LA' SAINTE CÈNE
Vinci, dont tout le monde connaît la célèbre gravure , fut le premier objet qui attira notre curiosité ; il est peint à l'huile sur le. mur d'une salle basse, qui faisait autrefois partie du couvent des Doroiaicâins, et en occupe tout un coté d'environ 3o pieds de longueur sur i5 delévation. La pemture , noircie par le temps , s^écaille , et , quoi* que Ion devine encore ce que ce tableau a pu être il y a trois cents ans,, bientôt il n'en restera pas trace. Les Français sont accusés de s'être &ercésiEiu pistolet contre le mur , visant à Notre- Seigneur et à ses apôtres. J'ai en effet reconnu des empreintes de balles sur le mur, ainsi que des • marques de coups de pierre ou de brique, et,une femme qui, depuis nombre d'années, demeure tout à côté du local , m'a dit qu'on y avait logé des^ prisonniers de guerre , gardés par des soldats du 6* régiment de hussards français, et qui, les unà et W autres, ignorant le mérité du tableau, avaient en effet été coupables du sacrilège dont il est question. Bonaparte, étant à Milan , vint vqir le chef-d'œuvre de Léonard de Vinci , et , le trouvant en si mauvaises mains , il leça les épaules y dit la bonne femme ^ frappa du pied^ fit évacuer le local, murer une des portes, et enfin placer la balustrade que l'on voit à présent. Le niveau de cette salle est si bas , qu'elle est quelquefois inondée et toujours fort humide. En face de la sainte cène il y a un autre tableau à fres-
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que 9 bien conservé, quoique un peu plus ancien , puisqu'il porte la date de i^g5. Nous remarquât mes que les casques des guerriers étaient en relief sur le mur, afin probablement de leur donner un air plus martial, expédient digne du tableau qui est sans mérite. Deu^ figures, sur le premier plan, ont été peintes à Thuile, et, comme le tableau de Léonard de Vinci , elles sont fort noires et s'écaillent.
On opère dans ce «loment une sorte de lente résurrection du tableau de la sainte oène ; Ra- ÊieJJi, célèbre artiste romain , et plusieurs autres, travaillent depuis huirans à une copie en mosaïque, ou plutôt à la copie d'une copie à l'huile de ce tableau , par un artiste célèbre , Lavalière BassL L'émail coloré, dont ces artistes se servent, est disposé en petites serges carrées et assemblées par nuances, dont ils rompent des morceayx qu'ils incrustent dans le ciment commun qui les lie. La surface inégale est ensuite polie avec soin , et, en cas d'accident, peut l'être de nouveau et présenter ainsi toujours une surface neuve et des couleurs fraîches : c'est un ouVrage impérissable. Quoique l'art de la mosaïque soit antique, ou peut dire que son application nouvelle en fait un tout autre art que celui des anciens. Par son moyen , les chefs-d'œuvre du seizième siècle, que le temps efface 'peu à peu^.ne seront pas entièrement perdus pour la postérité. La mosaïque
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du tableau de la sainte cène réunit la correctioa du dessin et la beauté d'expression que Foriginal possède encore , au coloris qu'il a perdu. C'est le dernier gouvernement qui Fa fait faire et Ta payée; mais on dit que c'est à Vienne qu elle doit aller.
Leonardq de Vinci n'était pas seulement grand peintre; il cultivait aussi la- littérature et les sciences. C'est d'après ses plans et sous ses ordres que les premiers canaux de navigation furent construits y et François T^ lien récompensa^ Quoique le canal de Paderno, sur la rive droite de l'Âdda, n'ait pas été exécuté pendant sa vie, au moins le fut-il d'après le pian qu'il en avait tracé. On trouve , dans la bibliothèque ambrosienne , des notes et manuscrits originaux de cet homme célèbre, la plupart sur des sujets scientifiques. L'écriture en est petite , régulière , un peu roide , quelquefois tracée de droite à gauche , afin , diton , que ses élèves ne pussent point facilement, lire ce qu'il écrivait; précaution qui semblerait peu digne d'un homme tel que Léonard de Vinci, quoique assez digne <la son siècle.
