offre, grâce à ses étangs et ses vallons frais, des sites que l'on ne peut trouver à Fontainebleau. Le grand Corot y planta son chevalet, de même un autre artiste célèbre, Cazin. Aujourd'hui, peintres, graveurs, ciseleurs, commencent à prendre gîte dans les villages forestiers. Chacun serait resté solitaire dans son coin, si M. Lelong n'avait groupé ces petites colonies et révélé que ce monde sylvain de l'Yveline a des trésors pittoresques dans sa vie domestique.

Les humbles ustensiles recueillis un peu partout évoquent les vieilles coutumes , les

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costumes d'autrefois, toute une vie moins terne qu'on ne pourrait le supposer en parcourant ces villages d'allure banale. J'ai vu chez M. Lelong des bonnets de paj^sanne brodés avec beaucoup de goût par des ouvrières qui s'inspiraient simplement des ûeurs des bois. Des vases de faïence, provenant de la poterie de Brissard, près de Dreux, sont d'un type fort original et feraient pâmer bien des archéologues si on les découvrait en des fouilles. Dans cette collection, on peut suivre la transformation des objets usuels. M. Lelong a eu l'idée ingénieuse de mettre les modèles anciens à côté de l'oulil moderne. Ainsi le coffin de cuivre dont se servent les faucheurs de l'Yveline pour placer leur pierre à aiguiser est près du coffm antique, de hêtre ou de bouleau, très massif; la peloire à écorce de chêne, aujourd'hui objet de fer monté sur manche en bois, fut en os, dont les échantillons retrouvés ont la patine du vieil ivoire. On apprend ainsi qu'Auteuil el Autouillet font d'éléganls gobelets d'argent dits go&le-vJn. Voici le pot à cidre et, à côté, le geigneux, tasse de faïence brune ainsi nommée parce qu'on i)eint lorsqu'elle est vide! Même les paperasses ont eu du bon : on a déniché un prospectus de 1771 dans lequel un industriel de Dourdan

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sursit qu'il faisait les meilleurs bas de soie du jaume !

Les mœurs locales sont révélées par un tamis, dre de chêne sur lequel se tendent des cordes

boyau et servant à lancer une paume. Ce jeu, core répandu dans l'Yveline, aurait peut-être

la célébrité s'il portait un nom anglais ou nait de lointaines provinces, comme la pelote sque.

C'est un effort qui mérite d'être encouragé, lui des artistes sylvains de Grosrouvre. Il fanait voir partout s'exercer une telle action pour idrc à chaque pays de France la conscience

sa personnalité. La tâche sérail rude, car ;st pas prophète qui veut pour ces choses I Les tiateurs trouvent bien des obstacles autour ;ux. J'ai dit autrefois que Mistral lui-même, i fit tant pour la Provence, est loin d'avoir ites les amitiés « en Avignon » (').

Adieu à Grosrouvre, et bonne chance à sa onie. Je prends la route de JVÏontforl-l'Amaury, bord chemin creux entre des châtaigniers, is belle chaussée sur un plateau encadré de is. Bicnlùt lii route de Rambouillet est

. Il" série da Voj/nge e.i France, rhnp. XXI.

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atleinte ; au-dessus des arbres je vois surgir la lour et les débris de murailles de la forteresse de Montfort-rAmaury, Des parcs s'étendent de chaque côté de la large voie et la changent en avenue; elle bifurque pour descendre, à gauche, vers l'issue de la ville, du c6té de la plaine ; à droite pour se transformer en rue Saint- Martin. Au-dessus de cette dernière artère, un joli sentier bordé de haies vives et ombragé conduit à la bultc sur laquelle les rudes comtes de Montfort avaient édifié leur castel. La colline a été aménagée en jardin; on monte, par de belles allées, aux pauvres restes de l'ancienne place d'armes des Amaury : deux murs de donjon empanachés de lierre et une tour à six pans, singulièrement préservée, œuvre charmante de la Renaissance, où la brique et la pierre blanche sont habilement employées. La porte est une œuvre intéressante de sculpture.

