PREMIÈ11E VUE DE JÉRUSALEM
avec tant de violence*? » ( Dcut. xxix, 22, 2{ , 27.) Impatient de découvrir la ville le premier, je m'étais porté en avant de la caravane, lorsque parvenu sur un col élevé que nous avions vu pendant quelque temps devant nous, une ligne de murs crénelés au-dessus desquels apparaissaient les pointes de quelques coupoles et de quelques minarets, s'offrit tout-à-coup à mes regards avides. Je ne demandai pas si c'était là Jérusalem ; et vraiment l'eussé-je désiré, qu'il né m'eût pas été possible d'obtenir une réponse , car aucun éWc vivant ne se montrait hors des murs de la ville. Je sentis toutefois que c'était la Cité Sainte ; mais en même temps je fus bien désappointé dans l'idée que je m'étais faite de sa physionomie générale, et dans les sensations que je m'attendais à éprouver en voyant pour la première fois cette ville qui avait joui si long-temps des faveurs spéciales du ciel, et qu'à une époque plus récente et à jamais mémorable, Notre Seigneur avait choisie pour être le théâtre des souffances qu'il endura pour notre rédemption. Ce qui causait mon étounement,
*.,. «Parce qu'ils ont violé les lois, qu'ils ont changé les ordonnances el qu'ils ont enfreint l'alliance qui devait durer Mcrnellement. »( Isaïe, xxiv. )
ARRIVÉE A JÉRUSALEM. il
c'était bieu moins l'aspect de la ville même (car je n'en voyais qu'une partie), que la singularité de sa position , au milieu de montagnes, sur un sol où l'on ne découvre dans tout l'espace que peut embrasser la regard ni culture, ni eau, et où il ne paraît y avoir aucune grande roule. A mesure que mes compagnons de voyage arrivèrent sur le plateau où j'étais, je pus m'apercevoir qu'ils éprouvaient le même désappointement que moi. Nous restâmes quelques minutes dans une contemplation silencieuse, chacun de nous s'abslenant de communiquer ses impressions à son voisin , ou peut-être incapable de le faire , à cause de la nouveauté de sa situation. Quelques minutes après, nous nous remîmes tous ensemble en marche pour la ville.
Nous entrâmes par la porte de Jaffa ou de Bethléem, comme on l'appelle indifféremment; puis, tournant tout-à-coup à gauche, nous arrivâmes en quelques minutes au couvent latin de Saint-Salvador, situé à l'extrémité nord-oUest de la ville, sur la pente d'un monticule que Ion suppose être le mont Gihon. Comme notre caravane était quelque peu nombreuse, on nous logea à la Casa-Nova, espèce de succursale que les moines ont fait élever de l'autre