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Nous revenions très-enchanlé de Luciano Zane, qu écrit lui-même ses pièces, peint ses décorations, modèle et habille ses marionnettes, lorsqu'on nous apprit que le plus grand talent du genre, que l'illuslre, l'incomparable, le jamais assez loué, était un certain Famiola de Varallo, un homme admirable dont les marionnettes remuent les yeux et la bouche, qui ne récite pas, qui improvise et fait des allusions politiques d'une finesse et d'une audace inouïes, un homme charmant, plein d'esprit, adressant aux femmes, dont son théâtre est toujours plein, mille bons mots et gaillardises qui les font rire aux larmes ; il représente la prise de Peschiera avec des canons, des mortiers et des soldats en uniforme exact ; il a des danseuses parfaites, qui vous font mourir d'amour ((uand elles dansent la saltarelle, en tordant leurs petits reins de bois; enfin, Famiola est le premier homme du monde : il n'a qu'un défaut, c'est d'être à P;denza, sur le lac Majeur, d'où peut-être il vient de partir. Nous rêvions déjà d'interrompre notre voyage et de nous mettre au pourchas de Famiola, sauf à le suivre au bout du monde après l'avoir trouvé, lorsqu'on vint nous dire de monter en diligence. Au lieu de suivre Famiola, comme c'était notre envie, nous partîmes pour Milan. C'était plus sage; mais, tout en roulant dans l'obscurité, nous rêvions toujours aux belles marionnettes, qui faisaient des gestes eïtravâ^^^auts et cabriolaient à travers notre sommeil.