CHAPITRE PREMIER
But du voyage. — Depart.
I.e lecteur me pardonnera, j'espere, si je crois devoir lui donner d'abord deux mots d'explication sur les circonstances qui m'amenent a publier le recrt d'un voyage fait par un autre.
J'avais connu lord W. Carisdall a Paris, chez le g^n^ral Lafayette; et Ton comprendrait le plaisir que je dus eprouver en le retrouvant a Londres en 1834, si je pouvais, sans blesser sa modestie, parler des qualites de son esprit et de son coeur. Je pourrais dire, sans le contrarier, qu'il est un des plus riches seigneurs des trois royaumes et I'un des plus beaux hommes que j'aie vus, avec la physionomie la plus agreable que je connaisse, parce qu'il ne tire aucune gloire de ces faveurs du hasard ; mais je ne parlerai pas de I'etendue de ses connaissances, ni de la noblesse de son caractere, ni de Tamabilite de ses manieres; je dirai seulement que, prive de ses pere et mere des son enfance, il avait pass6 toute sa jeunesse a voyager, et que sa passion etait I'etude, non de choses frivoles, mais de toutes celles qui peuvent interesser Tllumanite.
II repetait souvent , avec douleur , qu'il avait trouve riiomme malheureux partout sur la Terre, mdme dans les lieux ou la Nature semble avoir tout reuni pour sa felicite ; il se plaignait des vices de rorganisatiou sociale en Angleterre comme ailleurs ; et cepen-