Ces ruines n'ont intrinsèquement aucune valeur, mais elles doivent à l'illustre maison de Montfort un attrait historique très grand. Les Bretons de Paris en ont fait un lieu de pèlerinage, car les derniers souverains de la Bretagne indépendante furent de la tige de Montfort.

Presque chaque année des fêtes celtiques ont lieu sur ce tertre.

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Mais ce qui mérite surtout d'attirer les visiteurs c'est l'admirable paysage déroulé aux reijards. Assis sur un banc au pied d'une des murailles, on jouit d'un de ces tableaux d'une grâce et d'une harmonie si parfaites, splendeur et attrait de notre France, Au premier plan, blottie sous la colline et finissant dans un large vallon, la petite ville, que domine la grande masse de son église. Victor Hugo en sa jeunesse, en tSsS, a bien rendu, dans une de ses odes, l'aspect de la petite cité :

El In ville, à mes pieds, d'arbres eaveloppée. Etend ses bras ea croix et s'allonge ea épëe. Comme le ter d'un preux dans lu plaine publié.

Le cadre est un vaste cirque de hauteurs boisées, semées de hameaux blancs aux toits rouges ; deux larges vallons de prairies coupées en damiers par des rangées d'arbres, échancrécs par des promontoires adoucis. Au loin, sur une fière colline, Neauphle-le-Ghâteau donne l'illusion de quelque cité du Moyen Age. Les grands parcs aux ramures épaisses, aux molles pelouses ajoutent leur opulence aristocratique à ces campagnes d'un charme M captivant. Je suis surpris qu'un tel site ne soit pas célèbre, il en est peu de plus complets.

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Un cercle de villages emplit ce beau bassin : Mareil-le-Guyon, Bazoches à la marge de li plaine ; au fond du cirque, vers les Futaies d< l'Yveline, Les Mesnuls, dont le marécbal di Viltars posséda le cbâteau. Certains hameam semblent des joyaux sertis dans l'émeraude.

Je m'arrache avec peine à ce spectacle, maii j'ai marché durant de longues heures, j'ai Taii six lieues depuis Les Essarts-le-Roî, dans Iî matinée. Malgré la beauté des horizons, malgré l'évocation d'Amaury comte de Montfort, je m( mets à la recherche du gîte hospitalier. Brève est la descente de la butte entre des pans d< murailles et les restes d'une chapelle. Voici l'église, œuvre de la Renaissance, dont Iffs vitraux du seizième siècle ont suscité liien des enthousiasines et des dénigrements. Quelquesuns y virent des œuvres de Jean Cousin, d'autres leur ont dénié toute valeur.

Je suis venu les voir dans l'après-midi. Ils ne méritent ni cet excès d'honneur nï cette indignité, et sont pourtant de fort intéressantes pages. Peu d'églises ont un tel ensemble de verrières, on comprend que MontForl-rAmaury en soit fière.

L'église elle-mdme est un don de la reine Anne de Bretagne, de la maison de Montfort.

Bien qu'élevée en pleine Renaissance, elle s'inspire encore du style gothique; elle a été achevée au dix-neuvième siècle el surtout réparée, car son délabrement confinait à la ruine. Victor Hugo parlait ainsi d'elle :

Sur l'église gothique, hélas ! prèle à crouler.

A côté de l'église, en pleine ville, le cimetière a été conservé comme spécimen rare et curieux. C'est un espace carré entouré sur deux de ses côtés d'arcades formant cloître, tel un campo sanfo des villes d'Italie. Des plaques funéraires sont placées contre les murailles. La porte d'entrée est une des oeuvres les plus gracieuses de la sculpture au quinzième siècle.

Laville est simple, tranquille, mais charmante; son éloignement du chemin de fer — la gare est à près de 3 kilomètres • — a empêché l'élément parisien d'en faire un séjour d'été, aussi a-t-elle conservé son calme aspect de province. Si l'industrie n'est pas venue, c'est un centre assez commerçant où s'approvisionnent les habitants des campagnes voisines, aucune autre ville ne se trouvant à proximité des nombreux villages qui bordent ces dernières futaies de l'Yveline.

Une superbe avenue de platanes conduit au chemin de fer, en laissant à l'écart le village

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