‹ Voyage en ItalieChapitre 25 sur 27 · SOI · texte numérisé non relu

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Quelle pitié , dans les arts de l imitation , d exagérer toutes choses , la grâce ou la force! Par le même pro codé, Canova ne produit que des filles de joie, et Torxvalsen que des forts de la Halle. Ceci il a rien de commun avec le MoUe et lu Venu»; mais où sont-ils , les grands sculpteurs d'autrefois?

A Mayence , le bateau à vapeur s’empare de vous, voyageur fatigué de courir les grands chemins , et vous vous voilà aussitôt qui remontez le Ithiu à travers les vallons , les montagnes , les ruines que recouvre le pampre vert, à travers toutes les douces joies de ces beaux rivages. Quelle fête des yeux et des sens ! Quel enchantement de voir ainsi passer devant vous ces vieux châteaux forts , ces maisons blanches , ces frais hameaux qui se mirent dans l’onde, pendant qu autour de vous , assis à un banquet éternel , l’infatigable Allemand mange, boit et fume, tranquillement assis autour de la vaste table dressée sur le pont du léger navire I Jamais plus calme voyage n’a été entrepris par des voyageurs plus calmes; car ceuxlà , heureux de vivre, sans souci de la veille, sans inquiétude du lendemain, s’abandonnent volontiers

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au nonchalant balancement de i heure , c’est-à-dire de la vague présente ; ils mangent et ils boivent tout le jour , et quand ils ne mangent ni ne boivent, ils fument, jetant quelquefois un regard de componction sur cette belle et éclatante nature dont ils font partie. Quelle différence entre ceux-là , les heureux sans agitations, et ces volcans italiens qui se démènent et qui s'agitent pour un peu moins que rien , et ces autres volcans, les Français, qui , même sur le bateau à vapeur de Paris à Saint-Cloud , trouvent le moyen de disputer avec leur femme , de gronder leurs enfants et de causer de leurs affaires? Moi , j’étais ravi de contempler ce tranquille bonheur, d'admirer cette faim insatiable, d’augmenter de mon mieux, la pipe à la bouche, cette épaisse fumée , et avec quelle joie j'ai bu à la santé de ces vignobles dont le viu , jaune comme la pierre a fusil dont il a la saveur, porte dans les veines un l'eu si doux, si caché cl si pur !

Nous voici à Cohlentz; le pont de bateaux se coupe en deux parties pour nous laisser passer, quand au milieu de notre bateau on crie : — Au [eu! cnalle-

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inand et en français ! — Remettez-vous , ce sont quelques toiles qui brûlent. Le soir, je me promène sur les remparts de la ville ; je respire le frais dans les fossés aussi parés de Heurs que les jardins des Tuileries ; je vais regarder la citadelle qui domine la montagne; je retrouve à chaque pas la France, et je me dis : Et pourquoi donc n’est-ce pss là la Frauee? Cependant le tambour bat aux champs, les soldats se réunissent, la musique militaire se fait entendre. — Vivat! eeü un prince qu’on attend et qui ne vient pas. Ces soldats étrangers sont jeunes et beaux, et bien tournés. Même sans être un soldat très-exercé , on reconnaît que cette armée ne sonne pas le creux comme l'armée du roi de Sardaigne. A Coblentz , le Rhin est la plus belle nappe d’eau qui se puisse voir. — Quant aux ruines, elles sont semées çà et là avec tant de goût et de discernement, qu’on les dirait faites tout exprès pour l’enchantement du paysage.

Puis, le lendemain matin, savez-vous bien que jetais nu but de mon voyage? Dans un coin retiré, au hasd’une montagne, ou plutôt entre quatre montagnes, dans le plus étroit petit espace que puisse occuper un

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petit village, est bâti un petit bain encore peu connu dans ce très-caché petit village nommé Ems. Quelques jolies maisons blanches composent ce hameau. Une espèce de château , bâti au commencement du siècle passé, par un châtelain qui cherchait à vendre son eau chaude, est le centre de ce beau lieu. Dans les fondations de ce ehâteau , ont été creusées plusieurs baignoires que remplit l’eau chaude et sulfureuse. Là, je voulais me reposer de mes fatigues de l’esprit et du corps. Quelle admirable tiédeur dans ces bains taillés dans le roc! Quel bien-être de tous les sens! Comme peu à peu le calme vous revient à Pâme , In souplesse au corps ! Je ne sais rien de plus charmant qu'un mois de la vie passé ainsi à lie rien faire , à ne rien voir, à ne rien sentir, à ne rien comprendre, à ne rien savoir des bruits qui se font dans le monde ! Et notez bien qu'il ne s'agit pas ici de ces eaux somptueuses consacrées aux riches et aux oisifs de l’Europe, d'un village rempli des Parisiennes de Paris ou de Londres , de Naples ou de Saint-Pétersbourg. Non , il s agit d’un petit village tout simplement habité par d’honnètes Allemands qui fuient l éclal et le bruit comme le plus

