‹ Voyage en Italie et en Sicile; (volume 2)Chapitre 71 sur 99 · A. SAUTELET ET COMPAGNIE, LIBRAIRES · texte numérisé non relu

A. SAUTELET ET COMPAGNIE, LIBRAIRES

PtACB DE LA BOUBSC.

M. JDCCC. XXVIII.

VILLA BOHGHESE. 4^3

tique est bMucoup plus réellement française que la coupe d'un habit ne saurait 1 être , et qu ils retiennent tout l'esprit de ce dont ils évitent la forme. Rien n'est moins original que de chercher à le paraître.

Plusieurs maisons de campagne des environs de Rome, bien qu'occupant des sites plus élevés que les sept montagnes , sont devenues malsaines, par les eaux qui y avaient été amenées pour alimenter de ridicules jets d'eau et des cascades. Elles se perdent maintenant dans les jardins, où elles deviennent stagnantes ; la viMa Sorghese et la villa PamfiU en offrent des exemples. La première est située tout près de la porte del Popolo , et quoique élevée au-dessus du niveau du mauvais air ^ elle n'en est pas moins exposée à la fièvre tierce. Les plantations, qui couvrent environ six cents arpents de terrain, sont d'une assez belle venueon y voit principalement le chêne vert, le pin de Rome, à tête en parasol, dont la teinte obscure est, au printemps, relevée de touffes du vert le plus tendre; cet arbre, en lui-même peu pittoresque, le devient par ses dimensions; ce qui est très grand, comme ce qui est très petit, frappe par cela seul l'imagination , indépendamment de la forme, "Ct Tiinagination excitée prête un charme indéfinissable à la laideur, à ce qui manque de grâce, et à ce qui manque de régularité. L'on trouve, dans ce jardin Borghese , des arbres taillés

4o4 VILLA PAMJPILI.

au ciseau , des allées tirées au cordeau , et un tem*' pie au die'u de la santé. Au milieu d'eaux stagnaii** tes amenées à grands frais , il y a centans , et traî» nantayec elles la fièvre, tous les étés. Cependant, il y a assez d'objets naturels et de bon goût pour fsdre oublier les autres , et à tout prendre , c'est un fort beau jardin.

Il y avait ici , autrefois, une belle collection de marbres antiques trouvés principalement à Gabiij mais les plus précieux furent envoyés à Paris, par le prince lui-même, et n'étant pas le /mit de la mctoirey ils y sont restés.

Tout près de la villa Borghese , on observe le muro tarto ; c'est un mur de terrasse, bâti en brique de forme réticulaire , et par conséquent fort ancien , qui penche dans le haut , et s'arrondit comme une portion de voûte , quoiqu'originairement vertical. (Ce qu il y a d'extraordinaire , c'est qu'il penchait, comme il le fait à présent, du temps de Bélisaire.

La villa Pamfili n'est pas aux portes de Rome f comme la villa Borghese , mais à quelques milles de distance et dans une direction contraire, c'està-dire du côté de la mer; l'étendue en est plus considérable, les arbres y sont plus grands, surtout les pins, qui balancent leurs belles têtes ombellifères, à cent pieds de hauteur ; la^situation aussi est plus élevée , et pourtant ce lieu est plus malsain encore que la villa Borghese^ précisément parce

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