‹ Voyage en FranceChapitre 4 sur 66 · LES CTANGS DB SAINT-HUBERT ;J · texte numérisé non relu

LES CTANGS DB SAINT-HUBERT ;J

courtisans de Louis XV avaient baptisé Choisiel, c'est-à-dire le Petit-Choisy, escomptant un avenir qui ne s'est point réalisé.

Ces étangs forment un chenal coupé déchaussées. Les eaux, en dehors du canal qui en emporte la plus grande part dans les réservoirs de Versailles, ont pour émissaire un ruisselet échappé de la bonde du Pont-Boyal ; descendant vers AuQargis, ce filet grossit peu à peu, devient le ru qui alimentera les étangs des V-auxde-Cernay et formera les petites cascades des Rochers ('). La nappe refluant en amont de ce dernier barrage est l'étang du Poni-Royal ; au-dessus, s'étend l'étang de Pourras, dont le nom viendrait de Port-Royal, la fameuse abbaye ayant été propriétaire du terroir et son nom, dans le langage local, se disant par abréviation Port-Roi, d'où se forma Pourras; plus hE\ut,sont les étangs du Bourgneuf et de I3 Malmaison, enfin, tout à fait en amont, les deux étangs de Hollande.

Le roi Louis XV, grand chasseur comme tous les Bourbons, se livrait â ce plaisir, ce sporl dirait-on aujourd'hui, dans la forêt d'Yveline, mais il n'avait pas de résidence, le château de

KambouiUct apparlenaat au duc de Penlhièvre.

Poussé par M"" de Pompadour, qui se sentait iiial à l'aise chez ce dernier, prince d'un caraclère austère, il résolut de se construire un rendez-vous de chasse en vue des étangs. Il fit choix dé celui de Pourras, au bord duquel une pente otTrait les assises d'une terrasse dominant la vaste étendue des eaux. En 1^55 Gabriel était chargé des travaux, qui furent achevés en i yâS ; le grand architecte s'associa les plus illustres sculpteurs de son temps et le peintre Vanloo. Les attributs de chasse sculptés ou ciselés dans ce petit palais dont les contemporains vantent la grâce étaient ceuvres de Pigalle, Falconel, Coustou, Werbreck et vSlodz. Dès que les logements purent être occupés, le roi se plut à y résider, Louis XVI l'imita jusqu'au moment où il déserta Saint-IIuberl, après avoir arraché au duc de Penthièvre, pour qui ce fut un mortel chagrin, la cession de Rambouillet. A la Révolution, le châleau démeublé et dévasté fut vendu et bientôt démoli par l'acquéreur (').

L'emplacement est aujourd'liui marqué par la

I. LTiUwire très peu connue du chSScsu de Sainl-Hubert ■ élé écrite par M. J. Maillard dans les fascicules de ta Revue de l'histoire de Versailles de 1900 & ]go5 : c'est là que j'ai puisé Us élémealE de ce court Tisane,

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terrasse d'où Louis XV, M"" de Poin[>adoiir, pui» la Dubarry et tout un peuple de courtisans venaient assister à la mort du cerf ou contempler le paysage assez mélancolique de cette partie de l'Yveline. Le village est encore debout, percé de voies régulières que bordent les maisons construites par la domesticité ou les propriétaires de petites charges royales, seul élément appelé à peupler Saint-Hubert, de 1760 è 1779. Aucun terrain ne Tut cédé à des industriels ou des commerçants ; aussi le développement fut-il nul, les Ilots dessinés par les rues restèrent jardins ou champs, ils le sont encore ; cependant, des ventes ont été faites et les nouveaux acquéreurs ont construit des demeures plus élégantes, villas entourées d'arbres et de fleurs. La voie centrale a surtout des demeures de paysans, une ou deux couvertes en chaume.

I^ 'ensemble de ce hameau constitué sur un plan de cité n'est pas sans charme.

La chaussée de l'étançi de Port-Royal porte un chemin qui, sur l'autre rive, s'inlléchit oour aller croiser la roule de Paris. A ti grandes cultures de Vieille-Église, cell lit à la partie de bois qui porte plus j rement le nom de forêt des Yveline laquelle le pittoresque étang de la

choisi pour site d'un rendez-vous de chasse par Napoléon I" et les souverains qui lui oui succédé jusqu'à Napoléon III. Le premier empereur éleva les chalels qui ont fait donner à la roule ie nom de Deux-Pavillons. Mais la route n'est plus qu'une piste et les petits édifices ont l' té démolis.

Une grande portion de sylve préservée des défrichements touche à l'étang du Ponl-Royal tt à celui de Pourras, c'est le bois de Plainveaux; merveilleusement percé, semblable à un parc, il est aménagé pour la chasse ; de.; grillages défendent l'accès des massifs; aux abords» des champs de blé noir servent à la nourriture des faisans : une faisanderie protège l'éclosion des faisandeaux. Tout près, aboutit la chaussée retenant l'étang de Pourras. Je me suis engagé sur cette voie percée de ponceaux, de là ou découvre tout l'étaog du Pont-Royal, incomplètement rempli, car la nappe d'eau a des rives sinueuses au milieu du cadre recliligne déterminé par les ingénieurs de Vauban. Quant au Pourras, c'est un champ de roseaux traversé dans sa longueur par le chenal conduisant les eaux des biefs supérieurs. Les roseaux sont en ce moment coupés; des ouvriers les riunisâent en bottes disposées en tas dans le thalweg.

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