souverain de tous les maux. Il s'agit d’une douce verdure dans les bois, d’une montagne qu’il faut gravir, d’un gros torrent qu’il s'agit de traverser. Là, point de fêtes, point de toilettes , point d’intrigues , point de romans nouveaux ; pas une seule marchande de modes ! A peine a-t-on établi, dans une baraque, un jeu de roulette où les plus riches viennent perdre ou gagner quelques kreutzer ! Eh bien ! cette vie-là a son charme. Je ne changerais pas ce pauvre petit village d’Ems contre toutes les magnificences que l’on raconte des eaux de Bagnères. L'humble naïade d’Ems est si douce, si caressante, si pure, si facile! Elle guérit toutes les maladies qui veulent, pour être guéries , le calme de l’esprit et du cœur. Que cette douce fontaine soit bénie! et surtout la préserve le ciel de devenir jamais à la mode dans le faubourg Saint-Germain !

Et enfin quand cette coupe fut épuisée, quand j'eus assez mélangé au petit vin du Rhin l'eau de Seltz naturelle, exquise boisson de nos repas de chaque jour, je pris congé de ce doux petit coin de terre, je retrouvai à Coblentz le bateau à vapeur qui nous porta en deux jours, et par quelle route! jusqu’à Rotterdam,

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nu beau milieu île la Hollande. Alais celle fois le ciel était couvert de nuages, la pluie tombait par torrents, le fleuve grondait et nous couvrait de son écume ; l'Allemand, éperdu et ne pouvant plus dresser la table sur le pont à demi noyé , se cachait sous les toiles grises pour fumer sa pipe; l’on eut dit d'un petit volcan mouillé. — Le fleuve est grand et triste et solennel dans ces parages ; on comprend déjà qu’il est le voisin de la mer.

Quelle grande voix ! quels grands bras I et comme il sc jette de long en large à travers les villes qui se reposent en tremblant sur scs bords! On a peut-être dit bien souvent, mais on n’a pas dit assez la fraîcheur et la grâce des lies du Rhin , l’antiquité des villes, la richesse des campagnes. L'histoire et la poésie, la légende et la ballade se dispulentces bonis. Nous saluons de loin Newied , Andernach et sa tour, le Draehenfels et scs sept montagnes, et dans celte course rapide trop heureux sommes-nous d’aborder à Cologne, la Rontr germaniqtie, la ville des miracles, îles légendes, des saints martyrs, merveilleuse cathédrale bâtie par le diable. En effet, l’aspcctde la vieille

file esl étrange. Figurez-vous un entassement formidable de mils, de clochers, de tours. — Vue de loin, c'est une ville admirable ; vue de prés, c’est un labyrinthe de rues sales et tortueuses; mais ce labyrinthe vous conduit à la cathédrale de Cologne.

Cette cathédrale de Cologne reste seule debout au milieu de cette ville , comme [tour attester la loulepuissauce et en même temps l'extrême impuissance de 1a foi catholique. Autour de ce vieux monument inachevé, tout est silence, solitude, désordre. Cette place a été jadis aussi entourée, aussi défendue que la place de Pise; mais rien n’a résisté des monuments élevés là, excepte la cathédrale. Donc elle est seule et penlue ila ns ce désert. Mais, soyez tranquilles, il lui sufiil, pour se défendre , de sa masse imposante. Que vous dirai-je cependant de ce chef-d'œuvre incomplet et si grand ? — Pensée avortée et merveilleuse ! — muraille immense et seulement à moitié bâtie I — Un chant de triomphe poussé par la terre , et qu’on dirait interrompu par les formidables et retentissantes trompettes du jugement dernier ! Dans quelles entrailles de la terre a poussé cette montagne de pier-

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res? De quel abîme viennent ces grands créneaux gothiques , ces fines colonnades, ces dentelures ciselées? On dirait un de ces feux d'artifice perdus dans les airs , rien qu’à voir s'élancer les mille pointes de ces mille ogives ! Mais l’artifice est éternel ; seulement un souffle puissant, le souffle de Dieu peut-être, l’a empêché de se perdre plus haut dans les airs.

