‹ Voyage en Palestine et en Syrie (volume 2)Chapitre 116 sur 144 · MANIÈRE DE BATTRE LE BLÉ · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE BATTRE LE BLÉ

soit « la ville bâtie sur une colline » à laquelle fait allusion notre Sauveur dans le sermon qu'il prêcha sur la montagne.

Après nous être rafraîchis en nous baignant dans le lac dont l'eau est extrêmement douce , fraîche et limpide, nous nous remimes en route vers midi pour retourner à .Nazareth, \otre aimable hôte, qui ne nous avait pas perdus de vue une minute, nous accompagna à une certaine distance de la ville. Il nous fut impossible, en le quittant, de lui faire accepter aucune espèce de présent.

A mesure que nous gravissions la montagne située à l'ouest de la vallée, l'air , que nous avions trouvé étouffant dans le bas, devint peu à peu plus frais; la végétation prit de la vigueur, et se revêtit d'une teinte plus foncée. A gauche de la route, sur un terrain un peu élevé, nous vîmes des bœufs employés à fouler du blé. Ils n'étaient pas muselés et on les laissait manger librement le grain que leurs travaux avaient aidé à faire venir, conformément à ce précepte de Moïse : « Vous ne lierez ■ point la bouche du bœuf qui foule vos grains « dans Taire » Deut. xxv. i. ) Lorsque 1»' urain

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est séparé de l'épi, on le vanne en le lançant Contre le vent avec une pelle de bois. On répète relie opération jusqu'à ce que le grain soit entièrement séparé de ses barbes, après quoi on le réunit en tas. on le porte dans la maison même du pro~ priétaire, car dans ces contrées on ne voit nulle part de granges isolées. On se sert de la paille, ainsi broyée, pour la nourriture des bestiaux, et pour faire des briques. L'aire à battre est ordinairement découverte ; on l'égalise bien avec un rouleau, et on a le soin de la rendre plus dure en y mêlant de la chaux, afin que l'herbe ne puisse pas y croître, et que la chaleur ne la fasse pas gercer. Cependant, malgré ces précautions, on trouve toujours un peu de terre mêlé au grain, ce qui rend le pain graveleux et mauvais.

Au bout d'environ une heure, nous atteignîmes Ayn-el-Raham; c'est le nom que l'on donne à une très-belle source d'eau. Nous mîmes pied à terre en cet endroit et nous déjeûnâmes avec du pain et des fruits. Deux heures et demie après, nous arrivâmes à un endroit où l'on voit une demi-douzaine de gros blocs de pierre noire qui s'élèvent au-dessus du sol. à pou de distance de la grande roule. On b's appelle

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