‹ Voyage en Palestine et en Syrie (volume 2)Chapitre 140 sur 144 · TSA10A OU SI DON. H · texte numérisé non relu

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combler au moyen de bateaux que l'on coula après les avoir chargés de fais d'anciennes colonnes. Les navires sont obligés aujourd'hui de mouiller dans la rade, à l'abri d'une petite chaîne de rochers, à peu de distance du rivage. Le palais que ce prince, qui avaithabité plusieurs annéesen Italie, se fit construire dans le goût de ce pays, tombe aujourd'hui en ruines. On voit près de la porte du nord les tombeaux des émirs morts àTsaïda, lorsque cette ville était en ■leur possession. Près de là, sur le rivage est un grand morceau de pavé en mosaïque, composé de marbres de diverses couleurs; mais qui n'est remarquable que parce qu'il constate les empiétemcns de la mer sur celte partie de la côte. Les jardins de Tsaïda, ou pour mieux dire ces enclos d'arbres à fruits, s'élen dent à un mille autour de la ville, et sont séparés les uns des autres par de petits murs de pierre. Comme ces enclos sont cultivés bien plus dans une vue d'utilité que d'agrémont, on ne s'occupe guère de leur amélioration ou de leur embellissement, qu'autant qu'il peut en résulter un produit plus avantageux. Us offrent toutefois un ombrage délicieux pendant les fortes chaleurs de l'après-midi; et leur masse de

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verdure est en tout temps un objet agréable, où la vue se repose délicieusement.

Tsaida, 19 septembre. — Une femme d'une naissance et dune famille distinguées, et non moins remarquable par le rang qu'elle occupait dans sa patrie que par la singularité de sa manière actuelle de vivre sur une terre étrangère, habite dans les environs de Tsaida . Celle qui fut courtisée par les grands à cause de l'influence qu'on lui supposait sur l'esprit d'un ministre, n'hésita pas, lorsque la mort de ce dernier lui eut fait perdre cette influence, et qu'elle vit que l'ingratitude et l'oubli étaient le seul prix de ses bienfaits, à quitter son pays natal. Aujourd'hui, exilée volontaire, elle habite une province turque, vivant dans un complet isolement du monde. Quoique je fusse porteur d'une lettre pour cette femme extraordinaire, je ne me sentis pas le courage d'aller troubler sa solitude, sans autre motif que celui de satisfaire ma curiosité, d'autant plus que je n'ignorais pas que les visites d'Anglais ne lui étaient rien moins qu'agréables, à cause du penchant bien connu qu'ont ceux-ci d'écrire leurs voyages. Toutefois je ne pus résister au désir de visiter la demeure d'une personne sur le compte de qui il a été dit et écrit tant

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de choses. Jerésolus donc d'y passer en me rendant à Beirout , ville pour laquelle je me suis mis en route cet après-midi.

Mar-Elias, tel est le nom de l'endroit, habité par Lady Hester Stanhope, occupe la plate-forme d'une montagne qui fait partie d'une chaîne d'autres montagnes, paraissant être les racines du mont Liban, et qui courent dans une direction parallèle à la côte, dont elles sont éloignées d'un peu moins d'une lieue. Lorsqu'on y arrive de ce côté, l'idée qu'on se fait de sa situation est d'abord assez peu favorable; la vue s'étend en effet, sur une suite des collines nues, égales en hauteur, et toutes de même forme, qui s'avancent dans l'intérieur des terres. Mais lorsqu'une fois le voyageur est parvenu au sommet de la montagne, par un sentier en zig-zag dont on ne peut toutefois parcourir la dernière partie qu'en descendant de cheval, un spectacle enchanteur l'attend. S'il se retourne alors et qu'il porte ses regards vers l'ouest, une plaine admirablement cultivée se déroule à ses pieds. Devant lui, en ligne droite, estTsaida assise au milieu de ses jardins charmans, et au-delà de la ville une mer de couleur azurée qui se perd dans l'horizon. La maison, qui dans l'origine était un couvent,

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