Quand j’entrai dans la cathédrale de Cologne , la pluie retombait en fines gouttelettes, cent mille fois brisées par les tourelles ; le portail, sur lequel priaient tristement tous les saints de la légende, était couvert d’une mousse humide et verdâtre; les deux tours, perdues dans l’obscurité pluvieuse . paraissaient plus hautes que de coutume et complètement achevées. Vous entrez dans le sanctuaire ; mais quel froid vous saisit! quelle tristesse mortelle! Ce n'est plus là une œuvre humaine : ce sont des pierres à demi taillées et entassées par les génies, dans un jour de paresse et de caprice. A peine le sanctuaire est -il achevé, à peine l’autel est-il debout , à peine quelques-unes des immenses et sombres ouvertures sont-elles recouvertes de leurs vitraux gothiques. Désordre, confusion, mi-

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sère, obscurité, grandeur, je ne sois quelle profane et majestueuse pitié qui sort de eet abîme : voilà cette œuvre. Le peuple de Cologne a bien raison de dire que le diable a passé par là pour bouleverser et écraser toutes choses; mais le diable n’est pas plus puis sant que les hommes : il peut tout bouleverser , il ne peut rien anéantir.

Voilà donc à quoi eu est réduite cette cathédrale, qui devait être le pendant glorieux et allemand de l’église de Saint-Pierre à Rome! Voilà donc le rêve de l’archevêque Conrad de Hochestedten , commencé en -1248, et auquel, en 4-499, toute une génération travaillait encore! On dit que l’architecte qui avait imaginé ainsi celte pierre transparente , afin que le Rhin y pût envoyer à toute heure du jour un reflet de son soleil , avait donné son àme au diable , et que le diable emporta cette âme avant même qu'elle n’eût achevé cette oeuvre éternellement pendante. — Pendent intermpla !

Je vous disais donc que l'orage grondait au dehors. Au-dedans de la cathédrale régnait une obscurité pluvieuse. Les fenêtres percées dans ces murailles coin-

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nieuoeiil au sol ut s élèvent aussi haut quu lu mur que soutiuimuiit des piliers d un seul jet, jusqu à la voûte, supportée elle -même par des arbres d'une pierre flexible, dont les rameaux reposent sur ces mêmes piliers. Figurez-vous cent colonnes de cette hardiesse et de celte hauteur, couronnées par cent chapiteaux différents.

A chaque pas que vous faites sur ces dalles humides , vous rencontrez un tombeau, souvent sans nom. jamais sans écusson et sans armoiries. Soldats , empereurs , saints évôques , saintes femmes , et en lin , dans une chapelle, la châsse des trois mages. — Trois crânes étincellent sous trois couronnes de pierres précieuses. — Et enfin le tombeau d'une reine de France, Marie de Médicis, qui est morte, à tant de siècles de distance , dans cette même ville , où était née la mère de Néron.

Le bateau vous reprend pour vous conduire à Rotterdam. Nous passons la nuit ù l)usseldorff, et le lendemain nous avons encore le temps d aller visiter 1 exposition de peinture ; et figurez-vous quel dcsap|>oiiite ment pour des gens tout Irais arrivés du (valais l’ilti

à Florence! Autrefois lu ville possédait d'admirables toiles de Rubens : c est maiiitenaiit In ville de Munich qui s’en pare. C'est sou âme que Dusseldorff a laissé prendre à Munich en perdant ces Rubens. En revanche , Dusseldorff s'est mis à faire de l'industrie ; elle vend , elle achète , elle fabrique ; elle oublie parfaitement , dans toutes les transes lucratives de la spéculation, les adorables petites toiles de Téuiers, les admirables toiles de Rubens.

A la fin le Rhin s'arrête. La mer est là qui l'attend pour le dévorer. Au loin voyez-vous ce pays plat qui se montre à peine un peu au dessous de l’eau ? voyezvous cette forêt de mâts , cette armée de radeaux? c'est Rotterdam ; c’est la Hollande! vous êtes dans le domaine de l’eau. En ce lieu les éléments changent de rôle; l’eau c’est In grande route , c’est la haie qui sépare les champs , c’est le mur qui entoure les maisons, c’est la parure, c’est l’ornement, c’est le fléau de ce petit coin de terre , de qui l’on peut dire : — Souviens-loi que tu a» été la mer, et qu'un jour lu redeviendras la mer! Mais cependant que cette humide Hollande est fraîche , émaillée, verdoyante, planta-

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i-euse ! quels gros arbres qui vous prêtent leurs branchés et leur ombre! quels pâturages dans lesquels sont doucement couchées les grasses génisses de Paul Potter ! que les maisons sont calmes et nettes 1 et vous entrez ainsi dans Rotterdam , tout en admirant cette nouvelle nature que vous reconnaissez pour l’avoir vue dans les chefs-d'œuvre des peintres flamands.

