CHAPITRE XXIII
Pairie icarienne. — Representation provinciale. — PantWon.
— Congois-tu, dis-je a Valmor, qu'Eugfene a passe la nuit a la Chambre des deputes de Paris, et qu'il s'est reveille tout rouge de colere ?
— Eh bien 1 dit Valmor, pour lui mettre du baume dans le sang, je lui ferai voir, s'll veut, noire Chambre des Pairs.
— Comment, s'ecria Eugene prenant aussilot feu, des Pairs en Icarie ! Vous vous moquez de moi I
— Non vraiment : nous avons des Pairs qui sanctionnent ou rejettent les lois les plus importantes vot6cs par la Representation nationale : et DOtre Cbambre des Pairs n'est pas composee seulemcnt
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de quelques centaines de Pairs, mais de quelques milliers, et nous n'avons pas seuiement une seule Chambre, mais mille Cbambres des Paris....
— Vous ne comprenez pas, dis-je a Eugene, que leurs Pairs sont leurs citoyens, qui sont tous egaux, et que leurs mille Cbambres des Pairs sont leurs mille Assemblees communales ou populaires.
— A la bonne heure , reprit Eugene : et pour celles-la je veux bien les voir, et tout de suite, quoique j'en aie deja vu plusieurs.
— Doucement! I'Assemblee n'aura lieu que demain ; et d'ailleurs je Youdrais vous monlrer auparavant une stance de notre Representation provinciale.
— Quoi 1 lui dis-je, vous avez encore une Representation pro vinciale?
— Sans doute, repondit-il : chaque Province a sa Representation dans son palais, son palais au centre de sa capitate, et sa capitals au milieu de ses dix Communes.
Cette Representation provinciale est composee de cent vingt deputes speciaux elus par les Communes. Elle est organisee sur le plan de la Representation nationale, se renouvelle chaque ann^e par moitie, se divise en quinze Comites, et delibere en public.
— Mais c'est une petite Chambre des deputes , dis-je ; et si I'envie lui prenait de se declarer rivale de la Representation nationale I...
— Jamais, repondit Valmor : elle est trop peu nombreuse ; elle ne se reunit que pendant quatre mois, divises en quatre sessions de dix jours chacune, avee de longs intervalles ; elle ne peut s'occuper que des matieres qui lui sont expressement indiquees par la Constitution. Essentiellement subordonnee a la Representation nationale, comme une province Test a la nation, son premier devoir est de veiller a I'ex^cution des lois dans toutes les Communes de la Province ; elle ne peut deliberer et rendre des ddcrets que pour faciliter et assurer cette execution, ou pour regler certaines affaires qui n'interessent que la Province.
Comme une stance de cette Representation provinciale ne pouvait 6tre qu'une petite repetition de ce que nous avions vu dans la stance de la Representation nationale, je preferai visiter le Musde historique ou le Pantheon.
Toutes les figures 6taient en cire colorize, de grandeur naturelle.