CHAPITRE XII
Opinions des Philosoplies sur I'fegalite et la Communaut^.
Vous pretendez, adversaires de la Communaute, qu'elle n^a pour elle que quelques opinions sans credit et sans poids : h6 bien 1 je vais interroger devant vous I'Histoire et tous les Philosophes : 6coutez !
Je ne m'arrfete pas a vous parler de plusieurs Peuples anciens qui , suivant Platon , Aristote, Diodore de Sicile, Justin , Cesar et Tacite, pratiquaient ou avaient pratique la Communaute de biens , de repas, et m6me de femmes, notamment les premiers Egyptiens, les premiers Grecs, les habitants de Tile de Ceylan , les Scythes, lesAmazones, les Lipariens, les Acheens, les Vacceens, les Sirminiens, les premiers Peuples de I'ltalie meridionale et les Germains. ,
Je ne m'arrfitepas non plus aux Hebreux , qui avaient 1 Egaht6 de fortune et une soci6te d'Esseniens praliquant la Communaute de biens, ni aux Pretres Egyptiens qui vivaient en commun, ni a Minos , qui prit chez eux la vie commune pour I'etablir en Crete (^1 ,000 ans avant J.-C), oil vinrent la prendre Lycurgue et Pythagore, pour I'introduire a Sparle et en Italie.
Je ne vous parle pas non plus de Confucius et de Zoroastre qui, I'un en Chine etl'autre en Perse, long-temps avant Jesus-Chnst, proclamerent ce principe de morale qui , quoique seul , peut concluire a la perfection : Ne fais pas a autrui ce que tu ne voudrats pas qu'll te fit. — Fais aux autres ce que tu desires qu'ils te [assent.
Mais quel spectacle nous presente Lycurgue obtenant des riches Vabandon volontaire de leurs proprietes , partageant toutes les terres en 39,000 portions pour les 39,000 citoyens qui ne peuvent les alienor, supprimant Ic luxe et la monnaie, etablissant 1 E^aim