CHAPITRE XLI
Relations etrangeres. — Projet d'association communitairc.
Tous les jours les etrangers, dinant ensemble dans leur hotel, se communiquaient ce qu'ils apprenaient sur Icarie, et discutaient la question de savoir si le systeme dont ils voyaient les mervcilleus
* 11 sorait indecent de prononcer les mots chemise, ciiisse de poiilet devan* une dame anglaise.
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r^sultats etait applicable dans leurs pays respectifs. Unanimes dans leur admiration , ils etaient loin d'etre d'accord sur la possibilite et les moyens d'application , et souvent la contradiction s'echauffait jusqu'ci degenerer en dispute.
Beaucoup disaient : « Sans doule la Communaut^ de biens , organis6e comme nous la voyons ici , est la plus parfaite de toutcs les organisations sociales, et quelque jour elle fcra le bonheur du monde entier : personne ne la desire plus vivement que moi, etjej lui donnerais ma voix dfes aujourd'hui si les autres voulaient aussi lui donnerla leur : mais rions ne sommes pas assez vertueux , et nos enfants seuls auront le bonheur d'en jouir. — Moi aussi , disait un autre, je lui consacrerais ma fortune et ma vie : mais... » Ce vilain mais revenait ^ternellenient.
Eugene , qui chaque jour rompait des lances en favour do la Communaut6 , et que son ardeur a la precher avait fait surnommer Ylcarimane , eut I'idee de reunir, dans une salle oil I'on pourrait discuter et voter, tous les etrangers qui se trouvaient alors a Icara. " Vous verrez, me dit-il, que, si nous pouvons les faire voter, presque tous les mais se changeront en qui, et peut-6tre pourrons-nous arriver a quelque resultat utile ; car il est honteux que la Communaut6 fasse depuis si long-temps le bonheur d'lcarie , et que les etrangers n'aient rien fait pour la propager dans leur pays. Soyons les premiers a donner I'exemple 1 Agissons ! »
Nous communiquames son id^e a quelques-uns des principaux Strangers, notamment k un vieux et venerable missionnaire ecossais appele le pere Francis^ qui avait une grande reputation de sagesse, et qui approuva le projet d'Eugene , en nous engageant a nous procurer d'abord I'appui de quelques Icariens influents.
Nous en parlames le soir m6me au grand-pere de Valmor, qui nous embrassa presque de joie , et qui , a cette occasion, nous cxposa les relations d'lcarie avec les Peuples etrangers.