‹ Voyage en Palestine et en Syrie (volume 2)Chapitre 115 sur 144 · TIBÉRIAS · texte numérisé non relu

TIBÉRIAS

plus attentif ne tarde pas à en faire reconnaître l'insignifiance. Toutefois , on regarde cette ville comme capable de résister à tout assaut qui serait livré par des soldais syriens. * Au nord de la cité, sur une éminence qui la domine, sont les ruines de la citadelle, qui fut détruite, il y a quelques années, par un tremblement de terre, qui renversa également la plupart des maisons de la ville. La moitié de l'enceinte renfermée dans les murs est encore aujourd'hui vide de maisons ou de bâtimens quelconques. Dans le bas de la ville, au bord du lac, est une petiïe chapelle qui, d'après la tradition, occupe l'emplacement de la demeure de Simon, fils de Jonas (l'apôtre Saint Pierre) et où il exerçait l'humble profession de pécheur, ignorant encore la glorieuse destinée qui l'attendait. C'est un bâtiment de forme oblongue, voûté, et dans chaque côté duquel on a percé deux petites croisées pour recevoir la lumière extérieure. H sert généralement de kan pour les voyageurs qui n'ont pas d'autre endroit où ils puis-

* Sous la domination du sheik arabe ÏJaher, elle suppporla pendant huit mois l'attaque de 80,000 assiégeans. (Bnrkliardl.

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sent loger dans la ville. Tout près de là étaient quelques pêcheurs qui reliraient leurs filets du lac; les poisson qu'ils prirent élait de la grosseur de la perche et lui ressemblait beaucoup. Nul doute qu'il n'en existe de plusieurs autres espèces dans le lac où ils vivent bien paisiblement. — Ici, comme partout ailleurs, les Juifs habitent un quartier séparé. 11 se trouve presque au centre de la ville, et est entouré d'un mur percé de plusieurs portes qu'on ferme à la nuit tombante. Toutefois ils jouissent d'une entière liberté religieuse. Un grand nombre d'entre eux sont des Juifs d'Europe, qui se sont retirés ici pour terminer paisiblement leur carrière. Tibérias étant une des quatre villes saintes du Talmud, (les trois autres sont Saphet, Jérusalem et Ilébron,) et se trouvant située au bord du lac Génésareth d'où, à ce qu'ils prétendent, le Messie doit sortir. Lorsque nous nous trouvâmes au milieu d'eux, plusieurs nous adressèrent la parole en allemand, d'autres en espagnol. Ils nous menèrent visiter leur synagogue, ainsi qu'une espèce de collège qu'ils possèdent ici. Dans la bibliothèque attachée à ce dernier établissement, nous vîmes trois ou quatre rabbins paraissant absorbés sur de gros volumes

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reliés en basane et écrits en hébreu. Ils semblèrent éprouver du plaisir en voyant que nous connaissions plusieurs des faits qui se rattachent aux premiers temps de leur histoire. Le premier établissement de leurs ancêtres à Tibérias, remonte à l'époque de la destruction de Jérusalem par Vespasien. Après l'anéantissement de la monarchie juive, Tibérias devint la résidence d'une succession de patriarches qui exerçaient une sorte d'autorité sur les Israélites dispersés dans divers endroits de la Palestine. Celte ville se rendit, de bonne heure, célèbre par son académie, que présidèrent successivement plusieurs docteurs juifs jusqu'au quatrième siècle. On prétend que la dernière assemblée du Sanhedrim se tint ici: le Mishna ou texte du Talmud y fut rédigé, et c'est ici enfin que les célèbres Massorites se livrèrent à ces éludes qui exigeaient les plus minutieuses recherches.

Tabaria est peut-être la ville la plus triste de toute la Syrie. Les Bédouins du Ghor, au sud du lac, et les habitans du canton deSzaffard, au nord, sont les seuls avec lesquels elîe fasse quelque commerce. Les caravanes qui vont d'Acre à Damas s'y arrêtent de temps en temps; malgré cela, les bazars paraissent

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de temps en temps ; malgré cela, les bazars paraissaient déserts, et la moitié des boutiques étaient fermées, faute d'acheteurs. N'étaientdes Juifs, l'ancienne métropole de la Galilée serait vraisemblablement abandonnée depuis long-temps, à cause de l'insalubrité de sa situation, environnée comme elle l'est de montagnes rocailleuses qui ne laissent pas un libre passage au vent d'ouest ( vent qui régne dans toute la Syrie pendant l'été ), et qui y concentrent la chaleur à un degré quelquefois insupportable. Les fièvres intermittentes y sont trèscommunes. La crainte d'être victimes de ce fléau des voyageurs, et la pensée que nous avions laissé à .Nazareth un ami (M. Cadalvène) malade de cette même fièvre, furent cause que nous nous arrêtâmes moins long - temps à Tabaria que nous ne l'aurions fait sans cela. On trouve dans les environs diverses localités dont il est fait mention dans l'Evangile, et que nous eussions visitées avec plaisir, car c'est là que Notre Seigneur passa une grande partie de sa vie publique. Sur la rive occidentale du lac, était Capharnaura; il y demeura chez la belle-mère de Simon, qu'il guérit de la fièvre.

( Saint-Marc i, 29, 30, etc. ) Près de Capharnaûm,

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(lait Belhsaïde de Galilée, où résidaient les apôtres André. Philippe et Pierre. (Saint-Jean, i, 44.) Non loin de là. était située Corozaïn. à laquelle, ainsi qu'aux deux autres villes que je viens de nommer, .Notre Seigneur adressa de vifs reproches pour l'indifférence avec laquelle elles avaient vu ses miracles. Saint-Math., xi, 21.) Une autre Bethsaïde. appelée aussi Julias. se trouvait pareillement sur la rive nord-est du lac. Le désert où Jésus nourrit la multitude avec cinq pains et deux poissons est à peu de distance de ce lieu; c'est en revenant de Capharnaùm qu'il traversa le lac en marchant sur l'eau et qu'il éprouva la foi de Pierre en lui permettant de suivre son exemple. Tout prés de là étaient Dalmanalha et Magdela. C'est probablement de celte dernière ville qu'était cette Marie dont il est parlé dans le .Nouveau Testament suus le nom de Marie-Madelaine. Dans la direction du nord, on découvre la ville de Saphet, située sur une des plus hautes montagnes de la Galilée. On pense que c'est la Citron de l'Ecriture, qui se trouvait dans le pays de Zabulon, et dont les Israélites ne purent s'emparer. On l'aperçoit à une grande distance, et à cet égard il est bien possible qu'elle

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