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Le mariage des ouvriers sera encourage et facilite

21. Vinstruction tlV education des generations nouvelles sera Tun des principaux objets de la sollicitude publique.

22. Elles auront pour but de former des citoyens et des ouvriers capables de pratiquer le sysleme de la Communaute.

23. Cent millions, s'ils sont necessaires , y seront consacr^s chaque annee. Rien ne sera menage pour avoir tous les Professeurs indispensables. La Republique leur fournira I'aisance pour eux et leurs families, et les considerera comme les plus importants de ses fonctionnaires publics. "

Tels furent les principcs de I'organisation sociale transitoiro, basee sur la Propriete et rinegalite decroissanle de fortunes ; el co sysleme transiloire respectait, comme on yoit, tous les droits aC'

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quis, tandis que le syslenie definilif de la Communaute ne devait exister que pour le petit nombre des enfants au-dessous de 15 ans, et pour les generations a naitre.

Dinaros exposa ensuite les principes de V organisation politique pendant la transition.

Jene repeterai pas ce qu'il nous dit sur ce sujet, parce que j'aJ deja suffisamment rapporte cette organisation gouvernementale, qui differe peu de I'organisation actuelle. ( V. tome \", chap. V.)

Je me contenterai d'ajouler que Dinaros nous exposa les bases d'une Republique democratique fondee sur la souverainete da Peuple et sur Vegalite des Provinces, des Communes et des Citoyens, en nous expliquant les moyens transitoires employes pour faciiiter a ceux-ci la frequentation des assemblees populaires et Texercice de tons leurs droits politiques.

Je repeterai cependant Texpose que nous fit Dinaros sur le regime penal et judiciaire ; car, la Propriete devant etre conservee pendant 50 ans, il etait impossible d'esperer qu'il n'y aurait plus de crimes pendant celte epoque, et necessaire de conserver des moyens de repression.

Dinaros nous parla d'abord des malheureux condamnh qui , au moment de la Revolution, encombraient les prisons et les bagnes, oil les Aristocrates et les riches les avaient entasses. II nous apprit qu'Icar les avait immediatementrendus a la liberte et a leurs families, en les admettant soit dans I'armee, soit dans les ateliers de la Republique ; que les voleurs monies qui voulaient travailler avaient ete gracies ; et que presque tous avaient eu depuis une conduite irreprochable.

Puis il nous lut la fin d'un resume a peu pres ainsi congu : a L'organisation judiciaire sera simplifiee. — Les Juges seront electifs et temporaires. — Les Jures prononceront sur le fait, en matiere civile et en matiere correctionnelle comme en maliere criminelle. — Le code penal sera refait ; la peine de mort est abolie ; les peines afflictives seront supprimees. — Le code de procedure criminelle sera refait ; la liberte individuelle sera garantie contra tous les abus d'autorite ; les accuses de crime capital pourront seuls 6tre arr^tes avant le jugement, avec Vautorisation d'unjury d'arrestation provisoire. — ' Les prisons seronk saines et commodes. »

— Telles furent, reprit Dinaros, les principes de la Constitution

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transitoire, et cette Constitution, soigneusement publiee et parfaitementconnue, fut unanimement acce2)ice par le Peuple, au milieu des fetes et des transports de joie.

Ce fut au milieu des memos transports que la Constitution ful mise en action par I'organisation definitive de toutes les assemblees populaires communales , par I'election des Representations provinciales , et par I'installation de tous les nouveaux Fonctionnaires publics.

Le Gouvernement Republicain-Democratique se trouva done en vigueur ; et la Representation populaire, d'accord avec Icar, President de TExecutoire national , s'occupa enfin des inter^ts du Peuple , et put ne s'occuper que de son bien-etre , debarrassee qu'elle etait de toute espece de discorde civile et de menaces 6trangeres.

Le Peuple entier prit part a la discussion de ses affaires ; car les Assemblees populaires Communales, composees de tous les citoyens reunis dans chaque Commune, discutaient les interets communaux; les Representations Provinciales, composees de deputes elus par les citoyens de chaque Province , discutaient les interets provinciaux ; les unes et les autres discutaient aussi les interets plus generaux qui leur etaient confies par la Constitution ; et la Representation Nationale , elue par tous les citoyens de la Republique , discutait tous les interets nalionaux.