Cette bibliothèque ambrosienne fut mise à contribution en 1796, et ses plus précieux manuscrits ainsi que ses plus beaux tableaux furent envoyés à Paris. La lettre N , qui figure à présent sur la magnifique reliure' des uns, et les cadres dorés des autres, attesteraUong-temps cet acte de violence et son dernier résultat. Nous
CATHÉDRALE DE MILAN. l5
fumes étonnés de Toir un des bibliothécaires accepter plusieurs fois la prise de tabac que lui offrait trop familièrement notre guide (i). Ce n'est pas la seule fois que nous avons cru apercevoir dans les mœurs du pays une sorte de bonhomie et de simplicité peu communes. La cathédrale de Milan (il Duomo) était le premier édifice gothique f bâti en marbre ^ que j'eusse encore vu* Commencé dès Tannée i385 , il n'est pas achevé, et ne semble pas devoir l'être encore de long* temps. L'ouvrage d'un si grand nombre d'architectes y qui se sont succédé pendant quatre ou cinq siècles, ne saurait avoir beaucoup d'ensem-* ble et de régularité i en effet , l'on y trouve un peu de tout. Mais ce qui frappe le plus au premier abord , c'est l'éclatante blancheur du sommet de l'édifice , tandis que la partie inférieure est noire d'antiquité. Ce vaste édifice est comme hérissé de statues en marbre , dont la bizarre profusion ne laisse pas d'avoir sa magnificence. Elles ne sont pourtant ni assez bonnes ni assez mauvaises ; car les figures en pierre des anciennes églises gothiques, rongées par le temps, sans nez, sans yeux, sans oreilles, et n^ayant plus ni pieds ni mains , reportent au moins l'imagination vers ce période extraordinaire pendant lequel l'antique civilisation grecque et romaine , oubliée
(i) On m'assure que je me suis trompé, et que mon bibliothécaire ne pouvait être qu'un assistant en sous-ordre.
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du genre humain , n'avait pas encore été remplacée par celle des temps modernes. Le caractère barbare dont ces figures gothiques sont empreintes , donne à penser ; tandis que de mauvaises ou de médiocres statues de beau marbre blanc ^ imitations manquées des chefs-d'œuvre de l'antiquité , présentent l'idée des beaux-arts travestis , pires que barbares , elles sont ridicules et vulgaires. Le corps de saint Charles Borromée est ordinairement exposé à la vue des fidèles dans la châsse qu'ils viennent baiser ; mais on réparait la partie de l'église où il est placé, et leur dévotion , comme notre curiosité, ne furent point satisfaites.
Le dernier gouvernement avait donné deux millions pour faire achever cette église , qui maintenant n'avance guère , et notre guide disait en gémissant , non c'è denaro! (point d'argent). Mais d'où pensez- vous , lui observâmes-nous, que venait le denaro du temps de Bonaparte ? n'était-^ce pas de la poche des gens du pays? «Non pas de la mienne, par exemple, répliqua-t-il aussitôt; I cavalieri (les messieurs) payaient, et l'argent dépensé sur les lieux allait au contraire dans la poche de ceux qui , ainsi que moi , en ont besoin et travaillent, tandis qu'à présent il Va à Vienne, et sert à rembourser aux Anglais l!argent prêté aux Autrichiens pour nous faire la guerre : il y a moins d'impôts et nous les sentons
davantage. » Je rapporte ces propos, parce qu'on en entend tous les jours de semblables, et qu'ils expriment Topinion publique. Le gouvernement autrichien, essentiellement économe, ne dépense rien en objets de luxe et fort peu en objets d*utilité publique ; ses représentants vivent sans £iste ; il n'y a point de cour où les femlnes du pays puissent briller, point de places lucrative pour leurs maris ; enfin , le Corso et TOpéra ne sont plus ce qu'ils étaient. A toutes ces plaintes on répond que , pendant les dernières années de Bonaparte, sous l'administration d'£ugène, les Milanais étaient tout aussi mécontents qu'à pré* sent , et que , dans le fait , ils le seront toujours, sous un gouvernement étranger, quel qu'il puisse être et quoi qu'il fiaisse.
