UNE VISITE
Le cousin de Valmor nous expliqua tout le mouvement do cette petite armee. « Nous arrivons d six heures moins un quart, dit-il, nous deposons nos habits dans le vestiaire que je vous montrerai tout a I'iieure , et nous revetissons notre habit de travail. A six heures precises, nous commengons le travail au son de la cloche. A neuf heures, nous descendons tous au refectoire pendant vingt minutes pour y dejeuner en silence, pendant que Tun de nous lit a haute voix le journal du matin. A une heure, le travail cesse ; et quand tout est range, nettoye, nous descendons au vestiaire, oh nous trouvons tout ce qui nous est necessaire pour nous laver, ct oil nous reprenons nos habits de repos pour aller diner, a deux heures, avec nos families, et pour disposer ensuite du reste de la journee.
» J'oubliais de vous dire que, pendant deux heures de notre travail, nous observons un rigoureux silence : mais pendant deux autres heures, nouspouvons causer avec nos voisins; et pendant le reste du temps, chacun chante pour sol ou pour les autres qui Tecoutent, et souvent nous chantons tous en choeur. »
Nous sorttmes emerveilles de tant de raison et de tant de bonheur, et nous allcimes visiter un superbe monument dont je parlerai plus tard.
Peu aprfes mon arriv^e chez Gorilla, entrerent une dame et six ou sept enfants de differents ages, parmi lesquels ss trouvait une jeune fille d'une figure angelique.
Se lever, courir a elle, lui oter son chapeau et I'embrasser, fut pour Gorilla raffaire d'un instant.
— J'ai le plaisir , dit le pere de Valmor en me prenant par la main, de presenter a Taimable madame Diname I'honorable milord Carisdall, dont son fils a du lui parler. U est notre ami... — Et par consequent le notre, ajouta cette dame, du ton le plus gracieux.
— Et moi, dit a son tour Gorilla, en me prenant par la main et en affectant un ton solennel, j'ai I'honneur... de presenter le bon
M. William a (j'allais dire la charmante, comme si on avait be-
soin de moi pour le voir ) , a la mechante Dinaise , qui cache un diable sous la figure d'un ange, et qui me devisagerait s'il n'y avait personne ici pour me defendre.
— Tu seras done toujours folic, repondit mademoiselle Dinaise en rougissant I
Et moi, je ne saurais dire cc que j'eprouvais en entendant cette yoix : e'etait cclle de Vinvisib!^! Je mc senlis rougir ou pAlir. Heu-