Pour ordonner I'immense travail d'organisation qu'elle avait a executer, la Representation nationale se divisa en 15 grands Comites principaux (d'agriculture, nourriture, vetement, logenient, Industrie, commerce, instruction et education publique , statistique, etc.), composes de 133 membres chacun, et subdivises en 60 Sous-Comites de 33. Elle organisa meme, pres de chacun d'eux, des Commissions composees de citoyens non deputes qui poss^daient des connaissances speciales, et qui donnaient des avis. Tous ces Comites faisaient les enqudtes necessaires et correspondaient avec des Comites analogues, organises dans toutes les Representations Provinciales et dans toutes les Assemblees populaires Communales, en sorte que le Peuple entier etait distribue dans ces Comites divers.

Et pour que le Peuple put discuter en pleine connaissance de

cause, cliaque Commune eut un journal communal , pour les al* faires et les habitants de la Commune ; chaque Provmce eut son journal provincial , pour les affaires et les habitants de la Province ; et la Nation eut un journal national ou populaire pour les affaires de la Nation et pour tous les citoyens. Chaque journal, redige par des fonctionnaires publics, elus par les citoyens, etait distribue aux frais des Communes, des Provinces et du Pays (ce qui n'occasionnait qu'une bien faible depense a chaciin), en sorle que chaque chef de famille recevait gratis le journal de sa Commune, celui de sa Province, et le journal national ou populaire, cette depense etant consideree comme depense pour V Instruction publique ou pour i'exercice de la Souverainete du Peuple.

Dans ce meme but, on institua partout des fonctionnaires sp6ciaux et permanents pour faire la statistique ou I'inventaire des Communes, des Provinces et de la Republique entiere.

Chaque Commune dut avoir sa statistique , qui comprend le nombre, I'etat etl'emploi des maisons; lenombre,retat et la fortune declaree des families; le nombre des personnesdont chaque famille se compose, avec I'indication du sexe, de I'age, de la profession ; le nombre des femmes et des hommes , des maries et des celibataires ou des veufs ; le nombre des individus d'un an , de deux ans , de trois ans, etc. ; le nombre des magons, charpentiers, cordonniers, etc., etc.

La statistique communale dut contenir aussi le nombre et I'etat des domaines et des fermes ; le nombre des arpents de terre avec I'indication des cultures et des produits ; le nombre des chevaux, boeufs, etc...

La statistique provinciale dut fitre le releve des statistiques communales de toutes les communes qui composaient la Province ; ei la statistique nationale fut le releve de toutes les statistiques provinciales.

Chacune de ces statistiques eut des b&timents particuliers dans le chef-lieu de chaque Commune et de chaque Province , et dans la Capitale.

Chacune d'elles dut 6tre imprimee et distribuee , chaque annee, a mesure de sa confection , de maniere que chaque chef de famille eut celle de sa Commune, celle de sa Province et celle de la Nation.

Le Gouvernement pouvait ainsi connattre , pour chaque Commune, pour chaque Province, pour le Pays entier , quels etaient sa population , ses besoins et ses moyens de travail , el qnclfii

^talent tous les produits de la terre ; il y trouva continuellemefil. tous les renseignements necessaires pour lever loutes les dilTicultes, pour utiliser toutes Jes ressources , pour salisfaire a toutes les necessites, et pour perfectionner Tordre et I'economie dans I'administration.

Toutes les idees de Reforme et ^'amelioration purent done partir sans cesse de chaque Famille, de chaque Commune, de chaque Provmce, pour eclairer la Representation nationale, ou descendre de la Representation nationale pour dinger ou consulter le Peuple; et, dans les cas les plus importants, c'etait le Peuple entier qui decidait souverainement et definitivement.

L'une des premieres questions sur lesquelles Icar et la Representation nationale appelerent les meditations de tous les citoyens fut celle-ci : Comment, en conservant transitoirement la Propriete, detruire la miser e et ameliorer progressivement le sort des pauvres , de maniere que tous soient, le plus t6t possible, bien nourris , bien Vitus et bien loges ?

Jugez quel mouvement excita dans les esprits cette seule question soumise a toutes les intelligences 1 Quel monde nouveau I

On commenga par reformer les abus.

Inutile de vous dire quo tous furent balay^s comme d'un seul coup de balai.