Singulière destinée des hommes! Dans cette ville de vaisseaux marchands et de marchands, entre ces canaux dont les bords sont encombrés de ballots venus de tous les coins du monde , a vécu Bayle , le maître du doute ; là est né Érasme , ce Voltaire anticipé, le seul pendant qu’on puisse trouver à Bayle et dont la statue s’élève , plus narquoise que jamais, au milieu de la halle au poisson.

Vous dirai-je maintenant que j’ai été à La TTaye et que je me suis persuadé que je me promenais au beau milieu d’un paysage de Kuyp ou Stanfield ? Ce sont là en effet des maisons en miniature, cachées sous des arbres énormes et à demi ensevelies dans les hautes herbes. La Haye, ce n’est pas une ville, c’est un grand jardin anglais. — dans ce jardin on a disposé toutes

sortes de merveilles eu petit, et même une prison et un palais. Le palais a été habité quelques jours par Louis Bonaparte ; de la prison sont sortis les frères de Witt, ees héros de la Hollande , pour être conduits à l’échafaud. Tout au bout de ce beau parc, est situé un adorable petit village nommé Schevcling , entre deux rangées de vieux ormes qui mènent à la mer! Il n’v a pas do paroles pour vous dire l’irrésistible étonnement du voyageur.

Que voulez-vous savoir de plus? certes je n’irai pas vous parler de ces admirables musées, consacrés à la peinture flamande, que possèdent les riches Hollandais. Quand un Hollandais a fait sa fortune, comme il ne peut pas acheter de terre, il achète un tableau, et quels riants chefs-d’œuvre! Et comme cette peinture est toute faite pour l'honnête homme qui la peut placer dans sa maison ! Tout au rebours des chefsd'œuvre de L Italie qui 11 e sont faits que pour les palais et les musées. Mais cependant Paris m’appelle de sa grande voix. Je quitte La Haye, je reviens à Rotterdam, assez à temps pour assister à l’une de ees fêtes nocturnes dans les casinos de la ville, quand un matelot.

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ilt' retour «le ses voyages lointains, s’en va chercher des danseuses à sa taille, avec lesquelles il danse et il boit jusqu'à ce qu’il ait bu son dernier habit. Le lendemain je passe la mer sur un bateau à vapeur, en compagnie d’un régiment hollandais. A l’instant où je vais entrer en Belgique et sur la frontière hollandaise, on m’arrête, et je suis obligé de rebrousser chemin jusqu’au quartier général. Il y avait six lieues a faire, et par des chemins abominables. Vous eussiez dit que la guerre était imminente, et que je n’étais rien moins que le maréchal Gérard déguisé en bourgeois. A chaque instant je rencontrais des sentinelles qui venaient reconnaître. On me conduisit de corpsde garde en eorps-de-garde, et alors j’expliquais de mon mieux, à qui de droit, que j'étais un Français inoffensif qui ne demandait que la permission de passer la frontière. J’arrivai ainsi au eainp hollandais qu'on venait d'établir. Ces pauvres soldats étaient couchés dans la bouc, sous des toiles criblées de pluie; — quelques officiers étaient couchés sur la paille. Jamais on n’a vu plus de misère et de souffrance, même dans un camp sérieux, en pays ennemi.

pu pleine guerre. C’est un jeu «rue! que il exposer sans nécessité tle jeunes soldais à eetle intempérie de l’hiver, surtout ces jeunes Hollandais à peine échappés ou foyer paternel et à la marmite maternelle. J'attendis ainsi jusqu'au lendemain cette bienheureuse permission, qui me fut accordée de bonne grâce, et le soir de ce même jour de bivouac, j'arrivai à Anvers, où le grand Rubens eut ma première adoration. Après Rubens et la Descente de Croix, c'est l'Escaut qu’il faut voir, et même, si vous avez le temps , les ruines fort tranquilles de la citadelle nouvellement rebâtie. Quelques boulets sont restés dans la ville comme un souvenir de notre récent passage. — Le chemin de fer vous conduit d’Anvers à Bruxelles. C’est un chemin de fer comme les autres, rapide au départ, mais lent à l’arrivée, et qui s’arrête à tous les embranchements de la route où il fait souvent des baltes d’une heure ; ainsi nous arrivâmes 1a nuit à Bruxelles, ville splendide et pleine d’ennuis, mauvaise contrefaçon de Paris et de la France, — et le lendemain, mon Dieu ! j'étais en roule pour Paris. — Comme vous voyez, j'ai fait là . pour un commençant ,

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nue longue traversée. Comptez donc que de lieues de tour, depuis la chapelle de Fourvières jusqu à la •cathédrale d'Anvers, en passant par Milan et Rotterdam !

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