Les voyageurs ultramontains sont naturelle* ment fort impatients d'entendre de la musique italienne en Italie , et lorsque nous fûmes pour la première fois à l'Opéjra de Milan {la Scala) , notre curiosité était puissamment excitée. Le premier coup d'archet fut magnifique , mais on n'entendit que celui-là , à cause du bruit des portes de loges, des talons de bottes au parterre, et surtout du déchaînement des langues, tout le monde causant sans s'occuper du théâtre. Les chanteurs, la bouche béante , le cou enflé, le visage tout rouge de leurs efiforts , ne pouvaient se fidre entendre, et les cordes de cent violons vi- I. a
iB LSft ACTBUltS.
braient en silence* La chose étant sans remède y il fallut bien en prendre notre parti ^ et , oubliant le diéâtre , nous nous occupâmes des spectateurs. Les loges étaient comme autant de petits salons i élégamment meublés et éclairés de bougies , où l'on recevait des. visites , où l'on riait , jouait et prenait des rafraîchissements. Mais le ballet n'eut pas plutôt commencé , que le jeu et les conversa* ttons cessèrent d'un commun accord. Toutes les têtes se montraient à la fois ; mais toutes rentré-, rent, et le bruit reccmimença de plus belle , dès qu'il fut fini. Le triomphe de la danse sur la musique me parut complet j quoique celle-ci fût la meilleure du monde y et que celle«là ne se fît remarqaer que par des tours de force sans graoe^ Il était près de minuit, et nous avions déjà passé plusieurs heures à voir de la musique en pantomime, lorsque nous nous retirâmes assez £sitîgués. Au théâtre Be^ le lendemaih , nous avons assisté à la représentation d'un mélodrame ultra*pathétique, dans le genre de Kotzebue, et, quoique les acteui^ outrassent des rôles déjà outrés , l'attendrissement universel démentait la critique. Nous y fûmes pris comme les autres , du plus au moins V, suivant nos différentes aptitudes sentimentales; et, comme le public milanais, il nous fallut tenûr le mouchoir. Avec leur air commun et le manque de ce tact des bienséances théâtrales qoi distingue les acteurs français , ceux d'Ita*
Ls poao BuovAràBTS. 19
lie, en s^abandonnant gauchement, mais firËnchement à l'esprit de leur rôle , ne laûsent pas d'être fort touchans , et enlèvent leur public d'emblée. Le tbéâtre Re est fort joli, extrêmement ' propre et bien tenu; n'étant éclairé que par les lampes de l'avant-scène , les spectateurs sont dans une sorte de clair-obscur, qui est fort bon pour voir, s'il ne l'est pas pour être vu. Sa forme est celle d'un fer à cheval , commune à toutes les salles de spectacle modernes ; car on ne s'est en« €:ore avisé nulle part du demi-cercle, à la manière des anciens, et comme la chambre des députés à Paris. Cette forme placerait tous les spectateurs à égale distance et en face de la scène ; elle aurait aussi l'avantage d'en admettre en plus grand nombre que la forme ovale.
Le Foro Buonapctrte est ime vaste esplanade plantée d'arbres , conduisant à la route du Sunpion , par un très-bel arc de triomphe , monument incomplet du règne impériaL Les huit basreliefs en marbre blanc, autour de la base, sont admirables , et je prends sur moi de signaler trois d'entre eux comme supérieurs à ceux du Parthtoon , que lord £lgin apporta, il y a qudques années, en Angleterre. Je n'ignore pas à quoi un tel aveu m'expose d^ la part même de ceux qui n'ont jamais vu ces *débri3 du Parthénon. Mais , au reste ^ comme le ciseau de Phidias n'aurait pu suffire à orner cet édifice , les b^s-relieis en ques- .
