PANORAMA HISTORIQUE
tique en albâtre, et les portes de bronze de Téglise moderne étaient celles mêmes du temple antique. L'habitation de Cicéron n'était pas éloignée de ce lieu. »
Après avoir jeté un rapide coup-d'œil sur diverses autres parties de la ville éternelle, notre antiquaire passa au pays environnant. « Le Latium, dit-il, est marqué du coté du levant par cette ceinture de montagnesàprésent couvertes de neige , dont le profil , éclatant de blancheur , tranche fortement avec l'azur du ciel. Le point le plus saillant de cette circonférence, comme le plus rapproché, est le 3Ions Alhanus^ groupe isolé du côté du midi. A la moitié de sa hauteur , il y a un lac dans le fond du cratère d'iui volcan éteint. Sur le bord de ce cratère fleurissait Albe , la plus ancienne ennemie de Rome, et la première victime immolée à sa grandeur future. Au sommet du mont, à l'endroit où l'on voit maintenant un couvent , le temple de Jupiter Latialis s'élevait autrefois. C'était là et dans le bois sacré de/ ere/z^ina^ sur les bords du lac Albano, que s'assemblaient les Latins alliés contre Rome. A l'ouest de l'antique Alha^ vous voyez Albano ^ ville moderne qui lui doit son nom. Plus à l'est, sur le penchant de la montagne, estFrascati, sorti des ruines de Tiiscidum. Plus ancienne que Rome de bien des siècles, ainsi qu'Albe, cette ville, après avoir en vain lutté pendant long-temps contre sa rivale,
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devint un lieu de plaisance où ses riches citoyens allaient passer les grandes chaleurs de l'été. Beaucoup plus loin que le Monte Albano, mais dans la même direction et sur le penchant de l'Apennin, vous découvrez l'ancienne Praeneste (maintenant Palestrina), poar la conquête de laquelle Cincinnatus laissa momentanément sa charrue. Elle avait un magnifique temple de la Fortune, d'où Pyrrhus marchant contre Rome, 3oo ans avant notre ère, observa la situation de cette ville; beaucoup plus près d'ici, vous voyez Gabii^ l'Athènes-du Latium. Au-delà de Prœnesle , mais derrière Monte Albano , et par conséquent cachées à nos yeux, se trouvent plusieurs anciennes cités des Aborigènes, telles que Frosinone ^ Ferentinum ^ Suzzii, Anagnia^ Alatrium^ etc., dont les noms paraissent dans l'histoire ancienne de Rome, et qui appartenaient aux JEqui^ aux Folsci, aux Marsi^ aux Peligni^ aux Trentani^ et surtout aux Samnites ^ les plus ardents d'entre les ennemis de Rome naissante. Il ne reste plus aucune trace d'un grand nombre de ces villes antiques, et déjà, du temps de Pline, il y en avait 53 dont l'exacte situation était inconnue. Pendant les quatre premiers siècles de Rome ^ la vaste plaine où elle est située , ne fut qu'un seul champ de bataille , où le sort des combats entre quelques peuplades barbares fixait d'avance les destinées du monde. » Notre antiquaire nous indiqua cinquante - neuf
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champs de batailles , toutes livrées dans le cercle de la campagne de Rome , depuis celles de Crustiunerium et de Fidenes^ quelques milles au nord de Rome, jusqu'à celle où Totila, défait par Narsès, perdit la vie aux portes de sa capitale; période qui embrasse 1 2 à 1 3 siècles. « La plupart de ces batailles, nous dit-il, eurent lieu pendant les cinq premiers siècles de sa fondation, et une seule 'dans le 6^ (l'an SSg) contre Annibal, tout près de la Porta Latiria et de l'endroit où i35 ans auparavant, les Gaulois avaient été repoussés. Rome, dans les 7^ et 8^ siècles de sa fondation, ayant conquis la paix, et fait de ses ennemis des concitoyens, trouva parmi ses concitoyens des ennemis, et les guerres qu'elle eut à soutenir ne furent plus que des guerres civiles ; mais dans les 1 2^ et 1 3" siècles depuis sa fondation , la campagne de Rome, envahie de nouveau par l'ennemi, redevint un grand champ de bataille , de destruction au moins et de pillage, car il y avait peu de résistance. » Notre antiquaire nous montra pourtant quatre différents endroits où les étrangers avaient été défaits , mais non par des Romains, 1 1 63 ans après la fondation de Rome , et lorsque sa population était encore si nombreuse, que de notre temps celle de Londres pourrait seule lui être comparée. « Les Romains, nous dit-il, se laissèrent bloquer dans leurs murs par une poignée de barbares sous Alaric. Ils furent affamés, mis à -
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coiitribiitioii, etfiïialementlivrés à toutes les horreurs d'une ville prise d'assaut; horreurs bien plus grandes alors qu'elles ne le sont de nos jours. Home n'avait jamais encore éprouvé ce malheur; mais il était réservé à un soldat chrétien et bon catholique, le Normand Robert Guiscard, de le lui faire subir une seconde fois, 674 ans plus tard. Entièrement détruite par ce Normand, notre ville fut lentement reconstruite ailleurs, quoique toujours dans l'enceinte des mêmes murs, c'est-à-dire, où vous la voyez à présent. Dans l'année laa-y, le connétable de Bourbon, commandant les troupes d'un roi très-chrétien, la saccagea de nouveau, et denosjours elle a été occupée et rançonnée pour son bien, mais plus doucement, par une armée qui venait du même pays que la précédente.
« En suivant l'horizon de l'est au nord, on rencontre le Monte Gennaro, deîorme conique, situé dans ce pays des Sabins, qui rappelle les brutales amours et le premier mariage des anciens Romains. Le célèbre Tibur (Tivoli) semble être sur la pente de ce Monte Gennaro, quoiqu'en réalité beaucoup plus près de nous; et tous les lieux décrits par Horace sont cachés parmi les montagnes qui avoisinent celle-là ; ils portent encore leur* noms antiques très-peu altérés. Dans la plaine au-dessous de Tibur, la villa d'Adrien couvre plusieurs milles de ses ruines, cet empereur ayant eu la bizarre pensée de réunir dans ses