Et comme presque tout 6tait abusif ou vicieux, on changea presque tout, les poids et les mesures, la division du temps et du pays, les choses et les noms , les usages et les coutumes; on fit une Revolution universelle et radicale, une Renovation complete, une veritable Regeneration.

Les individus meme quitterent leurs noms pour en prendre de nouveaux, en sorte qu'un nouveau Peuple semblait avoir pris la place du premier, tandis que le pays paraissait metamorphose luim6me, les provinces, les villes, les rues et les rivieres ayant remplac6 leurs noms anciens par des noms tout differents.

Les abus balay^s, on s'occupa de reconstruire ou d'ameliorer ; et partout on ecrivit cette regie generale : D'abord le necessaire I — fuis L' utile I — ensuite Vagr cable I

Pour que les pauvres fussent convenablement nourris , vfitus et, ioges, on proposa : les uns de diminuer le prix des aliments , des

v6tements et des logements, et d'augmenter le salaire en assurant du travail ; les autres , de leur distribuer des aliments , des v6teroentset les logements necessaires, oude Targentpour s'en procurer, et d'etablir a cet effet une taxe des pauvres : d'autres proposerent de contractor des emprunts et meme de creer un papicr-monnaie, afin de donner a la Republique le moyen de secourir les pauvres sans grever trop sensiblement les riches.

Tous ces moyens , combines ensemble , concoururent au m^me but et mirent a la disposition de la Republique un enorme capital suffisant pour toutes ses depenses.

L'Agriculture fut I'un des principaux objets delasollicitude g6n6rale : on employa tous les moyens necessaires pour que toutes les terres fussent cullivees et le mieux possible ; on envoya des commissaires dans tous les pays etrangers pour etudier leurs procedes ; on indiqua les productions qui convenaient le mieux a chaque esp6ce de terre , les produits surabondants dans le pays et les produits qui manquaient ; on encouragea I'amelioration des grains , des legumes, des fruits, des bestiaux, en un mot de tous les aliments, de maniere que tous les citoyens pussent 6tre bien nourris. Le Gouvernement donna I'exemple sur le domaine national et sur les terrains comnmnaux. — Du reste , les milk Comites d' agriculture organises dans les mille Communes s'occuperent sans cesse de perfectionnements , et un journal special d' agriculture eclairait et dirigeait tous les agriculteurs.

Les Comites de Nourriture, composes principalemcnt de m6tlecins , de chimistes et de cuisiniers , discuterent les milliers de questions concernant le nombre et I'heure des repas ; le nombre , la nature, Tordre, la preparation et I'assaisonnement des mets ; les tons et les mauvais aliments ; la variete convenable suivant les saisons, les figes , les sexes et les professions. lis indiquerent nonseulement tous les vices de I'ancien systeme d'alimentation , tous les inconvenients a eviter et toutes les ameliorations a introduire, mais encore le meilleur sjsteme de repas et de nourriture pour le temps oil la Communaute serait etablie, ou tous les aliments seraient distribues par la Republique et ou tous les citoyens seraient nourris de mfime.

La Representation populaire arrfita ce systeme definitif, en prepara I'application et I'appliqua m6me parliellement dans tous les cas oil la chose fut possible , dans ses hdpitaux par exemple , dans ses Scales et dans ses ateliers. EUe vota successivemenl

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toutes les dispositions transitoires qui devinrent praticables, et travailla sans relache a ameliorer et perfectionner la nourriture du Peuple.

Les Comites de Vetements , composes principalement de medecins, dessinateurs et ouvriers competents, discuterent de meme les milliers de questions concernant le vetement des hommes , des femmes, des enfants, des ouvriers, etc., et indiquerent, pour la masse du Peuple , les raeilleurs vetements , les plus commodes et les plus elegants.

La Representation populaire determina le systeme qui serait applique , quand tous les citoyens seraient v^tus de meme , et vota toutes les dispositions transitoires qui lui parurent les plus Utiles.

Du reste , les legislateurs etant elus par le Peuple et possedant toute sa confiance, tous les projets ayant ete discutes et approuves par le Peuple lui -meme, toutes ces lois n'ayant aucun autre but que I'interet du Peuple, les lois ne rencontraient d'opposition nuUe part, et chacun s'empressait d'executer les decisions et meme les simples indications de la Representation nationale concernant les aliments et les vetements.