!10 IiA. WLLJl BnOirA.PAETF.
tion pourraient bien n être pas de sa main , et ne sauraient être comparés aux admirables sta-' tues enlevées également au Parthénon. D'un côté du Foro Buonaparte on trouve l'imitation manquéed'un cirque antique. Les murs à la romaine menacent ruine déjà, et l'on est tout surpris de sentir trembler sous ses pas de grands blocs de granit qui probablement n'ont que quelques pouces d'épaisseur. Le palais cependant , qui occupe un des côtés de cette construction singulière , est réellement fort beau.
La villa Buonaparte est un autre beau palais bâti , il y a trente ans , par le maréchal comte Belgioioso , donné par la municipalité de Milan au général Bonaparte , et habité depuis par Eugène. Le jardin anglais , à la parisienne , qui en dépend , lequel a son pont, son roc , sa cascade et ses trois tempïes, sur deux arpents de terrain, est de plus surchargé de plantations et entrecoupé
de sentiers qui se croisent en tous sens. On ne sait guère, hors de l'Angleterre, ce que c'est qu'un jardin anglais : c'est la chose la plus simple , du gazon souvent fauché , et quelquefois roulé , des arbres qu'on laisse croître comme il leur plaît , et quelques massifs de fleurs et d'arbrisseaux. Jamais ànd fabriques ^ jamais de pont qui ne soit obligé , jamais de rochers factices, rarement des J>ièces d'eau artificielles , plus rarement encore des ruines qui ne soient réelles. Les jardins an-
LES HOPITAUX. ai
glais^ en Angleterre, ne coûtent pas à Étire et à entretenir le quart de ce que coûte un jardin fran^is, non pas seulement à la Louis XI F^ mais à la nouvelle mode, dite anglaise.
Je vais raconter une anecdote populaire, dont je suis loin de garantir Tauthenticité, et que je ne répéterais même pas s'il était nécessaire qu'elle fût vraie pour en tirer la conclusion qu'on verra. Un frère de ce maréchal , comte Belgioioso, dont je viens de décrire l'ancienne demeure, général lui-même , et très-jaloux de paraître à son avantage les jours d'apparat, avait coutume de passer plusieurs heures ces jours - là (on m'a dit sept heures, ce qui est un peu fort) sous le peigne d'un perruquier. Celui-ci eut une fois la main malheureux ; il manqua la frisure du général , qui , furieux de ne pas se trouver au miroir aussi beau , ou aussi terrible qu'il l'aurait voulu , tua d'un coup de pistolet l'infortuné friseur. «Tuer son perruquier, m'écriai-je, frappé du dénouement î Eh! je vous prie, votre monsieur le général ne fut -il pas pendu? — Pendu, répliquat-on , avec non moins de surprise , vous n'y pensez pas ! » Que l'histc^re soit vraie ou fausse , il suffit quelle ne soit pas invraisemblable sur les lieux pour donner la mesure des notions existantes sur la justice criminelle et son application.
Lltalie vante ses hôpitaux , et Milan en possède plusieurs qui ont beaucoup de réputation. Tau..
aa BGLISE DORÉE.
mis Youla voir le Spedale Grande; mais une fièvrepétéchiale contagieuse, qui récemment a doublé le nombre de ses malades , en interdit l'entrée aux simples curieux. Cette maladie ne se manifeste au dehors que dans la classe pauvre , par su% de la disette des deux années précédentes , et surtout de l'hiver dernier: Il est assez remarquable que la plupart des fondations de charité datent de ces temps de barbarie où l'homme se montra d'ailleurs le plus cruel ennemi du genre humain. Vers la fin du quinzième siècle j Ludovico Sforza , duc de Milan , surnommé il Moro y prince qui n'était pas tendre de son naturel , fonda un asile magnifique pour la réception des pestiférés ; ils y étaient logés , à part les uns des autres , dans un enclos de douze cents piedsr en carré , égal aux deux tiers du jardin des Tuileries.
