ÉGLISE ARMÉNIENNE
menions, alors engagés dans une guerre contre les J'ersans, leurs voisins, négligèrent de renvoyer de* représenlans à cette assemblée, ainsi que l'avaient fait les autres étals chrétiens. Le concile fut unanime pour condamner les doctrines dont l'examen lui était soumis : les Arméniens seuls, n'ayant pas pris part à la délibération, refusèrent de donner leur adhésion aux termes de la condamnation. De là naquit un schisme qui malheureusement dure encore, bien qu'à une époque récente on ait pu concevoir l'espérance de le voir finir. — Ceux des membres de cette communion qui vivent dans les étals du grand-seigneur sont soumis à la juridiction du patriarche de Constantinople , tandis que ceux qui habitent la Russie, la Perse et les autres contrées de l'Asie reconnaissent la suprématie du patriarche d'Etchmiadzin. Ce dernier est le chef spirituel de son église; en celte qualité, il est assisté d'un conseil d'archevêques et d'évèques. 11 fail ordinairement sa résidence dans le couvent qui porte le nom de son patriarcat, appelé également le couvent des Trois-Eglises, et qui est situé dans l'Arménie occidentale, près du mont Ararat. Il est nommé par son prédécesseur ou par le clergé d'Etchmiadzin. La no-
minalion des archevêques et des évêques aux diflerens diocèses soumis à sa juridiction n'appartient qu'à lui seul. Comme dans l'église grecque, tous les dignitaires sont choisis dans les ordres réguliers. Les prêtres, ou clergé séculier, sont pris dans la classe des paysans, et peuveut se marier. Les revenus des premiers proviennent de dons volontaires dus à la piété des fidèles, et de droits prélevés sur les baptêmes, les mariages, la confirmation, etc. Les émolumens du clergé séculier consistent uniquement dans le produit de la bénédiction du foyer domestique, cérémonie qui a lieu deux fois par an.
A peu de dislance du couvent arménien est une petite chapelle qui apparlient aux membres de cette communion. Elle occupe l'emplacement de la maison d'Annas ou Ananus, grand-prêtre de Jérusalem.
En sortant de la ville par la porte de Sion, nous nous trouvâmes sur la partie de la montagne de ce nom qui est aujourd'hui hors des murs d'enceinte. Le premier objet qui attira notre attention fut une mosquée d'assez misérable apparence, bâtie au milieu du mont. On dit qu'elle couvre le sépulcre du roi David , dont la cité s'élevait en cet endroit, et dont la mémoire est également vénérée des Turcs et