H PRÉFACE
n'était plus alors en Italie, et, s'il y eût été, il n'en aurait peut-être pas mieux connu les projets des Italiens: car ils n'ont point l'habitude de conspirer tout haut , dans les salons. Cependant , il y a lieu de croire cjue les niais de ce pays-là rêvaient, comme ailleurs, la république, tandis que le plus grand nombre des gens actifs en politique auraient préféré de voir renaître chez eux le système de la gloire militaire, dont chacun, excepté les morts, espère toujours tirer parti pour lui ou pour les siens.
L'on venait d'organiser , en Espagne , une sorte de monarchie démocratique, sans aristocratie constitutionnelle, sans chambre des pairs. Une telle monarchie ne pouvait manquer de conduire à l'anarchie d'abord, puis au despotisme; mais, sans attendre le résultat d'un essai aussi hasardeux, les libéraux de Naplesse donnèrent la constitution d'Espagne, et ceux de Piémont les imitèrent. Malheureusement les Grecs prirent ce moment-là pour secouer le joug des barbares. Leur révolution n'avait aucun rapport avec les autres; néanmoins on crut y voir un accord upiversel. Justement alors, vm fanatique de bonapar-
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tisme commit aussi un épouvantable crime , qui, tout isolé qu'il était, combla la mesure des griefs et des craintes de la légitimité. Les souverains de toute l'Europe crurent leur vie non moins menacée que leur pouvoir, et, s'unissant, avec l'énergie de la peur, pour leur défense réciproque , ils attaquèrent l'ennemi partout à la fois, et le défirent du premier choc. On fut étonné de leur force et de sa faiblesse.
L'on avait vu, dans les années i8i3, i8i4 et i8 1 5, les nations se lever en masse contre le commun oppresseur de leurs maîtres , plus encore que d'eux-mêmes. Il y eut, à cette époque , une grande alliance entre les rois et les peuples , par laquelle ceux-ci s'engagèrent à aider ceux-là, qui, en retour, leur promirent la liberté constitutionnelle. Le traité ne fut pas conclu dans des formes précisément diplomatiques, mais il fut plus que tacite; mille preuves en font foi. Rien , autrement , ne pourrait expliquer l'enthousiasme avec lequel se fit, spontanément et au premier appel, cette levée en masse de tout ce qui pouvait porter les armes. C'était une dette d'honneur, que les souverains avaient contractée ; ils chica-