SSO TRIOMPHE DE LA RAISON
Qmtricme lettre de Valmor.
Valdira, 3 juin.
■ ■Rojouis-toi, chfere Gorilla 1 car tn m'as fait un bien extreme en B m'aj^prcnantque tous deuxsonthorsde danger. Jeregoista lettre » dii 2 et la copie de celle de Dinaise.
» Quoi 1 William persiste a parlir et DinaKse me sacrifie son >' amour!... Que je suis petit a cole d'eux !
» Ma tfitc est trop brulante encore pour que je te r^pondeal'inr, stant... J'ai besoin de marcher, de courir au grand air... Je t'e- ■> crirai tanlot... tu seras contcnte ! »
Cinquieme lettre de Valmor.
Valdira, 4 |uln.
• Je me vengeral, Gorilla 1 je me vengerai de moi 1
i> Je viens de relire tes lettres et celle de Dinaise : je les ai rc- 1) lues dix fois, devor^es et bais6es 1
» Que je suis faible et t6meraire, injuste et fou, ISche et violent 1 » mais je me vengerai 1
» Oui, c'est la jalousie, I'aveugle, la stupide, la feroce jalousie, » qui m'avait egare et denature ; mais je me vengerai I
» Oh, ma ch^re soeur, que je te remercie I que je suis fier d'etre » ton fr^re 1 avec quel plaisir je te presserai dans mes bras fra- » ternels I
» Embrasse William I presse Dina"ise contre ton coeurl
» Je veux leur rendre les sacrifices qu'ils m'ont fails ; je veux , je » I'ai resolu , mettre mon bonheur a voir leur bonheur.
» Qu'ils s'aiment en me conservant leur amilie !
» J'aurai peul-6tre encore des combats a livrer, des efforts ^ fairc, » des douleurs a supporter ; il me faudra du temps encore , et je » ne vous rejoindrai pas immediatement; mais je veux vaincre ou » mourir, et je vaincrai, j'espfere.
» Puisse-je vous rendre le bonheur k tous, pour r^parer, autant » que possible , le mal que je vous ai fait involontairement! Mais » ce dont je suis bien sur, ma belle et bonne Gorilla, c'est que ton « frere t'aimera toujours bien tendrcmcnt. »
Retablissement.
Sept jours apr^s, le i \ juin, deux jours avant les f^tes , Valmor 6tail de retour ; Dinaise etait completement retablie : j'etais si pres
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de r^ffi^ que Son ret obr me rendit tonl-a-fait mes forces. II nous embrassa tous aVec tant d'effusion et de tendresse que nous commen^ames a gouter, apres la plus horrible quinzaine, un bonheuF que nous croyions tous perdu pour jamais.
Ccpendant Dinaise persistait dans sont"o?u dene se jamais marier ; je persislais a partir, et c'etait Valmor qui nous pressalt de renoncer a notre double resolution.
Ne pouvanl nous persuader d'abord, il declara qu'il le voulait, qu'il le demandait en grSce, qu'il I'exigeait, qu'il I'ordonnait et qu'il saurait bien nous y contraindre ; et comme nous riions beaucoup de cette nouvelle folie qui succ^'dait a la premiere, il ajouta d'un air triomphant : " El si je me mariais moi-mcme avaiit un mois, sur d'cpouser une femmequi me rendrait heureux, certain surtout de rendre heureuse I'epouse qui me conQera son bonheur?... Si j'epousais Alae, la cousine de Dinaise, qui m'a loujours beaucoup aime et pour qui j'ai toujours eu beaucoup d'amitie?... (Imaginez notre etonnement !)
Eh bien, continua-t-il, tout est regl6 : avant de revenir, je suis alle passer quatre jours chez le grand-pere de Dinaise ; je lui ai tout raconte. Alae, qui connait bien mes sentiments, n'a pas repousse ma proposition ; nos deux families y consentent, et dans deux mois nous ferons troisnoces en un jour... Et, maintenant que je suis degonfle, taisez-vous I
Gorilla donna le signal en se jetant k son cou; nousl'embrasslimes avec des transports impossibles a decrire, et nous commen-cSmes une nouvelle ere de felicite avec les fetes proparees pour celebrer Tanniversaire de la nouvelle ere du bonheur d'Icarie.