L'abondante moisson de cette année vient d'être célébrée dans la cathédrale de Milan avec beaucoup de pompe ; mais la musique sacrée nous a paru peu digne de l'Italie , et tout-à-fait dénuée du caractère qui lui conviendrait. Le prédicateur^ parlant de la rédemption , en appelait sans cesse au grand crucifix plaAé à ses cotés , le montrant d'un air de triomphe & son auditoire par manière de démonstration. Tai observé qu'il y avait plus d'hommes que de femmes dans l'église. Santa- Vittoria est surnommé le petit Saint-Pierre , à cause de sa magnificence ; l'intérieur est tout
doré; autels, piliers, «murailles même. L*effet en est brillant plutôt que magnifique ; point solennel , point religieux ; c'est un grand salon plutôt qu'un temple. De tous les tableaux je ne me sou* viens que d'un seul, par Battoni, et que d'une seule figure dans ce tableau : c'est celle d'un prêtre , administrant les derniers sacrements à un mourant, d'un air si bon, si simple , si profondément touché , que sa physionomie m'est restée dans la mémoire. Telle est l'abondance des tableaux sur mur, sur toile, à l'huile, à l'eau, en mosaïque ^ dans toute l'Italie, qu'à notre auberge, qui, autre* fois, fiit un monastère, on voit encore de très* belles fresques, par Bernardo Luino. Comme elles se trouvaient dans une salle basse où l'on voulait mettre la cuisine, ces fresques ont été transportées ailleurs avec une tranche du mur : opération dâicate, qui a coûté dix mille francs à notre hôte. Cette dépense royale était un peu alarmante pour des gens qui avaient leur compte à solder dans cette auberge pour une semaine de séjour ; cependant le nôtre ne s'en est pas trop ressenti.
On ne saurait dire ce qui a pu déterminer le. choix du site que Milan occupe : sans eau, quoique assez près de l'Âdda, du Tesin et du Pô; sans beauté pittoresque, quoique non loin des plus t>e;uix^lacs du mopde. Pans le douzième siècle, on fut obligé de creuser un canal de communication.
a4 BRESCIA. ST vifiONE,
avec le Tesm , et, daas le quinzième, avecrAdda , pour lui donner de Teau.
Brescia , 1 5 octobre. — A sept postes et demie ^ ou 60 milles de Milan ( 1 ). Ces deux villes sont séparées par une plaine fertile , dont le sol est composé de terreau rougeâtre , mêlé de cailloutage. De nombreux ruisseaux qui descendent des. Alpes, pour allei* grossir le^Pô,, arrosent en. chemin les différentes cultures , au moyen de canaux: d'irrigation, conduits avec beaucoup d'intelli^ gence. Les armuriers de Brescia furent autrefois très-célèbres, et passent, en Italie au moins, pour fsiire les meilleurs pistolets du monde.; mais nous trouvant déjà embarrassés de deux paires de ces instruments de mort , par un excellent faiseur^ M. Le Page, de Paris, nous ne nous sommes pa& arrêtés pour les pistolets non plus que pour les églises de Brescia. Il n'y a pas de ville ici qui n'ait ses objets de curiosité, et s'il fallait tout voir, on n'arriverait jamais au terme de son voyage.
Verona^ 16 octobre. — Une heure après notre départ de Brescia , nous retrouvâmes une autre Isola Bella sur terre ferme ; mais deux fois phi& haute que celle du lac Maj eur, et bella en raison
(i) Une poste italienne est de huit milles , de soixante au degré ; une poste de France est de cinq milles. Le ta* rif , en Italie , est de 55 sous , monnaie de France , par cheval, et l'on donne 4o à 60 sous au postillon. Ain0i la dépense est i peu près la même.