II en fut de meme pour le Logement et I'Ameublement.

Tous les citoyens devant etre loges de meme et le mieux possible sous la Communaute, la Representation populaire decida qu'une magnifique recompense , avec un buste dans toutes les maisons de la Republique, serait decernee, au nom du Peuple, a celui qui presenterait le plan d'une aiAisoN modele le plus parfait sous tous les rapports.

Et quand tous les plans eurent ete juges dans un concours public, la Representation populaire adopta le plan couronne , et ordonna que desormais toutes les maisons de la Communaute seraient construites sur ce plan.

Et chacun comprit qu'il en resultait cet inappreciable avantage que , toutes les portes , les fenetres , etc. , etant absolument les memes, on allait avoir la possibilite de preparer, en masses enormes, toutes les pieces constitutives d'une maison, d'une ferme, d'un village et d'une ville.

En attendant, on consacra beaucoup de bdtiinents publics a loger un grand nombre de families pauvres, et Ton prit toutes les disi>o-

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feitions transitoires qui parurent h^cessaires pour drhelidrer de ^ite le logement du Peuple.

La satisfaction que cette grande mesure de justice et d'humanite donnait au Peuple excila tellement rentliousiasme universel qu'un grand nombre de riches, entraines par I'exemple d'Icar , offrirent des bdtiments a la Republique pour la meme destination.

On obtint de m^me les plans-modeles d'une ferine, dcs divers ateliers, des hdpitaux, des ecoles, etc.

On fit de m6me pour Vameublement et pour chaque espece de meubles.

Toutes les Villes communales devant etre semblablcs sous la Communaute, une immense recompense et une statue dans toutes les Communes furent offertes a celui qui presenterait le plan d'une Ville-modele le plus parfait.

Le ni6me pour les Villes provinciales, pour la Capitale, et pour tous les monuments.

On fit reconnaltre les Villes mal situees ou mal construites, celles a reconstruire en entier et celles a reparer seulement, avec les changements a leur faire subir et les dispositions transitoires a adopter.

La Representation populaire ordonna de suite la reconstruction des Villes brulees pendant la guerre et la construction de plusieurs aulres Villes ou seraient loges les soldats blesses et des pauvres, et oil Ton appliquerait de suite le syst^me de la Communaute.

Elle ordonna que presque tous les Villages seraient reconstruits.

Le territoire de la Republique fut divise en 100 Provinces egales, autant que possible, en etendue.

Chaque Province fut divisee en 10 Communes a peu pres egales.

On chercha a placer chaque VilleProvinciale (ou Chef -lieu de la Province) au centre de sa Province, et chaque Ville Communale (ou Chef-lieu de la Commune) au centre de sa Commune , avec des communications telles qu'une heure fut suffisante pour amener dans la Ville Communale tous les citoyens disperses sur le territoire de Ja Commune.

Chaque Ville Provinciale et son territoire contint le territoire et la population de trois Villes Communales et de trois Communes. La Capitale en contint suixante.

On prit aussi toutes les dispositions pour distribuer egalement la population de maniere que chaque Commune et par consequent chaque Province fut egalement peuplee.

On constata les grandes routes mal tracees, et les changements a y faire, ainsi que dans les canaux et les rivieres qui , presque toutes, durent 6tre alignees, creusees et canalisees. Onindiqua tous les chemins a cr6er ou a r6parer, et Ton ordonna les travaux les plus urgents.

On fit chercher partout toutes les mines que pouvait contenir le J>ays.

Le travail h ex^cuter 6tant immense , le Comiti de V Industrie niit a contribution tout le genie mecanique et industriel du Peuple et meme des fitrangers, pour inventerou importer toutes les machines et mecaniques qui pourraient augmenter la fabrication et remplacer I'homme pour tous les travaux perilleux, ou penibles, ou degoutants.

Dans toutes les fabrications, celle des vfetements , par exemple, on chercha les formes qui rendraient la confection plus facile , afin de pouvoir diminuer le nombre des tailleurs et les utiliser autrement.

La R^publique regut? mSme successivement plus d'un million d''ouvriers etrangers , qui s'^tablirent et se mariferent dans le pays ; mais elle n'admit que de beaux hommes ou des liommes de talent , afin d'ameliorer en m^me temps la population et V'mdustrie.

