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périptère avec six colonnes sur chaque front et treize sur chaque côté, les colonnes d'angle deux fois comptées; sa longueur est de 31"85, sa largeur de 13"85, sa hauteur, au sommet de fronton, 10"38. Il a donc à peine la dimension d'une maison ordinaire. « L'architecture hellénique, dit M. Marins Fontane, faite pour l'homme, ne devait pas dépasser la mesure de l'homme », et cependant, malgré le voisinage de l'Acropole, le Théséion est si majestueux qu'au lieu de paraître perdu au centre de ce vaste cadre il attire à lui le regard et le captive.
Il est le mieux conservé des temples grecs, et il est encore à peu près intact à l'extérieur, malgré les dégradations causées par la foudre et les tremblements de terre.
Sur les colonnes cannelées, et dont le renflement est peu sensible, reposent une architrave nue et une frise formée de triglyphes et de métopes. Toutes les lignes verticales du temple sont légèrement inclinées vers le centre; nous reviendrons plus loin sur ce grand principe de l'architecture grecque. La colonnade s'élève sur un stylobate de deux degrés haut de 0°71. Les métopes de la façade est, qui était l'entrée principale, et les quatre premières en retour des deux côtés, sont les seules qui aient été sculptées. Les premières représentaient les exploits d'Héraklès, les secondes ceux de Thésée. Les frontons étaient ornés de figures aujourd'hui perdues.
A l'intérieur du péristyle une frise sculptée court sur le pronaos, où l'on croit reconnaître la bataille de Marathon, et sur le mur de l'opisthodome où est représenté le combat des Lapithes et des Centaures.
Sur toutes ces sculptures comme sur celles des métopes on retrouve la trace d'ornements etf bronze, de dorures et de peintures.
L'intérieur eut à subir des dégradations aussi bien de la part des Chrétiens lorsqu'ils convertirent le temple en église que de celle des Turcs. L'orientation fut changée, deux colonnes du pronaos renversées pour faire place à l'autel, une large porte pratiquée dans le mur de l'opisthodome et une autre petite porte basse ouverte dans la muraille de la face sud, qui aujourd'hui sert d'entrée. Le toit a été rem-
placé par une voûte, et Ton a brûlé au siècle dernier le pavement de marbre pour en faire de la chaux.
Tel est, sommairement décrit, cet édifice, qui dut être construit vers 469 avant J.-C, et qui est, par conséquent, antérieur de plus d'un quart de siècle au Parthénon.
Son nom a donné lieu à bien des discussions; nous ne les examinons pas. Les archéologues, qui soutiennent qu'il était consacré à Thésée, admettent qu'il fut construit pour recevoir ses restes, que, sur la foi d'un oracle, Cimonr avait retrouvés dans la petite île de Skyros.
A l'angle sud-est se dresse, en plein air, la statue colossale d'une Niké ailée, découverte à Mégare. Les blanchisseuses du quartier ont pris l'habitude d'accrocher des ficelles à ses ailes pour y faire sécher leur linge.
La Colline des Nymphes. — En poursuivant notre marche vers l'Acropole, nous allons parcourir toute une région aujourd'hui inhabitée, et qui fut dans l'antiquité le dème de Mélité, un des plus beaux quartiers d'Athènes. On retrouve aisément de place en place sur les rochers les traces et les plans des maisons anciennes et des vestiges de rues à chars creusées d'ornières.
Nous avons d'abord, à notre droite, la colline des Nymphes ; malgré une inscription gravée dans le roc, rien n'est moins certain que leur sanctuaire ordinaire se trouvait là. De son sommet on y jouit d'une vue superbe, mais, à mon sens, on l'a déshonorée en laissant les Allemands y élever un observatoire. Je ne sais si la nécessité d'un observatoire se faisait sentir à Athènes, j'ignore même s'il y a des astronomes; mais ce n'était sur aucune de ces montagnes ou de ces collines consacrées qu'il fallait le construire. On l'aperçoit de partout, il choque le regard et jure étrangement dans ce cadre.
Au sud, le rocher où les femmes guérissaient leur stérilité en s'y laissant glisser; à la longue, elles l'avaient poli.
Du côté opposé, le Barathron, ce ravin où l'on enfouissait les corps des suppliciés; il est aujourd'hui à peu près remblayé. Enfin, entre
l'abattoir et le chemin de fer du Pirée, sont des restes importants de l'antique enceinte.
