SOURCES MINÉRALES
renommés pour les rhumatismes et dans le cas de débilité prématurée ; il s'y rend des malades de toutes les parties de la Syrie. Une espèce de squelette, entièrement nu jusqu'au cou, était dans le bain et paraissait tellement absorbé dans ses pensées que ce fut à peine s'il fit attention à nous lorsque nous entrâmes. Peut-être ne se considérait-il plus comme de ce monde et, par conséquent, comme exempt des égards et des devoirs de politesse qu'il impose. L'eau, en se rendant de la citerne dans le lac, forme un courant considérable qui laisse sur les pierres qu'il rencontre un dépôt de couleur jaunâtre. On trouve dans les environs plusieurs autres sources minérales; mais jusqu'ici on n'en a tiré aucun parti. Je me brûlai fortement la main eu la plongeant imprudemment dans une de ces sources pour m'assurer du degré de chaleur qu'elle avait, et pour connaître quel en était le goût. On nomme cet endroit El-Hammam, nom générique que l'on donne à toutes les sources d'eau chaude. Son ancien nom hébreu Emmaus a, je crois, la même signification. A partir d'un peu au-delà de ces sources jusqu'à Tibérias. on rencontre un grand nombre de cavernes creusées dans les flancs des collines situées à l'ouest.
ARRIVÉE A T1BKRIAS. 2ôi
L'heure avancée du jour ne nous permii pas d'en examiner la nature. Elles servaient peut-être de retraite aux moines du moyen-âge. On les indique aux voyageurs comme étant les « tombeaux » dont il est fait mentiou dans l'Evangile, et qu'habitaient les démoniaques dont l'un entre autres fut instantanément guéri par Jésus-Christ. (Saint Marc, v, 2, 5,
Un peu avant d'arriver à la ville, nous passâmes au milieu de quelques vieilles ruines qui servent aujourd'hui de cimetière aux Turcs, et parmi lesquelles on remarque une grande quantité de fûts de colonnes eu granit rouge et gris, gisant épars ça et là. Ce sont vraisemblablement les restes de l'ancienne ville qu'avait bâtie Hérode Agrippa, tétrarque de Galilée, et à laquelle il avait donné le nom de Tibérias, en l'honneur de l'empereur Tibère qui régnait alors. Les Sarrasins, sous la conduite du calife Omar, s'en emparèrent. A. l'époque des croisades, elle tomba au pouvoir des chrétiens; mais les mahométans s'en rendirent définitivement maîtres vers le commencement du quatorzième siècle.
11 était nuit lorsque nous arrivâmes aux portes de Tibérias. Le bruit des pas de nos chevaux tirèrent de leur assoupissement quelques soldats albanais
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qui étaient là de garde, uniquement pour la forme. Notre arrivée dans cette ville isolée, excita d'abord un sentiment de surprise auquel succéda bientôt la défiance. Satisfaits de la faible somme de connaissances qu'ils possèdent et qu'ils regardent comme suffisante à leurs besoins, les Orientaux ne \ cuvent concevoir que des Européens se décident à quitter une patrie où ils vivent heureux uniquement par curiosité, ou par amour pour la science. Sur l'exhibition de nos teskerés, on nous permit de passer. On nous conduisit à la maison d'un catholique nommé Saba. pour qui nous avions apporté du couvent de Nazareth des lettres de recommandation. Il exerçait les fonctions de secrétaire auprès du gouverneur, et était considéré comme un personnage important dans un endroit où bien peu de personnes savent lire et écrire. Ce brave homme parut extrêmement flatté de notre visite, et se mit sur-le-champ en devoir de tout préparer pour bien nous recevoir. Malgré nos instances pour l'en empocher, il fit ajouter plusieurs plats au modeste souper qu'il se disposait à partager avec sa famille. Il faut avoir vovagé dans les contrées où l'argent même n'est pas toujours une ressource contre les privations, pour pouvoir appré-