La Representation populaire6clairait etdirigeaitle Commerce et V Industrie, en indiquant les marchandises et les ouvriers surabondants ou manquants.

Elle se fit m6me grand negociant et grand manufacturier , au nom du Peuple ; car elle ordonna a I'Executoire de faire , surtout a I'etranger, d'immenses achats de matieres premieres, et d'organiser d'immenses manufactures republicaines, d'immenses ateliers republicains, pour fabriquer les etoffes, les vetements et les meubles les plus necessaires au Peuple, et pour preparer toutes les pieces de magonnerie, de boiserie, de serrurerie, necessaires a la construction des maisons.

Elle fit construire aussi d'immenses usines rejmblicaines pour I'exploitation des mines el pour la fabrication des machines.

Lesnombreux ouvriers employes dansces divers ateliers furent tous soldes, ou plutot nourris, v6tus et log6s par la Rdpublique.

Et pour faciliter cet immense travail de reconstruction et de fabrication, le Comite des travaux publics, aide d'une Commission composee de savants et d'industriels, determina Vordre des traoaux et ceux par lesquels il fallait commencer pour preparer les autres et surmonter toutes les difficultes,

Le Comit6 de sant4 publique indiqua toutes les precautions a prendre dans les ateliers et partout. Un traite di''hygiene populaire couronne par la Representation nalionale et distribue gratuitement h plusieurs millions d'exemplaires, apprit a chacun ce qu'il devait faire pour sa sante dans toutes les situations de la vie ; et le Comit6 de perfectionnement humanitaire travailla sans cesse a I'ameliora' lion de I'Espece humaine.

VEducation et V Instruction publiques avaient 6te le principal objet peut-6tre de I'attention d'Icar, et concentrerent celle des Philosophes et du Peuple entier.

La Representation populaire fit preparer des dcoles provisoires et y consacra les plus beaux bailments publics.

Elle prit toutes les dispositions pour avoir de suite ou pour former le plus tot possible tous les instructeurs et professeurs necessaires.

Elle s'occupa d'abord des adultes de 1 5 a 30 ans, auxquels elle fit apprendre la lecture, I'ecriture et quelques autres des connaissances pratiques les plus utiles a I'ouvrier et au citoyen.

Elle decreta, pour le temps de la Communaute, un systeme d'fiducation et d'Instruction le plus parfait sous tous les rapports.

Elle decreta aussi un systeme transitoire qui differait le moins possible du systeme definitif.

Tous les enfants des deux sexes, riches et pauvres, qui avaient alors de 1 0 a 1 5 ans, furent obliges d'apprendre un etat de leur choix, et furent instruits sur I'organisation nouvelle et sur la Communaute,

Tous les enfants au-dessous de 10 ans iureni gratuitement elev^s m co7m>mn jusqu'a 18 ans et completement habitues a la vie de la Communaute,

Enfin, on fit r^diger tous les ouvrages necessaires, soil pour former (les professeurs , soit pour instruire les eleves , soil pour mstruire tous les citoyens.

Un desprojets qui plaisaientle plus a Icar,c'etait de faire composer une langue nouce^e, parfaitementrationnelle et reguliere, ne prcsentant aucune exception aux principes adoptes et renfermant le plus petit nombre de regies possible , par consequent la plus simple, la plus laconique et la plus facile a apprendre.

Son projet fut adopte par la Representation populaire, qui decida rcrcclion d'une statue dans toutes les ecoles en Thonneur de celui quipresenterait le nieilleur plan. Puis, elle ordonna Tenseignement do cette langue a tous les enfants et jeunes gens, et la traduction des meilleurs ouvrages anciens existants, les mauvais se trouvant ainsi supprimes.

La Religion et les Pretres obtinrent egalement toutes les meditations d'lcar, de la Representation populaire et de la Nation entiere, pour Gxer soit le systeme religieux definitif, soit le systeme transitoire.

On proclama le respect de toutes les croyances et la tolerance de tous les cultes.

La Religion fut completement separee du Gouvernement et ra- Kicnee a Padoration de la Divinite eta la predication de la Morale.

Tous les jeunes Pretres durent etre elus par leurs coreligionnaires et purent se marier.

LeClerge lui-meme se declaraindependant de tout Pontifeetranger et reconnut qu'il etait soumis a la loi.

