‹ Voyage en Palestine et en Syrie (volume 2)Chapitre 129 sur 144 · ANCIENNE PHÉNICIE · texte numérisé non relu

ANCIENNE PHÉNICIE

restreindre celle dénomination aux montagnes limitrophes dePtolémaïs (Acre).

En atteignant le côté nord du promontoire, nous entrâmes dans l'ancienne Phénicie, proprement dite, et dont Sidon ouZidon était la capitale. Lorsque, par droit de conquête, elle fut réunie au royaume de Syrie, elle ajouta à son ancien nom dePhénicie celui de Syrie, et s'appela dès lors Syro-Phénicie. Le pays connu des Grecs sous le nom de Phénicie était borné à l'ouest par la Méditerranée et à l'est par les montagnes de la Judée et de la Syrie. Au nord, il avait pour limites l'Eleulhérus, aujourd'hui le Nahr-el- Djebir ou grande rivière, tandis qu'au midi il s'étendait jusqu'à Accho, (Acre,) ou mieux jusqu'à la rivière Cison, située au sud de celte ville. La dislance d'Accho à l'île d'Arad, près de l'embouchure de TEleuthérus, du nord au midi, est d'environ cent cinquante milles anglais. La moyenne largeur du territoire phénicien ne peut pas être estimée à plus de trente de ces mêmes milles. Hérodote dit que les Phéniciens descendaient des Erylhréens, c'est-à-dire desEdomites, qui tenlèrenlles premiers de traverser la mersur des navires. Ainsi, lorsque les Erylhréens, Edomites m\ Phéniciens, car sous ces trois noms on

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désignait un seul et même peuple, s'établirent à Tsidon et à Tyr, ils devinrent bientôt célèbres par leur habileté dans la navigation et par leurs succès dans le commerce. Pendant que leurs voisins étaient engagés dans de continuelles hostilités les uns contre lesautres, les Phéniciens cultivaient les arts en paix; et le palmier, cet emblème de la victoire chez les autres nations, était peint sur la proue de leurs vais seaux et gravé sur leur monnaie comme limage de l'abondance et le symbole de la paix. Us ne ressemblaient en rien aux indolens Syriens, aux rudes Cananéens, ou aux Philistins, encore plus barbares.

En une heure et demie nous arrivâmes à des réservoirs que les voyageurs du moyen-âge appellent les cr Etangs de Salomon, » mais que l'on ne connaît dans le pays que sous le nom de Ras-el-Ayn « la léle de la fontaine. » Us consistent en trois bassins construits en maçonnerie grossière, mais revêtus intérieurement d'une couche de ciment très-dur. llssout (•levés de quinze ou vingt pieds au-dessus du niveau du pays environnant, qui est une plaine de cinq à six milles de circonférence. Le plus grand bassin, éloigué de la mer d'environ un quart de mille , est de forme octogone, et a vingt- deux toises de diamètre. Le

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lerre-plain forme une terrasse en pourtour de huil pieds de largeur, au bas de laquelle il y eu a une deuxième, large de vingt pieds. L'eau, au lieu d'être de niveau avec la plaine environnaute, s'élève jusqu'aux bords avec force et en bouillonnant comme elle pourrait faire sur le feu. La source est si abondante, que l'eau, après être sortie par un conduit. qui, du côté de l'ouest, a été brisé, forme un ruisseau qui fait aller trois ou quatre moulins, dans le trajet qu'il parcourt en se rendant à la mer. L'ancien conduit, maintenant bouché, était à l'orient, au-dessus d'un aqueduc qui communiquait avec deux citernes plus petites, éloignées de la grande de cent vingt pas. Ces réservoirs, une fois remplis, l'eau se rendait à Tyr par un aqueduc que l'on peut encore suivre dans toute son étendue. Traversant la plaine dans une direction oblique, il avance près de trois milles vers le nord jusqu'à un monticule sur lequel est le tombeau d'un santon arabe ; alors il tourne vers l'ouest, et traverse l'istbme pour se rendre daus la ville. Dans plusieurs endroits, on remarque à ses côtés et sous ses arches des monceaux d'une matière informe, qui ressemblent à des blocs de rocher. C'est le produit de l'eau qui suinte

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et qui se pétrifie eu se distillant par eu haut. Connue un ouvrage de cette importance dénote un état de haute prospérité, on est autorisé à penser, d'après ce que l'on sait de l'histoire de Tyr, qu'il fut construit à une époque très-reculée, mais cependant moins éloignée que celle que lui assigne la tradition. Par cela même que les eaux s'élèvent au-dessus du niveau de la plaine, il est à présumer qu'elles ont leur source dans les montagnes situées à environ une lieue vers l'ouest. Il est remarquable qu'au commencement de l'équinoxe d'hiver, elles deviennent troubles et se colorent d'une teinte rougeàtre ; mais, au bout de quelques jours, elles reprennent leur limpidité ordinaire. On peut observer le même phénomène dans quelques puits qui se trouvent vers le côté occidental de l'isthme, sur l'emplacement de l'ancienne ville appelée Palae-Tvrus. ou la Vieille- Tyr, pour la distinguer de colle qui était située dans l'île adjacente, bien qu'en réalité cette dernière fût la plus ancienne des deux. Yoy. Josué.) Ces puits sont couverts d'un vieux bâtiment ou tour carrée; et l'on croit qu'ils ont été creusés, à l'époque du siège de la ville par les Assyriens, et lorsque ceux-ci eurent coupé toute communication avec

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