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faire leur prière. Au moyen d'un mécanisme intérieur, la figure du Christ, se détachant de la croix, descendait jusqu'au misérable qui était à ses pieds, et jetant ses bras autour de lui, le pressait contre son sein. Cette scène de mauvais goût, burlesque et même profane , pouvait néanmoins avoir un effetprodigieux siu^ l'imagination grossièred'un malheureux, abandonné de l'univers entier, livré au bourreau, allant au supplice. Ce simulacre de sympathie, ce signe donné d'un autre monde, lorsqu'il n'y avait plus d'espérance ici-bas, pouvait réveiller en lui cette puissance intérieure, plus forte que le malheur, plus forte que les supplices, et qui, sur le bûcher, rend le sauvage américain insensible , comme elle fait la joie du martyr.
Les lois, à Rome, ne sont pas faites par une assemblée législative (i), ne sont même pas faites par le pontife souverain et son conseil d'Etat, mais par tous ceux qui en ont besoin pour eux et contre les autres , c'est-à-dire par tous ceux qui ont le pouvoir de se faire obéir. En effet , puisqu'ils ont, comme nous l'avons vu , des pi'isons à eux dans leur département, il faut bien qu'ils aient le moyen de les remplir. Les lois fiscales sont donc faites
(i) Le sacré collège des cardinaux est bien une sorte de corps législatif, qui, outre ses fonctions électives (l'élection du pape) , prend connaissance des affaires ecclésiastiques, sur lesquelles rien ne se fait sans son consentement; mais il ne se mêle que de cela.
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par le ministre des finances, les loiscriminellespar le gouverneur de Rome dans cette capitale, et par les cardinaux légats , chacun dans leur département, et ainsi de suite ; ce qui est pis que l'arbitraire pur et simple d'un seul souverain. Mais la faiblesse, qui est en elle-même un grand mal, corrige celui-ci comme bien d'autres, ce A Rome, disait un minis- « tre étranger, tout le monde commande, et perce sonne n'obéit et pourtant les choses y vont pasce sablement. »
L'impôt territorial, fixé par le ministre des finances, entièrement suivant son bon plaisir, quoique pour la forme sous la sanction du pape, est perçu par la corporation religieuse du buon goi^erno ; mais, ce qu'on aura peine à croire , il n'y a aucun moyen de contrôler l'administration de ces receveurs; aussi trouve-t-on que sous le gouvernement français une grosse armée était entretenue avec les fonds maintenant absorbés par la cour du pape.
A la vérité ce gouvernement avait des moyens énergiques de remplir le déficit lorsqu'il en avait. En 1799 un grand seigneur fut imposé cinq cent mille francs d'un trait de plume; mais, comme l'argent ainsi levé violemment était dépensé sur les lieux, le peuple voyait d'un œil patient ces exactions de ses nouveaux maîtres sur les anciens. Le taux légal de l'intérêt est à Rome de six pour cent, et l'on tolère celui de huit pour cent sur hy-
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pothèque, ce qui montre à la fois la rareté de l'argent et combien les contributions levées sous les Français devaient paraître exorbitantes.
Pendantles cinquante dernières années le prix des objets de premièrenécessité s'est élevé demoitiéenviron , et les salaires d'un tiers seulement, sans que les ouvriers en soient sensiblement plus pauvres , parce qu'ils sont devenusplus industrieux. Un maçon ou un charpentier gagne en ville 35 à l\o bajochi par jour , les ouvriers de la campagne de lo à lobajochiQX leur nourriture, égale à no hajochi de plus.
11 y a 1 5o fêtes par an, en y comprenant les dimanches, mais sans compter les fêtes de paroisse pour les saints de l'endroit; celles-ci, quoiqu'abolies , sont encore observées par ceux mêmes qui préféreraient s'en dispenser, si leurs voisins étaient du même avis ; car un artisan ne peut pas ouvrir boutique si tous les autres ne le font pas.
Les terres labourables de la campagne de Rome, cette plaine malsaine, au milieu de laquelle Rome est située, ne se vendent pasbeaucoup plus cher qu'ily a cinquante ans, ce que l'on attribue à cette circonstance singulière, que les chenilles et les sauterelles y font de beaucoup plus grands ravages qu'autrefois; et en effet, la valeur des vignobles sur les cohines environnantes, où ce fléau n'existe pas, adoublé dansle mêmeintervalle. Malgré le grand nombre de chevaux employés à I. so
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Rome et la cherté des fourrages, personne n'a encore pensé à établir des prairies artificielles. La valeur des maisons de l'antique Campo Marzo, traversé maintenant parla longue rue du Corso a plus que doublé, depuis quelques années, en conséquence de l'affluence des étrangers, tandis que dans d'autres parties de Rome elle reste à peu près la même.
Quand l'Italie avait un gouvernement national établi à Milan , il y eut un moment d'émulation où , entr'autres sciences utiles , l'économie politique commençait à être cultivée, et Melchior Gioja^ savant italien, recueillait des faits statistiques; mais ces innovations scientifiques, qui n'avaient pas jeté de profondes racines , furent, à la restauration , enveloppées dans la proscription commune de tout ce que la révolution avait produit, bon comme mauvais.
Depuis quelques années, le gouvernement romain clierclie bien à rétablir quelques-unes des institutions renversées ; mais l'émulation et le zèle, que demandent ces sortes de choses , n'existent plus. Je joins ici un état statistique de la population de Rome pendant les années 1 800 à 1 8 1 7, par lequel on trouve que les naissances sont à la population comme un est à trente 70/100. Cette basse proportion, comparée au reste de l'Europe, indique certainement un pays malade.
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