‹ Voyage en Palestine et en Syrie (volume 2)Chapitre 45 sur 144 · SCÈNE DE i\Lii. f · texte numérisé non relu

SCÈNE DE i\Lii. f

rudes et inégales, en se dessinant distinctement aux rayons de la lune qui se lève derrière, me révèlent le Nébo, le Péor et le Phasga. A leur sombre base coule un fleuve considérable qui, venant du nord, se traîne silencieusement vers la mer ; c'est le Jourdain. \ l'ouest, une seconde chaîne de montagnes, moins hantes que celles qui courent parallèlement vers l'est, borne l'horizon; ce sont les montagnes de la Judée que j'avais franchies le matin même en me rendant à Jéricho. Le firmament brille en ce moment d'un éclat plus vif que de coutume; la scintillation et la chute des étoiles offrent un contraste étrange avec l'aspect sombre qu'ont tous les objets que j'aperçois ici-bas. Le lac au midi me rappelle la vallée de Siddim, jadis si fertile et qui renfermait plusieurs grandes cités, savoir : Sodome . Gomorrhe, Adama, Seboïm et Zoar, aujourd'hui ensevelies sous les eaux et comme enveloppées dans les plis d'un immense linceul. Ces rivages que foulèrent jadis Abraham et Lot, et où ils reçurent la visite des anges, ne sont plus fréquentés maintenant que j ar le farouche Arabe du désert, qui en a lui-même une terreur superstitieuse. Les montagnes à l'est me rappellent les campemens des Israélites, les autels de

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