ET ANGLETERRE
ripmentquannje lis d'affreuses misere?, d'epouvantables conspirations, des cris d'alarme, des lois d'intimidation ct de terrcur.
Je ne vois parlout, hors d'Icarie, que contradictions et monsonges, confusion et chaos, oppression et malheurs. Je sais bien que c'est Tinevitable resultat de vos mauvaises organisations sociales : ccpendant >e ne congois pas vos deux pays , mon chcr Eugene et mon cher milord.
Je concois encore un peu I'Angleterre, je congois qu'une Aristocratie ancienne, qui a toute la fortune et tout le pouvoir, qui tient leRoidans sa dependance, qui condamne au supplice les Princes, lesReines et les Ministresindociles, et qui est assez adroite pour mcnager le Peuple et lui laisser quelque liberie ; je congois, dis-je, que cette Aristocratie soit difficile a deraciner, surtout quand le pays est arislocratiquement organise jusque danssesfondements, quand le Peuple est depuis long-temps habitue a se prosterncr devant ses seigneurs, quand ce Peuple n'est pas journellemont tracasse ct vexe, quand il est completement etranger au maniement des amies, et quand le parti populaire fait chaque annee quelque conquete qui lui donne quelque satisfaction et qui lui fait prendre patience.
Mais la France!.... Je vois ceux qu'elle a appeles les heros de juillct ou des barricades, proscrits, emprisonnes, condamn^s, exiles, jetes dans les fers !.... Celui qu'on appelait choix du Peuple n'a-l-il pas ete attaque par les emeules et les conspirations ! les Electeurs ne choisissent-ils pas des ennemis de la Revolution , les Jures n'ont-iis pas condamne des ficrivains populaires !
— Concevez-vous, lui dis-je en le priant de me pardonner mon interruption, que des jures ont condamne notre Eugene pour avoir dit, apres les mitraillades de juin et deux mois avant celles d'avril, que le Poucoir etait resolu dmitraiiler Vemeute, comme Galilee a ete condamne pour avoir dit que la terre tourne autour du soleil ?
— Et en regardant plus avant et plus haut, reprit le vieillard, je vois la France passer de la Royaule feodale a la Royaute constitutionnelle, puis a la Republique, puistomber dans I'Empire, puis dans la Restauration.
Je la vois se relever en 1830, ebranler le monde enticr du bruit de sa gloire civique, comme elle I'avait ebranle precedemniunt da bruit de sa gloire mililaire, et retomber presque aussitol dans I'etat oil elle etait auparavant.