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NAISSANCE CIVIQUE

Des le matin, aujourd'hui, on a publie, par de magnifiques afficlies, dans chaque Commune, la liste des nouveaux ecoliers, c'est- ^-dire de tons les enfants de cinq ans.

On a egalement affiche la liste de tons les nouveaux ouvriers, c'est-a-dire de tous les gargons de dix-huit ans et de toutes les flUes de dix-sept, avec les differentes professions cboisies par eux dans les concours qui viennent d'avoir lieu ces jours derniers.

Co soir on affichera celle de tous les nouveaux citoyen$, qui auront, dans la journee, obtenu leur admission civique. Celte derniere cere'monie est si interessante que Valmor a voulu nous y conduire avec Eugene, qui desormais est notre inseparable.

RECEPTION CmQUE.

Nous arriv^mes tous trois au Palais communal , au moment ou la seance allait commencer.

Celui que vous voyez dans le fauteuil, nous dit Valmor , est le President de TAssemblee populaire de la Commune : a sa droite est le President de I'Executoire communal ; celui qui se trouve a sa gauche est le Pr^lre ; ceux qui les entourent sont les principaux Magistrals populaires.

Ces beaux gargons qui rempUssent la premiere enceinte sont tous les jeunes hommes de la Commune qui out aujourd'hui vingt et un ans revolus : ce sont eux qu'on va recevoir citoyens.

Ces hommes de tous ages que vous apercevez derriere eux sont leurs Parraina , c'est-a-dire des amis de leur famille qui les presentent a la SocUte (car c'est ici notre veritable naissance sociale), et qui leur serviront de conseils et d'amis pendant tout le reste de leur vie.

Les bancs superieuTS sont occup^s par tous les jeunes gens de la Commune qui out aujourdliui vingt ans revolus : ils sont obliges d'assister a cette ceremonie, et de frequenter assidument, pendant I'annee, les Assemblees populaires , afin d'y completer leur education civique, L'annee prochaine, ce sont eux qui seront proclames Citoyens et admis a I'exercice de tous les droits civiques.

Les autres spectateurs sont , comme nous , de simples curieux qu'interesse vivement cette ceremonie.

Quand la musique eut cesse (car en Icarie on entend une delicieuse musique dans tous 1^ lieux de reunion publique , comme wUeurs dans les 6glises), le~President ouvrit la seance, et donna la

SERMENT CIYIQUE. 233

parole a Pun des magistrals, qui fit un petit discours sur I'importance de cette ceremonie civique. Puis le secretaire commenca Tappel des jeunes citoyens et de leurs Parrains.

Le President et les membres du Bureau en interrogerent alors quinze ou vingt, indiques par le sort, sur la Constitution et sur les droits et les devoirs du Citoyen. Inutile d'ajouter que tous repondirent avec confiance et dignite.

Le President leur lut le Sermeint civiQUE(c?eyouemenf a la Patrie, obeissance aux lois, accomplissement de tons les devoirs eifi-aterniteavec tous les concitoyens). et leur fit sentir Timportance de ce serment, que la Republique n'exige qu'une seule fois de chaque Citoyen , quelles que soient les fonctions qui lui seront confiees par la suite : tous le prfiterent a la fois, debout, et tendant les deux mains.

Alors le President, au nom de la Tit^publique, les proclama Citoyens, membres du Peuple souverain, electeurs eteligibles.il ordonna que leurs noms fussent inscrits sur le tableau des membres de TAssembiee populaire et de la Garde nationale.

II ordonna aussi que Vuniforme du Citoyen leur serait distribu6, et remit lui-meme le signe du civisme a leurs Parrains, qui Taltaclierent devant les poitriues de leurs jeunes amis , pendant que la musique faisait entendre un air patriotique.

Le President termina cette majestueuse ceremonie par unecourte allocution sur I'amour que les Icarieiis devaient avoir pour leur Republique.

Pres d'un million de nouveaux citoyens naissaient ainsi , a la m6me heure, dans les soixante communes d'Icara et dans les mille communes d'Icarie 1

Cependant tout est en mouvement pour le grand Anniversaire de la Revolution dont la fete de demain doit etre une representation fidele : les deux armees s'organisent pour jouer le drame historique , I'une devant representer la garde royale , I'autre le Peuple insurge. Les compagnies, les petites troupes, les bandes, les patrouilles se preparent et regoivent le mot d'ordre. Les postes etles roles sont dislribucs, les uns devant figurer Icar et ses generaux, d'autres Lixdox et Cloramide.

Des materiaux poui des barricades sont amasses dans Varene Je

V Insurrection situee pres de la grosse cloche qui sonna le tocsin le matin du 13 juin 1782 et qui seule est restee dans Icara ; un palais en planches representant I'ancien palais de la Reine s'eleve a I'une des extremites de la grande arene de la Victoire,

Toutestpr6t;etlesoleil,magnifiquea soncoucher, promet d'etre magnifique encore demain, pour rendre complete la repetition des deux brillantes et glorieuses journees.

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