Et tandisqu'on respectait les habitudes des vieux Pretres et des vieux devots, on employait I'education pour fagonner de nouveaux Pretres qui pussenl etre aussi respectables qu'utiles, pour regler les sentiments religieux des generations nouvelles, et pour ramener la Religion a la purete et a la simplicite qui la font aimer et respecter.

Ce fut ainsi qu'Icar , les Representants du Peuple et le Peupie lui-meme, organiserent transitoirenient la Societe, et travaillerent a preparer la Communaute delinitive.

Tout etait si bien combine que la raort dTcar, en 1798 , n'eut presque aucun inconvenient.

Des milliers de disciples et d'apotres professaient et pr^chaient sa doctrine ; et Ton peut dire meme que le Peuple entier partageait tous ses principes.

Tout se troiivait d6cid6 ; et I'ex^cution 6tait tellement organis6e, preparee et avancee , qu'il ne s'agissait plus , pour ainsi dire , que d'un travail de manoeuvres.

Bien plus, les anciennes opinions et les anciennes habitudes furent tellement modifiees par Ffiducation, par les habitudes nouvelles, par la discussion et par I'experience , que les riches eux-memes dotmaient leurs biens a la Republique pour entrer dans quelque Communaute partielle.

Icar donna I'exempleen consacrant toute sa fortune a constituer une Communaute dans laquelle il etablit i 00 pauvres families qui formerent un village.

L'un des plus riches seigneurs , le due d'Alizor , consacra 6galemcnt loute son immense fortune a fonder une Communaute composee de 300 pauvres families, qu'il choisit lui-meme.

Un autre , le comte de Marbel, les imita en choisissant , dans les hospices des enfants trouves, 200 petits gargons de 9 a 10 ans et 200 pelites fiUes de 5 a 6, qu'il fit inslruire et qu'il admit dans sa Communauti apres les avoir maries.

Un troisi^me s'associa avec vingt autres pour organiser une Commune entiere , tandis qu'un venerable Pr6tre determinait tous les proprielairesdesa petite ville a mettre leurs biens en commun pour se constituer en Communauti.

Bien plus encore : tous ces exemples excitaient tant d'enthousiasme que des milliers de petitions , a la tete desquelles on voyait des riches, demanderent que I'epoque transitoire fiit abregee ; et les travaux preparatoires marcherent si rapidement que les 50 ans furent successivement reduits a 40 , puis a 30 , et que la Communaute fut completement et defmitivement etablie en 1812, 14 ans apres la mort d'lcar et la 30' annee de la Regeneration.

Vous comprenez maintenant, j'esp6re , comment cette heureuse Communaute s'est organisee chez nous : cependant , si quelqu'un d'entre vous a besoin de quelques nouvelles explications, (et je sais que plusieurs desirent quelques renseignements), je me ferai, comme je vousl'ai deja dit, un vrai plaisir de repondre a toutes les questions ; car je desire vivement moi-meme ne laisser aucun doute dans vos esprits : nous consacrcrons done notre prochaine seance a I'examen de vos objections.

Mais avant de terminer aujourd'hui, permettez-moi deux mots encore.

Imaginez, si vous pouvez, cette ^poque de transition : I'immensitd des travaux de construction et de fabrication ; le mouvement de I'industrie et du commerce ; I'aclivite de I'intelligence et des bras ; la masse des decouvertes, des inventions ou des perfectionneraents dans les arts et les sciences ! Pendant ces 30 annees, la Nation executa plus de travaux et fit plus de progres que pendant toute son existence anterieure !

Imaginez aussi Vaisance et le bonheur dont jouirent nos p6res apres les horribles tempetes et les gigantesques evenements dont ils avaient ete victimes ou temoins I

Des le lendemainde la Revolution, aussltot que les projets d'Icar furont exposes, le Peuple ne connut plus d'autre sentiment que la conflance, la satisfaction et Vesperance ; chaque jour apportait quelque conquete ou quelque amelioration nouvelle ; chaque jour augmentait I'enthousiasme pour la Patrie, pour la Fraternite, pour I'Humanite tout entiere ; et nos peres, plus malheureux que nous dans leur enfance, ont trouve, dans leurs succes et leurs victoires de tout genre , plus ^e. jouissances intellectuelles, morales et materielles , que la Communaute ne nou3 en donne a nous-m6mes aujourd'hui 1

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