Les Deux Pnyx. — Suivant les archéologues, il y aurait eu deux Pnyx.
Le premier que nous rencontrons est le plus vaste. Plate-forme artificielle et semi-circulaire, sa base presque en ligne droite est prise dans le roc; la partie inférieure arrondie s'étend à la surface inclinée de la colline, soutenue par un appareil de dimension pélasgique en marbre; il en reste presque la totalité. La base forme un angle légèrement obtus dont le sommet s'enfonce dans la colline; au sommet de l'angle, sur une estrade de trois marches, s'élève la tribune taillée dans le rocher, et où l'on accède de chaque côté par six degrés. Démosthènes les a gravis; c'est debout sur ce cube de pierre, embrassant du regard la ville, l'Aréopage et l'Acropole, qu'il parlait et que sa voix descendait sur le peuple assemblé sous ses pieds. Il était facilement entendu, — on peut en faire la preuve, — jusqu'au bout de l'hémicycle.
Dans le roc, à gauche de la tribune, se trouvent des niches où l'on déposait les offrandes à Zeus.
La superficie du Pnyx est égale à 10,000 mètres carrés.
Le Vieux Pnyx. — Le Pnyx de Thémistocle, de Périclès et d'Alcibiade, était, d'après Plutarque, tourné du côté de la mer. On croit le retrouver derrière la tribune du nouveau Pnyx. Tout y est moins grand que dans l'enceinte que nous venons de décrire, mais les dispositions sont les mêmes, seulement la surface de la plate-forme est horizontale. On retrouve les restes de l'ancienne tribune d'Athènes, qui ne s'élève aujourd'hui qu'à une hauteur de 50 centimètres; elle devait être plus grande que l'autre.
L'enceinte du vieux Pnyx n'avait pas 3,000 mètres de superficie.
C'est surtout de ce côté, dans une dépression de terrain, qu'abondent les traces des maisons, des rues, des escaliers, des puits, etc., de l'ancienne Athènes, qui s'étendait au sud de l'Acropole, du côté de la mer. Ici se trouvait l'antique faubourg de Cœlé : vallon aujourd'hui
désert et morne. Le sentier que Ton suit est probablement une grande voie antique qui devait aboutir aux restes d'une porte que Ton aperçoit auprès d'une petite chapelle. Peut-être la porte de Mélité, a pensé M. Burnouf. A côté de cette porte est une caverne qu'on appelle sans raison le Tombeau de Cimon.
C'est également sans donnée positive que l'on a donné le nom de Prison de Socrate aux chambres sépulcrales que nous rencontrons ensuite.
Nous avons maintenant, en face de nous, le monument de Philopappos, qui surmonte la colline appelée autrefois Mouséion, parce que Ton supposait que le poète Mousœos y avait été enseveli. Cette appellation pouvait aussi lui venir d'un ancien sanctuaire des Muses. Quant à ce que fut ce Philopappos, prince de la maison des Antiochus?... qu'importe?
Je ne m'attarde pas non plus à examiner les ruines de marbre de son tombeau monumental, formé de trois compartiments couronnés de frontons cintrés, et dont il ne reste que le centre et l'aile gauche. Ceci est étranger à l'art grec. Aperçue de loin, dans la demi-teinte, cette masse, sur sa colline, n'est peut-être pas déplaisante. On verra plus loin que ce fut ici qu'en 1687 Morosini établit ses batteries pour bombarder le Parthénon.
Nous nous dirigeons vers l'Aréopage.
L'Aréopage. — On croit être certain que c'est sur cette roche abrupte que siégeait le célèbre et redoutable tribunal. Un escalier de seize marches en partie détruites, et taillées dans le roc, aboutit à une petite plate-forme. On y distingue, avec beaucoup de bonne volonté, trois sièges grossiers et rectangulaires, en demi-cercle, également creusés dans la pierre. Je n'y vois pas les sièges où s'asseyaient l'accusateur et l'accusé.
A la base occidentale de la roche s'ouvre une caverne où jaillissait une source. Le sanctuaire des Euménides, peut-être? Sur les pentes, s'était établi un modeste quartier populaire.
Nous arrivons enfin à l'Acropole.