LA MESSE
qui dépêchait le sacrifice de la messe avec cette irrévérente prestesse qui étonne si fort les étrailgers ; tous se levant, s'asseyant, s'agenouiUan t, tournant d'un côté et d'un autre, sans aucun concert entre eux. Honteux à la fin de notre immobilité au milieu de cette agitation générale, nous nous retirâmes tout doucement dans un lieu écarté. Enfin la messa cantatà commença; mais à notre gré , les maigres accords de quelques violons remplaçaient mal la puissante harmonie de l'orgue, et quant au caractère de la musique, il suffira de dire que nous eûmes un solo de violon dans lequel l'artiste fit des tours de force sur le manche de son instrument, pour la plus grande édification des fidèles. « L^ plain chant , dit Rousseau , ce reste bien défiguré , mais bien précieux de l'ana cienne musique grecque , est encore préférable «c de beaucoup, même dans l'état où il est actuelce lement et pour l'usage auque): il est destiné, à (c ces musiques efféminées et théâtrales, ou maus- « sades et plates, qu'on y substitue dans quelques (c églises, sans gravité, sans goût, sans convenance (c et sans respect pour le lieu qu'on ose ainsi pro- « faner. j>
Les tableaux revenus de Paris ont été placés ensemble dans une salle de l'académie des beauxarts, où nous passâmes quelques heures à les contempler; mais comme les heures paraissent longues à la lecture , je me dispenserai d'en rien
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dire, aipsi tpjué dp$. statues, à l'exçeptioii d'uu groupe moderne représentant Virginie poignardée par son peine. GeUii-ci n'est qu'une belle figure acad^puque; mais Virginie est digne de l'antiquité. C'est l'ouvrage d'un artiste contemporain, Jacamo D&naria^ 4^ Bologne. Canova, dit^n, est souvent venu. voir ce cbef^l'oeuvre et en fait le plus grand éloge. Les palais sont encore plus in-* grats à décrire que les tableaux ; c'est pourquoi je ne dirai rien du palais Marespalchi, du palais Zambeccari, ni des autres, quoique nous les ayons vas.
Ceux qui, en 1799, enlevaient l'argenterie des églises et les tableaul du musée, voulurent en revauche £adre un beau cimetière , où les grands hoHunea eussent des monuments soi3aptueux(i), et ou Je» morts ordinaires trouvassent au moins de la place et pussent en jouir le temps nécessaire pour rentrer dans la poussière, avant d'être dék^és par d'autres. Tout était au mieux jusquelà; mais l'emplacement ayant déjà servi de cimetière , ies anciens morts furent appelés à jouer un rôle forcé dans la décoration moderne, et ces conscrits de l'autre monde, tirés du sein de la terre où ils reposaient , ont été rangés en bataille le long des murs, à la manière des catacombes à Pauis, où les mmes gens ont fait la même chose, par 3uite de ce goût poiu* les expositions théâ-
(1) Quelques-uns sont rournige de Jacomo