‹ Voyage en OrientChapitre 17 sur 17 · LE MONT GARHËL. SI I · texte numérisé non relu

LE MONT GARHËL. SI I

f aires, ki cloeliedes égalises tintait r^ni/^/Ks/des millions d'éires se découvraient la (été ou s'agenouillaientayecuo sentiment pieux ; les mères enseignaient à leurs enfants à répéter lès paroles sorties d*une grol te de Nazareth et répandues dans Tunivers entier. Et dans rémotion que j'éprouvais à cette pensée, les yeux fixés sur la cha|)6lle de la Vierge, je ne pouvais que joindre les mains et répéter aussi VAve Maria. »

Deux routes (de sept à huit lieues) conduisent de Nazareth à la plaine de Saint-Jean d*Acre. Celle que suivent la plupart des voyageurs passe par Sapbori et Bedaoui ; Tautre, plus méridionale, ti^averse les villages de Jebiza et de Zaïdy. Je donnai la préférence à cette dernière, parce qu'elle est moins fréquentée et moins connue. Du reste, elle n'offre rien de particulièrement intéressant. J'y ai seulement remarqué de belles foréfts de diénes, au sortir desquelles j'ai revu la mer et Saint-Jean d'Acre, à l'extrémité de la plaine de trois lieues qui porie son nom.

~*10 juillet» Gaza. — J'avais ivtrouvéà Saint4ean d'Acre le brick qui m'y a^t amené de Latakîé. Il m at tendait. Dès que j'ai été rembarqué, il a mis à la voile. Le temps» qui étaii magnifique au départ, n'a pa» tardé ù se gâter; la mer est devenue si houleuse qu'il nous a été impossible de rels^her à Jaffa, comme nous en avions Tinteniion. Il fallut gagner le large pour échapper aux dangers dont nous menaçait la tempête. Le calme revenu, nous avons mis le cap à terre, et j'ai débarqué près deGaza, où j*ui prisa>ngé, non sans regret , de cet aimable touriste britannique qui s'était montré si obligeant pour moi.

Gaza, appelée en arabe fiazzé, Tancienne métro-

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pôle des Philislins, la plus noble cilé de la tribu de Sîméon, célèbre autrefois par ses richesses, par de grands sièges et de grandes batailles, placée entre la Syrie et l'Egypte, et servant comme de porte à ces deux empires, conserve encore aujourd'hui une importance qu'elle doit au passage continuel des caravanes. C'est par là que Ton passe pour aller par terre de Beyrouth, de Jaffa au Caire, et vice versa; c'est là que l'on s'arrête pour se procurer d'autres moyens de transport et renouveler ses provisions.

Gaza est située à une lieue et demie environ de la mer, elle occupe une partie d'une colline arrondie qui s'élève à cinquante ou soixante pieds au-dessus du niveau de la plaine. Au temps des croisés, elle conservait encore les vestiges de son ancienne grandeur, mais ce n'étaient que des vestiges. Maintenant on n'y trouve plus que quelques colonnes de marbre ou de granit qui jonchent le sol ou qui ont été employées à former le seuil des maisons. Comme la plupart des villes de l'Orient, elle est magnifique à contempler à une certaine distance, avec sa riche végétation, ses jardins couverts de fleurs et de verdure tonte l'année, et ses majestueuses tiges de palmiers. Au dedans, on ne voit que de chef ives habitations en terre, çà et là seulement quelques maisons plus solidement bâties, et çà et là des cimetières. Son ancien port n'existe plus, et sa population est composée d'une demi-douzaine de peuplades différentes qui l'habitent, ou pour mieux dire campent l'une à côté de l'autre, sans s'unir, sans se comprendre, et qui, n'ayant point de lien entre elles, point de tendances communes, ne peuvent user de la force que donne

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riiomogénéilé. Sa population est beaucoup plus considérable qu'on ne pouri*ait le croire d'après Testimalion de quelques écrivains. Volney la fixait à deux mille âmes; Richardson la portait de deux à trois mille, Raumur à cinq mille. M. Poujoulat dit qu'elle s'élève a dix ou onze mille, et M. Ed. Robinson assure <|ue, d'après les divers renseignements qu'il a pris, elle doit être de quinze à seize mille âmes, dont cinquante-sept familles chrétiennes et quatre mille contribuables musulmans.

Gaza, actuellement une des dépendances du pachalik d*Acre, n'offre aucune curiosité aux voyageurs; on ne leur y montre guère que l'emplacement du temple que Samson aveugle et prisonnier fit crouler sur lui et sur trois mille Philistins, et la place où fut le château que Bonaparte renversa de fond en comble après s'être emparé de la ville. Ses mosquées ne méritent pas une visite. Son kan est vaste et beau. Ses bazars sont élroits, sombres et de pauvre apparence, quoique assez bien approvisionnés; mais on y voit une grande variété de costumes. « Les antiquaires n'ont rien a faire à Gaza, dit M. Poujoulat, tout y est moderne et d'origine musulmane. L'enceinte de la ville offre autant de palmiers que de maisons. Tout autour croissent aussi des palmiers mêlés aux uopals et aux sycomores. A travers cette enceinte boisée vous rencontrez des fontaines, des oratoires de santons, des mosquées, des caravansérais. Tout me semble égyptien à Gaza, les habitudes, les costumes, les productions, la couleur du sol; il semble qu'en mon* tant sur une terrasse on va découvrir Alexandrie ou

le Caire; on sent l'Egypte, on entre dans ses mono-

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loues et vasips plaines. Le Tasse a deviné Gaza quand il a dit :

Gaza è cUlA délia Giiidea iiel Hne, Su quella via ch^ inver Pehisio mena, Posla in riva del mare, ed ha vicine Immense solitiidinl d^arena.

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