‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 12 sur 126 · LA SAINTE CENE · texte numérisé non relu

LA SAINTE CENE

Yinci, dont tout le monde connaît la célèbre gravure , fut le premier objet qui attira notre curiosité; il est peint à l'huile sur le mur d'une salle basse, qui faisait autrefois partie du couvent des Dominicains, et en occupe tout un côté d'environ 3o pieds de longueur sur i5 d'élévation. La peinture, noircie par le temps, s'écaille, et, quoique l'on devine encore ce que ce tableau a pu être il y a trois ^ents ans, bientôt il n'en restera pas trace. Les Français sont accusés de s'être exercés au pistolet contre le mur, visant à Nôtres- Seigneur et à ses apôtres. J'ai en effet reconnu des empreintes de balles sur le mur, ainsi que des marques de coups de pierre ou de brique, et une femme qui, depuis nombre d'années, demeure tout à côté du local , m'a dit qu'on y avait logé des prisonniers de guerre, gardés par des soldats du 6^ régiment de hussards français, et qui, les uns et les autres, ignorant le mérile du tableau, avaient en effet été coupables du sacrilège dont il est question. Bonaparte, étant à Milan, vint voir le chef-d'œuvre de Léonard de Vinci , et , le trouvant en si mauvaises mains , il leva les épaules ^ dit la bonne femme , frappa du pied ^ fit évacuer le local, murer une des portes, et enfin placer la balustrade que l'on voit à présent. Le niveau de cette salle est si bas, qu'elle est quelquefois inondée et toujours fort humide. En face de la sainte cène il y a un aulre tableau à fres-

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